{"id":15050,"date":"2014-03-09T15:45:22","date_gmt":"2014-03-09T15:45:22","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=15050"},"modified":"2021-08-26T14:08:14","modified_gmt":"2021-08-26T12:08:14","slug":"irin-lexode-des-tchadiens-de-rca","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/03\/09\/irin-lexode-des-tchadiens-de-rca\/","title":{"rendered":"IRIN | L\u2019exode des Tchadiens de RCA"},"content":{"rendered":"<h2>Environ 20&rsquo;000 civils tchadiens ont fui les violences qui secouent la R\u00e9publique centrafricaine (RCA) depuis plusieurs semaines. On s\u2019attend en outre \u00e0 ce que de nombreuses autres personnes se joignent \u00e0 l\u2019exode, qui met \u00e0 rude \u00e9preuve la capacit\u00e9 humanitaire au Tchad, un pays dans lequel nombre de ceux qui fuient n\u2019ont jamais v\u00e9cu.<\/h2>\n<p><em><strong>Article paru sur le site de IRIN news, le 13 janvier 2014. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/99458\/l-exode-des-tchadiens-de-rca\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de l&rsquo;IRIN.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ceux d\u2019entre nous qui sont n\u00e9s ici sont Centrafricains, mais nous sommes trait\u00e9s comme des \u00e9trangers. Nous ne connaissons pas le Tchad, mais nous devons nous y r\u00e9fugier pour assurer notre propre protection\u00a0\u00bb, a dit Awa Rabilou, qui fait partie des milliers de personnes qui campent depuis deux semaines \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019ambassade tchadienne \u00e0 Bangui en attendant d\u2019obtenir une place dans un camion \u00e0 destination du Tchad.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nos maisons ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9es. Nous sommes partis en apportant seulement les v\u00eatements que nous avions sur nous. Ils nous ont m\u00eame lanc\u00e9 des grenades. Ce sont des gens qui ont rejoint les anti-balaka qui ont fait cela. Si nous restons dans notre quartier, ils nous tueront\u00a0\u00bb, a ajout\u00e9 M. Rabilou.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Anti-balaka\u00a0\u00bb, un terme qu\u2019on peut traduire par \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019\u00e9preuve des machettes\u00a0\u00bb, est le nom g\u00e9n\u00e9rique des milices form\u00e9es pour s\u2019opposer aux rebelles de la S\u00e9l\u00e9ka qui ont renvers\u00e9, en mars 2013, le pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Boziz\u00e9. L\u2019alliance de la S\u00e9l\u00e9ka, aujourd\u2019hui officiellement dissoute, \u00e9tait d\u00e9pourvue de toute structure de commandement efficace, et les violences commises par ses membres \u00e0 l\u2019encontre de civils se sont poursuivies dans de nombreuses r\u00e9gions du pays.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous sommes des Centrafricains et nous avons des droits dans ce pays, mais tous les musulmans sont maintenant consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00e9trangers\u00a0\u00bb, a dit M. Rabilou. \u00ab\u00a0Nous avons donc d\u00e9cid\u00e9 de partir et de nous installer au Tchad. Nous reviendrons peut-\u00eatre un jour si Dieu le veut.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La plupart des combattants de la S\u00e9l\u00e9ka \u00e9taient musulmans et nombre d\u2019entre eux \u00e9taient des mercenaires originaires du Tchad ou du Soudan.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s d\u2019un million d\u2019habitants de la RCA ont fui leur maison pour \u00e9chapper \u00e0 une <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/99303\/les-violences-religieuses-et-les-graines-de-la-haine-en-rca\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">vague d\u2019attaques et de meurtres commis par des chr\u00e9tiens contre des musulmans et inversement<\/a>. La majeure partie des 4,5 millions d\u2019habitants sont chr\u00e9tiens et nombre d\u2019entre eux croient que les musulmans, en particulier les Tchadiens, sont associ\u00e9s aux anciens rebelles de la S\u00e9l\u00e9ka ou en ont eux-m\u00eames fait partie.<\/p>\n<p>Selon l\u2019ambassadeur tchadien \u00e0 Bangui, le g\u00e9n\u00e9ral Cherif Mahmat Dawsa, les milices anti-balaka auraient tu\u00e9 huit soldats tchadiens appartenant \u00e0 une force r\u00e9gionale d\u00e9ploy\u00e9e en RCA. Quelque 57 civils tchadiens auraient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s et des dizaines d\u2019autres auraient disparu, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ces gens souhaitent aller l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a pas de probl\u00e8me. Nous amenons nos femmes et nos enfants au Tchad parce que c\u2019est dangereux ici. Nous ne savons pas d\u2019o\u00f9 viendront nos attaquants. Nous voulons seulement prot\u00e9ger nos familles\u00a0\u00bb, a dit Salif Ahmat, qui faisait partie de ceux qui attendaient \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019ambassade tchadienne.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de l\u00e0 se trouvait Hadja Rame Higa, une femme qui a dit \u00eatre n\u00e9e\u00a0\u00bb il y a une centaine d\u2019ann\u00e9es\u00a0\u00bb dans le nord de la RCA.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je viens de Bouca [\u00e0 450 km au nord de Bangui]. Ils ont mis le feu \u00e0 ma maison, dans laquelle se trouvaient toutes mes affaires. Ils ont tu\u00e9 mes deux fils; l\u2019un \u00e9tait le chef local, l\u2019autre un commer\u00e7ant. Ils ont tous deux \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Ma maison a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9truite; je n\u2019ai rien pu prendre avec moi. J\u2019ai fui Bouca pour me rendre \u00e0 Bangui et je dois maintenant fuir Bangui pour le Tchad\u00a0\u00bb, a-t-elle dit \u00e0 IRIN.<br \/>\n<strong><br \/>\n\u00c9vacuations<\/strong><\/p>\n<p>Le 22 d\u00e9cembre, le gouvernement tchadien a \u00e9tabli un pont a\u00e9rien et un corridor humanitaire entre Bangui et N\u2019Djamena.<\/p>\n<p>Depuis, il a organis\u00e9 52 transferts a\u00e9riens qui ont permis l\u2019\u00e9vacuation de 9&rsquo;648 personnes et trois convois routiers qui ont transport\u00e9 9&rsquo;000 personnes suppl\u00e9mentaires. (Des citoyens du Cameroun, du Mali, du Nigeria et du S\u00e9n\u00e9gal ont aussi \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9s.)<\/p>\n<p>\u00c0 la fin d\u00e9cembre, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res tchadien, Moussa Mahamat Faki, s\u2019est rendu \u00e0 Bangui et a lanc\u00e9 un appel public au peuple de la RCA. \u00ab\u00a0Les Tchadiens ne sont pas vos ennemis et ne le seront jamais. Ne vous laissez pas influencer par des politiciens rat\u00e9s qui veulent vous plonger dans une aventure extr\u00eamement p\u00e9rilleuse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ex-pr\u00e9sident Boziz\u00e9, pour sa part, a ni\u00e9 entretenir des liens ou exercer un contr\u00f4le sur les forces anti-balaka.<\/p>\n<p>Dans un discours t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 diffus\u00e9 la veille du jour de l\u2019An, l\u2019homme qui l\u2019a renvers\u00e9, Michel Djotodia, a condamn\u00e9 \u00ab\u00a0toutes les formes de x\u00e9nophobie et, dans le m\u00eame temps, les retours de grande envergure de ressortissants \u00e9trangers qui r\u00e9sidaient depuis longtemps en RCA dans leur pays d\u2019origine respectif. Parce que notre pays est et demeurera un lieu de refuge et d\u2019hospitalit\u00e9 pour tous ceux qui aiment la paix.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019exode aura des cons\u00e9quences majeures pour la RCA et le Tchad. Les secteurs centrafricains du commerce et de l\u2019\u00e9levage reposent en effet sur les ressortissants tchadiens, camerounais et nig\u00e9rians.<\/p>\n<p>Selon Richard Pouambi, directeur de cabinet au minist\u00e8re centrafricain de la Communication, le pays risque d\u2019\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 des probl\u00e8mes \u00e9conomiques importants dans un futur rapproch\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce sont les commer\u00e7ants qui partent, ce sont les contribuables, et sans eux l\u2019\u00c9tat aura du mal \u00e0 remplir ses coffres. Des milliards de francs [des centaines de milliers de dollars] sont d\u00e9pens\u00e9s chaque jour \u00e0 KM5\u00a0\u00bb, a-t-il dit, faisant r\u00e9f\u00e9rence au plus grand march\u00e9 de Bangui.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, les r\u00e9serves de certaines denr\u00e9es alimentaires s\u2019\u00e9puisent et les sp\u00e9culateurs commencent \u00e0 racheter tous les produits essentiels. Les prix de la plupart des produits augmentent et les fonctionnaires n\u2019ont pas per\u00e7u leur salaire depuis trois mois.<\/p>\n<p><strong>Au Tchad <\/strong><\/p>\n<p>Pendant ce temps, le nombre de personnes qui entrent au Tchad \u00ab\u00a0augmente tr\u00e8s rapidement; le chiffre le plus r\u00e9cent, en date du 8 janvier, est de 19&rsquo;000\u00a0\u00bb, a dit \u00e0 IRIN Qasim Sufi, chef de mission de l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Tchad. M. Sufi a ajout\u00e9 que le nombre total de dossiers pourrait se r\u00e9v\u00e9ler cinq fois plus \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Le chiffre actuel inclut 200 enfants non accompagn\u00e9s, a-t-il pr\u00e9cis\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s leur enregistrement par le gouvernement, les nouveaux arrivants sont amen\u00e9s dans des centres de transit situ\u00e9s dans la capitale ou pr\u00e8s de la fronti\u00e8re de la RCA, o\u00f9 ils peuvent obtenir des soins de sant\u00e9, des vivres et un soutien psychosocial lorsque cela est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques jours, les migrants sont amen\u00e9s dans leur communaut\u00e9 d\u2019origine. L\u2019OIM pr\u00e9voit de contribuer \u00e0 la r\u00e9int\u00e9gration \u00e9conomique et d\u2019apaiser les tensions avec les communaut\u00e9s h\u00f4tes, comme elle l\u2019a fait avec les 150&rsquo;000 migrants tchadiens qui sont rentr\u00e9s de Libye entre 2011 et 2013.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il faut cependant trouver une approche diff\u00e9rente pour r\u00e9pondre aux besoins de ceux qui ont quitt\u00e9 le pays il y a longtemps ou qui sont n\u00e9s en RCA. L\u2019OIM\u2026 travaille actuellement en collaboration avec le gouvernement tchadien dans le but d\u2019\u00e9laborer une strat\u00e9gie claire pour cette population\u00a0\u00bb, a indiqu\u00e9 M. Sufi, dans un courriel.<\/p>\n<p>Les Tchadiens qui vivent en RCA envoient beaucoup d\u2019argent aux membres de leur famille rest\u00e9s au Tchad et, pour cette raison, \u00ab\u00a0cette crise migratoire aura un impact plus important sur la situation \u00e9conomique du pays que la crise en Libye. L\u00e0-bas, la plupart des migrants travaillaient dans des secteurs \u00e0 faible revenu, notamment comme chauffeurs, agriculteurs, gardes, etc.\u00a0\u00bb, a ajout\u00e9 M. Sufi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c9tant donn\u00e9 le nombre estim\u00e9 de migrants tchadiens en RCA (plus de 100&rsquo;000), il s\u2019agit d\u2019un d\u00e9fi d\u2019envergure tant pour le gouvernement que pour la communaut\u00e9 humanitaire qui tente de satisfaire leurs besoins\u00a0\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour cette raison, l\u2019OIM, en tant qu\u2019agence de migration qui intervient en premi\u00e8re ligne, vient tout juste de lancer un appel de fonds (17,4 millions de dollars) pour tenter de r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins imm\u00e9diats, incluant leur \u00e9vacuation vitale de la RCA et leur transfert vers leur lieu d\u2019origine respectif.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Environ 20&rsquo;000 civils tchadiens ont fui les violences qui secouent la R\u00e9publique centrafricaine (RCA) depuis plusieurs semaines. On s\u2019attend en outre \u00e0 ce que de nombreuses autres personnes se joignent \u00e0 l\u2019exode, qui met \u00e0 rude \u00e9preuve la capacit\u00e9 humanitaire au Tchad, un pays dans lequel nombre de ceux qui fuient n\u2019ont jamais v\u00e9cu.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,155,162],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[571,572],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-15050","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-documentation","category-publications","tag-documentation","pays-republique-centrafricaine","pays-tchad","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15050","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15050"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15050\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15050"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15050"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15050"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=15050"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=15050"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=15050"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=15050"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}