{"id":15644,"date":"2014-04-14T15:40:11","date_gmt":"2014-04-14T15:40:11","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=15644"},"modified":"2021-08-29T22:33:09","modified_gmt":"2021-08-29T20:33:09","slug":"la-precarite-abime-sans-frontieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/04\/14\/la-precarite-abime-sans-frontieres\/","title":{"rendered":"Geneva, 04\/08-15\/2014 | Precariousness, an abyss without borders"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Derniers jours pour voir la pi\u00e8ce &#8211; Des enfants, notamment requ\u00e9rants d\u2019asile, ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 contribution pour explorer et offrir une fin alternative \u00e0 La petite fille aux allumettes, dans une exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale originale.<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_15648\" aria-describedby=\"caption-attachment-15648\" style=\"width: 295px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-15648\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/petitefille.jpg\" alt=\"La petite fille aux allumettes adapte\u0301 par Julie Annen, avec l\u2019aide de Fabrice Melquior, visible du 28 janvier au 16 fe\u0301vrier 2014 au Petit The\u0301a\u0302tre de Lausanne ( Re\u0301servations : www.lepetittheatre.ch ou te\u0301le\u0301phone : 021 323 62 13) sera a\u0300 l\u2019affiche du The\u0301a\u0302tre Am Stram Gram de Gene\u0300ve du 8 au 16 avril 2014 (Re\u0301servations www.amstramgram.ch ou te\u0301le\u0301phone 022 735 79 24).\" width=\"295\" height=\"420\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/petitefille.jpg 468w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/petitefille-210x300.jpg 210w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/petitefille-105x150.jpg 105w\" sizes=\"auto, (max-width: 295px) 100vw, 295px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-15648\" class=\"wp-caption-text\">La petite fille aux allumettes adapt\u00e9 par Julie Annen, avec l\u2019aide de Fabrice Melquior, visible du 28 janvier au 16 f\u00e9vrier 2014 au Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne (R\u00e9servations: www.lepetittheatre.ch ou t\u00e9l\u00e9phone : 021 323 62 13) sera \u00e0 l\u2019affiche du Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram de Gen\u00e8ve du 8 au 16 avril 2014 (R\u00e9servations www.amstramgram.ch ou t\u00e9l\u00e9phone 022 735 79 24).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans le sous-sol du Foyer des Tattes \u00e0 Vernier, une vingtaine d\u2019enfants aux visages du monde entier font cercle autour d\u2019une jeune femme blonde qui narre avec vivacit\u00e9 sa version du conte d\u2019Andersen \u00abLa petite fille aux allumettes\u00bb.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Une histoire participative<\/span><\/p>\n<p>L\u2019attention est palpable, l\u2019\u00e9motion \u00e9galement, tant chez les grands que chez les petits. Nous sommes un jour d\u2019octobre 2013 et l\u2019Aum\u00f4nerie genevoise \u0153cum\u00e9nique aupr\u00e8s des requ\u00e9rants d\u2019asile (<a href=\"http:\/\/agora-asile.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Now<\/a>) re\u00e7oit Julie Annen, auteure et metteure en sce\u0300ne d\u2019origine genevoise vivant en Belgique, ainsi que Marion Vall\u00e9e, responsable des relations avec le public du Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>Julie Annen dessine chaque personnage de son histoire au fur et \u00e0 mesure de leur apparition sur un grand tableau noir. Une petite fille qui vit en famille dans un camping-car suite \u00e0 la faillite de son p\u00e8re, des journalistes qui s\u2019activent dans la r\u00e9daction du journal d\u2019une petite ville de province en qu\u00eate d\u2019un scoop pour le soir de No\u00ebl, un jeune adolescent \u00e9migr\u00e9 et sa bande, une grosse dame respectable qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 enfourner la dinde qui gagnera peut-\u00eatre le concours culinaire, un maire tr\u00e8s occup\u00e9. Tout ce petit monde s\u2019agite pendant que la petite fille cherche des allumettes qui devraient sauver les siens pour un temps du d\u00e9sastre. Seul un briquet la r\u00e9chauffera pour quelques instants.<\/p>\n<p>Par petites touches, ce r\u00e9cit aborde la pr\u00e9carit\u00e9, l\u2019exclusion sociale, l\u2019indiff\u00e9rence, la trag\u00e9die de l\u2019existence. Sa fin ne ressemble ni \u00e0 celle d\u2019un Walt Disney, ni \u00e0 celle d\u2019une fable de La Fontaine.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une pause, les plus grands des enfants reforment le cercle autour de Julie Annen. La discussion s\u2019engage.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abLa petite fille aurait d\u00fb avoir un chien pour la prot\u00e9ger\u00bb. \u00abC\u2019est bien qu\u2019elle ait pu rejoindre sa grand-m\u00e8re\u00bb. \u00abCe n\u2019est pas vraiment le conte de la petite fille aux allumettes, je vais vous raconter la vraie version\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Le vrai, le faux, la r\u00e9alit\u00e9<\/span><\/p>\n<p>Les r\u00e9actions des enfants des Tattes s\u2019ajouteront \u00e0 celles d\u2019autres groupes que l\u2019auteure aura rencontr\u00e9s en Suisse, en Belgique et en France pour offrir une deuxi\u00e8me fin \u00e0 ce conte. Julie Annen a en effet choisi de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019interpellation de ses propres enfants qui lui ont demand\u00e9, lorsqu\u2019elle leur a racont\u00e9 cette histoire, d\u2019inventer un nouveau d\u00e9nouement.<\/p>\n<p>Elle-m\u00eame a re\u00e7u ce r\u00e9cit comme une sorte de coup de poing, rappel douloureux d\u2019un passage de son adolescence pendant lequel elle a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 et la mort sociale\u00a0 qui l\u2019accompagne.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abQuand j\u2019avais 14 ans, suite \u00e0 une faillite suivie d\u2019une expulsion, mes parents, mon petit fr\u00e8re et moi avons v\u00e9cu toute une ann\u00e9e dans un camping-car. Interdit bancaire, domiciliation hasardeuse, lente descente en enfer fait de panne de chauffage en hiver et de disette de fin de mois quand les voisins oubliaient trop longtemps la situation. La pr\u00e9carit\u00e9, l\u2019isolement, la honte et les questions sans r\u00e9ponses compr\u00e9hensibles ont \u00e9t\u00e9 mon quotidien pendant ces quelques mois. Un s\u00e9jour de mis\u00e8re qui fut ma plus grande faille et qui devint une force insoup\u00e7onnable\u00bb, raconte Julie Annen.<\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">De l&rsquo;importance du conte<\/span><\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de cette d\u00e9marche est donc de faire coexister deux d\u00e9nouements possibles sans gommer le premier et nier la r\u00e9alit\u00e9 de ces millions d\u2019enfants qui ne pourraient se retrouver dans une histoire dont la fin d\u00e9boucherait sur un <em>happy end<\/em>, mais sans non plus fermer la porte \u00e0 l\u2019espoir.<\/p>\n<p>Les contes s\u2019adressent aussi bien au conscient qu\u2019\u00e0 l\u2019inconscient, \u00e0 l\u2019imaginaire qu\u2019\u00e0 l\u2019intelligence. Gr\u00e2ce \u00e0 la multitude de niveaux qu\u2019ils activent et \u00e0 leur profondeur symbolique, ils touchent et permettent \u00e0 l\u2019enfant et \u00e0 l\u2019adulte de cheminer. Chacun se raconte ainsi sa propre histoire et s\u2019invente sans cesse un d\u00e9nouement diff\u00e9rent, y compris face \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9.<\/p>\n<p>Alors, si le c\u0153ur vous en dit, rendez-vous au th\u00e9\u00e2tre avec les variations infinies du symbolique et de l\u2019imaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Gabrielle Pilet D\u00e9corvet<\/strong><br \/>\n<strong> AGORA<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Derniers jours pour voir la pi\u00e8ce &#8211; Des enfants, notamment reque\u0301rants d\u2019asile, ont e\u0301te\u0301 mis a\u0300 contribution pour explorer et offrir une fin alternative a\u0300 La petite fille aux allumettes, dans une expe\u0301rience the\u0301a\u0302trale originale.<\/p>","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[625,1157,1156,443],"ve_numero":[557],"pays":[],"ve_type":[],"ve_action":[1077],"class_list":["post-15644","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","tag-mineur","tag-notre-regard","tag-revue","tag-theatre","ve_numero-ve-146-fevrier-2014","ve_action-notre-regard"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15644","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15644"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15644\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15644"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15644"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15644"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=15644"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=15644"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=15644"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=15644"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}