{"id":16048,"date":"2014-05-12T15:15:47","date_gmt":"2014-05-12T15:15:47","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=16048"},"modified":"2021-08-29T22:33:07","modified_gmt":"2021-08-29T20:33:07","slug":"les-murs-du-silence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/05\/12\/les-murs-du-silence\/","title":{"rendered":"Chilean Stories | \u00abThe Walls of Silence\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"page\" title=\"Page 16\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<p class=\"column\"><span class=\"accroche\">R\u00e9cit de trois femmes chiliennes, dont la jeunesse a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9e par le coup d&rsquo;Etat militaire et la dictature, qui ont connu l&rsquo;horreur de la r\u00e9pression, de la torture et le drame de l&rsquo;exil. L&rsquo;une d&rsquo;elles fut r\u00e9fugi\u00e9e quatorze ans en Suisse, soutenue par les r\u00e9seaux de solidarit\u00e9 des ann\u00e9es 70-80 (p.16). Aujourd&rsquo;hui ces femmes revivent au Chili, se d\u00e9couvrent, unissent leurs exp\u00e9riences, \u00e9crivent&#8230; afin de faire circuler la m\u00e9moire, la parole, la r\u00e9flexion. Leur livre s&rsquo;inscrit dans un long mouvement de r\u00e9sistance, individuel et collectif, au Chili et en Europe.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Elde<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-16057\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/placegratuite-227x300.jpg\" alt=\"placegratuite\" width=\"300\" height=\"396\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/placegratuite-227x300.jpg 227w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/placegratuite-114x150.jpg 114w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/placegratuite.jpg 868w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>mira Carrillo Paz, Ester Hernandez Cid, Teresa Veloso Bermedo, n\u00e9es en 1943, 1950 et 1951, ne se connaissaient pas avant le coup d&rsquo;Etat du 11 septembre 1973. Aujourd&rsquo;hui, elles vivent toutes trois dans la ville de Concepcion. Elles s\u2019y sont rencontr\u00e9es apr\u00e8s leur exil, sont devenues amies en partageant v\u00e9cus, exp\u00e9riences et convictions. Elles ont d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er un \u00abCollectif de femmes pour la m\u00e9moire\u00bb. C&rsquo;est dans ce cadre que le livre <em>Les murs du silence<\/em> fut \u00e9crit. Un acte de courage impliquant de se risquer dans un long et douloureux travail de m\u00e9moire et de deuil, un pr\u00e9alable au travail de reconstruction et de transmission.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9part se cr\u00e9ent des liens entre ce Collectif et des luttes solidaires en Suisse. Teresa, au temps de son exil, avait trouv\u00e9 refuge dans notre pays gr\u00e2ce au mouvement \u00abAction places gratuites\u00bb (p. 16).<\/p>\n<p>Elle a gard\u00e9 de grandes amiti\u00e9s, en particulier avec Marie-Claire Caloz-Tschopp. Cette derni\u00e8re, directrice du Programme du Coll\u00e8ge International de Philosophie Exil, cr\u00e9ation philosophique et politique, a fortement encourag\u00e9 ces femmes \u00e0 t\u00e9moigner par l&rsquo;\u00e9criture, et elle a pris la responsabilit\u00e9 de la publication de leur livre \u00e0 la fois en espagnol et en fran\u00e7ais. Le but commun est de construire par del\u00e0 les fronti\u00e8res une connaissance, une solidarit\u00e9, une citoyennet\u00e9 politique.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"column\">\n<p>L&rsquo;ouvrage s&rsquo;articule autour de trois p\u00e9riodes dans l&rsquo;histoire de vie de ces femmes: enfance \/ adolescence \/ entr\u00e9e dans l&rsquo;\u00e2ge adulte. Chacune, dans son style propre, y raconte son parcours: tout d&rsquo;abord ses origines, ses liens avec ses proches, ses premi\u00e8res d\u00e9couvertes des in\u00e9galit\u00e9s sociales, de la violence (en particulier violence de genre). Durant l&rsquo;adolescence, l&rsquo;affi<\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 17\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">De cette sinistre p\u00e9riode, elles racontent leurs luttes, comment elles sont arriv\u00e9es \u00e0 ne pas se briser dans la douleur, leurs liens d&rsquo;amiti\u00e9s, leur apprentissage de la r\u00e9sistance. Des r\u00e9cits poignants, bouleversants, partant toujours du v\u00e9cu le plus intime, le plus concret, avec la pr\u00e9occupation constante d&rsquo;analyser et de comprendre ce qui fut \u00e0 l&rsquo;origine de leur prise de conscience, ce qui permit leur engagement et leur capacit\u00e9 de r\u00e9sistance.<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><span class=\"intertitre\">Un travail de \u00abm\u00e9moire collective\u00bb<\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Choisir d&rsquo;\u00e9crire un livre \u00e0 plusieurs, c&rsquo;\u00e9tait d&#8217;embl\u00e9e se situer dans une r\u00e9flexion partag\u00e9e, avec la volont\u00e9 de contribuer \u00e0 la construction d&rsquo;une m\u00e9moire historique au Chili. Dans leur introduction, les auteures d\u00e9noncent les \u00abmesures de r\u00e9paration confuses et insu<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"column\">\n<p><span class=\"intertitre\">Violence de genre<\/span><\/p>\n<p>Au c\u0153ur du livre, les rapports sociaux de sexe. En parlant de leur enfance et adolescence, les trois auteures ont eu le courage de t\u00e9moigner d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements familiaux et autres tr\u00e8s douloureux, \u00e0 travers lesquels elles prenaient peu \u00e0 peu conscience de la violence de genre, du tabou autour de cette violence, de leur r\u00e9volte et de leur d\u00e9sir de faire changer leur soci\u00e9t\u00e9. Les ann\u00e9es de prison les ont condamn\u00e9es \u00e0 subir dans leur corps et leur vie psychique toutes les formes que peut prendre la r\u00e9pression \u00e0 l&rsquo;encontre de l&rsquo;\u00eatre f\u00e9minin afin de l&rsquo;an\u00e9antir dans sa capacit\u00e9 de r\u00e9sistance et d&rsquo;\u00e9mancipation. Le chapitre \u00abDictature \u2013 violence de genre\u00bb, volet essentiel du livre, retrace ces \u00e9pisodes tragiques, mais aussi la mani\u00e8re dont ces femmes ont pu r\u00e9agir et la profondeur de leurs r\u00e9flexions.<\/p>\n<p>Les murs du silence traduit leur volont\u00e9 de lever la \u00abchape de plomb\u00bb, d&rsquo;interpeller les consciences, d&rsquo;exiger une visibilit\u00e9 de l&rsquo;oppression sp\u00e9cifique exerc\u00e9e sur les femmes, \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;autres mouvements de lutte en Am\u00e9rique du sud et ailleurs dans le monde, tels \u00abLes m\u00e8res de la Place de Mai\u00bb en Argentine, le r\u00e9seau international des \u00abFemmes en Noir\u00bb \u00e0 Gen\u00e8ve, n\u00e9 durant la guerre en ex-Yougoslavie, le mouvement des \u00abFemmes de la Palud\u00bb \u00e0 Lausanne, l&rsquo;association intercantonale des \u00abFemmes seules de Bosnie avec enfants\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Danielle Othenin-Girard<\/strong><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 17\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage, <a href=\"http:\/\/www.editions-harmattan.fr\/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=41870\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Les murs du silence<\/em><\/a>, est paru en version fran\u00e7aise, en 2013, chez l&rsquo;Harmattan. Un deuxi\u00e8me livre est en pr\u00e9paration sur L&rsquo;exil, le retour au Chili, la solidarit\u00e9 et l&rsquo;action de citoyennet\u00e9 dans le Chili et le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.editions-harmattan.fr\/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=41870\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-42182 size-medium\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Livre_MursSilence-190x300.jpg\" alt=\"\" width=\"190\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Livre_MursSilence-190x300.jpg 190w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Livre_MursSilence-95x150.jpg 95w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Livre_MursSilence-scaled.jpg 1623w\" sizes=\"auto, (max-width: 190px) 100vw, 190px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Egalement aux Editions l&rsquo;Harmattan est r\u00e9cemment paru l&rsquo;ouvrage <a href=\"http:\/\/www.editions-harmattan.fr\/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=41809\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Penser les m\u00e9tamorphoses de la politique, de la violence, de la guerre<\/em><\/a>, avec C.Guillaumin, N.-Cl. Mathieu, P. Tabet, f\u00e9ministes mat\u00e9rialistes, sous la direction de M.Cl. Caloz-Tschopp et Teresa Veloso Bermedo.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.editions-harmattan.fr\/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=41809\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-42180 size-full\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/PensezMetamorphose_livre.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"237\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/PensezMetamorphose_livre.jpg 150w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/PensezMetamorphose_livre-95x150.jpg 95w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 16\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Activit\u00e9s 2014, Programme Exil-DESEXIL<\/p>\n<p>Le Coll\u00e8ge International de Philosophie organise 3 \u00e9v\u00e9nements entre Istanbul, Gen\u00e8ve, Lausanne pour enrichir la r\u00e9sistance au quotidien, la solidarit\u00e9:<\/p>\n<p>(1) Istanbul: colloque international, Istanbul (7-10 mai, 30 chercheurs);<\/p>\n<p>(2) Istanbul: d\u00e9bat post-colloque avec la Soci\u00e9t\u00e9 civile en pr\u00e9sence du philosophe Etienne Balibar;<\/p>\n<p>(3) Gen\u00e8ve (15 mai, 18h30 Maison des associations) et Lausanne (17 mai 13h-17h, Fraternite\u0301), rencontre post-colloque en pr\u00e9sence de Pinar Selek, sociologue, f\u00e9ministe, exil\u00e9e:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00a0Que nous apprend la Turquie? Quels liens entre des re\u0301centes votations en Suisse et la situation en Turquie (violence s\u00e9curitaire, militarisation, patriarcat, nouveaux mouvements sociaux, etc.)? Quelle solidarit\u00e9?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Deux livres pour alimenter la r\u00e9flexion :<\/p>\n<ul>\n<li>Pinar Selek, <em>Service militaire en Turquie&#8230; Devenir homme en rampant<\/em>, 2014.<\/li>\n<li>Marie-Claire Caloz-Tschopp (dir.), <em>Violence politique, exil\/ des-exil dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui<\/em>, 2014. Le livre existe en fran\u00e7ais et en turc.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Entr\u00e9e libre et gratuite aux 3 \u00e9v\u00e9nements. Programme d\u00e9taill\u00e9: www.exil-ciph.com<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Re\u0301cit de trois femmes chiliennes, dont la jeunesse a e\u0301te\u0301 vole\u0301e par le coup d&rsquo;Etat militaire et la dictature, qui ont connu l&rsquo;horreur de la re\u0301pression, de la torture et le drame de l&rsquo;exil. L&rsquo;une d&rsquo;elles fut re\u0301fugie\u0301e quatorze ans en Suisse, soutenue par les re\u0301seaux de solidarite\u0301 des anne\u0301es 70-80 (p.16). Aujourd&rsquo;hui ces femmes revivent au Chili, se de\u0301couvrent, unissent leurs expe\u0301riences, e\u0301crivent&#8230; afin de faire circuler la me\u0301moire, la parole, la re\u0301flexion. 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