{"id":1726,"date":"2004-02-16T00:00:00","date_gmt":"2004-02-16T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/2004\/02\/16\/accueilrequerants-loges-dans-les-pcun-provisoire-qui-dure\/"},"modified":"2021-08-29T22:35:00","modified_gmt":"2021-08-29T20:35:00","slug":"accueilrequerants-loges-dans-les-pcun-provisoire-qui-dure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2004\/02\/16\/accueilrequerants-loges-dans-les-pcun-provisoire-qui-dure\/","title":{"rendered":"Home | Applicants Housed in PCs: A Temporary Solution That's Lasting"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Depuis maintenant bient\u00f4t deux ans, des requ\u00e9rants d\u2019asile sont log\u00e9s sous terre dans le canton de Vaud. Une solution provisoire, due au manque de places dans les foyers et aux difficult\u00e9s \u00e0 trouver de nouveaux logements dans les communes. Depuis octobre 2002, une quinzaine de b\u00e9n\u00e9voles se relaient quatre soirs par semaine pour pr\u00e9parer \u00e0 manger pour les requ\u00e9rants log\u00e9s dans les quatre abris de Protection civile (PC) de la C\u00f4te. Faute de pouvoir faire la cuisine directement dans les PC, ce sont des paroisses qui ont mis \u00e0 disposition des locaux et les communes qui paient les frais de nourriture. Petite visite \u00e0 l\u2019heure du repas \u00e0 la paroisse qui accueille les requ\u00e9rants de l\u2019abri de Coppet.<\/span><\/p>\n<p>C\u2019est une salle de paroisse avec une petite cuisine, dans laquelle s\u2019affairent quelques personnes. Les requ\u00e9rants arrivent par petits groupes. L\u2019accueil est chaleureux. Elisabeth, une b\u00e9n\u00e9vole, est arriv\u00e9e l\u00e0 par des amis qui faisaient \u00e0 manger pour les requ\u00e9rants une fois par semaine et qui l\u2019ont invit\u00e9e \u00e0 se rendre dans un abri PC:<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abJ\u2019y suis all\u00e9e, et cela a \u00e9t\u00e9 le choc. Il y avait une trentaine de requ\u00e9rants, et c\u2019\u00e9tait mon premier contact avec eux. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 discuter avec un jeune homme qui m\u2019a racont\u00e9 son histoire et cela m\u2019a beaucoup touch\u00e9e. J\u2019ai toujours pens\u00e9 qu\u2019on avait tous les m\u00eames droits en Suisse, et je me suis rendue compte que ce n\u2019\u00e9tait pas le cas pour les requ\u00e9rants d\u2019asile, cela m\u2019a beaucoup choqu\u00e9e. J\u2019ai ensuite fait une sortie luge en famille avec des requ\u00e9rants et cela a \u00e9t\u00e9 un moment magique, apr\u00e8s je suis venue faire \u00e0 manger. On aide selon les besoins, j\u2019aide certains \u00e0 faire des d\u00e9marches. Je discute beaucoup avec eux, d\u2019autres b\u00e9n\u00e9voles pr\u00e9f\u00e8rent faire la cuisine.\u00bb<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p>Colette, elle, a tout simplement r\u00e9pondu \u00e0 une petite annonce parue dans le journal <em>La C\u00f4te<\/em>, il faut dire qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 la seule. Une des cuisini\u00e8res est arriv\u00e9e suite \u00e0 un appel de la Paroisse.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Des b\u00e9n\u00e9voles entreprenants<\/span><\/p>\n<p>Le soutien des b\u00e9n\u00e9voles ne se cantonne pas aux fourneaux. Ils r\u00e9coltent les points Migros pour les redistribuer aux requ\u00e9rants afin de les d\u00e9panner, et pour qu\u2019ils puissent ainsi compl\u00e9ter leur assistance. Ils ont mont\u00e9 un vestiaire, aliment\u00e9 par des personnes qui d\u00e9posent r\u00e9guli\u00e8rement des habits. Ils donnent des cours de fran\u00e7ais aux requ\u00e9rants avant les repas. A No\u00ebl, ils ont r\u00e9colt\u00e9 des jeux pour une trentaine d\u2019enfants log\u00e9s avec leurs parents dans des foyers de la r\u00e9gion. Mais ils essaient surtout de soutenir les requ\u00e9rants:<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abJe leur apporte un encouragement, tout simplement, une pr\u00e9sence. Je les encourage \u00e0 ne pas se droguer, \u00e0 ne pas voler et j\u2019essaie de leur expliquer les cons\u00e9quences que cela peut avoir sur leur proc\u00e9dure d\u2019asile.\u00bb<\/i> explique Elisabeth.<\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Des requ\u00e9rants sto\u00efques<\/span><\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on discute avec les requ\u00e9rants d\u2019asile de leurs conditions de vie, tout semble bien aller. <i>\u00abJe ne savais pas que j\u2019allais \u00eatre accueilli de cette mani\u00e8re l\u00e0. Je n\u2019avais aucune id\u00e9e, mais cela ne m\u2019a pas surpris. C\u2019\u00e9taient les conditions pour tout les requ\u00e9rants.\u00bb<\/i> dit F. un Guin\u00e9en log\u00e9 depuis sept mois sous terre. Des responsables de la Fondation vaudoise pour l\u2019accueil des requ\u00e9rants d\u2019asile (FAREAS) passent de temps en temps leur expliquer qu\u2019ils ont des probl\u00e8mes pour trouver d\u2019autres logements. <i>\u00abOn est aussi oblig\u00e9 de comprendre\u00bb<\/i> rajoute-t-il. <i>\u00abA partir de l\u2019instant o\u00f9 tu as des probl\u00e8mes et que tu cherches \u00e0 sauver ta peau, tu ne fais pas attention \u00e0 \u00e7a<\/i> (\u00eatre h\u00e9berg\u00e9 sous terre, ndlr.). <i>Tout ce qui compte c\u2019est d\u2019\u00eatre sauf. Mais \u00e0 dire vrai, c\u2019est difficile\u00bb<\/i>, ajoute sto\u00efquement A., un requ\u00e9rants d\u2019asile africain log\u00e9 depuis quatre mois dans un abri.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Une promiscuit\u00e9 p\u00e9nible<\/span><\/p>\n<p>Quelques septante requ\u00e9rants de toutes nationalit\u00e9s sont inscrits dans l\u2019abri de Coppet. Une quarantaine y dorment r\u00e9ellement se partageant trois dortoirs, les autres logent chez des amis. L\u2019abri ouvre \u00e0 20h30 et ferme \u00e0 7h30. La journ\u00e9e, les requ\u00e9rants la passent dehors. En possession d\u2019un abonnement de train leur permettant de se rendre de leur PC \u00e0 Nyon, o\u00f9 se trouve un centre de jour de la FAREAS destin\u00e9 \u00e0 accueillir les r\u00e9sidents des quatre abris PC de la r\u00e9gion, ils sont nombreux \u00e0 s\u2019y rendre en ces mois d\u2019hiver.<\/p>\n<p>L\u2019un des principaux probl\u00e8mes relev\u00e9s en ce mois glacial de janvier, est l\u2019heure du r\u00e9veil:<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abIls nous font lever t\u00f4t. A 6h on doit se lever, faire sa toilette, d\u00e9jeuner, puis on doit sortir. Ca c\u2019est difficile pour quelqu\u2019un qui n\u2019a pas d\u2019objectif pour sa journ\u00e9e. C\u2019est long. Il y en a qui ont trouv\u00e9 du travail, qui se l\u00e8vent tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 5h pour aller travailler, \u00e7a c\u2019est diff\u00e9rent.\u00bb<\/i> dit G.<\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Une cohabitation difficile<\/span><\/p>\n<p>Un autre point relev\u00e9 est la difficult\u00e9 de cohabiter dans un lieu si restreint: <i>\u00abDans la PC, il y a parfois des probl\u00e8mes avec les gens. Il y a des gens qui boivent, des gens qui fument et cela cause des probl\u00e8mes. Le temps d\u2019aller aux toilettes, je me suis fait voler le natel que j\u2019avais achet\u00e9. Le responsable n\u2019a rien fait et j\u2019ai perdu mon natel. Parfois la police vient dans l\u2019abri, elle prend des personnes et les ram\u00e8ne \u00e0 6h du matin. C\u2019est difficile, car tu n\u2019as pas de maison, de lieu \u00e0 toi.\u00bb<\/i> dit P., un jeune requ\u00e9rant de dix-sept ans qui a v\u00e9cu six mois dans des abris PC avant d\u2019\u00eatre finalement transf\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abDans l\u2019abri, il y a beaucoup de petits probl\u00e8mes entre les gens. Il y a des gens qui se disputent pour la t\u00e9l\u00e9vision, il y en a qui veulent regarder le football, d\u2019autres autre chose. Ce sont les requ\u00e9rants qui interviennent pour r\u00e9gler les disputes. Parce que le S\u00e9curitas, s\u2019il intervient, il appelle la police.\u00bb<\/i> dit A.<\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Un manque de sommeil r\u00e9current<\/span><\/p>\n<p>Et le manque de sommeil est semble-t-il r\u00e9current:<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abIl y a des gens qui n\u2019arrivent pas \u00e0 dormir dans l&rsquo;abri PC. Moi parfois, je ne dors pas pendant 24h. On nous r\u00e9veille \u00e0 6h, on doit prendre le caf\u00e9, et une fois que j\u2019ai pris le caf\u00e9 je ne peux plus dormir. Si tu veux te reposer, il faut que tu sois le premier arriv\u00e9 pour pouvoir occuper un des lits superpos\u00e9s \u00e0 disposition au centre de jour de Nyon. Et l\u00e0 o\u00f9 on peut dormir, cela sent tr\u00e8s mauvais, quand tu fermes la porte l\u2019air ne rentre plus.\u00bb<\/i> dit A.<\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Des brimades inutiles<\/span><\/p>\n<p>Selon une b\u00e9n\u00e9vole, certains veilleurs de nuit, dans les PC dont la garde est assur\u00e9e par une soci\u00e9t\u00e9 de surveillance priv\u00e9e, ont des comportements parfois probl\u00e9matiques <i>\u00abqui sont aux limites du racisme\u00bb<\/i>. A. raconte:<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abOn a des probl\u00e8mes avec un S\u00e9curitas, il nous r\u00e9veille en tirant les pieds des gens. Le matin pour le petit-d\u00e9jeuner, il ne d\u00e9pose qu\u2019une dizaine de morceaux de sucre sur la table. Si l\u2019on n\u2019est pas parmi les premiers lev\u00e9s, il n\u2019y a plus rien. C\u2019est la m\u00eame chose pour le pain. Finalement, tout pose probl\u00e8me.\u00bb<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Une inactivit\u00e9 pesante<\/span><\/p>\n<p>L\u2019inactivit\u00e9 est pesante pour les requ\u00e9rants: <i>\u00abJe passe la journ\u00e9e du matin au soir au centre de Nyon\u00bb<\/i> dit A.<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abMais il est petit et il n\u2019y a pas assez de place pour tout le monde. Il doit bien y avoir une centaine de personnes qui y vont. On doit parfois attendre que quelqu\u2019un se l\u00e8ve pour pouvoir s\u2019asseoir. Il y a juste un baby-foot, une t\u00e9l\u00e9vision et des livres. Ce n\u2019est pas facile de n\u2019avoir rien \u00e0 faire de toute la journ\u00e9e. Et quand apr\u00e8s trois mois tu peux chercher du travail, que tu parles et \u00e9cris en fran\u00e7ais, on te dit qu\u2019il te faut une formation et quand les employeurs voient ton permis N, ils ne veulent pas t\u2019engager.\u00bb<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Des conditions p\u00e9nibles<\/span><\/p>\n<p>Les requ\u00e9rants ne peuvent pas faire la cuisine dans l\u2019abri de Coppet, bien que celui-ci soit \u00e9quip\u00e9 d\u2019une cuisine professionnelle. Alors, les requ\u00e9rants se font \u00e0 manger au centre de jour de Nyon: <i>\u00abA Nyon, la cuisine est tr\u00e8s petite, il n\u2019y a que deux cuisini\u00e8res sur quatre qui fonctionnent correctement. A peine tu as pos\u00e9 un ustensile de cuisine que quelqu\u2019un le prend. Le personnel de la FAREAS fait des efforts, mais les requ\u00e9rants sont tr\u00e8s nombreux. M\u00eame l\u00e0-bas les gens se battent.\u00bb<\/i> dit A. Malgr\u00e9 tout les requ\u00e9rants s\u2019organisent pour vivre aux mieux.<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abOn re\u00e7oit \u00e0 peu pr\u00e8s 12 francs par jour, alors on s\u2019est mobilis\u00e9s et on fait la cuisine \u00e0 dix personnes ensemble.\u00bb<\/i> raconte G.<\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Un accueil chaleureux<\/span><\/p>\n<p>Ils sont donc nombreux \u00e0 venir participer au repas le mardi soir et pas seulement pour la nourriture. Des requ\u00e9rants maintenant log\u00e9s dans des foyers d\u2019autres communes reviennent r\u00e9guli\u00e8rement:<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abJe reviens manger l\u00e0, car je m\u2019y suis fait des amis\u00bb<\/i>, dit P. en d\u00e9signant les b\u00e9n\u00e9voles autour de nous. <i>\u00abJe reviens l\u00e0 pour les voir, ce sont les personnes qui m\u2019ont aid\u00e9 quand je suis arriv\u00e9 en Suisse. Ce sont des personnes bonnes. C\u2019est comme ma famille et ici c\u2019est presque comme ma maison. Vous savez, six mois, c\u2019est long. Ils me respectent pour ce que je suis, c\u2019est bien.\u00bb<\/i> A. rajoute: <i>\u00abJ\u2019ai trouv\u00e9 ici de nouveaux amis. Des gens sympathiques, pr\u00e9sents\u00bb.<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"intertitre\">Un transfert inesp\u00e9r\u00e9<\/span><\/p>\n<p>Un possible transfert dans un foyer semble bien al\u00e9atoire pour ces requ\u00e9rants.<\/p>\n<blockquote><p><i>\u00abJe ne pense m\u00eame pas \u00e0 \u00eatre transf\u00e9rer, je n\u2019esp\u00e8re m\u00eame pas, car il y a des gens qui sont depuis plus de six mois dans la PC. Il a des personnes qui sont arriv\u00e9es en m\u00eame temps que moi, et qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es, tu ne sais pas par quel proc\u00e9d\u00e9. C\u2019est la FAREAS qui d\u00e9cide.\u00bb<\/i> dit A.<\/p><\/blockquote>\n<p>Si les requ\u00e9rants d\u2019asile parlent avec retenue de leurs difficult\u00e9s \u00e0 vivre cette situation, les b\u00e9n\u00e9voles, eux, trouvent scandaleuses les conditions dans lesquelles ils vivent. Il suffit de descendre dans un abri pour s\u2019en rendre compte.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Isabelle Furrer<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<h2>Gen\u00e8ve. Une vie sous terre<\/h2>\n<p><span class=\"accroche\">Dans le canton de Gen\u00e8ve, des requ\u00e9rants d\u2019asile sont \u00e9galement log\u00e9s depuis plus d\u2019une ann\u00e9e dans des abris PC ou dans des baraquements. Voici le t\u00e9moignage d\u2019un ancien civiliste de l\u2019Aum\u00f4nerie \u0153cum\u00e9nique aupr\u00e8s des requ\u00e9rants d\u2019asile (AGORA), qui a donn\u00e9 de f\u00e9vrier \u00e0 ao\u00fbt 2003 dans l\u2019abri de la Protection civile de Ch\u00e2telaine et dans le baraquement de la Voie-de-Traz, des cours de fran\u00e7ais \u00e0 des requ\u00e9rants d\u2019asile. (R\u00e9d.)<\/span><\/p>\n<p>Dans l\u2019abri ne r\u00e9sident que des hommes seuls, dont \u00e0 peu pr\u00e8s les trois-quarts sont originaires d\u2019Afrique Ils sont g\u00e9n\u00e9ralement une soixantaine, r\u00e9partis entre les quatre dortoirs souterrains. Comme pour les autres foyers pour requ\u00e9rants d\u2019asile, c\u2019est l\u2019Hospice g\u00e9n\u00e9ral qui est charg\u00e9 de la gestion des lieux. Un intendant est pr\u00e9sent la journ\u00e9e, tant pour accueillir les nouveaux arrivants, en provenance d\u2019un des centres d\u2019enregistrement, que pour r\u00e9soudre les nombreux probl\u00e8mes auxquels les requ\u00e9rants sont confront\u00e9s. Autant dire qu\u2019avec la meilleure volont\u00e9, il ne lui est pas possible de s\u2019occuper de l\u2019animation du foyer, mais juste de parer au plus urgent.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Se d\u00e9brouiller tout seul<\/span><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019un requ\u00e9rant d\u2019asile arrive dans un abri PC, il ignore combien de temps durera son s\u00e9jour. S\u2019il est en moyenne de quatre mois, il arrive qu\u2019il dure bien plus longtemps, et ce dans des conditions difficiles. On fournit aux nouveaux arrivants des draps et des couvertures, mais ils doivent ensuite se d\u00e9brouiller avec les 426 francs qu\u2019ils re\u00e7oivent de l\u2019assistance, pour se procurer des ustensiles et couverts de cuisine, ainsi que leur nourriture et tout ce dont ils peuvent avoir besoin pour leur hygi\u00e8ne personnelle.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Perte des rep\u00e8res temporels<\/span><\/p>\n<p>Il ne leur est pas interdit de manger ensemble, mais c\u2019est \u00e0 eux d\u2019en prendre l\u2019initiative. En effet, aucun moment n\u2019est pr\u00e9vu pour des repas en commun, ce qui fait qu\u2019\u00e0 toutes heures de la journ\u00e9e, on voit des gens manger dans le r\u00e9fectoire. N&rsquo;\u00e9tant pas autoris\u00e9s \u00e0 travailler les trois premiers mois suivant leur arriv\u00e9e, la plupart sont donc profond\u00e9ment d\u00e9s\u0153uvr\u00e9s et perdent petit \u00e0 petit leurs rep\u00e8res temporels. Particuli\u00e8rement ceux qui vivent sous-terre, priv\u00e9s de lumi\u00e8re du jour et soumis \u00e0 des n\u00e9ons allum\u00e9s en permanence. Certains souffrent de l\u2019air conditionn\u00e9 qui leur occasionne des probl\u00e8mes respiratoires. Des douches sommaires existent. Au foyer de la Voie-de-Traz (qu\u2019on appelle commun\u00e9ment le camp militaire\u2026), il faut traverser une cour balay\u00e9e par le vent avant d\u2019y acc\u00e9der. En hiver et en slip, c\u2019est tr\u00e8s bon pour la circulation sanguine.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Une vie spartiate<\/span><\/p>\n<p>Les murs des abris sont d\u00e9nu\u00e9s de d\u00e9coration, seules de sommaires informations ou des directives concernant la r\u00e9partition des t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res sont affich\u00e9es. Les r\u00e9sidants ne peuvent que rarement s\u2019offrir un sommeil r\u00e9parateur \u00e9tant donn\u00e9 la cohabitation forc\u00e9e entre ceux qui se couchent t\u00f4t, les rares chanceux qui travaillent et qui finissent parfois tard, et ceux qui se livrent \u00e0 des activit\u00e9s illicites parfois r\u00e9prim\u00e9es par la police qui m\u00e8ne la chasse \u00e0 ces derniers jusque dans les dortoirs communs.<\/p>\n<p>Nos autorit\u00e9s semblent avoir comme premier souci, en ce qui concerne l\u2019asile, de ne surtout pas donner une image trop favorable des conditions de vie des requ\u00e9rants dans notre pays. Et pour avoir enseign\u00e9 \u00e0 certains, six mois durant, des rudiments de notre langue sur leur lieu d\u2019habitation, je peux t\u00e9moigner qu\u2019effectivement elles ne sont pas favorables; sp\u00e9cialement pour ceux qui sont log\u00e9s sous terre pendant des mois.<\/p>\n<hr \/>\n<h2>\u00abJe me retrouvais presque en prison!\u00bb<\/h2>\n<blockquote><p><i>En Suisse, ce fut une autre exp\u00e9rience. Comme il \u00e9tait difficile \u00e0 quelqu\u2019un de tr\u00e8s actif de devenir oisif ! Log\u00e9 dans un abri \u00e0 quelques m\u00e8tres sous terre, je devais partager ma chambre avec vingt personnes inconnues d\u2019autres nationalit\u00e9s. Mon lit mesurait 60 cm sur 200. A un m\u00e8tre au-dessous de mon matelas, ce n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus mon domaine. D\u2019une grande chambre et d\u2019un lit \u00e0 trois places, voil\u00e0 o\u00f9 je me retrouvais: presque en prison ! Au bout de quatre mois, les m\u00e9decins constat\u00e8rent que, de 88 kg, mon poids avait chut\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 65 kg. A tous ces maux s\u2019ajoutaient les s\u00e9quelles des mauvais traitements que j\u2019avais subis.<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>T\u00e9moignage d\u2019un requ\u00e9rant d\u2019asile log\u00e9 dans un abri PC \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve, paru dans <em>Les Infos de l\u2019Agora<\/em>, d\u00e9cembre 2003.<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis maintenant bient\u00f4t deux ans, des requ\u00e9rants d\u2019asile sont log\u00e9s sous terre dans le canton de Vaud. Une solution provisoire, due au manque de places dans les foyers et aux difficult\u00e9s \u00e0 trouver de nouveaux logements dans les communes. Depuis octobre 2002, une quinzaine de b\u00e9n\u00e9voles se relaient quatre soirs par semaine pour pr\u00e9parer \u00e0 &hellip; <a href=\"https:\/\/asile.ch\/en\/2004\/02\/16\/accueilrequerants-loges-dans-les-pcun-provisoire-qui-dure\/\">Continued<\/a><\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[81,218],"tags":[707,1127,390,1157,1156,242,1123],"ve_numero":[110],"pays":[82],"ve_type":[1054],"ve_action":[1077],"class_list":["post-1726","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","category-temoignage","tag-bunker","tag-geneve","tag-logement","tag-notre-regard","tag-revue","tag-solidarite","tag-vaud","ve_numero-ve-096-fevrier-2004","pays-suisse","ve_type-temoignage","ve_action-notre-regard"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1726","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1726"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1726\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1726"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1726"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1726"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=1726"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=1726"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=1726"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=1726"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}