{"id":17363,"date":"2014-07-11T17:24:36","date_gmt":"2014-07-11T17:24:36","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=17363"},"modified":"2021-08-26T14:07:39","modified_gmt":"2021-08-26T12:07:39","slug":"irin-les-refugies-de-la-rdc-et-les-limites-des-solutions-durables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/07\/11\/irin-les-refugies-de-la-rdc-et-les-limites-des-solutions-durables\/","title":{"rendered":"IRIN | Les r\u00e9fugi\u00e9s de la RDC et les limites des solutions durables"},"content":{"rendered":"<h2>Faciliter le retour des r\u00e9fugi\u00e9s d\u00e9plac\u00e9s par le conflit dans l\u2019est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) fait partie des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s des efforts de stabilisation de la r\u00e9gion.<\/h2>\n<p><em><strong>Article publi\u00e9 sur le site de l&rsquo;IRIN, le 10 juillet 2014. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/reportfrench.aspx?ReportID=100328&amp;utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de l&rsquo;IRIN.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>), avec pr\u00e8s de 365 000 citoyens congolais \u00e9parpill\u00e9s dans diff\u00e9rents pays de la r\u00e9gion des Grands Lacs, parfois depuis bient\u00f4t vingt ans, la triade traditionnelle des \u00ab solutions durables \u00bb \u2013 \u00e0 savoir le retour chez soi, l\u2019int\u00e9gration d\u00e9finitive dans le lieu d\u2019accueil ou le d\u00e9placement vers un pays tiers \u2013 reste \u00ab hors de port\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Voici un aper\u00e7u des questions cl\u00e9s relatives \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>Pourquoi ce regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour un probl\u00e8me qui dure depuis si longtemps ?<\/p>\n<p>En janvier 2014, les chefs des 11 \u00c9tats qui avaient sign\u00e9 en 2013 <a href=\"http:\/\/www.peaceau.org\/uploads\/scanned-on-24022013-125543.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019Accord-cadre pour la paix, la s\u00e9curit\u00e9 et la coop\u00e9ration pour la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo et la r\u00e9gion<\/a> ont adopt\u00e9 un plan d\u2019action r\u00e9gional. Ce faisant, ils se sont engag\u00e9s \u00e0 travailler ensemble en vue de faciliter un rapatriement librement consenti, \u00ab s\u00fbr et digne \u00bb.<\/p>\n<p>La d\u00e9faite militaire en d\u00e9cembre 2013 de l\u2019un des principaux acteurs arm\u00e9s de l\u2019est de la RDC, le mouvement du M23, a fait na\u00eetre l\u2019espoir d\u2019une am\u00e9lioration significative de la s\u00e9curit\u00e9 dans les r\u00e9gions d\u00e9sert\u00e9es par les r\u00e9fugi\u00e9s. Les \u00e9l\u00e9ments des Forces d\u00e9mocratiques de lib\u00e9ration du Rwanda (FDLR), un autre groupe arm\u00e9 majoritairement hutu actif dans les provinces du Kivu, \u00e0 l\u2019est du pays, sont par ailleurs en cours de d\u00e9sarmement.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment, le gouvernement de la RDC a appel\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 rentrer au pays.<br \/>\n<strong><br \/>\nQuelles sont les conditions de vie des r\u00e9fugi\u00e9s ? <\/strong><\/p>\n<p>Celles-ci varient selon le pays d\u2019accueil. La diff\u00e9rence est saisissante entre, par exemple, les sites ougandais et ceux du Rwanda visit\u00e9s par IRIN ce mois-ci.<\/p>\n<p>L\u2019Ouganda accueille 379 000 r\u00e9fugi\u00e9s et demandeurs d\u2019asile (dont 170 000 viennent de RDC). Le pays ne dispose pas de camp en tant que tel, mais de vastes \u00ab installations de r\u00e9fugi\u00e9s \u00bb, o\u00f9 les r\u00e9sidents re\u00e7oivent des semences, des outils et des parcelles d\u2019un demi \u00e0 un hectare pour cultiver des aliments pour leur propre subsistance et pour <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/100293\/le-syst%C3%A8me-%C3%A9conomique-des-r%C3%A9fugi%C3%A9s-le-mod%C3%A8le-ougandais\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">g\u00e9n\u00e9rer des revenus<\/a>. (Trois ans apr\u00e8s leur arriv\u00e9e, la plupart des r\u00e9fugi\u00e9s ne recevaient plus de rations alimentaires et d\u00e9pendaient de leur propre production pour survivre.)<\/p>\n<p>Kyangwali, l\u2019installation visit\u00e9e par IRIN, a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie dans les ann\u00e9es 1960 et couvre 71 kilom\u00e8tres carr\u00e9s de terres tr\u00e8s fertiles. Elle se divise en 22 villages distincts, h\u00e9bergeant 39 400 r\u00e9fugi\u00e9s au total, dont seulement quelques milliers ne sont pas originaires de RDC. Quelque 15 620 citoyens congolais vivant \u00e0 Kyangwali sont arriv\u00e9s en 2013. Ils fuyaient les combats du M23 ou des <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/99562\/la-milice-de-l-adf-nalu-en-rdc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ADF-Nalu<\/a>.<\/p>\n<p>Bien pus petit, le Rwanda manque d\u2019espace pour offrir des terrains cultivables \u00e0 ses 75 000 r\u00e9fugi\u00e9s (des Tutsis de RDC pour la plupart) et leurs sites sont bien plus dens\u00e9ment peupl\u00e9s. Il y est presque impossible de pratiquer une activit\u00e9 agricole ou de trouver un emploi et les programmes visant \u00e0 am\u00e9liorer les moyens de subsistance y sont rares. En fait, les activit\u00e9s sont tr\u00e8s limit\u00e9es dans les camps comme celui de Gihembe, o\u00f9 14 700 r\u00e9fugi\u00e9s vivent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te sur 40 000 m\u00e8tres carr\u00e9s au sommet d\u2019une colline, \u00e0 deux heures de route de Kigali, la capitale. Certaines familles vivent dans 12 m\u00e8tres carr\u00e9s. \u00c0 cause d\u2019une p\u00e9nurie d\u2019eau, les r\u00e9fugi\u00e9s re\u00e7oivent maintenant moins de la moiti\u00e9 des 20 litres recommand\u00e9s par jour.<\/p>\n<p>Le Rwanda offre un enseignement gratuit aux enfants r\u00e9fugi\u00e9s, mais seulement jusqu\u2019\u00e0 la troisi\u00e8me ann\u00e9e de l\u2019\u00e9cole secondaire. Les distributions alimentaires sont remplac\u00e9es par des transferts d\u2019argent directs.<\/p>\n<p>Dans le camp tanzanien de Nyarugusu, qui accueille quelque 64 000 r\u00e9fugi\u00e9s congolais, la situation \u00ab continue \u00e0 se d\u00e9t\u00e9riorer en raison du manque de financement \u00bb, <a href=\"http:\/\/www.unhcr.fr\/pages\/4aae621d565.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">selon une synth\u00e8se du HCR<\/a>, qui attire notamment l\u2019attention sur le mauvais \u00e9tat des infrastructures de sant\u00e9 et d\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n<p>Environ 30 pour cent des r\u00e9sidents de Nyarugusu n\u2019ont pas d\u2019abri ad\u00e9quat ni de latrine familiale. Selon la synth\u00e8se du HCR, la derni\u00e8re distribution de produits non alimentaires remonte \u00e0 sept ans et le \u00ab nombre de violences sexuelles et sexistes est constamment demeur\u00e9 \u00e9lev\u00e9 ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Les r\u00e9fugi\u00e9s peuvent-ils rentrer chez eux ? <\/strong><\/p>\n<p>Lorsque cela est possible, le rapatriement librement consenti est g\u00e9n\u00e9ralement la \u00ab solution durable \u00bb privil\u00e9gi\u00e9e dans la plupart des situations. Le gouvernement congolais encourage publiquement les r\u00e9fugi\u00e9s de RDC \u00e0 rentrer au pays et exhorte les Nations Unies \u00e0 faciliter le processus, conform\u00e9ment aux accords tripartites sign\u00e9s avec les gouvernements des pays accueillant les r\u00e9fugi\u00e9s et le HCR.<\/p>\n<p>Pour le HCR, les conditions s\u00e9curitaires dans l\u2019est de la RDC ne sont pas propices \u00e0 un retour s\u00fbr et digne des r\u00e9fugi\u00e9s et l\u2019agence ne favorise ni n\u2019organise des op\u00e9rations de rapatriement de grande ampleur. Le M23 a peut-\u00eatre perdu toutes ses capacit\u00e9s, mais des dizaines de groupes arm\u00e9s demeurent actifs dans le Nord et le Sud-Kivu et dans la province Orientale. <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/99762\/briefing-troisi%C3%A8me-plan-ddr-en-rdc-cette-fois-ci-sera-t-elle-la-bonne\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les d\u00e9sarmer<\/a> constitue un d\u00e9fi de taille.<\/p>\n<p>En l\u2019absence de transport offert, de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s r\u00e9cemment arriv\u00e9s \u00e0 Kyangwali sont rentr\u00e9s en RDC sans aide, souvent en traversant le lac Albert. En mars 2014, 251 r\u00e9fugi\u00e9s se sont noy\u00e9s lorsque leur embarcation surcharg\u00e9e a \u00e9t\u00e9 prise dans une temp\u00eate au cours de la travers\u00e9e.<\/p>\n<p>Cet incident a pouss\u00e9 le HCR \u00e0 se mettre \u00e0 organiser des navettes de bus de Kyangwali vers la fronti\u00e8re congolaise pour transporter les 3 500 r\u00e9fugi\u00e9s qui ont dit vouloir rentrer en RDC. Mais le processus a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 en raison des v\u00e9rifications pr\u00e9alables par les autorit\u00e9s congolaises des personnes souhaitant rentrer d\u2019Ouganda. Les r\u00e9fugi\u00e9s attribuent ce retard au HCR, ce qui cr\u00e9e des tensions sur le site. On ignore ce qu\u2019il va advenir de ces r\u00e9fugi\u00e9s auxquels les autorit\u00e9s congolaises n\u2019autorisent pas l\u2019entr\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Quel est le sentiment des r\u00e9fugi\u00e9s par rapport \u00e0 leur retour ? <\/strong><\/p>\n<p>Cela d\u00e9pend grandement du secteur de la RDC qu\u2019ils ont quitt\u00e9 et de l\u2019\u00e9poque de leur d\u00e9part. Parmi ceux qui sont arriv\u00e9s le plus r\u00e9cemment, comme ceux qui ont fui Beni pour l\u2019Ouganda voisin, nombreux sont ceux qui ont <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/report\/98568\/uganda-says-drc-refugees-must-move-to-designated-camp\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 leur transfert<\/a> de la fronti\u00e8re vers Kyangwali et qui souhaitent rentrer chez eux d\u00e8s que possible. Plus de 6 000 d\u2019entre eux l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 fait.<\/p>\n<p>Les r\u00e9fugi\u00e9s sont motiv\u00e9s \u00e0 rentrer par le besoin de r\u00e9colter et de vendre leurs cultures, notamment le cacao, et par la pression exerc\u00e9e par le <em>mwami<\/em>, le \u00ab roi \u00bb de Kamango.<\/p>\n<p>Pour les r\u00e9fugi\u00e9s plus anciens, la situation est diff\u00e9rente. Une \u00e9tude r\u00e9cente a par exemple montr\u00e9 que sur les r\u00e9fugi\u00e9s congolais au Rwanda, arriv\u00e9s pour la plupart \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 apr\u00e8s avoir surv\u00e9cu ou assist\u00e9 \u00e0 des violences extr\u00eames, \u00ab plus de 96 pour cent ne consid\u00e8rent pas le rapatriement comme une option \u00bb.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019IRIN a visit\u00e9 Gihembe, les notables parmi les r\u00e9fugi\u00e9s, majoritairement tutsi, attribuaient ces r\u00e9ticences \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, principalement, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la pr\u00e9sence de membres de la milice Interahamwe, qui est responsable du g\u00e9nocide rwandais de 1994 et a massacr\u00e9 des Tutsis en RDC et \u00e0 Mudende, un camp de r\u00e9fugi\u00e9s rwandais. De nombreux membres des Interahamwe font maintenant partie des FDLR, dont le r\u00e9cent engagement public \u00e0 se d\u00e9sarmer a \u00e9t\u00e9 accueilli avec beaucoup de scepticisme.<\/p>\n<p>Les notables ont cit\u00e9 d\u2019autres raisons de ne pas rentrer, comme l\u2019absence totale de justice et de redevabilit\u00e9 pour les horribles crimes commis ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e dans l\u2019est de la RDC, les conflits fonciers et l\u2019hostilit\u00e9 montr\u00e9e par d\u2019autres communaut\u00e9s en raison de leur ethnicit\u00e9 (de nombreux Tutsis qui ont fui les massacres au Rwanda en 1959 ont \u00e9t\u00e9 naturalis\u00e9s en RDC, mais leur nationalit\u00e9 et leurs droits fonciers \u2013 ainsi que ceux de leurs descendants \u2013 continuent d\u2019\u00eatre une source majeure de dissensions.)<\/p>\n<p>\u00ab Comment pouvons-nous rentrer dans un pays qui ne nous reconna\u00eet pas comme ses citoyens ? \u00bb a demand\u00e9 un ancien.<\/p>\n<p>\u00ab Nous voulons tellement rentrer. La plupart d\u2019entre nous savent o\u00f9 se trouvent leurs terres. Mais elles sont occup\u00e9es par ceux qui nous ont chass\u00e9s \u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p>Au moins la moiti\u00e9 de ceux qui vivent maintenant \u00e0 Gihembe sont soit n\u00e9s l\u00e0, soit arriv\u00e9s tr\u00e8s jeunes, souvent sans leurs parents. C\u2019est pour eux un probl\u00e8me de plus.<\/p>\n<p>\u00ab Mon p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9, ma m\u00e8re est tr\u00e8s vieille \u00bb, a expliqu\u00e9 l\u2019un des plus jeunes r\u00e9fugi\u00e9s. \u00ab Il ne va pas \u00eatre facile pour moi de trouver d\u2019o\u00f9 je viens. \u00bb<\/p>\n<p>Selon un autre homme, les discours des autorit\u00e9s congolaises encourageant le retour des r\u00e9fugi\u00e9s ne sont \u00ab pas fond\u00e9s sur la r\u00e9alit\u00e9. Je connais une famille qui est rentr\u00e9e et certains [de ses membres] ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Quand ils disent que les gens peuvent rentrer chez eux, nous n\u2019y croyons pas. \u00bb<\/p>\n<p>Certains r\u00e9fugi\u00e9s ont rappel\u00e9 que des centaines de milliers de civils de l\u2019est de la RDC \u00e9taient d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur propre pays en raison de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et ont dit que tant que ceux-ci ne commen\u00e7aient pas \u00e0 rentrer chez eux, les r\u00e9fugi\u00e9s se trouvant en dehors de la RDC refuseraient eux aussi de le faire.<br \/>\n<strong><br \/>\nLes r\u00e9fugi\u00e9s peuvent-ils rester ind\u00e9finiment au m\u00eame endroit ? <\/strong><\/p>\n<p>Parmi les \u00ab solutions durables \u00bb classiques, une autre consiste \u00e0 int\u00e9grer compl\u00e8tement et de mani\u00e8re permanente les r\u00e9fugi\u00e9s dans le pays d\u2019accueil, en leur accordant g\u00e9n\u00e9ralement la citoyennet\u00e9 de ce pays. Cependant, en Ouganda, la Constitution ne pr\u00e9voit pas la naturalisation des r\u00e9fugi\u00e9s autrement que par le mariage.<\/p>\n<p>Pourtant, gr\u00e2ce \u00e0 leurs parcelles, les r\u00e9fugi\u00e9s des sites ougandais d\u00e9veloppent souvent un haut degr\u00e9 d\u2019autonomie \u00e9conomique. Bien que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la citoyennet\u00e9 leur soit refus\u00e9, l\u2019int\u00e9gration locale est renforc\u00e9e par l\u2019offre d\u2019infrastructures et de services sociaux que les r\u00e9fugi\u00e9s et les communaut\u00e9s d\u2019accueil se partagent, ainsi que par les r\u00e9seaux commerciaux.<\/p>\n<p>Au Rwanda, les dispositions juridiques existent, mais aucune initiative n\u2019a \u00e9t\u00e9 prise pour naturaliser les r\u00e9fugi\u00e9s ou les int\u00e9grer davantage. Cela s\u2019explique principalement par le manque de terres et d\u2019opportunit\u00e9s d\u2019emploi, par la hausse d\u00e9mographique et par le retour prochain de milliers de Rwandais vivant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>La Tanzanie a pendant des d\u00e9cennies \u00e9t\u00e9 un h\u00f4te g\u00e9n\u00e9reux pour les r\u00e9fugi\u00e9s et en accueille actuellement 66 000 provenant de RDC, dont la plupart ont fui leur pays en 1996. En 2010, une campagne de naturalisation a commenc\u00e9 pour 162 000 r\u00e9fugi\u00e9s burundais, mais le processus n\u2019est pas encore termin\u00e9 et il n\u2019est pas pr\u00e9vu qu\u2019il soit \u00e9tendu aux ressortissants congolais.<br \/>\n<strong><br \/>\nQuid de la r\u00e9installation ? <\/strong><\/p>\n<p>Jusque r\u00e9cemment, le transfert vers un pays tiers \u00e9tait une mesure essentiellement r\u00e9serv\u00e9e aux r\u00e9fugi\u00e9s ayant des besoins particuliers en mati\u00e8re de protection, tels que les victimes de violences ou les enfants non accompagn\u00e9s. Le nombre de personnes r\u00e9install\u00e9es \u00e9tait relativement peu \u00e9lev\u00e9 (en 2013, seulement un pour cent des 16,7 millions de r\u00e9fugi\u00e9s dans le monde avaient acc\u00e8s \u00e0 la r\u00e9installation).<\/p>\n<p>Depuis 2012, le droit \u00e0 la r\u00e9installation au Rwanda a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre envisag\u00e9 pour des groupes, plut\u00f4t que pour des individus, dans le cadre des efforts r\u00e9gionaux visant \u00e0 d\u00e9velopper et acc\u00e9l\u00e9rer le recours aux mesures de r\u00e9installation en r\u00e9ponse \u00e0 la crise des r\u00e9fugi\u00e9s de RDC.<\/p>\n<p>Dans le cadre de ce programme pour 2012-2017, quelque 50 000 Congolais r\u00e9fugi\u00e9s dans la r\u00e9gion des Grands Lacs pourraient \u00eatre r\u00e9install\u00e9s, principalement aux \u00c9tats-Unis. Environ 10 000 candidats se trouvent actuellement au Rwanda. Un nombre suffisant pour fermer l\u2019un des camps, \u00e0 moins d\u2019un nouvel afflux de r\u00e9fugi\u00e9s.<br \/>\n<strong><br \/>\nEt ensuite ? <\/strong><\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, seuls les nouveaux r\u00e9fugi\u00e9s sont susceptibles de rentrer en RDC, avec ou sans aide du HCR. L\u2019intervention de hautes instances, comme peut-\u00eatre l\u2019envoy\u00e9e sp\u00e9ciale des Nations Unies dans la r\u00e9gion des Grands Lacs, Mary Robinson, pourrait permettre d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, voire dans certains cas de contourner les proc\u00e9dures de contr\u00f4le aux fronti\u00e8res qui freinent actuellement les retours.<\/p>\n<p>Le HCR devrait conclure d\u2019ici la mi-juillet une enqu\u00eate exhaustive sur les intentions des r\u00e9fugi\u00e9s congolais h\u00e9berg\u00e9s dans des sites ougandais. Cette enqu\u00eate et les \u00e9tudes men\u00e9es sur les conditions dans les lieux de retour souhait\u00e9s guideront les futures d\u00e9cisions des pouvoirs publics.<\/p>\n<p>Le programme \u00e9tendu de r\u00e9installation fera par ailleurs baisser de mani\u00e8re significative le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019ici 2017.<\/p>\n<p>Plus tard cette ann\u00e9e, une r\u00e9union des ministres des \u00c9tats signataires de l\u2019Accord-cadre pour la paix, la s\u00e9curit\u00e9 et la coop\u00e9ration pour la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo et la r\u00e9gion, organis\u00e9e sous l\u2019\u00e9gide de la Conf\u00e9rence internationale de la r\u00e9gion des Grands Lacs, devrait \u00e9tudier l\u2019adoption d\u2019une approche r\u00e9gionale au probl\u00e8me des r\u00e9fugi\u00e9s congolais et envisager des options autres que les solutions durables classiques.<\/p>\n<p>Les perspectives de coop\u00e9ration internationale fructueuse sont cependant confront\u00e9es \u00e0 des obstacles de taille, tels que les relations toujours tendues entre la RDC et Kigali, dont les soldats ont particip\u00e9 \u00e0 des \u00e9chauffour\u00e9es le long de la fronti\u00e8re qui s\u00e9pare les deux pays \u00e0 la mi-juin.<\/p>\n<p>Un autre obstacle potentiel est apparu fin juin, lorsque le Rwanda a accus\u00e9 le D\u00e9partement des op\u00e9rations de maintien de la paix de bafouer les r\u00e9solutions du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et les r\u00e8gles du comit\u00e9 des Nations Unies en transportant un chef des FDLR sur un vol int\u00e9rieur op\u00e9r\u00e9 par la Mission de l\u2019Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) pour qu\u2019il puisse assister \u00e0 une r\u00e9union sur le d\u00e9sarmement \u00e0 Rome. Dans une lettre adress\u00e9e au Conseil de s\u00e9curit\u00e9, le repr\u00e9sentant permanent du Rwanda aupr\u00e8s des Nations Unies, Eugene-Richard Gasana, a menac\u00e9 de se retirer de l\u2019Accord-cadre pour la paix, la s\u00e9curit\u00e9 et la coop\u00e9ration pour la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo et la r\u00e9gion si le D\u00e9partement des op\u00e9rations de maintien de la paix d\u00e9cidait de \u00ab poursuivre ces tentatives d\u2019expurgation des g\u00e9nocidaires des FDLR \u00bb.<\/p>\n<p>(Le 2 juillet, le chef de la MONUSCO, Martin Kobler, a tweet\u00e9 : \u00ab nous avons transport\u00e9 [le membre des] FDLR \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays. Ils n\u2019ont pas le droit de se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Nous avons respect\u00e9 les r\u00e8gles. \u00bb)<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Faciliter le retour des r\u00e9fugi\u00e9s d\u00e9plac\u00e9s par le conflit dans l\u2019est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) fait partie des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s des efforts de stabilisation de la r\u00e9gion.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[345],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-17363","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","pays-republique-democratique-du-congo","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17363","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17363"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17363\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17363"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17363"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17363"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=17363"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=17363"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=17363"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=17363"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}