{"id":18101,"date":"2014-09-08T06:59:00","date_gmt":"2014-09-08T06:59:00","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=18101"},"modified":"2021-08-26T14:05:24","modified_gmt":"2021-08-26T12:05:24","slug":"irin-les-refugies-de-la-rca-preferent-les-villes-camerounaises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/09\/08\/irin-les-refugies-de-la-rca-preferent-les-villes-camerounaises\/","title":{"rendered":"IRIN | Les r\u00e9fugi\u00e9s de la RCA pr\u00e9f\u00e8rent les villes camerounaises"},"content":{"rendered":"<h2>Frustr\u00e9s par leurs conditions de vie, les r\u00e9fugi\u00e9s et les autres migrants affluent dans les villes de l\u2019est du Cameroun en qu\u00eate d\u2019un emploi et d\u2019un nouveau d\u00e9part. On s\u2019inqui\u00e8te cependant des r\u00e9percussions que pourrait avoir cet afflux de migrants dans les zones urbaines et des tensions qui \u00e9mergent entre les nouveaux arrivants et les habitants locaux.<\/h2>\n<p><em><strong>Article publi\u00e9 sur le site de l&rsquo;IRIN, le 23 juin 2014. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/100250\/les-r%C3%A9fugi%C3%A9s-de-la-rca-pr%C3%A9f%C3%A8rent-les-villes-camerounaises\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de l&rsquo;IRIN.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Quelque 226 000 personnes ont fui la R\u00e9publique Centrafricaine (RCA) pour se r\u00e9fugier au Cameroun, en R\u00e9publique du Congo, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) et au Tchad depuis d\u00e9cembre 2013. Parmi ces quatre pays, le <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/100167\/le-cameroun-doit-composer-avec-l-afflux-de-r%C3%A9fugi%C3%A9s-centrafricains\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cameroun est celui qui accueille le plus grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9s<\/a>.<\/p>\n<h3><strong>S\u2019installer en ville<\/strong><\/h3>\n<p>Depuis le d\u00e9but de 2014, plus de 80&rsquo;000 Centrafricains ont fui la recrudescence des violences dans leur pays et travers\u00e9 la fronti\u00e8re camerounaise. Nombre d\u2019entre eux ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s dans des villages, mais pour certains, les villes de l\u2019est du Cameroun pr\u00e9sentent plus d\u2019attrait.<\/p>\n<p>\u00abLa migration des r\u00e9fugi\u00e9s vers les zones urbaines complique les efforts mis en \u0153uvre pour les prot\u00e9ger et pour brosser un tableau pr\u00e9cis de la population de r\u00e9fugi\u00e9s dans la r\u00e9gion\u00bb, a dit Faustin Tchimi, de la Croix-Rouge camerounaise, \u00e0 Bertoua.<\/p>\n<p>\u00abOn constate une migration vers la zone urbaine de Bertoua, mais il est difficile d\u2019\u00e9valuer le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s pr\u00e9sents dans la vill\u00bb, fait remarquer M. Tchimi. \u00ab Les r\u00e9fugi\u00e9s qui vivent dans les camps et les villages pr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9fi important pour les travailleurs humanitaires. Ces derniers peinent en effet \u00e0 fournir des services suffisants et \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 de tous.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abDe nombreux hommes r\u00e9fugi\u00e9s ont quitt\u00e9 le camp pour se rendre \u00e0 Bertoua et ne sont jamais revenus. Nous n\u2019avons pas eu de nouvelles d\u2019eux depuis\u00bb, a dit \u00e0 IRIN Augustin Bolly, chef des r\u00e9fugi\u00e9s du camp de Guiwa II, dans l\u2019est du Cameroun. Les informations qui leur reviennent ne sont pas encourageantes. \u00abCertains sont simplement all\u00e9s acheter des marchandises pour monter de petites entreprises \u00e0 Guiwa. On nous a dit qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s de l\u2019est du Cameroun ont dit qu\u2019il \u00e9tait difficile de d\u00e9terminer le nombre exact de r\u00e9fugi\u00e9s qui se sont install\u00e9s dans les villes. Elles signalent cependant l\u2019existence de probl\u00e8mes s\u00e9curitaires devant \u00eatre r\u00e9solus.<\/p>\n<h3><strong>Les probl\u00e8mes s\u00e9curitaires entra\u00eenent de nouveaux contr\u00f4les<\/strong><\/h3>\n<p>\u00abLe d\u00e9placement des r\u00e9fugi\u00e9s vers Bertoua constitue une pr\u00e9occupation majeure pour les autorit\u00e9s publiques. Nous sommes en train d\u2019\u00e9laborer un plan pour g\u00e9rer leur pr\u00e9sence et assurer la s\u00e9curit\u00e9\u00bb, a dit Ir\u00e9n\u00e9e Galim Ngong, le pr\u00e9fet du d\u00e9partement du Lom-et-Dj\u00e9rem, dont le chef-lieu est Bertoua.<\/p>\n<p>Des responsables de la s\u00e9curit\u00e9 de Bertoua consid\u00e8rent que les \u00e9trangers sont responsables de certains incidents s\u00e9curitaires et disent avoir renforc\u00e9 les patrouilles. Alim Aboubakar, un commissaire de police de Bertoua, a d\u00e9crit les r\u00e9fugi\u00e9s causant des probl\u00e8mes comme \u00abdes jeunes hommes qui tentent de survivre en faisant toutes sortes de petits boulots, en volant ou m\u00eame en commettant des vols \u00e0 main arm\u00e9e\u00bb.<\/p>\n<p>Certains locaux se plaignent d\u2019incidents de violence perp\u00e9tr\u00e9s par des migrants. \u00abJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 victime de deux agressions commises par des migrants\u00bb, a dit Umaru Sanda, un r\u00e9sident de Bertoua. \u00abDe nombreuses personnes se plaignent.\u00bb<\/p>\n<p>M. Aboubakar, le commissaire de police, a dit qu\u2019au moins cinq migrants \u00e9taient arr\u00eat\u00e9s chaque nuit pour des infractions mineures ou des agressions arm\u00e9es.<\/p>\n<p>On raconte \u00e9galement qu\u2019un ressortissant centrafricain aurait \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans une bataille avec des r\u00e9sidents locaux \u00e0 Bertoua. Il aurait sorti une machette, a coup\u00e9 la main d\u2019un policier qui tentait d\u2019intervenir et bless\u00e9 quatre autres personnes.<\/p>\n<p>Les tensions ne datent pas d\u2019hier. En septembre dernier, des <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/report\/99026\/refugee-influx-causes-unease-in-cameroon\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">affrontements<\/a> ont \u00e9clat\u00e9 entre des r\u00e9fugi\u00e9s et des r\u00e9sidents lorsqu\u2019un groupe de r\u00e9fugi\u00e9s ont quitt\u00e9 leur camp pour se rendre dans les villages voisins. L\u2019arm\u00e9e est finalement intervenue pour arr\u00eater les r\u00e9fugi\u00e9s avant qu\u2019ils n\u2019atteignent la ville de Bertoua.<\/p>\n<h3><strong>Migrants en d\u00e9tention<\/strong><\/h3>\n<p>Un gardien de la prison centrale de Bertoua qui a demand\u00e9 \u00e0 garder l\u2019anonymat a dit \u00e0 IRIN que 32 migrants de diverses nationalit\u00e9s avaient r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 la prison. Il ne pouvait cependant pas dire combien d\u2019entre eux avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus. Il a seulement dit: \u00abNous avons de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s sous notre garde.\u00bb<\/p>\n<p>Le gardien a ajout\u00e9 que les personnes arr\u00eat\u00e9es \u00e9taient d\u00e9tenues. Il a pr\u00e9cis\u00e9 que le <abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr> avait examin\u00e9 leurs dossiers, mais que l\u2019agence des Nations Unies avait eu de la difficult\u00e9 \u00e0 identifier la majeure partie des d\u00e9tenus, laissant planer l\u2019incertitude quant \u00e0 leur statut et rendant difficile l\u2019obtention de protection.<\/p>\n<h3><strong>En qu\u00eate d\u2019une vie meilleure<\/strong><\/h3>\n<p>La possibilit\u00e9 de trouver du travail pousse de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 s\u2019installer dans les villes. Or, ils y sont souvent expos\u00e9s \u00e0 l\u2019exploitation et \u00e0 la d\u00e9tention \u2013 ce qui rend leur survie difficile \u2013 parce qu\u2019ils n\u2019ont pas les documents d\u2019identit\u00e9 ad\u00e9quats et qu\u2019ils ont peu ou pas de comp\u00e9tences de travail. Les r\u00e9fugi\u00e9s centrafricains qui vivaient en ville dans leur pays trouvent malgr\u00e9 tout que la vie dans les camps et les villages est insupportable.<\/p>\n<p>\u00abJe ne peux pas rester dans un village o\u00f9 il n\u2019y a ni \u00e9lectricit\u00e9 ni eau et o\u00f9 les conditions d\u2019h\u00e9bergement sont aussi mauvaises\u00bb, a expliqu\u00e9 Jodel Tanga, un \u00e9tudiant du secondaire qui a quitt\u00e9, il y a huit mois, le camp de Mborguene, dans l\u2019est du Cameroun, pour se rendre \u00e0 Bertoua.<\/p>\n<p>\u00abIci, je sais que je peux travailler et peut-\u00eatre m\u00eame \u00e9pargner pour retourner \u00e0 l\u2019\u00e9cole un jour\u00bb, a dit M. Tanga. \u00abJ\u2019ai d\u00fb esquiver les contr\u00f4les policiers pour me rendre en ville. De nombreux autres r\u00e9fugi\u00e9s se sont fait prendre sur le trajet entre le camp et Bertoua et on n\u2019a plus jamais entendu parler d\u2019eux.\u00bb M. Tanga a soulign\u00e9 que les postes de contr\u00f4le ont \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9s depuis et qu\u2019il est d\u00e9sormais plus difficile d\u2019atteindre Bertoua.<\/p>\n<h3><strong>Survivre \u00ab envers et contre tout \u00bb<\/strong><\/h3>\n<p>Baba Karim, 26 ans, travaille comme chauffeur de moto-taxi depuis trois semaines \u00e0 Bertoua. Il admet qu\u2019il ne conna\u00eet pas encore tr\u00e8s bien la ville, mais il insiste sur sa d\u00e9termination \u00e0 r\u00e9ussir. \u00abJe ne connais pas les noms des lieux: je d\u00e9pends donc des clients et des autres chauffeurs pour les indications. Mais je dois survivre envers et contre tout\u00bb, a-t-il dit.<\/p>\n<p>M. Karim dit qu\u2019il n\u2019a jamais v\u00e9cu dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s auparavant. \u00abIl n\u2019y a rien pour moi dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s. Les gens l\u00e0-bas n\u2019ont pas des vraies vies; ils d\u00e9pendent des travailleurs humanitaires et vivent dehors.\u00bb<\/p>\n<p>M. Karim vit dans un b\u00e2timent en construction avec quatre autres r\u00e9fugi\u00e9s qui sont aussi en qu\u00eate de petits boulots. Ils se font parfois embaucher par les entrepreneurs qui travaillent sur le site.<\/p>\n<p>M. Karim touche un salaire quotidien, mais son travail comporte des risques. \u00abJe gagne au moins 5000 francs (10 dollars) par jour et je donne 3000 francs au propri\u00e9taire de la moto. Malheureusement, certains jours, je finis par perdre tout ce que j\u2019ai gagn\u00e9 parce que je dois verser des pots-de-vin aux policiers pour qu\u2019on me lib\u00e8re\u00bb, a-t-il dit.<\/p>\n<p>Certains migrants d\u00e9tenus ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de faire des t\u00e9moignages incriminants.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 en d\u00e9tention environ cinq fois parce que je n\u2019avais pas de papiers d\u2019identit\u00e9. On finit toujours par me lib\u00e9rer parce que les policiers sont frustr\u00e9s par ma situation et aussi parce que je suis encore jeune\u00bb, a dit Hassan Abu, 16 ans, qui travaille comme porteur.<\/p>\n<p>\u00abMais lorsque vous \u00eates sous leur garde, ils vous forcent \u00e0 dire toutes sortes de choses. Je connais des r\u00e9fugi\u00e9s du Congo et de la RCA qui ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de faire des d\u00e9clarations et qui sont aujourd\u2019hui en prison.\u00bb<\/p>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Frustr\u00e9s par leurs conditions de vie, les r\u00e9fugi\u00e9s et les autres migrants affluent dans les villes de l\u2019est du Cameroun en qu\u00eate d\u2019un emploi et d\u2019un nouveau d\u00e9part. On s\u2019inqui\u00e8te cependant des r\u00e9percussions que pourrait avoir cet afflux de migrants dans les zones urbaines et des tensions qui \u00e9mergent entre les nouveaux arrivants et les habitants locaux.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[613,1159],"ve_numero":[],"pays":[411,571],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-18101","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-camp-de-refugies","tag-documentation","pays-cameroun","pays-republique-centrafricaine","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18101","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18101"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18101\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18101"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18101"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18101"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=18101"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=18101"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=18101"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=18101"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}