{"id":18145,"date":"2014-09-12T09:18:37","date_gmt":"2014-09-12T09:18:37","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=18145"},"modified":"2021-08-26T13:40:59","modified_gmt":"2021-08-26T11:40:59","slug":"tribune-de-geneve-logement-des-requerants-lasile-manque-de-toits","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/09\/12\/tribune-de-geneve-logement-des-requerants-lasile-manque-de-toits\/","title":{"rendered":"Tribune de Gen\u00e8ve | Asylum seeker housing: shelters are lacking"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Le dispositif de logement de l&rsquo;AMIG, la nouvelle unit\u00e9 de l&rsquo;Hospice g\u00e9n\u00e9ral qui s&rsquo;occupe de l&rsquo;aide aux migrants et aux requ\u00e9rants d&rsquo;asile, est surcharg\u00e9. Ces derniers mois, le nombre de nouveaux arrivants d\u00e9passe celui des personnes qui sortent du dispositif, soit parce qu&rsquo;ils ont trouv\u00e9 une autre solution de logement, soit parce qu&rsquo;ils ne se trouvent plus sur le territoire suisse, du moins aux yeux des autorit\u00e9s. Au foyer des Tattes, \u00e0 Vernier, 660 personnes sont log\u00e9es dans des b\u00e2timents pens\u00e9s pour en accueillir 450. Il s&rsquo;ag\u00eet d&rsquo;une situation probl\u00e9matique, \u00e0 niveau de la sant\u00e9 des r\u00e9sidents et du vivre ensemble, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;encadrement social est assur\u00e9 seulement par deux assistants sociaux \u00e0 45%.<\/span><\/p>\n<p><em>Article de Laure Gabus publi\u00e9 dans la Tribune de Gen\u00e8ve, le 9 septembre 2014 (p. 18).<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Deux cent neuf personnes supple\u0301mentaires entre janvier et la mi- juillet. \u00abDans un dispositif de\u0301ja\u0300 sature\u0301, c\u2019est e\u0301norme\u00bb, souligne Bernard Manguin, porte-parole de l\u2019Hospice ge\u0301ne\u0301ral (ci-apre\u0300s Hos- pice). Le Canton accueille 5,6% des personnes ayant de\u0301pose\u0301 une demande d\u2019asile en Suisse; un chiffre proportionnel a\u0300 sa population et englobant des personnes aux statuts tre\u0300s divers. L\u2019Hospice est notamment charge\u0301 de leur trouver un logement. Pour ce faire, il dispose officiellement de 5000 lits. A la fin de juillet, l\u2019institution s\u2019occupait de 4994 personnes issues de l\u2019asile. Or, ces derniers mois, le nombre de nouveaux arrivants de\u0301passe celui des \u00absorties\u00bb des logements ge\u0301re\u0301s par l\u2019institution. Ce qui met celle-ci sous pression.<\/p>\n<p>Ces nouveaux arrivants viennent majoritairement de Syrie ou d\u2019Erythre\u0301e. Vu les risques qu\u2019ils encourent dans leur pays d\u2019origine, en guerre, ils devraient obtenir le droit de rester en Suisse. Il y a quelques mois, le Conseil d\u2019Etat genevois s\u2019est engage\u0301 a\u0300 accueillir des re\u0301fugie\u0301s syriens. Mais ou\u0300 pourront-ils e\u0302tre loge\u0301s? \u00abLorsque le Canton s\u2019est porte\u0301 volontaire, on se trouvait dans une situation de baisse des demandes d\u2019asile, rappelle Mauro Poggia, le magistrat de tutelle de l\u2019Hospice. Cela e\u0301tant, les familles de re\u0301fugie\u0301s syriens ne seront pas accueillies en abri PCi et une recherche de solution est en cours.\u00bb Ce dernier e\u0301voque une ne\u0301gociation entre l\u2019Hospice et la Ville pour louer une maison pouvant accueillir trente personnes.<\/p>\n<p><strong>Places supple\u0301mentaires<br \/>\n<\/strong>En attendant, l\u2019Hospice peine a\u0300 offrir un toit aux reque\u0301rants de toutes origines. Un seul projet de logements est en cours; l\u2019extension du foyer de Feuillasse, a\u0300 Meyrin. Cent six studios individuels seront disponibles au de\u0301but de l\u2019anne\u0301e 2015. Ils remplacent des anciens ba\u0302timents pre\u0301fabrique\u0301s qui avaient atteint leur dure\u0301e de vie et ont e\u0301te\u0301 de\u0301truits. Au total ne seront cre\u0301e\u0301es qu\u2019\u00abenviron 40 a\u0300 50 places supple\u0301mentaires\u00bb, pre\u0301cise Mauro Poggia.<\/p>\n<p>Un nouveau foyer, pre\u0301vu a\u0300 la route des Jeunes, a pris du retard. Un e\u0301change de parcelles, double\u0301 d\u2019une e\u0301vacuation, a termine\u0301 devant la justice. \u00abLe dossier e\u0301volue favorablement, mais tous les aspects ne sont pas encore finalise\u0301s, explique Nicole Bovard Briki, charge\u0301e de communication du De\u0301partement du logement. Une de\u0301cision du Tribunal des baux et loyers doit biento\u0302t tomber et est tre\u0300s attendue.\u00bb Environ 160 personnes pourront y vivre, mais il s\u2019agira pour la plupart des actuels locataires du foyer Frank Thomas, situe\u0301 vers la gare des Eaux-Vives et voue\u0301 a\u0300 la destruction avant l\u2019arrive\u0301e du CEVA.<\/p>\n<p><strong>Re\u0301ouverture d\u2019un abri PCi<br \/>\n<\/strong>Un autre projet a e\u0301te\u0301 abandonne\u0301 au printemps. Il s\u2019agissait de l\u2019extension du foyer des Tilleuls, situe\u0301 a\u0300 proximite\u0301 de la piste d\u2019atterrissage de l\u2019ae\u0301roport, au Grand-Saconnex. \u00abLes nuisances sonores y sont trop fortes et la Commune s\u2019est oppose\u0301e a\u0300 des constructions dans ce pe\u0301rime\u0300tre, rapporte Ariane Daniel Merkelbach, directrice de l\u2019Aide aux migrants (AMIG). Humainement, je nous voyais mal construire un centre aussi pre\u0300s de la piste.\u00bb<\/p>\n<p>Et ailleurs? \u00abIl n\u2019y a pas grand-chose et c\u2019est bien ce qui nous pre\u0301occupe. Nos centres n\u2019ont pas de murs extensibles, continue l\u2019employe\u0301e de l\u2019Hospice. La seule solution reste l\u2019ouverture d\u2019abris PCi, mais elle n\u2019est pas pe\u0301renne, car cou\u0302teuse et surtout humainement peu satisfaisante.\u00bb Pourtant, l\u2019Hospice pense rouvrir un abri PCi prochainement. \u00abCompte tenu de l\u2019afflux actuel, de nouveaux arrivants de nationalite\u0301 syrienne ou e\u0301rythre\u0301enne seront probablement loge\u0301s dans cet abri, mais de manie\u0300re transitoire, poursuit Mauro Poggia. Seuls les hommes ce\u0301libataires seront concerne\u0301s, les femmes et les enfants n\u2019e\u0301tant pas loge\u0301s en abri PCi.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Foyer des Tattes: 660 personnes<br \/>\n<\/strong>Cela ne re\u0301soudra pas le proble\u0300me chronique de la pe\u0301nurie de logements. \u00abDans l\u2019imme\u0301diat, nous avons surtout besoin de logements individuels et de terrains, mais il nous est difficile d\u2019en obtenir car nos projets sont souvent en concurrence avec d\u2019autres\u00bb, poursuit Ariane Daniel Merkelbach. Antonio Hodgers, en charge du Logement, n\u2019a pas souhaite\u0301 s\u2019exprimer sur le sujet, expliquant par la voie de sa charge\u0301e de communication que \u00abcette proble\u0301matique rele\u0300ve essentiellement d\u2019autres de\u0301partements\u00bb.<\/p>\n<p>Il faut donc composer avec l\u2019existant. La directrice de l\u2019AMIG pre\u0301cise qu\u2019il reste encore \u00abune quarantaine de places disponibles\u00bb au foyer des Tattes, a\u0300 Vernier. Ce chiffre fait bondir les associations venant en aide aux migrants. Six cent soixante personnes sont aujourd\u2019hui loge\u0301es dans ce foyer qui a e\u0301te\u0301 construit pour accueillir 450 personnes. \u00abDe quatre a\u0300 six personnes dorment dans les chambres pre\u0301vues pour deux, te\u0301moigne Nicole Andreetta, responsable de l\u2019aumo\u0302nerie pour reque\u0301rants d\u2019asile Agora, qui a ses locaux sur les lieux. Et bien qu\u2019il y ait deux cents habitants en plus, il n\u2019y a pas davantage de douches, de toilettes et de poubelles. Cela pose des proble\u0300mes d\u2019hygie\u0300ne.\u00bb<\/p>\n<p>Des proble\u0300mes sanitaires sont en effet apparus. Le foyer est re\u0301gulie\u0300rement traite\u0301 contre les punaises de lit, sans pouvoir en venir de\u0301finitivement a\u0300 bout. Un phe\u0301nome\u0300ne ne\u0301anmoins courant a\u0300 Gene\u0300ve et bien moins grave que les nombreux cas de gale qui ont e\u0301te\u0301 traite\u0301s cet e\u0301te\u0301 dans des lieux ou\u0300 logent des personnes issues de l\u2019asile (lire ci-dessous). A l\u2019origine, seuls les reque\u0301rants de\u0301boute\u0301s, ce\u0301libataires et a\u0300 l\u2019aide d\u2019urgence (ndlr: frappe\u0301s d\u2019un renvoi, n\u2019ayant pas le droit de travailler et touchant une somme minimum pour vivre) devaient e\u0302tre loge\u0301s au foyer des Tattes. Or, actuellement, des personnes aux statuts tre\u0300s divers y vivent, dont une centaine de mineurs.<\/p>\n<p>L\u2019aumo\u0302nie\u0300re observe des tensions et des bagarres \u00abqui finissent parfois avec l\u2019arrive\u0301e d\u2019une ambulance\u00bb. Elle de\u0301plore surtout le manque d\u2019encadrement. Seuls deux travailleurs sociaux a\u0300 45% ge\u0300rent l\u2019ensemble du foyer. \u00abLe re\u0301gime de l\u2019aide d\u2019urgence est une volonte\u0301 politique, que la population a vote\u0301e et qui pre\u0301voit un encadrement social minimum, rappelle Nicole Andreetta. Ne\u0301anmoins, cet e\u0301te\u0301, il y a eu 130 nouveaux arrivants aux Tattes et pas davantage de travailleurs sociaux. Heureusement que ceux qui sont la\u0300 font du tre\u0300s bon boulot!\u00bb<\/p>\n<p>4994 personnes e\u0301taient loge\u0301es par le programme d\u2019aide aux migrants (AMIG) de l\u2019Hospice ge\u0301ne\u0301ral a\u0300 la fin de juillet. Ce chiffre repre\u0301sente 5,6% des personnes issues de l\u2019asile en Suisse que le Canton de Gene\u0300ve doit accueillir. Depuis le de\u0301but de l\u2019anne\u0301e, l\u2019Hospice a du\u0302 prendre en charge 209 personnes supple\u0301mentaires. La plupart des nouveaux arrivants a\u0300 Gene\u0300ve sont originaires de Syrie et d\u2019Erythre\u0301e, et devraient obtenir l\u2019asile en Suisse.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: right;\">Laure Gabus<\/h4>\n<h3><strong>Gale et punaises de lit: les centres en alerte<\/strong><\/h3>\n<p>Une e\u0301pide\u0301mie de gale a e\u0301te\u0301 e\u0301vite\u0301e cet e\u0301te\u0301. Entre juin et la mi-juillet, des cas de gale ont e\u0301te\u0301 de\u0301tecte\u0301s chez une trentaine de reque\u0301rants d\u2019asile re\u0301cemment arrive\u0301s a\u0300 Gene\u0300ve. Jamais l\u2019Hospice ge\u0301ne\u0301ral n\u2019avait eu affaire a\u0300 autant de cas simultane\u0301ment. Ils ont e\u0301te\u0301 identifie\u0301s par les infirmie\u0300res du Programme sante\u0301 migrants et confirme\u0301s par le Service de dermatologie. La plupart des malades e\u0301taient loge\u0301s a\u0300 l\u2019abri PCi d\u2019Annevelle, a\u0300 Lancy, et au foyer Alexandre Gavard, a\u0300 Carouge. \u00abLa gale est une maladie de la pauvrete\u0301, elle refle\u0300te bien la pre\u0301carite\u0301 des conditions de voyage de ces migrants, mais c\u2019est aussi une maladie de la promiscuite\u0301, explique la Dre Sophie Durieux. Nous avons contacte\u0301 les services du me\u0301decin cantonal pour trouver une strate\u0301gie afin d\u2019e\u0301viter que cela ne se propage. Nous avons donne\u0301 un me\u0301dicament a\u0300 tous les re\u0301sidents de ces deux foyers et l\u2019Hospice ge\u0301ne\u0301ral a traite\u0301 l\u2019environnement: laver le linge, sprayer la literie. Dans l\u2019abri PCi, cela n\u2019e\u0301tait pas e\u0301vident.\u00bb Pendant ce temps, les habitants ont e\u0301te\u0301 loge\u0301s a\u0300 l\u2019abri PCi de Cha\u0302telaine, rouvert pour l\u2019occasion. Les futurs arrivants des deux centres recevront e\u0301galement un traitement contre la gale, afin d\u2019e\u0301viter les re\u0301cidives.<\/p>\n<p>\u00abNous avons ainsi garanti un acce\u0300s aux soins et un suivi me\u0301dicalise\u0301\u00bb, conclut le me\u0301decin cantonal, Jacques-Andre\u0301 Romand. La strate\u0301gie semble avoir e\u0301te\u0301 gagnante. En me\u0302me temps que la gale, les deux centres d\u2019he\u0301bergement ont e\u0301te\u0301 traite\u0301s contre les punaises de lit. \u00abUn proble\u0300me de salubrite\u0301, mais pas de sante\u0301\u00bb, rappelle le me\u0301decin cantonal. Un proble\u0300me re\u0301current dans certains foyers de l\u2019Hospice ge\u0301ne\u0301ral. Au foyer des Tattes, a\u0300 ceux d\u2019Anie\u0300res et de Presinge, des chambres ont e\u0301te\u0301 traite\u0301es. \u00abAu Grand-Saconnex, le centre est si ve\u0301tuste et les punaises si re\u0301sistantes qu\u2019elles sont difficiles a\u0300 e\u0301radiquer, de\u0301plore Ariane Daniel Merkelbach, directrice de l\u2019Aide aux migrants. Il est difficile de sortir et reloger tous les habitants du foyer pour le traiter en une fois.\u00bb<\/p>\n<h4 style=\"text-align: right;\">L.G.<\/h4>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dispositif de logement de l\u2019AMIG, la nouvelle unit\u00e9 de l\u2019Hospice g\u00e9n\u00e9ral qui s\u2019occupe de l\u2019aide aux migrants et aux requ\u00e9rants d\u2019asile, est surcharg\u00e9. 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