{"id":19598,"date":"2014-12-16T08:26:49","date_gmt":"2014-12-16T08:26:49","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=19598"},"modified":"2021-08-26T14:04:11","modified_gmt":"2021-08-26T12:04:11","slug":"swissinfo-en-erythree-la-situation-des-droits-de-lhomme-ne-sameliore-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/12\/16\/swissinfo-en-erythree-la-situation-des-droits-de-lhomme-ne-sameliore-pas\/","title":{"rendered":"swissinfo | \u00abEn Erythr\u00e9e, la situation des droits de l&rsquo;homme ne s\u2019am\u00e9liore pas\u00bb"},"content":{"rendered":"<h2>Dur\u00e9e ind\u00e9finie du service militaire, arrestations et d\u00e9tentions arbitraires, conditions de d\u00e9tention difficiles: toutes ces violations des droits de l\u2019homme ne permettent pas aux Erythr\u00e9ens d\u2019entrevoir un futur dans leur pays. C\u2019est ce qu\u2019affirme Sheila B. Keetharuth, rapporteuse sp\u00e9ciale de l\u2019ONU sur l\u2019Erythr\u00e9e, dans un entretien exclusif accord\u00e9 \u00e0 la Radiot\u00e9l\u00e9vision suisse italienne.<\/h2>\n<p><em><strong>Article d&rsquo;Emiliano Bos publi\u00e9 sur le site swissinfo.ch, le 15 d\u00e9cembre 2014. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.swissinfo.ch\/fre\/-en-erythr%C3%A9e--la-situation-des-droits-de-l-homme-ne-s-am%C3%A9liore-pas-\/41170270\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de swissinfo.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Chaque mois, 4000 personnes en moyenne fuient l\u2019Erythr\u00e9e, selon les statistiques du Haut-Commissariat de l\u2019ONU pour les r\u00e9fugi\u00e9s. Nomm\u00e9e il y a deux ans par le Conseil des droits de l\u2019homme de l\u2019ONU \u00e0 Gen\u00e8ve, Sheila B. Keetharuth estime que les conditions ne s\u2019am\u00e9liorent pas dans ce pays d\u2019Afrique orientale.<\/p>\n<p>La Suisse ne peut donc pas revoir les proc\u00e9dures d\u2019asile et renvoyer les Erythr\u00e9ens actuellement h\u00e9berg\u00e9s sur son sol. Durant le troisi\u00e8me trimestre 2014, plus de 3500 demandes d\u2019asile ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es en Suisse par des Erythr\u00e9ens.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019ici, le gouvernement d\u2019Asmara n\u2019a pas autoris\u00e9 Sheila B. Keetharuth \u00e0 entrer en Erythr\u00e9e, malgr\u00e9 ses requ\u00eates. Pour r\u00e9aliser son enqu\u00eate, la rapporteuse sp\u00e9ciale de l\u2019ONU a d\u00fb s\u2019appuyer sur les t\u00e9moignages r\u00e9colt\u00e9s parmi la diaspora \u00e9rythr\u00e9enne. Victimes d\u2019un exode sans fin, ces r\u00e9fugi\u00e9s racontent les violations syst\u00e9matiques de leurs droits et la r\u00e9pression acharn\u00e9e dont ils sont victimes.<\/p>\n<h3>Dans votre dernier rapport, vous jugez la situation des droits de l\u2019homme en Erythr\u00e9e \u00abcatastrophique\u00bb. Comment parvenez-vous \u00e0 cette conclusion?<\/h3>\n<p>Sheila B. Keetharuth: A l\u2019heure actuelle, environ 4000 Erythr\u00e9ens quittent le pays chaque mois, selon les chiffres du Haut-Commissariat de l\u2019ONU pour les r\u00e9fugi\u00e9s. Pourquoi ce nombre est-il en hausse? Les Erythr\u00e9ens avec qui j\u2019ai parl\u00e9 m\u2019ont fait comprendre les causes: dur\u00e9e ind\u00e9finie du service militaire, violations qui y sont li\u00e9es, arrestations, d\u00e9tentions arbitraires, conditions de d\u00e9tention difficiles. Ces violations des droits de l\u2019homme coupl\u00e9es \u00e0 une \u00e9conomie exsangue ne leur permettent pas d\u2019envisager un avenir dans leur pays.<\/p>\n<h3>Vous avez parl\u00e9 de violations au cours du service militaire. Pouvez-vous pr\u00e9ciser?<\/h3>\n<p>S.B.K.: Je veux parler de toutes les affaires d\u2019abus sexuels \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019arm\u00e9e. Le service militaire concerne en effet \u00e9galement les femmes, qui subissent des violences et des abus sexuels de la part des officiers.<\/p>\n<h3>Et en-dehors de l\u2019arm\u00e9e, quelles sont les violations des droits de l\u2019homme les plus r\u00e9pandues en Erythr\u00e9e?<\/h3>\n<p>S.B.K.: Je citerais par exemple la libert\u00e9 d\u2019expression. Les gens ont peur. Ils ne peuvent pas parler d\u2019arrestations, de d\u00e9tentions ou partager des informations. Toute l\u2019information publique est contr\u00f4l\u00e9e par le gouvernement. Ensuite, il y a la question des pratiques religieuses: seules quatre confessions sont accept\u00e9es, les autres ne sont pas autoris\u00e9es. D\u2019autres droits civils, comme la libert\u00e9 de r\u00e9union, sont entrav\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais je veux \u00e9galement parler des droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels. Les Erythr\u00e9ens n\u2019ont pas le droit de choisir leur profession, elle leur est impos\u00e9e par le gouvernement \u00e0 l\u2019issue de leur scolarit\u00e9 obligatoire.<\/p>\n<h3>Les jeunes en derni\u00e8re ann\u00e9e d\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure sont oblig\u00e9s de suivre une formation militaire avant d\u2019obtenir un dipl\u00f4me. Non seulement le service militaire dure tr\u00e8s longtemps \u2013 ce que de nombreux Erythr\u00e9ens d\u00e9noncent &#8211; mais les soldats sont exploit\u00e9s comme main-d\u2019\u0153uvre bon march\u00e9. Confirmez-vous ces faits?<\/h3>\n<p>S.B.K.: Ce que je sais, c\u2019est que de nombreux Erythr\u00e9ens sont utilis\u00e9s durant leur service militaire pour d\u2019autres t\u00e2ches. Je n\u2019ai pas enqu\u00eat\u00e9 sur les rapports faisant \u00e9tat de soldats utilis\u00e9s par des entreprises priv\u00e9es, mais beaucoup m\u2019ont affirm\u00e9 qu\u2019ils ont travaill\u00e9 dans des exploitations agricoles, pour construire des digues ou r\u00e9aliser d\u2019autres travaux publics.<\/p>\n<h3>En Suisse, des voix se sont \u00e9lev\u00e9es pour demander une r\u00e9vision des pratiques du droit d\u2019asile politique appliqu\u00e9es aux Erythr\u00e9ens car les conditions s\u2019\u00e9taient am\u00e9lior\u00e9es dans leur pays. Selon vous, les Erythr\u00e9ens vivent-ils mieux aujourd\u2019hui?<\/h3>\n<p>S.B.K.: J\u2019ai eu l\u2019opportunit\u00e9 de m\u2019entretenir avec de nombreux Erythr\u00e9ens qui ont quitt\u00e9 leur pays il y a moins d\u2019une ann\u00e9e. Il y avait des personnes de tous horizons: ceux qui venaient de d\u00e9serter l\u2019arm\u00e9e, des ex-enseignants, des ex-infirmiers\u2026 Aucune indication ne me permet d\u2019affirmer que les choses s\u2019am\u00e9liorent.<\/p>\n<p>Les Erythr\u00e9ens continuent de signaler des arrestations et des d\u00e9tentions arbitraires, des conditions difficiles dans les prisons. Ils \u00e9voquent le m\u00eame contexte de r\u00e9pression et de perte de jouissance des droits civils. Malheureusement, je n\u2019ai aucun \u00e9l\u00e9ment qui me confirmerait un plus grand respect des droits humains fondamentaux.<\/p>\n<h3>Vous \u00eates la premi\u00e8re rapporteuse sp\u00e9ciale pour l\u2019Erythr\u00e9e \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e par le Conseil des droits de l\u2019homme de l\u2019ONU, il y a de cela deux ans. Qu\u2019est-ce qui a chang\u00e9 depuis cette nomination?<\/h3>\n<p>S.B.K.: La prise de conscience sur ce qui se passe en Erythr\u00e9e est plus grande aujourd\u2019hui qu\u2019il y a 3 ou 4 ans. C\u2019est gr\u00e2ce au travail de la soci\u00e9t\u00e9 civile que mon poste a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, ce qui permet d\u2019ajouter un niveau suppl\u00e9mentaire \u00e0 ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 accompli.<\/p>\n<h3>Vous avez certes r\u00e9ussi \u00e0 mettre sur pied une commission d\u2019enqu\u00eate, mais vous n\u2019\u00eates plus autoris\u00e9e \u00e0 entrer en Erythr\u00e9e. Comment pouvez-vous mener vos enqu\u00eates dans ces conditions?<\/h3>\n<p>S.B.K.: Naturellement, je pr\u00e9f\u00e9rerais investiguer sur les violations des droits de l\u2019homme en Erythr\u00e9e depuis l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du pays. Le fait que l\u2019on m\u2019emp\u00eache de m\u2019y rendre ne m\u2019emp\u00eache toutefois pas de rencontrer des Erythr\u00e9ens. Et les quelques conversations que j\u2019ai pu avoir avec des responsables gouvernementaux ont \u00e9t\u00e9 importantes.<\/p>\n<p>La commission d\u2019enqu\u00eate permettra d\u2019avoir plus de ressources \u00e0 disposition pour investiguer sur les violations des droits de l\u2019homme et ainsi se pr\u00e9parer \u00e0 \u00e9tablir les responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<h3>Pr\u00e9cis\u00e9ment, des dizaines d\u2019Erythr\u00e9ens fuient leur pays chaque ann\u00e9e. Sera-t-il possible \u2013 t\u00f4t ou tard \u2013 d\u2019identifier les responsabilit\u00e9s individuelles du r\u00e9gime d\u2019Asmara?<\/h3>\n<p>S.B.K.: En Erythr\u00e9e, il n\u2019y a pas de Constitution, pas de s\u00e9paration des pouvoirs, les d\u00e9cisions sont prises par un cercle restreint de personnes et les prisonniers ne peuvent pas v\u00e9rifier la l\u00e9galit\u00e9 de leur d\u00e9tention. Ce sont quelques-unes des questions qui m\u2019occupent et qui sont tr\u00e8s importantes d\u2019un point de vue de la responsabilit\u00e9 individuelle. Je pense par exemple au droit des personnes \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 une justice ind\u00e9pendante, qui puisse v\u00e9rifier les conditions de d\u00e9tention ou la dur\u00e9e des proc\u00e8s. C\u2019est indispensable pour que la population puisse \u00e0 nouveau avoir confiance dans ses institutions. Cette confiance manque cruellement dans le contexte de l\u2019Erythr\u00e9e.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e ind\u00e9finie du service militaire, arrestations et d\u00e9tentions arbitraires, conditions de d\u00e9tention difficiles: toutes ces violations des droits de l\u2019homme ne permettent pas aux Erythr\u00e9ens d\u2019entrevoir un futur dans leur pays. C\u2019est ce qu\u2019affirme Sheila B.Keetharuth, rapporteuse sp\u00e9ciale de l\u2019ONU sur l\u2019Erythr\u00e9e, dans un entretien exclusif accord\u00e9 \u00e0 la Radiot\u00e9l\u00e9vision suisse italienne.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[342,155],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[263],"ve_type":[1061],"ve_action":[1050],"class_list":["post-19598","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-de-presse","category-documentation","tag-documentation","pays-erythree","ve_type-article-de-presse","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19598","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19598"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19598\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19598"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19598"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19598"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=19598"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=19598"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=19598"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=19598"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}