{"id":24208,"date":"2015-08-02T08:56:26","date_gmt":"2015-08-02T08:56:26","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=24208"},"modified":"2021-08-26T14:01:16","modified_gmt":"2021-08-26T12:01:16","slug":"irin-les-refugies-de-jordanie-une-chronologie-humaine-de-la-crise-regionale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2015\/08\/02\/irin-les-refugies-de-jordanie-une-chronologie-humaine-de-la-crise-regionale\/","title":{"rendered":"IRIN | Les r\u00e9fugi\u00e9s de Jordanie \u2013 une chronologie humaine de la crise r\u00e9gionale"},"content":{"rendered":"<h2>La Jordanie \u00e9touffe sous le poids des plus de 600&rsquo;000 r\u00e9fugi\u00e9s syriens pr\u00e9sents sur son sol; les responsables gouvernementaux et les agences d\u2019aide humanitaire ont mis en garde contre l\u2019amenuisement des ressources et l\u2019\u00e9rosion de la capacit\u00e9 de r\u00e9ponse \u00e0 des besoins sans cesse croissants. Cependant, les Syriens qui fuient le conflit actuel ne repr\u00e9sentent qu\u2019une petite partie de la population des r\u00e9fugi\u00e9s de Jordanie. Depuis des d\u00e9cennies, le petit royaume, dont la population autochtone s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 quelques millions, ouvre ses portes aux familles originaires des pays voisins, comme la Syrie, la Palestine et l\u2019Irak.<\/h2>\n<p><em><strong>Article paru sur le site d&rsquo;IRIN, le 14 d\u00e9cembre 2014. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/reportfrench.aspx?ReportID=100939&amp;utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site d&rsquo;IRIN.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Les journalistes d\u2019IRIN se sont rendus \u00e0 Amman pour rencontrer cette formidable mosa\u00efque d\u2019individus, comprendre le sentiment de permanence momentan\u00e9e, entendre les exp\u00e9riences v\u00e9cues par les r\u00e9fugi\u00e9s, leurs motivations ainsi que leurs espoirs pour l\u2019avenir. Nous avons choisi de raconter les histoires de cinq r\u00e9fugi\u00e9s de g\u00e9n\u00e9ration diff\u00e9rente afin de montrer comment ils ont \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9s et secourus par leur pays d\u2019adoption.<\/p>\n<p>La plupart des plus de deux millions de Palestiniens vivant en Jordanie b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une forme de citoyennet\u00e9, mais le type de passeport qu\u2019ils poss\u00e8dent \u2013 d\u00e9livr\u00e9 en fonction de leur date d\u2019arriv\u00e9e et de leur pays d\u2019origine \u2013 leur conf\u00e8re des droits diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Ainsi, si certains Palestiniens b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un acc\u00e8s total \u00e0 l\u2019emploi, au droit de propri\u00e9t\u00e9, \u00e0 l\u2019enseignement public et aux services de sant\u00e9, d\u2019autres ont besoin d\u2019un permis de travail et doivent payer des frais de scolarit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abCertains m\u00e9tiers sont r\u00e9serv\u00e9s aux Jordaniens. Mais certains m\u00e9tiers sont prioritaires\u00bb, a dit Reem Abu Hassan, le ministre jordanien du D\u00e9veloppement social. \u00abLe taux de ch\u00f4mage est \u00e9lev\u00e9 [dans les camps palestiniens], mais il faut savoir que le taux de ch\u00f4mage est \u00e9lev\u00e9 au sein de la soci\u00e9t\u00e9 jordanienne\u00bb.<\/p>\n<p>En revanche, les Irakiens install\u00e9s en Jordanie n\u2019ont pas de passeport jordanien et, en tant que r\u00e9fugi\u00e9s, ils ne peuvent pas obtenir le permis de r\u00e9sidence qui leur permettrait de travailler, \u00e0 moins de le payer.<\/p>\n<p>Beaucoup de gens pensent que les Irakiens install\u00e9s en Jordanie sont de riches entrepreneurs, mais si certains r\u00e9fugi\u00e9s irakiens sont des migrants \u00e9conomiques financi\u00e8rement ind\u00e9pendants, bon nombre d\u2019entre eux n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi et d\u00e9pendent largement de l\u2019aide et du soutien de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Les r\u00e9fugi\u00e9s syriens install\u00e9s en Jordanie connaissent eux aussi des difficult\u00e9s et, comme les Irakiens, ils sont confront\u00e9s \u00e0 des restrictions au d\u00e9placement et \u00e0 l\u2019emploi, ce qui les plonge dans des difficult\u00e9s \u00e9conomiques. Selon Masara Srass, la responsable du programme pour les r\u00e9fugi\u00e9s de l\u2019Association des femmes syriennes d\u2019Amman, bon nombre de jeunes syriens arriv\u00e9s dans le pays depuis 2011 ont quitt\u00e9 l\u2019\u00e9cole t\u00f4t pour trouver du travail sur le march\u00e9 noir et faire vivre leur famille.<\/p>\n<p>Cela encourage le d\u00e9veloppement d\u2019une main d\u2019\u0153uvre parall\u00e8le et non r\u00e9glement\u00e9e &#8211; en violation du droit international &#8211; et inqui\u00e8te les Jordaniens qui ont eux aussi besoin de travail. Cela prive \u00e9galement les jeunes syriens d\u2019une \u00e9ducation.<\/p>\n<p>L\u2019organisation non gouvernementale (ONG) internationale CARE estime que jusqu\u2019\u00e0 60&rsquo;000 enfants travaillent en Jordanie. Ce chiffre a doubl\u00e9 depuis le d\u00e9but de la crise syrienne en 2011.<\/p>\n<p>Plusieurs th\u00e8mes unissent les vagues successives de r\u00e9fugi\u00e9s. Bon nombre d\u2019entre eux attendent d\u2019\u00eatre r\u00e9install\u00e9s dans un pays tiers, en particulier les Irakiens. Pourtant, ils attendent souvent pendant des ann\u00e9es \u2013 selon le D\u00e9partement d\u2019Etat des Etats-Unis, moins d\u2019un pour cent des r\u00e9fugi\u00e9s dans le monde sont r\u00e9install\u00e9s dans un pays tiers et ils sont choisis en raison de circonstances exceptionnelles.<\/p>\n<p>Pourtant, tous reconnaissent qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e8reraient rester en Jordanie plut\u00f4t que de retourner dans leur pays d\u2019origine et la plupart finissent par dire que ce pays est devenu le leur, pour le meilleur et pour le pire.<\/p>\n<h3><strong>Les v\u00e9t\u00e9rans du d\u00e9placement <\/strong><\/h3>\n<h4>Nom: Abu Mohammed<br \/>\nDate d\u2019arriv\u00e9e: N\u00e9 en 1954<br \/>\nPays d\u2019origine: Cisjordanie, Territoire palestinien occup\u00e9<br \/>\nSon plus grand espoir: Donner une \u00e9ducation \u00e0 ses enfants et retourner vivre sur la terre de ses parents<br \/>\nProfession: Ce petit entrepreneur a pris sa retraite en raison de probl\u00e8mes de sant\u00e9.<\/h4>\n<p>Les parents d\u2019Abu Mohammed ont quitt\u00e9 la Palestine historique en 1948. Ils ont fui les violences de la guerre isra\u00e9lo-arabe &#8211; que la plupart des r\u00e9fugi\u00e9s appellent la Nakba (la catastrophe) &#8211; et ils ont transit\u00e9 par le Liban et la Syrie avant de s\u2019installer en Jordanie.<\/p>\n<p>Abu Mohammed est n\u00e9 en 1954 dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019Irbid, situ\u00e9 dans le nord de la Jordanie, \u00e0 environ 85 km d\u2019Amman.<\/p>\n<p>Abu Mohammed \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de sept ans quand le camp de tentes \u00e9tabli dans une zone vallonn\u00e9e, baptis\u00e9e Tal, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9; les r\u00e9fugi\u00e9s ont entrepris de construire des structures plus permanentes, ce qui a entra\u00een\u00e9 le d\u00e9veloppement d\u2019une zone urbaine aujourd\u2019hui dens\u00e9ment peupl\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00abAu d\u00e9but, il n\u2019y avait que des tentes et puis les gens ont commenc\u00e9 \u00e0 construire des maisons en boue\u00bb, se souvient cet homme de 60 ans. \u00abIls construisaient une ou deux pi\u00e8ces. Au d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait vraiment difficile. Il n\u2019y avait ni eau ni \u00e9lectricit\u00e9\u00bb. En cas de pluie, le camp \u00e9tait envahi par la boue et il arrivait que les murs fragiles des constructions s\u2019effondrent.<\/p>\n<p>Abu Mohammed se souvient que, quand il \u00e9tait enfant, ses parents avaient des difficult\u00e9s \u00e0 se procurer des denr\u00e9es de base. Il a dit que sa m\u00e8re et ses s\u0153urs a\u00een\u00e9es marchaient trois kilom\u00e8tres jusqu\u2019au robinet collectif et qu\u2019elles transportaient ensuite des bidons d\u2019eau de 20 kilos sur leur t\u00eate. Son plus mauvais souvenir est d\u2019avoir vu des hommes et des femmes se battre pour s\u2019emparer de la nourriture distribu\u00e9e par les agences d\u2019aide humanitaire, a-t-il dit.<\/p>\n<p>Le camp d\u2019Irbid fonctionne encore, mais apr\u00e8s des dizaines d\u2019ann\u00e9es de construction, il s\u2019est transform\u00e9 en une zone urbanis\u00e9e o\u00f9 le b\u00e9ton domine. Il accueille d\u00e9sormais plus de 25&rsquo;000 r\u00e9fugi\u00e9s enregistr\u00e9s.<\/p>\n<p>Abu Mohammed, qui vit encore dans le camp, dit qu\u2019il s\u2019y sent comme chez lui.<\/p>\n<p>\u00abPersonnellement, j\u2019aime vivre dans le camp, car je m\u2019y suis habitu\u00e9. Je [n\u2019aimerais] pas vivre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur\u00bb, a-t-il dit.<\/p>\n<p>Si la vie de ses parents \u00e9tait ax\u00e9e sur la survie, ce p\u00e8re de six enfants pense que l\u2019\u00e9ducation est la chose la plus importante.<\/p>\n<p>Il a dit qu\u2019il avait discr\u00e8tement vendu des parcelles du camp afin de r\u00e9gler les frais de scolarit\u00e9 de ses enfants et leur donner une chance de recevoir une \u00e9ducation. Sa femme, qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e dans son propre pays en 1967, et lui-m\u00eame ont \u00e9t\u00e9 peu scolaris\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019esp\u00e8re qu\u2019ils auront une meilleure vie et un meilleur avenir que nous\u00bb, a-t-il dit.<\/p>\n<p>Les sacrifices qu\u2019ils ont consentis ont pay\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Abdulrahman, le fils d\u2019Abu Mohammed, a 18 ans. Il est en derni\u00e8re ann\u00e9e d\u2019\u00e9tudes secondaires et souhaite suivre des \u00e9tudes de gestion \u00e0 l\u2019universit\u00e9 l\u2019ann\u00e9e prochaine. Le fils a\u00een\u00e9 du couple, Mohammed, est comptable et vit en Arabie saoudite.<\/p>\n<p>\u00abLes m\u00e8res palestiniennes portent un plus lourd fardeau, car elles ont une mission\u00bb a dit Umm Mohammed. \u00abPour nous, le plus important est de donner une \u00e9ducation \u00e0 nos enfants \u2026 Je ne pense pas qu\u2019une personne sans instruction ait la m\u00eame vie qu\u2019une personne instruite\u00bb.<br \/>\nLes membres de cette famille vivent en Jordanie. Ils ont la citoyennet\u00e9 jordanienne et disposent de passeports, mais ils \u00e9prouvent encore un sentiment de perte quand ils parlent de la Palestine.<\/p>\n<p>\u00abL\u00e0-bas [dans la Palestine historique], s\u2019ils me donnaient une tente et que j\u2019avais le sentiment de vivre dans mon pays, je serais l\u2019homme le plus heureux \u00bb, a dit Abu Mohammed.<\/p>\n<h3><strong>Education, \u00e9ducation, \u00e9ducation<\/strong><\/h3>\n<h4>Nom: Abu Khalid<br \/>\nDate d\u2019arriv\u00e9e: 1967<br \/>\nPays d\u2019origine: Cisjordanie, Territoire palestinien occup\u00e9<br \/>\nSon plus grand espoir: Offrir une \u00e9ducation \u00e0 ses enfants.<br \/>\nProfession: Assistant en pharmacie \u00e0 Amman.<\/h4>\n<p>Abu Khalid est n\u00e9 dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019Aqabat Jabr, en Cisjordanie, avant l\u2019annexion du pays par Isra\u00ebl pendant la guerre des Six Jours de 1967 et la prise par l\u2019Etat juif du plateau du Golan \u00e0 la Syrie, de la Cisjordanie \u00e0 la Jordanie et de la p\u00e9ninsule du Sina\u00ef \u00e0 l\u2019Egypte.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir fui la guerre des Six Jours en 1967, Abu Khalid et ses parents se sont install\u00e9s \u00e0 al-Karameh, dans la vall\u00e9e du Jourdain. Son p\u00e8re a lou\u00e9 une ferme pendant un an, mais la famille a \u00e9t\u00e9 contrainte de partir s\u2019installer \u00e0 Amman \u00e0 cause de la bataille d\u2019al-Karameh qui a oppos\u00e9 Isra\u00ebl \u00e0 une alliance de l&rsquo;arm\u00e9e jordanienne et des factions palestiniennes en 1968.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir rejoint le camp de Wadi al-Rimam, situ\u00e9 non loin d\u2019Amman, la famille a achet\u00e9 un abri pr\u00e9fabriqu\u00e9 d\u2019un montant de 256 dinars jordaniens. La m\u00e8re de famille a d\u00fb vendre ses bracelets en or pour obtenir l\u2019argent n\u00e9cessaire \u00e0 cette acquisition.<\/p>\n<p>La famille de sept personnes a v\u00e9cu dans ce pr\u00e9fabriqu\u00e9, dot\u00e9 d\u2019un toit de t\u00f4le mais sans toilettes, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle ait mis suffisamment d\u2019argent de c\u00f4t\u00e9 pour pouvoir casser ses murs fragiles et reconstruire un abri plus solide, mais toujours modeste.<\/p>\n<p>Afin d\u2019offrir \u00e0 ses cinq fils une bonne \u00e9ducation, Abu Khalid a travaill\u00e9 tard le soir, occupant deux emplois, et Um Khalid, sa femme, qui est enseignante de profession, a donn\u00e9 des cours priv\u00e9s. Ils ont \u00e9galement emprunt\u00e9 de l\u2019argent \u00e0 leur famille et \u00e0 leurs amis pour payer les frais de scolarit\u00e9 universitaire.<\/p>\n<p>\u00abMa femme et moi, nous avions un but dans la vie\u00bb, a dit Abu Khalid, 54 ans. \u00abAvoir une grande maison, une grande voiture ou gagner beaucoup d\u2019argent ne nous int\u00e9ressait pas. Notre seul objectif \u00e9tait d\u2019offrir une \u00e9ducation \u00e0 nos enfants \u2026 Nous avons v\u00e9cu de mani\u00e8re aust\u00e8re pour le bien de nos enfants, pour pouvoir leur offrir une \u00e9ducation quand ils seraient grands\u00bb.<br \/>\nPour Um Khalid, le jour o\u00f9 son fils a\u00een\u00e9, Khalid, est devenu m\u00e9decin est l\u2019un des plus heureux de sa vie.<\/p>\n<p>Les membres de cette famille ont la nationalit\u00e9 jordanienne et ils disposent de passeports, mais ils sont toujours consid\u00e9r\u00e9s comme des r\u00e9fugi\u00e9s palestiniens. Cela veut dire qu\u2019ils peuvent travailler, mais qu\u2019ils ne re\u00e7oivent pas toujours un traitement \u00e9gal, comme la famille l\u2019a appris \u00e0 ses d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Abu Khalid a racont\u00e9 qu\u2019il avait pos\u00e9 sa candidature aupr\u00e8s du service d\u2019entretien de l\u2019Arm\u00e9e de l\u2019air, mais que le responsable avait refus\u00e9 sa candidature, car ses papiers indiquaient qu\u2019il \u00e9tait palestinien.<\/p>\n<p>\u00abIls ne voulaient pas de personnes d\u2019origine palestinienne\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9. Ils voulaient donner ces postes \u00e0 des Jordaniens. \u00abMon dossier \u00e9tait complet et pr\u00eat. Pourquoi m\u2019ont-[ils] exclu? Pourquoi m\u2019ont-[ils] rejet\u00e9?<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai l\u2019impression que ma vie est en suspens, je suis entre deux feux\u00bb, a ajout\u00e9 Abu Khalid. \u00abJe ne suis pas sur ma terre natale et je ne peux pas revenir sur ma terre natale. Je ne me sens pas \u00e0 l\u2019aise ici et si je rentrais dans le contexte actuel, je ne me sentirais pas \u00e0 l\u2019aise. Je ne pourrais pas vivre\u00bb<\/p>\n<h3><strong>Entre deux mondes <\/strong><\/h3>\n<h4>Nom: Masara Srass<br \/>\nDate d\u2019arriv\u00e9e: 1982<br \/>\nPays d\u2019origine: Hama, Syrie<br \/>\nSon plus grand espoir : Avoir le sentiment d\u2019appartenir au pays dans lequel elle vit<br \/>\nProfession: Responsable du programme pour les r\u00e9fugi\u00e9s de l\u2019Association des femmes syriennes.<\/h4>\n<p>Masara Srass a quitt\u00e9 la Syrie en 1981peu de temps avant ce que l\u2019on appelle le \u00abmassacre d\u2019Hama\u00bb: le pr\u00e9sident Hafez al-Assad avait lanc\u00e9 l\u2019assaut sur la ville d\u2019Hama pour r\u00e9primer le soul\u00e8vement des Fr\u00e8res musulmans, ce qui avait entra\u00een\u00e9 la mort de dizaines de milliers de civils. Cette attaque \u00e9tait l&rsquo;acte final d&rsquo;une r\u00e9pression qui a dur\u00e9 plusieurs ann\u00e9es \u00e0 travers le pays et qui a entra\u00een\u00e9 la fuite de milliers de personnes dont la famille de Srass.<\/p>\n<p>Quand elle a eu 14 ans, sa famille est partie s\u2019installer \u00e0 Amman. Les membres de la famille ne se sont pas fait enregistrer en tant que r\u00e9fugi\u00e9s, mais ils s\u2019appelaient eux-m\u00eames muh\u00e2jir\u00fbn (migrants\/voyageurs).<\/p>\n<p>Mme Srass est aujourd\u2019hui la responsable du programme pour les r\u00e9fugi\u00e9s de l\u2019Association des femmes syriennes d\u2019Amman. En 2006, elle a particip\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de cette association qui vise \u00e0 fournir un r\u00e9seau de soutien local aux familles qui arrivent en Jordanie.<\/p>\n<p>Dans le cadre de son travail, Mme Srass entend beaucoup d\u2019histoires tragiques, mais elle entend aussi l\u2019espoir des Syriens qui souhaitent revenir dans leur pays rapidement. Parfois, dit-elle, elle n\u2019arrive pas \u00e0 dormir, car la trag\u00e9die la touche profond\u00e9ment.<\/p>\n<p>Mme Srass porte le poids de son propre d\u00e9placement; elle est d\u00e9tentrice d\u2019un passeport syrien, mais elle dit qu\u2019elle vit en Jordanie depuis tant d\u2019ann\u00e9es qu\u2019elle se sent comme une \u00e9trang\u00e8re en Syrie \u2013 elle n\u2019appartient vraiment \u00e0 aucun des deux pays.<\/p>\n<p>\u00abNous vivons ici depuis plus de 25 ans\u00bb, a expliqu\u00e9 Mme Srass. \u00abJe me suis mari\u00e9e ici, mon mari est originaire de Syrie lui aussi, mes enfants sont n\u00e9s ici, [ils] ont grandi ici.<\/p>\n<p>\u00abIl y a dix ans, alors que ma fille avait 12 ou 13 ans, je suis retourn\u00e9e en Syrie pour la premi\u00e8re fois. Une fois sur place, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9e parce que la soci\u00e9t\u00e9 m\u2019a paru \u00e9trange. Je ne me reconnaissais pas \u2013 ni ici ni l\u00e0-bas\u00bb.<\/p>\n<p>En revanche, cela fait plus de 30 ans que le mari de Mme Srass, qui dirige une entreprise de mat\u00e9riaux de construction, n\u2019a pas remis les pieds Syrie. \u00abSa m\u00e8re et ses s\u0153urs venaient lui rendre visite avant. Ses fr\u00e8res vivaient en Syrie, mais ils ont quitt\u00e9 le pays en 2012 \u00e0 cause de la crise et ils se sont install\u00e9s en Jordanie. Quand il discute avec eux, il me dit \u2018On ne s\u2019entend plus [comme avant]. Leur mani\u00e8re de parler et de s\u2019habiller n\u2019est pas la m\u00eame que la n\u00f4tre\u2019\u00bb.<\/p>\n<p>Sa fille de 22 ans est \u00e9tudiante \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Elle se sent diff\u00e9rente. Depuis le soul\u00e8vement de 2011, elle a le sentiment d\u2019\u2018appartenir\u2019 \u00e0 la Syrie et elle a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre la cause syrienne pour prouver qu\u2019elle \u00e9tait syrienne, dit Mme Srass.<\/p>\n<p>\u00abMes enfants disent qu\u2019ils aiment aller en Syrie pour voyager, pour les vacances ou pour rendre visite \u00e0 la famille, mais ils finissent par me dire \u2018Je veux rentrer dans mon pays [la Jordanie] parce que c\u2019est mon pays\u2019\u00bb, a expliqu\u00e9 Mme Srass.<\/p>\n<h3><strong>Col\u00e8re et trahison<\/strong><\/h3>\n<h4>Nom: Abdul Majeed Alhamdny<br \/>\nDate d\u2019arriv\u00e9e: 2009<br \/>\nOriginaire de: Falloujah, Irak<br \/>\nSon plus grand espoir: Se r\u00e9installer dans un pays tiers et offrir un avenir meilleur \u00e0 ses deux fils.<br \/>\nProfession: sans emploi.<\/h4>\n<p>Abdul Majeed Alhamdny n\u2019\u00e9tait pas dans son bureau de la ville irakienne de Falloujah, lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit dans un attentat \u00e0 la bombe. C\u2019\u00e9tait en 2009 et, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il savait d\u00e9j\u00e0 que sa vie \u00e9tait menac\u00e9e, mais cet attentat \u00e0 la bombe a \u00e9t\u00e9 la goutte d\u2019eau qui a fait d\u00e9border le vase. M. Alhamdny a d\u00e9cid\u00e9 de mettre sa famille en s\u00e9curit\u00e9 en Jordanie.<\/p>\n<p>L\u2019homme de 59 ans dit qu\u2019il \u00e9tait menac\u00e9, parce qu\u2019il dirigeait un Sahwat, un mouvement regroupant des chiites, qui avait re\u00e7u des fonds du gouvernement des Etats-Unis pour lutter contre al-Qa\u00efda en Irak en 2006-2007.<\/p>\n<p>M. Alhamdny a ajout\u00e9 qu\u2019il avait \u00e9galement travaill\u00e9 pour une entreprise fournissant de la nourriture, des meubles et du ciment aux troupes am\u00e9ricaines sous l\u2019occupation, apr\u00e8s la chute de Saddam Hussein.<\/p>\n<p>M. Alhamdny souligne que son engagement au sein du Sahwat (litt\u00e9ralement \u00ab\u00e9veil\u00bb) \u00e9tait non-violent et qu\u2019il avait particip\u00e9 \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des relations entre les populations locales et les Am\u00e9ricains. Il est amer, car sa demande de r\u00e9installation aux Etats-Unis d\u00e9pos\u00e9e il y a cinq ans n\u2019a pas encore abouti et il dit qu\u2019il se sent \u00abtrahi\u00bb par les forces de la coalition.<\/p>\n<p>En tant que r\u00e9fugi\u00e9s, M. Alhamdny, sa femme et ses deux fils ont acc\u00e8s \u00e0 un abri, \u00e0 la nourriture, aux soins de sant\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et \u00e0 d\u2019autres services de base. La famille vit dans un petit appartement situ\u00e9 dans une zone dens\u00e9ment peupl\u00e9e, en p\u00e9riph\u00e9rie d\u2019Amman. Les r\u00e9fugi\u00e9s comme M. Alhamdny n\u2019obtiennent pas de permis de travail en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 moins d\u2019accepter un poste dans un secteur o\u00f9 ils ne sont pas en concurrence avec les travailleurs jordaniens \u2013 en g\u00e9n\u00e9ral, des emplois non qualifi\u00e9s ou que les Jordaniens refusent.<\/p>\n<p>\u00abOn marche dans un tunnel et on ne sait pas quand on arrivera au bout\u00bb, a-t-il dit, frustr\u00e9 de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. \u00abJe n\u2019ai pas d\u2019avenir ici. Le gouvernement [jordanien] arrive \u00e0 peine \u00e0 nourrir son peuple. Nous savons tous que le gouvernement jordanien n\u2019a pas de ressources\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abJe ne veux pas que mon fils soit inutile parce que son p\u00e8re travaillait pour les Am\u00e9ricains, qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 vaincu et qu\u2019il est venu s\u2019installer \u00e0 Amman\u00bb, dit-il. Il souhaite que ses fils \u2013 \u00e2g\u00e9s de cinq et 16 ans \u2013 re\u00e7oivent une meilleure \u00e9ducation que celle qu\u2019on leur donne actuellement dans les \u00e9coles publiques d\u2019Amman et qu\u2019ils puissent aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole sans \u00eatre harcel\u00e9s parce qu\u2019ils sont irakiens.<\/p>\n<p>M. Alhamdny r\u00eave de quitter la Jordanie et de commencer une nouvelle vie en tant que citoyen. \u00ab[Le paradis], c\u2019est l\u2019endroit o\u00f9 l\u2019on me donnera une carte d\u2019identit\u00e9\u00bb, dit-il. \u00abIci, je n\u2019ai que ce papier des Nations Unies. Mais lorsque vous arrivez dans un pays qui vous adopte, vous obtenez une (carte] d\u2019identit\u00e9 et vous \u00eates consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019\u00e9gal des autres citoyens\u00bb.<\/p>\n<h3><strong>Encore fragile<\/strong><\/h3>\n<h4>Nom: Um al-Harith<br \/>\nDate d\u2019arriv\u00e9e: 2013<br \/>\nOriginaire de: Quneitra, Syrie<br \/>\nSon plus grand espoir: Pouvoir revenir en Syrie un jour et voir ses enfants r\u00e9ussir.<br \/>\nProfession: Elle travaille \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une entreprise de couture.<\/h4>\n<p>Um al-Harith n\u2019oubliera jamais le jour o\u00f9 son mari lui a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9. C\u2019\u00e9tait en 2011, un vendredi apr\u00e8s-midi, et il venait juste de rentrer de la mosqu\u00e9e. Il travaillait dans la cerisaie familiale \u00e0 Quneitra, une zone rurale o\u00f9 op\u00e9rait la Force des Nations Unies charg\u00e9e d\u2019observer le d\u00e9sengagement, \u00e0 la fronti\u00e8re entre la Syrie et Isra\u00ebl, lorsque des agents de s\u00e9curit\u00e9 syriens l\u2019ont arr\u00eat\u00e9. Ensuite, ils ont fouill\u00e9 la maison familiale et emmen\u00e9 le mari. Ils ont qu\u2019il n\u2019y en aurait que pour \u00abune heure\u00bb, mais c\u2019est la derni\u00e8re fois qu\u2019elle l\u2019a vu.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir attendu de ses nouvelles pendant un an, Um al-Harith a emmen\u00e9 ses quatre enfants \u00e0 al-Sanamayn, dans la banlieue de Damas, chez son p\u00e8re. Pendant une semaine, elle a fait l\u2019aller-retour jusqu\u2019\u00e0 la capitale pour obtenir des renseignements sur son mari, mais elle n\u2019a rien appris.<\/p>\n<p>Cette femme de 42 ans dit que son mari n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 officiellement inculp\u00e9 et elle pense qu\u2019on l\u2019a pris pour une autre personne.<\/p>\n<p>Um al-Harith ne pouvait pas rester chez son p\u00e8re, un homme \u00e2g\u00e9 qui n\u2019avait pas les moyens de les faire vivre, elle et ses enfants. En chemin vers la Jordanie, la famille s\u2019est arr\u00eat\u00e9e dans une mosqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Ils sont rest\u00e9s sur place pendant sept mois. Il leur \u00e9tait difficile de partir ou d\u2019aller chercher de la nourriture \u00e0 cause des barrages routiers install\u00e9s autour de la ville et de la mosqu\u00e9e. Ils ont donc surv\u00e9cu gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide des habitants qui leur apportaient des denr\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00abSix bombes ont frapp\u00e9 la mosqu\u00e9e alors que des personnes se recueillaient dans la salle de pri\u00e8re\u00bb, se souvient-elle, en ajoutant que personne n\u2019avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 dans la mosqu\u00e9e, mais que l\u2019attaque avait profond\u00e9ment choqu\u00e9 les personnes qui y avaient trouv\u00e9 un abri, plus particuli\u00e8rement les enfants.<\/p>\n<p>Son fils, Harith, \u00e2g\u00e9 de six ans, priait lorsque les bombes sont tomb\u00e9es sur la mosqu\u00e9e. \u00abJe suis all\u00e9e \u00e0 l\u2019arri\u00e8re [\u00e0 cause du bruit\u00bb], dit-il. \u00abLa bombe a touch\u00e9 le d\u00f4me\u00bb.<\/p>\n<p>La s\u0153ur de Harith, Ala, sept ans, a assist\u00e9 aux fun\u00e9railles d\u2019une fillette de son \u00e2ge \u00e0 la mosqu\u00e9e. Ala a fait une d\u00e9pression et a commenc\u00e9 \u00e0 cracher du sang.<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre 2013, la famille a quitt\u00e9 la mosqu\u00e9e et a pass\u00e9 la fronti\u00e8re jordanienne.<\/p>\n<p>\u00abLe trajet a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fatigant\u00bb, s\u2019est souvenu Um al-Harith. \u00abLorsque nous sommes arriv\u00e9s au camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Zaatari, j\u2019ai mis plus d\u2019un moins \u00e0 m\u2019en remettre, mais lorsque nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 Sahab [une ville du nord de la Jordanie], nous nous sommes sentis en s\u00e9curit\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>Un mois apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Zaatari \u2013 le camp de r\u00e9fugi\u00e9s syriens le plus important de la Jordanie \u2013 Um al-Harith a d\u00e9cid\u00e9 de partir et d\u2019aller vivre \u00e0 Sahab avec ses proches.<\/p>\n<p>Elle vit dans un appartement avec ses enfants, sa ni\u00e8ce et ses cinq enfants. Plusieurs autres membres de sa famille vivent dans le m\u00eame immeuble. Ils partagent le loyer qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 180 dinars jordaniens (250 dollars) par mois et qui n\u2019inclut ni l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ni l\u2019eau.<\/p>\n<p>Les femmes qui vivent dans l\u2019immeuble se retrouvent souvent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur pour discuter, mais Um al-Harith se joint rarement \u00e0 elles: \u00abIl y a un endroit agr\u00e9able o\u00f9 s\u2019asseoir \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, mais je ne sors pas\u00bb, dit-elle. \u00abJ\u2019ai encore du mal \u00e0 croire que mon mari est mort\u00bb.<\/p>\n<p>En tant que r\u00e9fugi\u00e9e, Um al-Harith b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une aide de base fournie par des agences des Nations Unies et d\u2019autres ONG, mais elle ne peut pas travailler et dit que la vie est une lutte permanente.<\/p>\n<p>Chaque mois, elle re\u00e7oit des coupons alimentaires d\u2019un montant de 120 dinars (170 dollars); elle en vend la moiti\u00e9 pour s\u2019acheter des produits non alimentaires, comme du shampoing et du savon, et pour payer le bus scolaire de ses enfants.<\/p>\n<p>Um al-Harith essaye de remettre sa vie en ordre. Elle esp\u00e8re pouvoir retourner dans son pays un jour. \u00abLa terre sur laquelle j\u2019ai march\u00e9 me manque, mon mari me manque \u2013 il est tout pour moi\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Jordanie \u00e9touffe sous le poids des plus de 600&rsquo;000 r\u00e9fugi\u00e9s syriens pr\u00e9sents sur son sol; les responsables gouvernementaux et les agences d\u2019aide humanitaire ont mis en garde contre l\u2019amenuisement des ressources et l\u2019\u00e9rosion de la capacit\u00e9 de r\u00e9ponse \u00e0 des besoins sans cesse croissants.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162,218],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[376],"ve_type":[1054],"ve_action":[1050],"class_list":["post-24208","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","category-temoignage","tag-documentation","pays-jordanie","ve_type-temoignage","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24208","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24208"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24208\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24208"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24208"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24208"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=24208"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=24208"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=24208"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=24208"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}