{"id":27407,"date":"2015-11-11T18:41:35","date_gmt":"2015-11-11T18:41:35","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=27407"},"modified":"2021-08-26T13:57:24","modified_gmt":"2021-08-26T11:57:24","slug":"hcr-apres-avoir-fui-les-gangs-de-rue-des-salvadoriens-demarrent-une-nouvelle-vie-au-mexique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2015\/11\/11\/hcr-apres-avoir-fui-les-gangs-de-rue-des-salvadoriens-demarrent-une-nouvelle-vie-au-mexique\/","title":{"rendered":"HCR | Apr\u00e8s avoir fui les gangs de rue, des Salvadoriens d\u00e9marrent une nouvelle vie au Mexique"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Alfonso*, son \u00e9pouse et leurs trois enfants vivent dans une pi\u00e8ce unique dans une chaleur \u00e9touffante au sud du Mexique. La grande machine \u00e0 coudre pos\u00e9e \u00e0 m\u00eame le sol au milieu de la pi\u00e8ce est un rappel de leur vie d&rsquo;avant. Ils ont fui la violence des gangs au Salvador.<\/span><\/p>\n<p><em><strong>Article de Mariana Echandi publi\u00e9 sur le site du <abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr>, le 23 octobre 2015. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.unhcr.fr\/562df01fc.html#_ga=1.88131288.276338537.1383597137\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du HCR.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Soumis au racket, aux menaces et \u00e0 des tentatives d&rsquo;enl\u00e8vement par un gang de rue meurtrier ou \u00abmara\u00bb, cette famille de tailleurs, originaire de la banlieue tentaculaire de la capitale San Salvador, a rejoint pr\u00e8s de 30&rsquo;000 Salvadoriens ayant fui l&rsquo;an dernier pour sauver leur vie, selon les statistiques du HCR.<\/p>\n<p>Alfonso explique comment ses fils Luis*, 20 ans, et Juan*, 19 ans, sont venus les premiers au Mexique en qu\u00eate de s\u00e9curit\u00e9 apr\u00e8s que le gang ait exig\u00e9 qu&rsquo;ils prennent part \u00e0 des activit\u00e9s criminelles, allant de l&rsquo;extorsion de fonds au viol et aux assassinats. Ils ont quitt\u00e9 leur emploi et sont partis apr\u00e8s No\u00ebl il y a deux ans. Le reste de la famille les a rejoints un an plus tard.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abChaque famille avec des adolescents est un objectif au Salvador\u00bb, explique Alfonso. \u00abLes gangs veulent les recruter par la force, et si vous refusez de rejoindre leurs rangs, ils vous \u00e9liminent. Si les parents s&rsquo;y opposent, \u00e7a ira mal pour eux aussi. Voil\u00e0 pourquoi nous avons d\u00fb leur faire quitter le Salvador\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>Leur patrie d&rsquo;Am\u00e9rique centrale est parmi les plus violents pays au monde, selon les statistiques du Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime. Durant le seul mois d&rsquo;ao\u00fbt, quelque 911 Salvadoriens ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s <span class=\"arial\">\u2013<\/span> soit une moyenne de 30 par jour. C&rsquo;est le chiffre le plus \u00e9lev\u00e9 jamais enregistr\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un voyage en bus de huit heures vers Tecun Uman au nord-ouest du Guatemala, Luis et Juan ont rejoint le Mexique via la rivi\u00e8re Suchiate, un point de passage clandestin pour les migrants sans papiers et les marchandises de contrebande pris en charge par des passeurs \u00e0 bord de leurs radeaux de fortune. Une fois au Mexique, ils ont pris un taxi qui les a laiss\u00e9s dans le centre-ville de Tapachula, l&rsquo;une des principales villes du sud du Mexique.<\/p>\n<p>Ils ont rencontr\u00e9 d&rsquo;autres ressortissants de pays de l&rsquo;Am\u00e9rique centrale devant une \u00e9glise qui les ont aid\u00e9s \u00e0 trouver un lieu d&rsquo;h\u00e9bergement ainsi qu&rsquo;un emploi. En raison de leur situation irr\u00e9guli\u00e8re, comme les autres migrants d&rsquo;Am\u00e9rique centrale, ils ont \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9s pour des emplois temporaires <span class=\"arial\">\u2013<\/span> d\u00e9chargement de colis la nuit, ouvrir des noix de coco sous le soleil. La r\u00e9tribution est en g\u00e9n\u00e9ral que quelques pesos, mais parfois ils ne sont m\u00eame pas pay\u00e9s du tout.<\/p>\n<p>Alfonso leur a envoy\u00e9 de l&rsquo;argent pour payer le loyer d&rsquo;environ 90 dollars par mois. Apr\u00e8s quelques semaines \u00e0 Tapachula, quelqu&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise leur a parl\u00e9 de la Commission mexicaine d&rsquo;aide aux r\u00e9fugi\u00e9s (COMAR), un service gouvernemental qui pourrait les aider.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abNous \u00e9tions tr\u00e8s inquiets quand nous sommes all\u00e9s \u00e0 la COMAR\u00bb, se souvient Luis. \u00abNous avons pens\u00e9, &lsquo;s&rsquo;ils nous arr\u00eatent et nous expulsent, apr\u00e8s toutes les difficult\u00e9s que nous avons surmont\u00e9es pour arriver ici?&rsquo;\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Ils ont surmont\u00e9 leurs craintes et enfin d\u00e9pos\u00e9 une demande de statut de r\u00e9fugi\u00e9. Trois mois apr\u00e8s, ils ont \u00e9t\u00e9 officiellement reconnus en tant que r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, dans la maison familiale pr\u00e8s de San Salvador, les gangs ont continu\u00e9 leurs menaces contre eux et leurs proches. Ils disaient: \u00abNous savons qu&rsquo;ils seront expuls\u00e9s vers le Salvador d&rsquo;ici six mois. Une fois qu&rsquo;ils seront de retour, nous les retrouverons.\u00a0\u00bb Les mois ont pass\u00e9 et il n&rsquo;y avait aucun signe de leur retour au Salvador. Les gangs ont alors chang\u00e9 leur cible: ils se sont veng\u00e9s sur leur s\u0153ur Andrea*, 15 ans. La violence sexuelle et sexiste est fr\u00e9quente chez les gangs ou \u00abmaras\u00bb.<\/p>\n<p>Comme sa m\u00e8re, son p\u00e8re et ses fr\u00e8res, Andrea voulait devenir tailleur. Elle s&rsquo;est inscrite dans une \u00e9cole d&rsquo;enseignement technique de l&rsquo;\u00c9tat pour filles afin d&rsquo;apprendre \u00e0 coudre. Mais elle n&rsquo;a pu assister qu&rsquo;\u00e0 deux mois de la formation qui dure un an. En effet, des membres des gangs sont venus \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et ont tent\u00e9 de la kidnapper ainsi qu&rsquo;une autre \u00e9l\u00e8ve. Les administrateurs de l&rsquo;\u00e9cole qui, eux aussi, ont \u00e9t\u00e9 victimes de la violence de ce gang, les ont cach\u00e9es dans les toilettes. Lorsque la bande a quitt\u00e9 les lieux, ils ont renvoy\u00e9 les filles chez elles.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abJe ne voulais plus la laisser retourner \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Alors je l&rsquo;ai prise avec moi pour travailler\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Claudia*, sa m\u00e8re. Mais m\u00eame l\u00e0, elle n&rsquo;\u00e9tait pas en s\u00e9curit\u00e9. \u00abIls ont dit \u00e0 un neveu qu&rsquo;ils allaient emmener ma fille&#8230; quand je m&rsquo;y attendrais le moins. Puis, quand ils ont tu\u00e9 l&rsquo;un de ses amis, j&rsquo;ai encore eu beaucoup plus peur, et j&rsquo;ai quitt\u00e9 mon emploi pour rester \u00e0 la maison avec elle.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Lorsque les membres de gangs ont commenc\u00e9 \u00e0 les harceler dans la rue, c&rsquo;est la goutte qui a fait d\u00e9border le vase. \u00abNous ne pouvions pas aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9picerie du coin, apr\u00e8s 16 heures, c&rsquo;\u00e9tait trop dangereux. Nous ne pouvions plus supporter cette situation. Donc, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de rejoindre nos fils au Mexique.\u00bb Les parents et leur fille ont quitt\u00e9 le Salvador sans qu&rsquo;aucun de leurs proches n&rsquo;aient connaissance de leurs plans.<\/p>\n<p>Une fois au Mexique, Ils ont demand\u00e9 le statut de r\u00e9fugi\u00e9, mais leur demande d&rsquo;asile a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e. N\u00e9anmoins, ils ont re\u00e7u l&rsquo;autorisation de vivre et de travailler au Mexique et Ils pr\u00e9voient de recommencer leur vie en famille maintenant qu&rsquo;elle est r\u00e9unie dans le pays d&rsquo;accueil.<\/p>\n<p>Un drapeau salvadorien est \u00e9pingl\u00e9 sur le mur de leur maison dans une ville du sud du Mexique** o\u00f9 ils vivent maintenant. Ils viennent d&rsquo;acheter une machine \u00e0 coudre d&rsquo;occasion <span class=\"arial\">\u2013<\/span> l\u2019embl\u00e8me de leur vie de famille <span class=\"arial\">\u2013<\/span> qui se dresse au milieu de la pi\u00e8ce. Bien qu&rsquo;ils travaillaient en tant que tailleurs au Salvador, et qu&rsquo;ils esp\u00e8rent poursuivre ce travail dans leur nouvelle vie au Mexique, Luis et Juan envisagent \u00e9galement la menuiserie.<\/p>\n<p>Avec le soutien du HCR, les deux fils se recyclent dans un centre d&#8217;emploi qui fournit une formation technique aux demandeurs d&rsquo;asile et aux r\u00e9fugi\u00e9s. \u00abNous sommes jeunes, et nous pouvons recommencer. Nous travaillons dur et nous allons passer \u00e0 autre chose. Vous verrez\u00bb, explique Luis avec un sourire plein d&rsquo;espoir.<\/p>\n<p>* Les noms ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s pour prot\u00e9ger leur identit\u00e9.<\/p>\n<p>** La localit\u00e9 n&rsquo;est pas cit\u00e9e pour des raisons de protection<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alfonso*, son \u00e9pouse et leurs trois enfants vivent dans une pi\u00e8ce unique dans une chaleur \u00e9touffante au sud du Mexique. La grande machine \u00e0 coudre pos\u00e9e \u00e0 m\u00eame le sol au milieu de la pi\u00e8ce est un rappel de leur vie d&rsquo;avant. 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