{"id":27731,"date":"2015-11-23T11:38:06","date_gmt":"2015-11-23T10:38:06","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=27731"},"modified":"2021-08-26T13:57:16","modified_gmt":"2021-08-26T11:57:16","slug":"migros-magazine-les-barrieres-ne-font-que-nourrir-les-organisations-mafieuses-et-les-passeurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2015\/11\/23\/migros-magazine-les-barrieres-ne-font-que-nourrir-les-organisations-mafieuses-et-les-passeurs\/","title":{"rendered":"Migros Magazine | \u00abLes barri\u00e8res ne font que nourrir les organisations mafieuses et les passeurs\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"leading helvetica\"><span class=\"accroche\">Active depuis plus de trente ans dans le domaine de l\u2019asile, Denise Graf est en charge de la question des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 la section suisse d\u2019Amnesty International. Elle plaide pour qu\u2019on donne aux migrants les moyens de l\u2019int\u00e9gration qu\u2019on r\u00e9clame d\u2019eux. Ainsi que des voies d\u2019acc\u00e8s l\u00e9gales et contr\u00f4l\u00e9es qui assurent leur s\u00e9curit\u00e9 comme la n\u00f4tre.<\/span><\/p>\n<p class=\"leading helvetica\"><em>Interview de Denise Graf, parue dans Migros Magazine, le 23 novembre 2015. Cliquez <a href=\"https:\/\/www.migrosmagazine.ch\/societe\/entretien\/article\/les-barrieres-ne-font-que-nourrir-les-organisations-mafieuses-et-les-passeurs\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour lire l&rsquo;interview sur le site de Migros Magazine.<\/em><\/p>\n<p class=\"leading helvetica\"><div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Les attentats de Paris vont-ils modifier notre perception des r\u00e9fugi\u00e9s qui arrivent, sp\u00e9cialement des r\u00e9fugi\u00e9s syriens?<\/strong><\/p>\n<p>Ceux qui essaient de tirer profit de ces \u00e9v\u00e9nements pour amalgamer les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 des terroristes oublient qu\u2019il existe une forte convergence entre les int\u00e9r\u00eats s\u00e9curitaires europ\u00e9ens et ceux des personnes qui cherchent protection en Europe. Les deux ont besoin de voies d\u2019acc\u00e8s s\u00fbres, l\u00e9gales et contr\u00f4l\u00e9es. Sinon c\u2019est la porte ouverte \u00e0 des abus et des violations des droits humains par les autorit\u00e9s et des tiers.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Comment arriver \u00e0 cette s\u00e9curisation?<\/strong><\/p>\n<p>Il est temps que l\u2019Europe mette sur pied un syst\u00e8me solide de proc\u00e9dure et de distribution des r\u00e9fugi\u00e9s, bien coordonn\u00e9, avec des bases financi\u00e8res solides, qui permette de respecter les droits des personnes en qu\u00eate de protection, mais aussi l\u2019identification de ceux et celles qui traversent les fronti\u00e8res. Aussi longtemps que la violence et la guerre continueront, des personnes en fuite vont venir en Europe. Nous devons les accueillir avec le m\u00eame \u00e9lan de solidarit\u00e9 que l&rsquo;on a vu \u00e0 Paris apr\u00e8s les attentats. Toute autre solution \u00e9quivaudrait \u00e0 la victoire de la terreur sur l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>N\u2019emp\u00eache, la religion, et sp\u00e9cialement l\u2019islam, est souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme un obstacle s\u00e9rieux \u00e0 l\u2019int\u00e9gration&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons une communaut\u00e9 musulmane importante et bien int\u00e9gr\u00e9e en Suisse dont la grande majorit\u00e9 n\u2019est pas pratiquante. Parmi les Syriens qui arrivent, il peut y avoir des personnes avec des id\u00e9es plus radicales, mais pour la plupart, ces gens sont tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9s, j\u2019ai pu le constater en visitant les centres. Il est important que nous soyons ouverts face \u00e0 eux. C\u2019est si nous nous fermons qu\u2019il peut y avoir de leur part une affirmation de leur identit\u00e9 qui peut d\u00e9raper. Cette capacit\u00e9 d\u2019ouverture, la population suisse a toujours su la montrer. Je pense de ce fait qu\u2019il y a chez nous beaucoup moins de risques de radicalisation.<\/p>\n<blockquote><p><span class=\"quote\"><q>On observe d\u2019ailleurs souvent que les musulmans les plus radicaux ici sont des Suisses qui se sont convertis, pas des \u00e9trangers.<\/q><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p class=\"nospace\"><strong>L\u2019objection qui est toujours faite aux tentatives, comme celles d\u2019Amnesty, de faciliter l\u2019accueil des migrants, c\u2019est que cela va cr\u00e9er un appel d&rsquo;air, en faire venir un plus grand nombre et rendre au final l\u2019accueil encore plus difficile&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons syst\u00e9matiquement constat\u00e9 que la fermeture des fronti\u00e8res ne fait que provoquer un d\u00e9placement des itin\u00e9raires et fait courir un plus grand danger aux migrants. Lorsqu\u2019il y a un besoin de fuir, les gens fuient malgr\u00e9 les obstacles que les Etats construisent. On l\u2019a vu avec l\u2019Espagne qui a voulu s\u00e9curiser le d\u00e9troit de Gibraltar \u00e0 l\u2019aide de moyens sophistiqu\u00e9s de surveillance, de grilles et de barri\u00e8res. Cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les gens d\u2019arriver. Ce qui a chang\u00e9, c\u2019est qu\u2019ils ont fait des d\u00e9tours plus longs et beaucoup plus dangereux. Les barri\u00e8res ne font que nourrir les organisations mafieuses et les passeurs, et obligent les gens \u00e0 des voyages plus p\u00e9rilleux, avec les cons\u00e9quences que cela implique: de nombreux d\u00e9c\u00e8s en mer, ou dans le d\u00e9sert.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Pourquoi cet afflux de r\u00e9fugi\u00e9s syriens maintenant, alors que la guerre dure depuis 2011?<\/strong><\/p>\n<p>Il faut savoir qu\u2019une bonne partie de ces gens ne veulent pas venir chez nous et souhaitent plut\u00f4t rester pr\u00e8s de leur r\u00e9gion d\u2019origine. Ils ont toujours espoir que le conflit se termine. Et qu\u2019ils puissent rentrer chez eux, qu\u2019ils soient parmi les premiers, pour r\u00e9cup\u00e9rer leurs biens ou au moins leurs terres. Selon nos observateurs sur le terrain, au d\u00e9but les Syriens qui arrivaient en Europe, venaient de Turquie, du Liban ou de Jordanie, o\u00f9 ils avaient s\u00e9journ\u00e9 une ann\u00e9e ou deux, sans trouver de possibilit\u00e9s d\u2019int\u00e9gration. Mais derni\u00e8rement, ce sont plut\u00f4t des personnes qui viennent directement de Syrie en Europe, qui ne s\u2019\u00e9tablissent plus dans les premiers pays d\u2019accueil parce qu\u2019ils connaissent la situation l\u00e0-bas par des membres de leur famille. C\u2019est pour cela qu\u2019il est tellement important de cr\u00e9er des possibilit\u00e9s d\u2019int\u00e9gration dans les pays voisins de la Syrie, comme la Turquie, la Jordanie, le Liban. Il est \u00e0 cet \u00e9gard lamentable que les fonds d\u2019aide demand\u00e9s par le <abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr> pour mettre en place cette int\u00e9gration n\u2019aient re\u00e7u des montants ne couvrant que 30 \u00e0 50% des besoins.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Comment se comporte la Suisse sur ce sujet?<\/strong><\/p>\n<p>Elle a \u00e9t\u00e9 un des premiers pays \u00e0 mettre sur pied des projets d\u2019int\u00e9gration, tout au d\u00e9but de la guerre, autant au Liban qu\u2019en Jordanie. Elle continue de financer des projets, notamment pour des femmes seules avec enfants, pour qu\u2019elles aient un revenu tir\u00e9 de leur propre activit\u00e9. La Suisse apporte aussi un soutien aux familles jordaniennes qui ont accueilli beaucoup de Syriens. Elle soutient un programme de scolarisation d\u2019enfants syriens en Turquie. Une scolarisation primordiale: si les Syriens ne voient pas de possibilit\u00e9 de d\u00e9veloppement pour leurs enfants, cela va les inciter \u00e0 se mettre en route vers d\u2019autres pays, notamment vers l\u2019Europe.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>L\u2019int\u00e9gration ne risque-t-elle pourtant pas d\u2019\u00eatre encore plus difficile pour eux en Europe?<\/strong><\/p>\n<p>Certes, la langue constitue une difficult\u00e9 suppl\u00e9mentaire. Mais ceux qui travaillent avec eux disent tous que les enfants syriens, qui ont eu une bonne scolarit\u00e9 chez eux, sont brillants et apprennent la langue du pays d\u2019accueil en tr\u00e8s peu de temps. Pour les parents, l\u2019int\u00e9gration est plus compliqu\u00e9e, notamment du fait que la Suisse peine \u00e0 reconna\u00eetre les dipl\u00f4mes \u00e9trangers. Beaucoup de personnes avec des formations universitaires ont d\u00fb recommencer \u00e0 z\u00e9ro. \u00c7a n\u2019a pas de sens, \u00e7a co\u00fbte cher \u00e0 l\u2019Etat. On ne profite pas des qualifications de ces gens, on leur fait perdre leur exp\u00e9rience professionnelle et on rend plus compliqu\u00e9e leur int\u00e9gration. C\u2019est d\u2019ailleurs une des raisons pour lesquelles les Syriens fuient plut\u00f4t vers l\u2019Allemagne ou la Su\u00e8de, o\u00f9 l\u2019int\u00e9gration professionnelle est beaucoup plus facile \u2013 on leur fait juste suivre une formation compl\u00e9mentaire adapt\u00e9e au march\u00e9 du travail. Sans compter que la plupart re\u00e7oivent le statut de r\u00e9fugi\u00e9s, alors que chez nous la proportion serait plut\u00f4t d\u2019un tiers. Les autres doivent se contenter d\u2019une admission provisoire.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>L\u2019admission provisoire pour des r\u00e9fugi\u00e9s de guerre, n\u2019est-ce pas la solution la plus logique?<\/strong><\/p>\n<p>Il faut consid\u00e9rer la situation des gens sur place. Si vous habitez un quartier connu pour son opposition \u00e0 Bachar el-Assad, le r\u00e9gime va vous consid\u00e9rer comme un opposant. On voit d\u2019ailleurs que ce sont ces quartiers-l\u00e0 qui sont bombard\u00e9s. A Amnesty, nous estimons qu\u2019il ne faut pas consid\u00e9rer ces personnes comme de simples r\u00e9fugi\u00e9s de la violence, mais aussi comme des opposants.<\/p>\n<blockquote><p><span class=\"quote\"><q>C\u2019est \u00e9galement l\u2019opinion du HCR qui trouve que la Suisse est trop restrictive dans sa reconnaissance de la qualit\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9. <\/q><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p class=\"nospace\"><strong>La Suisse s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 accueillir 3000 Syriens. Comment jugez-vous ce chiffre?<\/strong><\/p>\n<p>Contrairement aux Etats-Unis par exemple qui veulent surtout des personnes saines et de bonnes \u00e9ducation, la Suisse accueille des gens particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables et c\u2019est positif. Mais 500 Syriens sur les trois premi\u00e8res ann\u00e9es de la guerre et 3000 sur les trois ann\u00e9es suivantes, c\u2019est peu, surtout si on les compare \u00e0 ce que fait la Su\u00e8de. En plus, la Suisse a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9duit ce contingent de 3000 personnes en soustrayant les 1500 requ\u00e9rants qu\u2019elle va devoir reprendre de la Gr\u00e8ce et de l\u2019Italie dans le cadre de la relocalisation organis\u00e9e par l\u2019Union europ\u00e9enne. Sans garantie que ce soient des Syriens, d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Trop de r\u00e9fugi\u00e9s, pour la Suisse, \u00e7a serait combien selon vous?<\/strong><\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est ailleurs. 1,3% des personnes en Suisse, sur huit millions, rel\u00e8vent du domaine de l\u2019asile. Ce chiffre comprend aussi bien les requ\u00e9rants que les personnes admises provisoirement et les r\u00e9fugi\u00e9s reconnus. C\u2019est tr\u00e8s peu. Au Liban, les Syriens repr\u00e9sentent 25% de la population, 20% en Jordanie. En Turquie ils sont plus de deux millions.<\/p>\n<blockquote><p><span class=\"quote\"><q>85% des r\u00e9fugi\u00e9s dans le monde sont d\u2019ailleurs h\u00e9berg\u00e9s par des pays les plus pauvres ou en voie de d\u00e9veloppement. <\/q><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p>Il n\u2019y en a que 15% qui viennent dans les pays industrialis\u00e9s. Mais les gens n\u2019arrivent souvent pas \u00e0 distinguer les travailleurs de nationalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re d\u2019une part, qui sont pr\u00e8s de 2 millions en Suisse, et dont la plupart viennent de l\u2019Union europ\u00e9enne, et d\u2019autre part les 100&rsquo;000 requ\u00e9rants, admis provisoires et r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Comment expliquer que la Suisse semble si mal pr\u00e9par\u00e9e face \u00e0 un afflux de r\u00e9fugi\u00e9s pourtant assez pr\u00e9visible?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons accueilli dans les ann\u00e9es nonante 47&rsquo;000 personnes en une ann\u00e9e. Il y en aura autour de 36&rsquo;000 pour 2015. Il y avait alors suffisamment de places d\u2019accueil parce que Peter Arbenz, alors pr\u00e9pos\u00e9 de l\u2019Office des migrations, avait cr\u00e9\u00e9 un syst\u00e8me avec des places en r\u00e9serve qui pouvaient servir en cas d\u2019afflux. Un syst\u00e8me d\u00e9mantel\u00e9 par Blocher lorsqu\u2019il est arriv\u00e9 au Conseil f\u00e9d\u00e9ral: il a chang\u00e9 le syst\u00e8me de d\u00e9fraiement des cantons, refusant de payer pour les places inoccup\u00e9es. Les cantons ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de fermer des centres et de licencier du personnel. Des centres qu\u2019il est tr\u00e8s difficile de rouvrir aujourd\u2019hui parce qu\u2019il y a constamment des oppositions. Un autre probl\u00e8me est que les autorit\u00e9s, notamment cantonales, n\u2019ont pas r\u00e9agi suffisamment vite aux changements de type de r\u00e9fugi\u00e9s. Nous n\u2019avons plus affaire \u00e0 des migrants qui seront renvoy\u00e9s, mais \u00e0 des gens qui fuient la guerre et dont une majorit\u00e9 obtiennent le droit de rester chez nous. Les cantons auraient d\u00fb r\u00e9fl\u00e9chir beaucoup plus t\u00f4t \u00e0 la question de la recherche de logements. Dans beaucoup de centres de requ\u00e9rants, vous trouvez des gens qui ont un permis depuis plusieurs mois mais qui sont encore l\u00e0 parce qu\u2019ils n\u2019ont pas trouv\u00e9 de logement.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Comment expliquez-vous l\u2019hostilit\u00e9 envers les r\u00e9fugi\u00e9s qu\u2019une majorit\u00e9 de la population manifeste, \u00e0 chaque votation?<\/strong><\/p>\n<p>Quand un parti invite les communes \u00e0 boycotter les centres de requ\u00e9rants, \u00e9videmment que cela influence les gens. Mais je suis d\u2019avis que la population suisse n\u2019est pas profond\u00e9ment hostile et que lorsqu\u2019il y a vraiment des contacts avec les migrants, cela se passe en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s bien. Par exemple, \u00e0 Sainte-Croix, o\u00f9 il y a un centre au milieu de village, un groupe de b\u00e9n\u00e9voles essaient de faire le pont entre les requ\u00e9rants et les villageois. La Suisse a une culture d\u2019accueil, une tradition humanitaire historique et lorsqu\u2019elle se manifeste, cela contribue \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 l\u2019int\u00e9gration des r\u00e9fugi\u00e9s. L\u2019UDC devrait \u00eatre cons\u00e9quente avec elle-m\u00eame: elle veut d\u2019une part que les gens s\u2019int\u00e8grent, mais s\u2019oppose d\u2019autre part tr\u00e8s souvent \u00e0 des mesures qui favoriseraient cette int\u00e9gration.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Pourquoi \u00eates-vous contre les renvois dans le premier pays d\u2019accueil, que pr\u00e9voient les accords de Dublin?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons demand\u00e9 la suspension totale des renvois vers la Hongrie, puisque les trois conditions d\u00e9cr\u00e9t\u00e9es par la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme ne sont pas respect\u00e9es: le principe de non-refoulement, un accueil digne de ce nom et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la proc\u00e9dure d\u2019asile. N\u00e9anmoins, les renvois vers la Hongrie ont continu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment. Concernant l\u2019Italie, nous avons demand\u00e9 une suspension provisoire des renvois, jusqu\u2019\u00e0 ce que ce pays ait cr\u00e9\u00e9 les places d\u2019accueil n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>Qu\u2019en est-il des Erythr\u00e9ens, qui sont toujours les plus nombreux parmi les requ\u00e9rants?<\/strong><\/p>\n<p>La plupart sont des jeunes, qu\u2019il faudrait int\u00e9grer le plus rapidement possible au lieu de les faire attendre dans des centres. Contrairement aux Syriens, leur formation initiale est relativement mauvaise, il faut donc la compl\u00e9ter. Ce serait un investissement. Ces gens-l\u00e0 peuvent avoir une utilit\u00e9 majeure au sein de notre soci\u00e9t\u00e9, notamment l\u00e0 o\u00f9 les Suisses ne travaillent souvent plus, dans l\u2019agriculture ou nos maisons de retraite.<\/p>\n<p class=\"nospace\"><strong>L\u2019arriv\u00e9e de requ\u00e9rants afghans semble s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer depuis quelques semaines. Comment s\u2019explique ce ph\u00e9nom\u00e8ne?<\/strong><\/p>\n<p>Les Afghans risquent de d\u00e9passer peu \u00e0 peu les Syriens en nombre. J\u2019ai parl\u00e9 avec certains d\u2019entre eux r\u00e9cemment au centre de requ\u00e9rants de B\u00e2le. Tous m\u2019ont dit qu\u2019ils avaient de la parent\u00e9 en Suisse&#8230; Il y a toujours eu des Afghans, pas en grande quantit\u00e9 certes, mais une petite communaut\u00e9 existe, pas tr\u00e8s visible, bien int\u00e9gr\u00e9e, tant professionnellement que linguistiquement. Si leur nombre augmente, c\u2019est parce que la situation en Afghanistan s\u2019est beaucoup d\u00e9grad\u00e9e. Pas mal d\u2019Afghans s\u2019\u00e9taient install\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es en Turquie et certains ont peut-\u00eatre profit\u00e9 du flux actuel pour venir, m\u00e9lang\u00e9s aux autres.<\/p>\n<p class=\"leading helvetica\"><\/div><\/div><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Active depuis plus de trente ans dans le domaine de l\u2019asile, Denise Graf est en charge de la question des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 la section suisse d\u2019Amnesty International. Elle plaide pour qu\u2019on donne aux migrants les moyens de l\u2019int\u00e9gration qu\u2019on r\u00e9clame d\u2019eux. Ainsi que des voies d\u2019acc\u00e8s l\u00e9gales et contr\u00f4l\u00e9es qui assurent leur s\u00e9curit\u00e9 comme la n\u00f4tre.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[342,155],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[82,340],"ve_type":[1061],"ve_action":[1050],"class_list":["post-27731","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-de-presse","category-documentation","tag-documentation","pays-suisse","pays-syrie","ve_type-article-de-presse","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27731","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27731"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27731\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27731"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27731"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27731"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=27731"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=27731"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=27731"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=27731"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}