{"id":28714,"date":"2015-12-19T18:23:17","date_gmt":"2015-12-19T17:23:17","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=28714"},"modified":"2021-08-26T13:57:01","modified_gmt":"2021-08-26T11:57:01","slug":"antiatlas-les-murs-en-mediterranee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2015\/12\/19\/antiatlas-les-murs-en-mediterranee\/","title":{"rendered":"AntiAtlas | Les murs en M\u00e9diterran\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><em>Article de <a href=\"http:\/\/iremam.cnrs.fr\/spip.php?article30\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">C\u00e9dric Parizot<\/a>, publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2015 sur le site AntiAtlas des fronti\u00e8res. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.antiatlas.net\/blog\/2015\/12\/17\/les-murs-en-mediterranee\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site AntiAtlas.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, les rives de la M\u00e9diterran\u00e9e ont vu s\u2019\u00e9lever de nombreux murs, barri\u00e8res et syst\u00e8mes de surveillance aux marges des \u00c9tats, parfois m\u00eame au c\u0153ur des villes. L\u2019espace m\u00e9diterran\u00e9en n\u2019\u00e9chappe donc pas \u00e0 la \u00abt\u00e9ichopolitique\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire cette politique de cloisonnement des espaces pour renforcer le contr\u00f4le sur les territoires (Ballif et Rosi\u00e8re, 2009). \u00c0 la fin des ann\u00e9es 2000, selon les estimations de diff\u00e9rentes \u00e9quipes de recherche, murs, barri\u00e8res, cl\u00f4tures et syst\u00e8mes de surveillances maritimes s\u2019\u00e9tendaient sur une longueur comprise entre 18&rsquo;000 et 41&rsquo;000 km de fronti\u00e8res terrestres et maritimes (Foucher, 2007; Ballif et Rosi\u00e8re, 2009). Les trois quarts de ces dispositifs auraient \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9s apr\u00e8s l\u2019an 2000. Dans l\u2019espace euro-m\u00e9diterran\u00e9en, ces cl\u00f4tures, barri\u00e8res et murs construits ou projet\u00e9s aux marges des \u00c9tats couvraient d\u00e9j\u00e0 plus de 8000 km de fronti\u00e8res (Rosi\u00e8re et Jones, 2012).<\/p>\n<p>Si l\u2019\u00e9rection de murs n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne contemporain, son ampleur et les logiques qui sous-tendent ce processus s\u2019inscrivent en revanche dans des dynamiques propres \u00e0 la globalisation (Brown 2009, Vallet 2014). Loin d\u2019\u00eatre des archa\u00efsmes ou des marques provisoires de repli, dans un monde que certains envisageaient comme plus ouvert, ces murs t\u00e9moignent de l\u2019\u00e9mergence de nouvelles formes de gouvernement des hommes et des territoires.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Des fortifications militaires aux murs de l\u2019exclusion<\/span><\/p>\n<p>Dans l\u2019Empire romain, des murs apparaissent d\u00e8s l\u2019an 122, quand le mur d\u2019Hadrien est construit pour marquer la limite nord de l\u2019Empire. Il est doubl\u00e9 par celui d\u2019Antonin en 140. \u00c0 l\u2019est, une ligne de fortifications est \u00e9rig\u00e9e, plus tard, le long du Danube et du Rhin. \u00c9tablis sur des lignes de front, ces \u00e9difices visent \u00e0 contenir les attaques et les incursions contre un Empire alors sur la d\u00e9fensive. Cette fonction militaire se retrouve aux \u00e9poques moderne et contemporaine \u00e0 travers l\u2019exemple de la \u00abceinture de fer\u00bb de Vauban, ou celui de la ligne Maginot construite dans les ann\u00e9es 1920-1930 sur les fronti\u00e8res nord et est de la France, de la Belgique \u00e0 l\u2019Italie.<\/p>\n<p>Entre le XIXe et le XXe si\u00e8cle, l\u2019expansion et la g\u00e9n\u00e9ralisation des \u00c9tats-nations, ainsi que le processus de reconnaissance mutuelle encourag\u00e9 par la charte de l\u2019Organisation des Nations unies (ONU), ont consid\u00e9rablement r\u00e9duit la fonction militaire des fronti\u00e8res: de lignes de front, elles deviennent des marqueurs entre des espaces de souverainet\u00e9 (Rosi\u00e8re et Jones, 2012).<\/p>\n<p>Dans la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, la militarisation et le d\u00e9ploiement de fortifications aux fronti\u00e8res se limitent alors aux espaces conflictuels. S\u2019il ne reste que des vestiges de la ligne Barlev construite par Isra\u00ebl en 1967 le long du canal de Suez, le \u00abrideau de fer\u00bb, \u00e9rig\u00e9 par le bloc de l\u2019Est de la Baltique \u00e0 l\u2019Adriatique au cours de la guerre froide, a davantage marqu\u00e9 son temps et les paysages, comme en t\u00e9moigne le mur de Berlin construit en ao\u00fbt 1961. D\u2019autres lignes de front persistent encore en M\u00e9diterran\u00e9e. Ainsi, \u00e0 Chypre, la ligne Verte, longue de 180 km, s\u00e9pare toujours, depuis 1974, les parties grecque et turque de l\u2019\u00eele (Novosselof et Neisse, 2015). Les fronti\u00e8res d\u2019Isra\u00ebl avec le Liban et la Syrie restent \u00e9galement toujours grillag\u00e9es et lourdement militaris\u00e9es \u2013 en 2012, les autorit\u00e9s isra\u00e9liennes ont d\u2019ailleurs relanc\u00e9 un programme pour les renforcer.<\/p>\n<p>Au cours de cette p\u00e9riode, les fonctions de ces barri\u00e8res glissent \u00e9galement vers le contr\u00f4le des mouvements d\u2019insurg\u00e9s et de populations civiles. Le rideau de fer visait davantage \u00e0 emp\u00eacher les ressortissants des pays de l\u2019Est \u00e0 fuir vers l\u2019Ouest qu\u2019\u00e0 repousser l\u2019avanc\u00e9e d\u2019une arm\u00e9e ennemie. Pendant la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, les lignes de barbel\u00e9s mises en place par les Fran\u00e7ais entre 1956 et 1957 le long des fronti\u00e8res avec la Tunisie et le Maroc sont essentiellement destin\u00e9es \u00e0 emp\u00eacher les d\u00e9placements et le ravitaillement des insurg\u00e9s. En 1969, \u00e0 Belfast, les autorit\u00e9s britanniques \u00e9rigent les premi\u00e8res barri\u00e8res entre les quartiers catholiques et protestants de la capitale de l\u2019Irlande du Nord. Ces <em>Peace Lines<\/em> (lignes de paix) sont cens\u00e9es r\u00e9duire les frictions entre les deux populations en conflit; elles s\u2019\u00e9tendent aujourd\u2019hui sur environ 15 km (Ballif, 2009). Enfin, en 1980, le Maroc lance la construction d\u2019un mur de sable \u00e0 l\u2019est du Sahara occidental, cinq ans apr\u00e8s avoir pris possession de la zone. L\u2019objectif est de contenir les attaques des Sahraouis et de prot\u00e9ger le \u00abtriangle utile\u00bb comprenant les mines de phosphates et les principales villes du territoire (Mohsen Finan, 1997, p. 63-66); ce mur mesure aujourd\u2019hui pr\u00e8s de 2000 km (Novosselof et Neisse, 2015). D\u2019autres barri\u00e8res et cl\u00f4tures ont \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9es par les Am\u00e9ricains en Irak dans les ann\u00e9es 2000. Leur volont\u00e9 \u00e9tait de lutter contre des infiltrations d\u2019insurg\u00e9s et les attentats terroristes au sein des zones maintenues sous leur contr\u00f4le.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1990, la plupart des murs abandonnent leur vocation militaire au profit de fonctions polici\u00e8res et s\u00e9curitaires. D\u00e9sormais, ces barri\u00e8res ont pour principal but de contr\u00f4ler les mouvements de populations ainsi que l\u2019exclusion de groupes consid\u00e9r\u00e9s comme pr\u00e9sentant des risques. En construisant, d\u00e8s 1995, des barri\u00e8res le long de leurs enclaves de Ceuta et Melilla, les Espagnols sont les premiers Europ\u00e9ens \u00e0 recourir aux murs pour lutter contre l\u2019immigration clandestine et les trafics ill\u00e9gaux (drogue, contrebande, etc.) \u2013 utilisant ainsi le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 que celui employ\u00e9 un an plus t\u00f4t sur la fronti\u00e8re am\u00e9ricano-mexicaine, et alors vivement critiqu\u00e9 par l\u2019Europe.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.migreurop.org\/IMG\/pdf\/map_4.5_murs_dans_le_monde.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-28716 size-medium\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/CarteMurs_Migreurop-239x300.png\" alt=\"CarteMurs_Migreurop\" width=\"239\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/CarteMurs_Migreurop-239x300.png 239w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/CarteMurs_Migreurop-120x150.png 120w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/CarteMurs_Migreurop.png 956w\" sizes=\"auto, (max-width: 239px) 100vw, 239px\" \/><\/a>Depuis, de nombreux autres projets ont vu le jour en Europe, au Maghreb et au Moyen Orient, dont plusieurs au cours de l\u2019ann\u00e9e 2015. Les cartes r\u00e9alis\u00e9es par les \u00e9quipes de recherche d\u2019Elisabeth Vallet et Migreurop en 2012 et celle de Alexandra Novosselof et Frank Neisse, 2015 n\u2019arrivent d\u2019ailleurs plus \u00e0 suivre cette prolif\u00e9ration.<\/p>\n<p>En Europe de nouveaux murs sont appraus autour de l\u2019espace Schengen: au niveau du fleuve \u00c9vros entre la Gr\u00e8ce et la Turquie, entre la Slovaquie et l\u2019Ukraine, entre la Bulgarie (candidate \u00e0 l\u2019int\u00e9gration dans Schengen) et la Turquie (Qu\u00e9tel, 2012, p. 266-267). En 2015, suite \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de plus en plus importante de migrants, la Hongrie a annonc\u00e9 son projet d\u2019\u00e9lever un mur de 175 km le long de sa fronti\u00e8re avec la Serbie (Honor\u00e9 2015). M\u00eame la France n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 cette tentation, puisqu\u2019elle a \u00e9rig\u00e9 une cl\u00f4ture de 2 \u00e0 4 m\u00e8tres de haut sur 3 km de long pour barrer l\u2019acc\u00e8s des migrants au terminal d\u2019Eurotunnel (Zerrouky 2015). Enfin, en d\u00e9clarant en octobre 2015 sa volont\u00e9 d\u2019\u00e9lever un mur le long de sa fronti\u00e8re avec la Slov\u00e9nie (AFP et Vedier 215), l\u2019Autriche inaugure le premier mur au sein de l\u2019espace Schengen.<\/p>\n<p>Au sud et \u00e0 l\u2019Est de l\u2019Europe, d\u2019anciens \u00e9difices construits sur des lignes de front sont m\u00eame aujourd\u2019hui \u00abr\u00e9habilit\u00e9s\u00bb en vertu de leur capacit\u00e9 de contenir les flux des migrations. C\u2019est le cas de la barri\u00e8re de sable le long du Sahara occidental, d\u00e9sormais pr\u00e9sent\u00e9e comme telle par certaines autorit\u00e9s marocaines (Novoseloff et Neisse, 2015). En 2014, le Maroc a annonc\u00e9 la construction d\u2019un mur suppl\u00e9mentaire d\u2019une centaine de kilom\u00e8tres le long de sa fronti\u00e8re avec l\u2019Alg\u00e9rie. En 2015, la Tunisie a quant \u00e0 elle commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9lever un mur de 168 km le long de sa fronti\u00e8re avec la Lybie (Amari 2015). La Turquie a d\u00e9cid\u00e9 de fortifier certaines zones fronti\u00e8res avec la Syrie (<em>Le Figaro<\/em> et AFP 2015), au m\u00eame titre que l\u2019Egypte le long de la zone tampon entre la Bande de Gaza et le Sina\u00ef.<\/p>\n<p>Ces murs ne sont pourtant que la pointe de l\u2019iceberg: ils sont l\u2019\u00e9quivalent terrestre de dispositifs de surveillance maritime bien plus \u00e9tendus, que les diff\u00e9rents pays membres de l\u2019Union europ\u00e9enne ont d\u00e9ploy\u00e9s le long du d\u00e9troit de Gibraltar, de l\u2019\u00eele de Lampedusa, de Malte ou encore entre les \u00eeles grecques et la Turquie (Rosi\u00e8re et Jones, 2012, p. 227-228). L\u2019un des plus \u00e9labor\u00e9 de ces \u00abmurs liquides\u00bb est sans doute le syst\u00e8me SIVE (Sistema Integrado de Vigilancia Exterior), entourant les c\u00f4tes espagnoles et portugaises: reposant sur des syst\u00e8mes de d\u00e9tection tr\u00e8s sophistiqu\u00e9s, ainsi que sur des patrouilles maritimes et a\u00e9riennes, il vise \u00e0 intercepter les migrants et les contrebandiers en provenance du Maghreb.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9es avant tout comme des dispositifs s\u00e9curitaires, les barri\u00e8res \u00e9rig\u00e9es par Isra\u00ebl, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, s\u2019inscrivent elles aussi dans une logique de r\u00e9gulation des mouvements de populations et de leurs espaces de vie. La premi\u00e8re \u00e0 \u00eatre construite est celle de Gaza en 1995. En filtrant et en r\u00e9gulant les entr\u00e9es des Palestiniens vers Isra\u00ebl, les autorit\u00e9s ont voulu \u00e0 la fois emp\u00eacher les intrusions d\u2019individus consid\u00e9r\u00e9s comme des risques s\u00e9curitaires, mais surtout r\u00e9guler l\u2019acc\u00e8s de cette population au march\u00e9 du travail isra\u00e9lien. Au cours du second soul\u00e8vement palestinien (2000-2004), face \u00e0 la vague d\u2019attentats suicides dans les villes isra\u00e9liennes, les autorit\u00e9s isra\u00e9liennes ont d\u00e9cid\u00e9 de renforcer la barri\u00e8re de Gaza (2001 et 2002) et de lancer la construction d\u2019une autre autour de la Cisjordanie (2002). Officiellement, les objectifs restent identiques: faire obstacle aux attentats, r\u00e9duire l\u2019importance de la main-d\u2019\u0153uvre palestinienne en Isra\u00ebl et s\u00e9parer, une fois pour toutes, les deux populations. Mais rapidement le mur de Cisjordanie a int\u00e9gr\u00e9 d\u2019autres objectifs: d\u00e9mographiques et territoriaux. Il doit s\u2019\u00e9tendre sur plus de 700 km. Sur la majeure partie de son parcours, ce dispositif est constitu\u00e9 de grillages, de barbel\u00e9s, de routes de patrouille et de syst\u00e8mes de d\u00e9tection tr\u00e8s sophistiqu\u00e9s. Il faut ajouter 61 km de mur de b\u00e9ton, principalement dans les zones urbanis\u00e9es. Enfin, en 2011, pour mettre un terme aux entr\u00e9es d\u2019immigrants clandestins africains en provenance d\u2019\u00c9gypte, Isra\u00ebl a lanc\u00e9 la construction d\u2019une barri\u00e8re suppl\u00e9mentaire le long de sa fronti\u00e8re avec le Sina\u00ef. Un nouveau projet de cl\u00f4ture entre Isra\u00ebl et la Jordanie a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 en 2015.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Migration, danger s\u00e9curitaire, repli sur soi: \u00e0 quoi r\u00e9pondent vraiment les murs de la globalisation?<\/span><\/p>\n<p>Qu\u2019ils soient pr\u00e9sent\u00e9s comme des moyens de lutte contre des flux migratoires, les trafics ill\u00e9gaux ou encore les attaques terroristes, ces murs s\u2019inscrivent tous dans une m\u00eame logique: r\u00e9pondre au sentiment croissant de perte de souverainet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat qui se d\u00e9veloppe au sein de l\u2019opinion publique de ces pays (Brown, 2009). Les facteurs qui contribuent \u00e0 entretenir cette inqui\u00e9tude varient en fonction des contextes; ils sont cependant \u00e9troitement li\u00e9s aux processus qui ont accompagn\u00e9 la globalisation (Vallet 2014).<\/p>\n<p>En Europe, l\u2019accroissement des flux transnationaux de personnes, de marchandises, d\u2019informations et de capitaux par-del\u00e0 les fronti\u00e8res est souvent per\u00e7u comme un risque par les citoyens des pays les plus favoris\u00e9s. Les fronti\u00e8res leur semblent plus poreuses et \u00e9chapper au contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 les distances se sont consid\u00e9rablement r\u00e9duites, ces populations se sentent plus expos\u00e9es aux dangers venus de l\u2019ext\u00e9rieur. Ce sentiment est renforc\u00e9 par le r\u00f4le croissant que jouent les organisations transnationales infra-\u00e9tatiques (firmes multinationales, organisations non gouvernementales de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme, mouvements politiques et religieux transnationaux, etc.) et les institutions de gouvernance politiques, \u00e9conomiques et juridiques supranationales (Union europ\u00e9enne, Fonds mon\u00e9taire international, Cour europ\u00e9enne de justice) dans les affaires politiques nationales (Brown, 2009).<\/p>\n<p>Toutefois, les inqui\u00e9tudes li\u00e9es \u00e0 la perte de contr\u00f4le des fronti\u00e8res semblent se cristalliser sur certains ph\u00e9nom\u00e8nes plut\u00f4t que d\u2019autres tels que l\u2019augmentation des flux migratoires en provenance des pays les plus pauvres. Les r\u00e9actions de rejet et d\u2019hostilit\u00e9 que l\u2019on a pu observer, au cours de l\u2019ann\u00e9e 2015, en France et en Europe \u00e0 l\u2019\u00e9gard des migrants en provenance de Syrie illustrent parfaitement cette tendance. Ceci n\u2019est pas nouveau, \u00c9velyne Ritaine soulignait il y a quelques ann\u00e9es (2012, p. 6) qu\u2019en \u00abM\u00e9diterran\u00e9e, comme ailleurs, la question du contr\u00f4le de la fronti\u00e8re est largement ramen\u00e9e \u00e0 celle du contr\u00f4le de l\u2019immigration, et la notion de risque presque toujours corr\u00e9l\u00e9e au probl\u00e8me de l\u2019immigration clandestine\u00bb. L\u2019impression selon laquelle ces flux repr\u00e9sentent des menaces \u00e9conomiques, sociales et s\u00e9curitaires s\u2019est accentu\u00e9e dans le contexte des crises \u00e9conomiques successives et de l\u2019apparition de formes de terrorisme plus violentes et plus spectaculaires, comme ce fut le cas lors des attentats de New York (11 septembre 2001), mais aussi de ceux de Madrid (11 mars 2004), de Londres (7 juillet 2005), de Bombay (27 et 28 novembre 2008) et plus r\u00e9cemment de Sousse (26 juin 2015) et e Paris (7 janvier et 13 novembre 215). Cette impression a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par certains politiques qui, \u00e0 des fins \u00e9lectoralistes, n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 instrumentaliser ces ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9s. Ainsi, les populations mobiles se trouvent tenues responsables de processus et de mutations qui leur \u00e9chappent pourtant largement.<\/p>\n<p>Dans d\u2019autres contextes, comme celui du conflit isra\u00e9lo-palestinien, c\u2019est \u00e9galement pour r\u00e9pondre au sentiment de perte de souverainet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl sur son territoire ou de perte de contr\u00f4le sur le destin du pays que les autorit\u00e9s ont \u00e9lev\u00e9 des barri\u00e8res avec les Palestiniens (Parizot, 2009; Latte Abdallah et Parizot, 2011). Cependant, cette inqui\u00e9tude a \u00e9merg\u00e9 dans un contexte conflictuel sp\u00e9cifique avec le second soul\u00e8vement palestinien (2000-2004) et l\u2019augmentation sans pr\u00e9c\u00e9dent du nombre d\u2019attentats suicides palestiniens dans les villes isra\u00e9liennes au printemps 2002. Non seulement ces attentats avaient remis en cause la capacit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl de d\u00e9fendre ses citoyens, mais ils \u00e9taient venus \u00e9galement brouiller les fronti\u00e8res entre ce qui est alors consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur. En outre, ce projet \u00e9tait envisag\u00e9 comme un moyen salutaire pour le futur de l\u2019\u00c9tat juif et la p\u00e9rennit\u00e9 du projet sioniste: la d\u00e9marcation de fa\u00e7on unilat\u00e9rale des futures fronti\u00e8res d\u2019Isra\u00ebl devait permettre d\u2019exclure la majeure partie des Palestiniens, tout en annexant un maximum de terres et de colons juifs de Cisjordanie. Ses promoteurs envisageaient donc \u00e0 la fois d\u2019agrandir le territoire isra\u00e9lien tout en pr\u00e9servant une majorit\u00e9 juive dans ses limites. Les raisons \u00e9voqu\u00e9es en 2011 par le gouvernement Netanyahu pour justifier la construction d\u2019une barri\u00e8re suppl\u00e9mentaire le long de la fronti\u00e8re avec l\u2019\u00c9gypte r\u00e9pondent \u00e0 des inqui\u00e9tudes similaires. Il s\u2019agit de faire obstacle \u00e0 des tentatives d\u2019attentats organis\u00e9s par des groupes terroristes \u00e0 partir du Sina\u00ef et de pr\u00e9venir une invasion migratoire en provenance d\u2019Afrique, laquelle, selon certains hommes politiques isra\u00e9liens, mettrait en cause la s\u00e9curit\u00e9 et le caract\u00e8re juif de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>\u00c9rig\u00e9es par les pays les plus riches, le long des fractures o\u00f9 pr\u00e9valent les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques les plus fortes, ces barri\u00e8res sont con\u00e7ues par leurs promoteurs comme des dispositifs de protection des privil\u00e9gi\u00e9s contre des populations qu\u2019ils envisagent comme des \u00abmasses dangereuses\u00bb (Rosi\u00e8re et Jones, 2011). Ces murs entre \u00c9tats font donc \u00e9cho aux murs des villes dont s\u2019entourent les quartiers les plus favoris\u00e9s depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. Certains ont d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement m\u00e9diatis\u00e9s, tels celui de la ville tch\u00e8que d\u2019Usti nad Laberm en 1999, construit pour isoler des Roms, ou celui de Padoue \u00e9rig\u00e9 en 2006 pour s\u00e9parer un quartier de migrants (Qu\u00e9tel, 2012, p. 279). Ce genre de murs s\u2019est tr\u00e8s largement r\u00e9pandu sur le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en. Alors que ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne touchait au d\u00e9part que les quartiers riches, il s\u2019est \u00e9tendu aux quartiers les plus modestes. C\u2019est le cas dans de nombreuses villes du Sud de la France: \u00e0 Marseille, en 2010, une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par des g\u00e9ographes \u00e9valuait le nombre de ces r\u00e9sidences ferm\u00e9es \u00e0 plus de 1000 (Dorier et al., 2010). Les rives sud et est ne sont pas non plus \u00e9pargn\u00e9es: ce genre de r\u00e9sidences se multiplie au Maroc, en Tunisie, en \u00c9gypte (Almatarneh, 2013) ou encore, en Isra\u00ebl (Salenson, 2009). \u00c9rig\u00e9s aux fronti\u00e8res, aux marges des \u00c9tats ou au c\u0153ur des villes, les murs mat\u00e9rialisent les tensions et les fractures au sein d\u2019une M\u00e9diterran\u00e9e globalis\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dification de ces murs en M\u00e9diterran\u00e9e contribue enfin \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des espaces asym\u00e9triques (Ritaine, 2009). En effet, la d\u00e9cision de la s\u00e9paration est souvent prise par la partie la plus forte, l\u2019autre se retrouvant de facto s\u00e9par\u00e9e. En outre, ces murs permettent de mettre en \u0153uvre un filtrage asym\u00e9trique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, ils bloquent ou r\u00e9duisent les mouvements de populations jug\u00e9es ind\u00e9sirables, tandis qu\u2019ils s\u2019efforcent, de l\u2019autre, de ne pas g\u00eaner la fluidit\u00e9 des ressortissants des pays qui les dressent: ils fonctionnent donc comme des membranes. Le mur de Cisjordanie est un bon exemple. \u00c9tant donn\u00e9 les nombreuses colonies isra\u00e9liennes qui restent enclav\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 palestinien de ce mur, les contr\u00f4les effectu\u00e9s dans les diff\u00e9rents \u00abpoints de passage\u00bb sont op\u00e9r\u00e9s de telle mani\u00e8re \u00e0 maintenir un strict contr\u00f4le des Palestiniens sans pour autant g\u00eaner la fluidit\u00e9 des mouvements isra\u00e9liens (Parizot, 2009).<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">L\u2019efficacit\u00e9 des murs en question<\/span><\/p>\n<p>Comme pour toute politique frontali\u00e8re, l\u2019efficacit\u00e9 des murs doit d\u2019abord \u00eatre mesur\u00e9e en fonction de son impact sur l\u2019opinion publique du pays qui la met en \u0153uvre. L\u2019objectif d\u2019une telle politique est avant tout de mettre en sc\u00e8ne et de mat\u00e9rialiser l\u2019action de l\u2019\u00c9tat aux yeux des citoyens. C\u2019est en mobilisant l\u2019imaginaire de la fronti\u00e8re, en r\u00e9alisant et en m\u00e9diatisant sa fermeture, que la construction d\u2019une barri\u00e8re ou d\u2019un mur \u00e0 la fronti\u00e8re rassure.<\/p>\n<p>Pourtant, si les murs peuvent bel et bien rassurer, sur le terrain, leur efficacit\u00e9 reste \u00e0 d\u00e9montrer. Les autorit\u00e9s polici\u00e8res, civiles et militaires qui gardent ces \u00e9difices sont rarement dupes. Les murs ne sont qu\u2019un dispositif parmi de multiples syst\u00e8mes de surveillance et de r\u00e9glementation: syst\u00e8mes de visa, syst\u00e8mes biom\u00e9triques, camps de r\u00e9tention, projections de patrouilles au-del\u00e0 des fronti\u00e8res de l\u2019\u00c9tat, etc. Bien qu\u2019\u00e9tant beaucoup moins m\u00e9diatis\u00e9s, ces autres dispositifs jouent souvent un r\u00f4le plus d\u00e9terminant dans la gestion de l\u2019immigration clandestine et des trafics; ils ont aussi des effets plus n\u00e9fastes sur la vie des populations qu\u2019ils ciblent.<\/p>\n<p>Les murs et les barri\u00e8res ne peuvent pas r\u00e9aliser seuls les objectifs qui leur sont attribu\u00e9s. L\u2019escalade s\u00e9curitaire et le blindage des fronti\u00e8res n\u2019ont d\u2019ailleurs pas mis fin aux flux d\u2019immigration clandestine ou aux diff\u00e9rents types de trafics transfrontaliers. Et pour cause: la plupart des migrants ou des trafiquants ne passent pas par les fronti\u00e8res terrestres, mais par les a\u00e9roports et les ports, le plus souvent munis de documents valides. C\u2019est en restant dans le pays d\u2019accueil, au-del\u00e0 du temps qui leur \u00e9tait allou\u00e9, que la majorit\u00e9 des migrants deviennent clandestins. Quant \u00e0 ceux qui cherchent \u00e0 passer clandestinement par les fronti\u00e8res terrestres, ils s\u2019adaptent aux nouveaux obstacles: ils s\u2019en remettent \u00e0 des fili\u00e8res de passeurs qui inventent de nouveaux moyens de contournement, obligeant en retour les autorit\u00e9s \u00e0 r\u00e9ajuster leurs syst\u00e8mes de contr\u00f4le. Mais ces dispositifs de surveillance extr\u00eamement lourds et sophistiqu\u00e9s sont beaucoup moins flexibles que les techniques et les strat\u00e9gies utilis\u00e9es par les passeurs.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dification de murs ne fait donc que rendre plus difficiles, plus longs et beaucoup plus dangereux les parcours des migrants. Comme le souligne Peter Andreas (2001), l\u2019escalade s\u00e9curitaire favorise le d\u00e9veloppement de nouvelles activit\u00e9s informelles et de nouvelles formes de trafics. Elle accro\u00eet le nombre de drames humains, comme l\u2019ont tristement montr\u00e9 ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es ceux li\u00e9s au blindage des rives sud de l\u2019Europe. Si le nombre de morts aux fronti\u00e8res de l\u2019Europe ne s\u2019\u00e9levait qu\u2019\u00e0 quelques dizaines au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, il atteint plusieurs milliers par an \u00e0 la fin des ann\u00e9es 2000 (Migreurop, 2012).<\/p>\n<p>Si des migrants arrivent \u00e0 d\u00e9jouer les dispositifs de surveillance, on comprendra que des organisations d\u00e9sirant commettre des attaques terroristes puissent ais\u00e9ment s\u2019infiltrer malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de ces dispositifs. Contrairement aux discours des autorit\u00e9s isra\u00e9liennes, ce n\u2019est pas la construction de la barri\u00e8re en Cisjordanie qui a permis de faire chuter les attentats suicides palestiniens de l\u2019\u00e9clatement de la seconde Intifada (2000), mais des dispositifs de contr\u00f4le et de surveillance moins m\u00e9diatis\u00e9s qu\u2019a d\u00e9ploy\u00e9s Isra\u00ebl bien au-del\u00e0 du mur, jusqu\u2019au c\u0153ur des enclaves palestiniennes (Parizot, 2009).<\/p>\n<p>Enfin, si les murs peuvent nourrir l\u2019illusion de restaurer la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et ainsi faire rempart aux processus li\u00e9s \u00e0 la globalisation, ils sont en r\u00e9alit\u00e9 les lieux d\u2019expression de ces m\u00eames processus (Brown, 2009). Le blindage des fronti\u00e8res de l\u2019espace Schengen illustre la perte partielle de souverainet\u00e9 des \u00c9tats membres, car ce type de politique n\u2019est pas mis en \u0153uvre de mani\u00e8re autonome, mais en coordination et avec le cofinancement d\u2019agences europ\u00e9ennes ou d\u2019autres pays membres. La construction de ces murs met \u00e9galement en \u0153uvre des formes complexes de partenariats entre des institutions publiques et des multinationales priv\u00e9es qui affectent profond\u00e9ment les choix technologiques et s\u00e9curitaires des \u00c9tats. L\u2019organisation du contr\u00f4le autour de ces \u00e9difices et au niveau de leurs points de passage est quant \u00e0 elle fr\u00e9quemment d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 des compagnies de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9es. C\u2019est le cas en Isra\u00ebl o\u00f9 les points de passage avec la Cisjordanie sont surveill\u00e9s par des gardes priv\u00e9s supervis\u00e9s par des fonctionnaires du minist\u00e8re de la D\u00e9fense. Enfin, ces murs ne prot\u00e8gent plus uniquement des \u00c9tats, mais \u00e9galement des constellations supranationales, comme dans l\u2019espace Schengen, ou infranationales au niveau des <em>gated communities<\/em>. Pr\u00e9sent\u00e9s comme les derniers remparts des \u00c9tats-nations, les murs contribuent au contraire \u00e0 les int\u00e9grer plus profond\u00e9ment dans les processus li\u00e9s \u00e0 la globalisation.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Bibliography<\/span><\/p>\n<ul>\n<li>AFP et VERDIER, Marie, \u00ab <a href=\"http:\/\/www.la-croix.com\/actualite\/europe\/l-autriche-veut-eriger-un-mur-a-la-frontiere-slovene-2015-10-28-1373924\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L\u2019Autriche veut \u00e9riger un mur \u00e0 la fronti\u00e8re slov\u00e8ne<\/a> \u00bb, <em>La Croix<\/em>, mis en ligne le 28 octobre 2015, consult\u00e9 le 14 d\u00e9cembre 2015<\/li>\n<li>ALMATARNEH, Rana Tawfiq, \u00ab Choices and Changes in the Housing Market and Community Preferences : Reasons for the Emergence of Gated Communities in Egypt: a Case Study of the Greater Cairo Region, Egypt \u00bb, <em>Ain Shams Engineering Journal<\/em>, 4, 3, sept. 2013, p. 563-583.<\/li>\n<li>AMARI, Chawki, \u00ab <a href=\"http:\/\/mondafrique.com\/lire\/international\/2015\/08\/14\/le-maghreb-des-murs\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Un Maghreb enseveli sous les murailles<\/a> \u00bb, <em>Mondafrique,<\/em> mis en ligne 14 ao\u00fbt 2015, consult\u00e9 le 19 octobre 1015<\/li>\n<li>BALLIF, Florine, \u00ab <a href=\"http:\/\/conflits.revues.org\/17533\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les Peacelines de Belfast, entre maintien de l\u2019ordre et gestion urbaine<\/a> \u00bb, <em>Cultures &amp; Conflits<\/em>\u00a073, printemps 2009, mis en ligne le 30 mars 2010, consult\u00e9 le 26 sept. 2012.<\/li>\n<li>BALLIF, Florine et ROSIERE, St\u00e9phane, \u00ab Le d\u00e9fi des teichopolitiques. 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L\u2019espace m\u00e9diterran\u00e9en n\u2019\u00e9chappe donc pas \u00e0 la \u00ab t\u00e9ichopolitique \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire cette politique de cloisonnement des espaces pour renforcer le contr\u00f4le sur les territoires (Ballif et Rosi\u00e8re, 2009).<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,994,470],"ve_numero":[],"pays":[],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-28714","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-frontieres","tag-mur","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28714","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=28714"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28714\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=28714"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=28714"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=28714"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=28714"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=28714"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=28714"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=28714"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}