{"id":31465,"date":"2016-04-20T07:44:48","date_gmt":"2016-04-20T05:44:48","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=31465"},"modified":"2021-08-26T13:55:20","modified_gmt":"2021-08-26T11:55:20","slug":"journal-dun-refugie-syrien-tristes-histoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2016\/04\/20\/journal-dun-refugie-syrien-tristes-histoires\/","title":{"rendered":"Journal d&rsquo;un r\u00e9fugi\u00e9 syrien | Tristes histoires"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Aujourd\u2019hui, cela fait tout juste quatre ans que je suis arriv\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve. Jamais je n\u2019aurais pens\u00e9 en arriver l\u00e0. Ni que je serais encore en Suisse, des ann\u00e9es plus tard, ni que mon pays en arriverait \u00e0 ce point d\u2019atrocit\u00e9s, et, si on met le r\u00e9gime de c\u00f4t\u00e9, que la Communaut\u00e9 internationale pourrait se montrer aussi l\u00e2che.<\/span><\/p>\n<p><em>Billet paru dans le blog Le r\u00e9fugi\u00e9 syrien, le 19 avril 2016. Cliquez <a href=\"http:\/\/lerefugiesyrien.blogactiv.eu\/2016\/04\/19\/tristes-histoires\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour lire le billet sur le blog.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Quand j\u2019ai atterri \u00e0 Gen\u00e8ve, j\u2019\u00e9tais envoy\u00e9 par le Minist\u00e8re de l\u2019Economie pour suivre des cours sur la politique commerciale \u00e0 l\u2019OMC. J\u2019avais obtenu toutes les autorisations n\u00e9cessaires, notamment celle du Premier ministre, pour quitter le pays. A l\u2019\u00e9poque, la Syrie pr\u00e9parait son adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019OMC. Elle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 admise comme membre observateur en 2010, apr\u00e8s avoir fait sa premi\u00e8re demande d\u2019adh\u00e9sion en 2000. Une \u00e9quipe de n\u00e9gociation avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9e, et j\u2019en faisais partie. Avec la guerre, bien s\u00fbr, ce dossier a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9.<\/p>\n<p>Pour me rendre en Suisse, j\u2019\u00e9tais pass\u00e9 par Beyrouth, o\u00f9 j\u2019avais obtenu le visa. Tout s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 sans difficult\u00e9. Mais pendant mon s\u00e9jour \u00e0 Gen\u00e8ve, o\u00f9 il \u00e9tait pr\u00e9vu que je passe trois mois, j\u2019ai re\u00e7u un jour l\u2019appel d\u2019un coll\u00e8gue du Minist\u00e8re \u00e0 Damas. Il m\u2019expliquait que les moukhabarats, des agents du service des renseignements, \u00e9taient pass\u00e9s au bureau pour poser des questions sur moi. J\u2019ai su \u00e0 ce moment-l\u00e0 que ma s\u00e9curit\u00e9 serait menac\u00e9e si je revenais \u00e0 Damas. Mais c\u2019est presque au moment o\u00f9 j\u2019aurais d\u00fb prendre l\u2019avion de retour que j\u2019ai vraiment pris la d\u00e9cision de ne pas rentrer et que j\u2019ai ensuite rencontr\u00e9 les gens du <abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr>. Jusqu\u2019au dernier moment j\u2019avais h\u00e9sit\u00e9; le vendredi qui pr\u00e9c\u00e9dait la date de mon retour, j\u2019avais m\u00eame \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9roport prendre des renseignements au sujet du poids de mes bagages, j\u2019avais achet\u00e9 plein de cadeaux \u00e0 ramener \u00e0 ma famille\u2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">xxxxx<\/p>\n<p>Il y a deux ou trois jours, j\u2019ai t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 un ami avec qui je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 en contact depuis quelques temps, et en parlant avec lui, j\u2019ai appris plein de choses qui m\u2019ont rendu triste. C\u2019\u00e9tait un tr\u00e8s bon ami, avec qui je travaillais au Centre de recherche d\u2019Alep. Cela fait un an qu\u2019il a quitt\u00e9 la Syrie pour la Turquie, et il se trouve depuis quelques mois \u00e0 Istanbul. Ces derniers temps, nous ne nous \u00e9tions parl\u00e9 que deux fois au t\u00e9l\u00e9phone, vite fait, sans qu\u2019il me donne beaucoup de d\u00e9tails.<\/p>\n<p>Cette fois-ci, il m\u2019a racont\u00e9 tout ce qui lui \u00e9tait arriv\u00e9 depuis une ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Il s\u2019appelle Mustapha, et il a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es de moins que moi. Il travaillait la nuit au Centre de recherche \u00e0 Alep, o\u00f9 je travaillais moi-m\u00eame, et le jour, il exer\u00e7ait comme laborantin dans un laboratoire d\u2019analyse m\u00e9dicale \u00e0 Ariha. Il s\u2019\u00e9tait fianc\u00e9 avec l\u2019une de ces coll\u00e8gues d\u2019Ariha, qui a la triple nationalit\u00e9, syrienne, turque et canadienne. Sa m\u00e8re est turque, et son p\u00e8re \u00e9tait m\u00e9decin \u00e0 Ariha. Elle a quitt\u00e9 la Syrie pour la Turquie bien avant lui.<\/p>\n<p>Mustapha a voulu la rejoindre \u00e0 Istanbul pour l\u2019\u00e9pouser. Pour se marier avec sa fianc\u00e9e, il a d\u00fb faire des papiers. Les autorit\u00e9s turques ont r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait entr\u00e9 ill\u00e9galement en Turquie, et on lui a demand\u00e9 de quitter le pays pour y revenir de mani\u00e8re l\u00e9gale.<\/p>\n<p>Il a d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Chypre, o\u00f9 on l\u2019a imm\u00e9diatement mis en prison, \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Larnaca. L\u00e0-bas, il a racont\u00e9 son histoire au juge qui s\u2019est montr\u00e9 compr\u00e9hensif et l\u2019a renvoy\u00e9 en Turquie. A son arriv\u00e9e, on lui a demand\u00e9 comment il avait pu rentrer \u00e0 Chypre sans visa, et on l\u2019a aussit\u00f4t mis en prison quelques jours, avant de le renvoyer \u00e0 Chypre. De retour \u00e0 Larnaca, on l\u2019a de nouveau jet\u00e9 en prison quelques jours, et il est repass\u00e9 devant le m\u00eame juge, qui l\u2019a reconnu et lui a demand\u00e9: \u00abComment se fait-il que tu sois revenu?\u00bb Il a r\u00e9expliqu\u00e9 son histoire, et le juge lui a dit: \u00abJe vais te renvoyer en Turquie, mais cette fois \u00e0 Adana plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 Istanbul. Les contr\u00f4les y sont moins stricts.\u00bb Il d\u00e9barque sans visa, et on le laisse passer. Mais soudain un agent l\u2019appelle: \u00abReviens vers nous, nous devons v\u00e9rifier quelque chose\u00bb. Cet agent le pr\u00e9sente \u00e0 son chef, qui lui dit: \u00abTu n\u2019as pas l\u2019autorisation de rentrer sur le territoire turc.\u00bb Mais il finit par le lib\u00e9rer.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait il y a trois mois. Depuis, il s\u2019est occup\u00e9 \u00e0 faire tous les papiers, et avec sa fianc\u00e9e, ils ont d\u00e9cid\u00e9 de se marier officiellement sous sa nationalit\u00e9 canadienne, en pensant que ce serait moins compliqu\u00e9 qu\u2019avec sa nationalit\u00e9 turque. Une fois mari\u00e9, il a voulu demander un visa pour le Canada. Les Canadiens ont exig\u00e9 qu\u2019il fournisse des preuves de la r\u00e9alit\u00e9 de son mariage, comme des photos, et encore des papiers. Il a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de revoir les autorit\u00e9s turques. Elles l\u2019ont remis en prison pour sept jours. Sa femme vient tout juste de r\u00e9ussir \u00e0 le faire sortir en fournissant une garantie financi\u00e8re et en sollicitant les services d\u2019un avocat.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 o\u00f9 en est mon ami aujourd\u2019hui. Au t\u00e9l\u00e9phone il m\u2019a confi\u00e9: \u00abEn Syrie, j\u2019ai \u00e9vit\u00e9 la torture du r\u00e9gime, mais au bout du compte, j\u2019ai fini par \u00eatre tortur\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Moi, j\u2019avais quitt\u00e9 le Centre de recherche \u00e0 Alep en 2007. Mais mon ami Mustapha, lui, y \u00e9tait rest\u00e9. Quelques mois apr\u00e8s le d\u00e9but du soul\u00e8vement, en mars 2011, on a demand\u00e9 au 3000 fonctionnaires du Centre de rester chez eux. Ils ne travaillaient plus mais on a continu\u00e9 de leur verser environ 60% de leur salaire, et pour le percevoir, il devaient physiquement se pr\u00e9senter dans un bureau pr\u00e8s de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Alep tous les mois. Et puis \u00e0 un moment donn\u00e9, on leur a demand\u00e9 de rejoindre la r\u00e9gion de Homs, pour continuer de travailler pour le r\u00e9gime. Mon ami a refus\u00e9. En fait, tous les projets du Centre avaient \u00e9taient d\u00e9m\u00e9nag\u00e9s d\u2019Alep \u00e0 Masyaf, une ville qui se trouve dans la montagne Alaouite, entre Homs et Tartous. La D\u00e9fense y poss\u00e9dait d\u00e9j\u00e0 une usine, qui produisait probablement des munitions.<\/p>\n<p>Le but de ce d\u00e9m\u00e9nagement dans cette zone montagneuse, et donc moins facilement atteignable, \u00e9tait de mettre les projets en s\u00e9curit\u00e9. Mais, en d\u00e9finitive, le r\u00e9gime n\u2019a jamais perdu le contr\u00f4le de Al-Sfeira, l\u2019endroit au sud est d\u2019Alep o\u00f9 se situe le Centre. Deich non plus n\u2019a jamais attaqu\u00e9 l\u2019axe qui relie Hama \u00e0 la zone d\u2019Alep.<\/p>\n<p>Certains des fonctionnaires ont refus\u00e9 d\u2019aller travailler \u00e0 Masyaf et ont d\u00e9missionn\u00e9, d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 vir\u00e9s, d\u2019autres encore croupissent en prison. Mais certains ont accept\u00e9. C\u2019est pour cela qu\u2019ils avaient continu\u00e9 de payer les salaires les mois d\u2019inactivit\u00e9 apr\u00e8s le soul\u00e8vement, pour que les gens ne partent pas rejoindre l\u2019Arm\u00e9e syrienne libre et ne lui transmettent pas des renseignements. Mais j\u2019en connais au moins un qui a fait d\u00e9fection \u00e0 Alep, d\u00e8s le d\u00e9but de la r\u00e9volution. Il a form\u00e9 une brigade de l\u2019ASL, compos\u00e9e de quatre groupes. Mais je n\u2019ai plus de nouvelles de lui.<\/p>\n<p>La suite du r\u00e9cit de mon ami r\u00e9fugi\u00e9 en Turquie m\u2019a particuli\u00e8rement boulvers\u00e9: c\u2019est \u00e0 Masyaf que sont produites les bombes que le r\u00e9gime largue sur sa population. Ce qui veut dire que ce sont mes anciens coll\u00e8gues, une partie de nos amis d\u2019autrefois qui produisent ces bombes. Cette id\u00e9e me rend fou. Je me demande de quelle mati\u00e8re sont faits ces gens-l\u00e0. Quand tu sais que ce sont ces bombes qui sont lanc\u00e9es sur les villes, sur les civils\u2026 Comment peuvent-ils continuer \u00e0 en fabriquer?<\/p>\n<p>Le directeur actuel du projet, un officier et un ing\u00e9nieur, est l\u2019un de mes anciens \u00e9tudiants, du temps o\u00f9 j\u2019enseignais \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Al-Assad \u00e0 Alep. Il avait fait son master en Russie, et nous \u00e9tions voisins, presque amis. Il m\u2019arrivait de faire des courses pour sa femme.<\/p>\n<p>Son adjoint aussi \u00e9tait l\u2019un de mes \u00e9tudiants. Il a dit qu\u2019il ne voulait plus de personnes venant d\u2019Alep et d\u2019Idlib dans son \u00e9quipe, sous-entendu des sunnites, car il n\u2019avait pas confiance en eux.<\/p>\n<p>Toute cette histoire me rend infiniment triste. Nous sommes tous des Syriens, et pourtant, c\u2019est comme si nous n\u2019appartenions plus au m\u00eame pays. Nous sommes d\u00e9chir\u00e9s \u00e0 un point que je n\u2019aurais jamais imagin\u00e9. Comment mes anciens coll\u00e8gues peuvent-ils continuer \u00e0 travailler pour le r\u00e9gime, celui qui bombarde leurs concitoyens? Moi, quand j\u2019\u00e9tais encore au Minist\u00e8re de l\u2019Economie avant de devoir fuir Damas, moi, je me sentais coupable chaque jour d\u2019aller au travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">xxxxx<\/p>\n<p>Je viens d\u2019apprendre une autre histoire qui, elle aussi, m\u2019a plong\u00e9 dans la tristesse. C\u2019est mon ami Khaled, le directeur de l\u2019\u00e9cole dans mon village, et aussi le tr\u00e9sorier de l\u2019association de soutien aux orphelins et aux veuves cr\u00e9\u00e9e le mois dernier, qui me l\u2019a racont\u00e9e. Avec l\u2019aide des uns et des autres Khaled a remont\u00e9 l\u2019\u00e9cole qui avait cess\u00e9 de fonctionner. Pour all\u00e9ger le budget de l\u2019\u00e9cole, une des ses profs, une femme, continuait de percevoir son salaire aupr\u00e8s de l\u2019administration. Pour cela, chaque mois, elle devait se rendre en personne, ou payer un autre fonctionnaire pour la repr\u00e9senter, \u00e0 Hama, la province la plus proche de celle d\u2019Idlib, o\u00f9 les salaires sont encore distribu\u00e9s.<\/p>\n<p>La semaine pass\u00e9, Hanan Barakat, c\u2019est son nom, a donc pris le minibus avec d\u2019autres fonctionnaires, des femmes, car les hommes ne peuvent prendre le risque de se d\u00e9placer ainsi. D\u2019apr\u00e8s ce que m\u2019a racont\u00e9 Khaled, ce minibus a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 un barrage tenu par le r\u00e9gime. On a demand\u00e9 \u00e0 Hanan d\u2019en descendre. Elle n\u2019y est jamais remont\u00e9e et le minibus a d\u00fb repartir sans elle. Depuis, plus personne n\u2019a eu des ses nouvelles. Khaled m\u2019a confi\u00e9 que c\u2019\u00e9tait l\u2019une de ses meilleures profs. Ce qui m\u2019accable, c\u2019est que le peu que nous arrivons \u00e0 reconstruire, ces choses basiques que nous remettons en place, ces briques fragiles, le r\u00e9gime s\u2019ing\u00e9nie \u00e0 la d\u00e9truire.<\/p>\n<p>Avant m\u00eame qu\u2019elle disparaisse, la famille d\u2019Hanan n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e. Son beau-fr\u00e8re, un universitaire \u00e0 Damas, un ami de ma famille, avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 d\u00e9but 2012. Il sortait de la mosqu\u00e9e, et une voiture de l\u2019arm\u00e9e est pass\u00e9e. Ses occupants ont tir\u00e9 au hasard, par terre, pour d\u00e9courager les gens de se mettre \u00e0 manifester apr\u00e8s la pri\u00e8re.<\/p>\n<p>Notre ami a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9; il s\u2019est cach\u00e9 pour se soigner sans m\u00eame oser aller \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Les mois ont pass\u00e9, et l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, lorsque les forces du r\u00e9gime ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9es de la province d\u2019Idlib, j\u2019ai entendu dire qu\u2019il avait d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre exprim\u00e9 sa joie. Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce seulement un sourire, mais quelqu\u2019un l\u2019a d\u00e9nonc\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 avec quatre personnes par le r\u00e9gime pendant le mouvement de repli de l\u2019arm\u00e9e. Tous ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s sauf lui. Ses parents ont pay\u00e9 1,2 million de livres \u00e0 quelqu\u2019un qui disait pouvoir obtenir sa lib\u00e9ration. En pure perte. Ils ont perdu cet argent, et personne ne peut dire aujourd\u2019hui si leur fils et vivant ou pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">xxxxx<\/p>\n<p>Les attaques ont repris \u00e0 Alep. On ne parle plus des Russes, mais ils ne sont s\u00fbrement pas tr\u00e8s loin. La pr\u00e9c\u00e9dente offensive, lanc\u00e9e en f\u00e9vrier dernier, au moment m\u00eame o\u00f9 les pourparlers \u00e0 Gen\u00e8ve devaient red\u00e9marr\u00e9, n\u2019a pas abouti. Les Am\u00e9ricains avaient exerc\u00e9 suffisamment de pressions sur les Russes pour qu\u2019elle s\u2019interrompe.<\/p>\n<p>A nouveau, elle a \u00e9t\u00e9 relanc\u00e9e au moment o\u00f9 les discussions reprenaient \u00e0 Gen\u00e8ve, un moyen pour le r\u00e9gime de proposer un \u00e9ventuel cessez-le-feu comme monnaie d\u2019\u00e9change, puisqu\u2019il n\u2019a rien d\u2019autre a offrir.<\/p>\n<p>Il fait constamment r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Constitution de 2012, qui pr\u00e9voit que le Parlement d\u00e9signe le chef de l\u2019Etat. C\u2019est pour cela qu\u2019il \u00e9tait si press\u00e9 que se tiennent les \u00e9lections l\u00e9gislatives qui ont eu lieu la semaine pass\u00e9e et que le parti Baas et ses alli\u00e9s ont \u00e9videmment \u00abremport\u00e9es\u00bb. De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019opposition insiste pour qu\u2019on s\u2019en tienne \u00e0 la Constitution de 1950, qui pr\u00e9voit, bien s\u00fbr, une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle. L\u2019un des premiers points des n\u00e9gociations porte aussi sur la tenue d\u2019\u00e9lections neutres, surveill\u00e9es par l\u2019Onu et auxquelles tous les Syriens devraient pouvoir participer, y compris dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s. On peut toujours r\u00eaver.<\/p>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd\u2019hui, cela fait tout juste quatre ans que je suis arriv\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve. Jamais je n\u2019aurais pens\u00e9 en arriver l\u00e0. 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