{"id":31787,"date":"2016-05-08T08:38:43","date_gmt":"2016-05-08T06:38:43","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=31787"},"modified":"2021-07-15T14:55:17","modified_gmt":"2021-07-15T12:55:17","slug":"rts-vacarme-migration-la-strategie-des-camps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2016\/05\/08\/rts-vacarme-migration-la-strategie-des-camps\/","title":{"rendered":"RTS, Vacarme | Migration: la strat\u00e9gie des camps"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Face \u00e0 la crise migratoire de l\u2019ann\u00e9e 2015, des camps humanitaires ferm\u00e9s, informels ou s\u00e9curis\u00e9s, ont r\u00e9apparu sur nos territoires europ\u00e9ens. Des espaces construits dans l\u2019urgence pour des p\u00e9riodes a priori courtes, mais qui finissent par durer et devenir des villes. Les villes des \u00ab\u00a0ind\u00e9sirables\u00a0\u00bb, comme les appelle l\u2019anthropologue Michel Agier. Comment construit-on un camp? \u00c0 quel moment la mise en camp formelle devient-elle indispensable? Tous les pays, m\u00eame les plus riches, doivent-ils adopter cette politique migratoire de plus en plus critiqu\u00e9e? \u00ab\u00a0Vacarme\u00a0\u00bb a visit\u00e9 quatre camps: en France, \u00e0 Calais et \u00e0 Dunkerque, mais aussi \u00e0 Maiduguri au Nig\u00e9ria et \u00e0 Dadaab au K\u00e9nya. Car cette question ne touche pas seulement l\u2019Europe. Et loin de l\u00e0.<\/span><\/p>\n<p>Reportages: Sophie Bouillon \/ R\u00e9alisation: J\u00e9r\u00f4me Nussbaum \/ Production: V\u00e9ronique Marti<\/p>\n<p>S\u00e9rie de reportages diffus\u00e9s dans le cadre de l\u2019\u00e9mission Vacarme diffus\u00e9e sur la RTS durant la semaine du 2 au 8 mai 2015.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.rts.ch\/la-1ere\/programmes\/vacarme\/7656275-vacarme-du-02-05-2016.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Choisis ton camp camarade!<\/strong><\/a><\/p>\n<blockquote><p>Bloqu\u00e9es \u00e0 la fronti\u00e8re avec l\u2019Angleterre, 3000 personnes se retrouvent enlis\u00e9es dans la boue de Calais, \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres du tunnel sous la Manche. Un camp informel s\u2019est cr\u00e9\u00e9 au fil des ans et face \u00e0 l\u2019afflux important de migrants en 2015, la situation humanitaire a largement empir\u00e9. Le gouvernement fran\u00e7ais a d\u00fb prendre les choses en main apr\u00e8s des ann\u00e9es d\u2019inaction. Des centaines de containers s\u00e9curis\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 mis en place et la \u00ab\u00a0jungle\u00a0\u00bb est en train d\u2019\u00eatre d\u00e9mantel\u00e9e. Mais les migrants refusent, en majorit\u00e9, la solution propos\u00e9e: les camps formels font peur. Peur d\u2019\u00eatre priv\u00e9s de mouvement, peur d\u2019\u00eatre enregistr\u00e9s dans l\u2019espace Schengen, de se voir refuser le droit d\u2019asile en France et de devoir oublier le r\u00eave britannique. Les habitants de la jungle pr\u00e9f\u00e8rent l\u2019extr\u00eame pr\u00e9carit\u00e9 \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/www.rts.ch\/la-1ere\/programmes\/vacarme\/7658814-vacarme-du-03-05-2016.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Une utopie humanitaire<\/strong><\/a><\/p>\n<blockquote><p>Le tunnel sous la Manche est devenu de plus en plus \u00e9tanche pour les migrants. Ceux-ci remontent donc vers le nord. \u00c0 Grande-Synthe, \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de l\u00e0, un millier de Kurdes vivaient dans la boue, le froid, sous des tentes en toile face \u00e0 un lotissement. La situation \u00e9tait devenue un calvaire politique pour le maire et un d\u00e9sastre humanitaire pour les migrants. Apr\u00e8s de nombreux appels sans r\u00e9ponse au gouvernement fran\u00e7ais, la municipalit\u00e9 s\u2019est associ\u00e9e \u00e0 M\u00e9decins Sans Fronti\u00e8res pour \u00e9tablir le premier camp humanitaire de France.<\/p>\n<p>Comment construit-on un camp de r\u00e9fugi\u00e9s? Aujourd\u2019hui, les camps se multiplient partout dans le monde, comment r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 leur organisation? Pour l\u2019architecte Cyrille Hannape qui a pens\u00e9 l\u2019\u00e9laboration du camp de Grande-Synthe, les camps sont la nouvelle utopie du 21\u00e8me si\u00e8cle.<\/p><\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/www.rts.ch\/la-1ere\/programmes\/vacarme\/7661947-vacarme-du-04-05-2016.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>R\u00e9fugi\u00e9 dans son propre pays<\/strong><\/a><\/p>\n<blockquote><p>Souvent oubli\u00e9s, les \u00ab\u00a0d\u00e9plac\u00e9s internes\u00a0\u00bb repr\u00e9sentent pourtant 60% de la migration mondiale et seraient plus de 38 millions dans le monde. L&rsquo;insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria a vid\u00e9 une immense partie du territoire de ses habitants. Des villes, des villages entiers ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits, ras\u00e9s de la carte. Le CICR estime que 2,5 millions de personnes ont d\u00fb fuir leur maison.<\/p>\n<p>\u00c0 Maiduguri, la capitale de l\u2019\u00c9tat du Borno, on compte environ 1,6 million de d\u00e9plac\u00e9s internes. Comment une ville peut se pr\u00e9parer \u00e0 accueillir une telle population, arriv\u00e9e quasiment du jour au lendemain? Le gouvernement local a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019adopter la \u00ab\u00a0strat\u00e9gie des camps ferm\u00e9s\u00a0\u00bb, m\u00eame si ces personnes sont des ressortissants nig\u00e9rians. Il ne suffit pas de s\u00e9curiser la r\u00e9gion, il faut tout reconstruire et relancer une \u00e9conomie totalement an\u00e9antie. Le retour prendra plusieurs ann\u00e9es m\u00eame si ces \u00ab\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s\u00a0\u00bb ne sont qu\u2019\u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de chez eux.<\/p><\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/www.rts.ch\/la-1ere\/programmes\/vacarme\/7665549-vacarme-du-05-05-2016.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Comment \u00e9liminer les camps?<\/strong><\/a><\/p>\n<blockquote><p>\u00c0 quelques pas du Palais des Nations, en plein c\u0153ur de Gen\u00e8ve, s\u2019\u00e9l\u00e8ve le Haut-Commissariat pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr>). 4000 employ\u00e9s des Nations Unies coordonnent depuis la Suisse la s\u00e9curit\u00e9 de plus de 60 millions de personnes r\u00e9fugi\u00e9es, d\u00e9plac\u00e9es ou apatrides \u00e0 travers le monde. Fond\u00e9 en 1951, avec un petit budget et 30 employ\u00e9s, le HCR ne devait exister que pour quelques ann\u00e9es. Pourtant, depuis plus de 60 ans, l\u2019institution onusienne n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019agrandir.<\/p>\n<p>Le HCR, en coordination avec les gouvernements d\u2019accueil, doit accueillir et prot\u00e9ger des dizaines de milliers ou des millions de personnes d\u00e9plac\u00e9es. Aux trois solutions officielles de gestion des r\u00e9fugi\u00e9s &#8211; le retour, l\u2019installation ou le d\u00e9part vers un pays tiers &#8211; s\u2019ajoute de plus en plus la politique de \u00ab\u00a0l\u2019encampement\u00a0\u00bb. Aujourd\u2019hui des voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent contre ces lieux d\u00e9shumanis\u00e9s, qui peuvent devenir des prisons \u00e0 ciel ouvert. Au sein du HCR, on commence de plus en plus \u00e0 rejeter cette politique.<\/p><\/blockquote>\n<div class=\"page_texte2 rtf retreci7680832\">\n<p><a href=\"http:\/\/www.rts.ch\/la-1ere\/programmes\/vacarme\/7668443-vacarme-du-06-05-2016.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Avoir 20 ans \u00e0 Dadaab<\/strong><\/a><\/p>\n<blockquote><p>Cette ann\u00e9e, Dadaab, le plus grand camp de r\u00e9fugi\u00e9s du monde, c\u00e9l\u00e8bre tristement sa 25\u00e8me ann\u00e9e d\u2019existence. Construit en 1991 dans l\u2019urgence pour accueillir des dizaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s somaliens, le camp situ\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame est du Kenya n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019agrandir. Aujourd\u2019hui, il compte 375\u2019000 personnes, majoritairement venues de Somalie, mais aussi du Soudan du Sud, d\u2019\u00c9thiopie ou de la r\u00e9gion des Grands Lacs.&nbsp;Personne n\u2019a le droit de sortir de Dadaab, sauf avec des autorisations temporaires tr\u00e8s r\u00e9glement\u00e9es.<\/p>\n<p>La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration est bien souvent n\u00e9e dans le camp, se marie dans le camp, et aura \u00e0 son tour des enfants qui grandiront dans cet espace gigantesque g\u00e9r\u00e9 par le HCR. Comment la jeunesse de Dadaab voit-elle l\u2019avenir? Comment avoir des r\u00eaves, des projets, lorsqu\u2019on se sait condamn\u00e9 \u00e0 vivre dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s? Comment peut-on imaginer le monde lorsqu\u2019on n\u2019a jamais vu d\u2019immeubles, de routes, une rivi\u00e8re ou l\u2019oc\u00e9an?<\/p><\/blockquote>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 la crise migratoire de l\u2019ann\u00e9e 2015, des camps humanitaires ferm\u00e9s, informels ou s\u00e9curis\u00e9s, ont r\u00e9apparu sur nos territoires europ\u00e9ens. Des espaces construits dans l\u2019urgence pour des p\u00e9riodes a priori courtes, mais qui finissent par durer et devenir des villes. Les villes des \u00ab\u00a0ind\u00e9sirables\u00a0\u00bb, comme les appelle l\u2019anthropologue Michel Agier. Comment construit-on un camp? \u00c0 quel moment la mise en camp formelle devient-elle indispensable? 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