{"id":36247,"date":"2016-12-02T19:54:06","date_gmt":"2016-12-02T18:54:06","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=36247"},"modified":"2021-08-26T13:52:40","modified_gmt":"2021-08-26T11:52:40","slug":"hcr-apres-fui-violence-domestique-mamans-honduras-commencent-nouvelle-vie-mexique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2016\/12\/02\/hcr-apres-fui-violence-domestique-mamans-honduras-commencent-nouvelle-vie-mexique\/","title":{"rendered":"HCR | Apr\u00e8s avoir fui la violence domestique, des mamans du Honduras commencent une nouvelle vie au Mexique"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es, frapp\u00e9es et abus\u00e9es par leurs conjoints membres de gangs, des femmes du Honduras trouvent la s\u00e9curit\u00e9 au Mexique, o\u00f9 le changement de la loi reconnait que la violence sexiste suffit pour l\u2019octroi du statut de r\u00e9fugi\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><em>Article de James Fredrick publi\u00e9 sur le site du <abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr>, le 24 novembre 2016. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.unhcr.org\/fr\/news\/stories\/2016\/11\/583845b5a\/apres-fui-violence-domestique-mamans-honduras-commencent-nouvelle-vie-mexique.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du HCR.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p><strong>Gabriel*, neuf ans, n\u2019aime pas parler de chez lui, au Honduras, mais il peut d\u00e9crire exactement l\u2019une des derni\u00e8res col\u00e8res de son p\u00e8re.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<blockquote><p>\u00a0\u00abUn soir, il est rentr\u00e9 \u00e0 la maison, compl\u00e8tement fou, il a attrap\u00e9 ma m\u00e8re par les cheveux et il a fait vlan! vlan! vlan!\u00bb dit-il en imitant les coups s\u2019abattant sur Brenda. \u00abQuand il en a eu fini avec ma maman, nous \u00e9tions tous couverts de sang.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s qu\u2019il soit reparti, Brenda, 39 ans, confuse et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, a attrap\u00e9 Gabriel et Lucie, sa s\u0153ur de 7 ans, et elle s\u2019est tra\u00een\u00e9e jusqu\u2019au poste de police.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.unhcr.org\/fr\/news\/stories\/2016\/11\/583845b5a\/apres-fui-violence-domestique-mamans-honduras-commencent-nouvelle-vie-mexique.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-36248 size-large\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/HCR_Brenda-1024x710.png\" alt=\"hcr_brenda\" width=\"1024\" height=\"710\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00abJe suis entr\u00e9e dans le poste et je les ai suppli\u00e9s, \u2018Aidez-moi, s\u2019il vous plait!\u2019 Mais ils ont simplement r\u00e9pondu, \u2018d\u00e9sol\u00e9s, on ne peut rien pour vous\u2019\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Son conjoint \u00e9tait un \u2018lieutenant\u2019 dans le gang dominant de son quartier de San Pedro Sula, au Honduras. Les policiers n\u2019osaient pas le toucher, craignant les repr\u00e9sailles du gang. Il est bien probable que nombreux d\u2019entre eux \u00e9taient de m\u00e8che avec le gang.<\/p>\n<p>Cette tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de demander de l\u2019aide \u00e0 la police a eu lieu apr\u00e8s quelque dix ann\u00e9es d\u2019une relation violente, qu\u2019elle compare \u00e0 de la prison.<\/p>\n<blockquote><p>\u00a0\u00abIl me frappait. Il m\u2019insultait. Il me disait que j\u2019\u00e9tais une salet\u00e9, que je ne savais rien faire,\u00bb raconte Brenda. \u00abIl disait qu\u2019apr\u00e8s quatre enfants, personne ne voudrait plus jamais de moi. Il ne me laissait pas m\u2019habiller ou me maquiller. Je n\u2019avais pas le droit de sortir. Il me violait quand il le voulait.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Aujourd\u2019hui, Brenda porte de jolies lignes d\u2019eyeliner bleu marine et une touche de fard sur les paupi\u00e8res, un luxe qu\u2019elle a red\u00e9couvert depuis qu\u2019elle a fui pour Tapachula au Mexique, en juin, avec trois de ses enfants et un petit-enfant.<\/p>\n<p>\u00abJe te couperai les pieds si tu essayes de t\u2019enfuir un jour\u00bb, fut l\u2019une des derni\u00e8res menaces de son conjoint. \u00a0L\u2019influence de son gang s\u2019\u00e9tend sur toute la ville et tout le pays. \u00a0Abandonn\u00e9e des autorit\u00e9s, Brenda n\u2019a plus vu d\u2019autre solution que celle de quitter le Honduras avec ses enfants.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es de mauvais traitements ont bien failli an\u00e9antir la famille de Brenda. Son fils de 12 ans s\u2019est enfui pour aller vivre chez ses grands-parents apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 battu et insult\u00e9 par le conjoint de Brenda et les autres membres de son gang. Apr\u00e8s qu\u2019ils l\u2019aient accueilli, Brenda n\u2019avait plus le droit de rendre visite \u00e0 ses parents, alors qu\u2019ils ont plus de 80 ans et une sant\u00e9 fragile.<\/p>\n<p>Erica, sa fille a\u00een\u00e9e de 19 ans, qui a fui au Mexique avec Brenda et sa propre fille d\u2019un an, avait \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 la porte de la maison par son gangster de conjoint.<\/p>\n<p>Les gangs des rues ont \u00e9merg\u00e9 dans le chaos cr\u00e9\u00e9 par la guerre civile qui a d\u00e9vast\u00e9 le Salvador et le Guatemala dans les ann\u00e9es 80. Les conflits et la pauvret\u00e9 de ces ann\u00e9es \u00e9taient un terrain fertile pour la corruption institutionnelle croissante et ils ont permis aux gangs d\u2019\u00e9tendre leur influence jusqu\u2019au Honduras et au-del\u00e0.<\/p>\n<p>Dans les pays domin\u00e9s par les gangs ou les maras, les histoires comme celle de Brenda sont monnaie courante. La violence des gangs et le machisme imposent \u00e0 de nombreuses femmes de vivre comme les esclaves de leurs conjoints.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abJe pense souvent \u00e0 toutes les femmes qui vivent ce que j\u2019ai v\u00e9cu\u00bb, dit Brenda.<\/p><\/blockquote>\n<p>La pr\u00e9sence des gangs est \u00e9crasante et happe tous ceux qui sont vuln\u00e9rables. \u00c9tant pratiquement sans abri apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 la porte, Erica, la fille de Brenda, a \u00e9t\u00e9 accueillie par un jeune homme qui lui a offert un logement et de l\u2019argent pour s\u2019en sortir. Au d\u00e9but, il \u00e9tait gentil, mais il est rapidement devenu dominant.<\/p>\n<p>Tout comme sa m\u00e8re, Erica est devenue la prisonni\u00e8re du membre d\u2019un gang.<\/p>\n<blockquote><p>\u00a0\u00abJe pouvais sortir pour faire des commissions, mais les membres de son gang me suivaient et m\u2019observaient. Il ne me perdait jamais de vue\u00bb, explique-t-elle.<\/p><\/blockquote>\n<p>M\u00eame s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas aussi violent que le conjoint de Brenda, Erica \u00e9tait sa prisonni\u00e8re. Elle n\u2019avait pas le droit de travailler et il lui interdisait de parler \u00e0 sa m\u00e8re. Brenda, quant \u00e0 elle, \u00e9tait sur le point de tout abandonner.<\/p>\n<p>\u00abUn soir, j\u2019ai pris un couteau, je l\u2019ai pos\u00e9 sur mon poignet. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 couper et puis j\u2019ai arr\u00eat\u00e9,\u00bb explique-t-elle, en suivant de l\u2019index la petite cicatrice \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de son poignet. \u00abJe me suis dit \u2018j\u2019ai des enfants, je ne peux pas les laisser avec cet homme\u2019.\u00bb<\/p>\n<p>Elle avait vu Gabriel, son fils de 9 ans, devenir violent sous la tutelle de son p\u00e8re. Il se comportait en chef et frappait sa petite s\u0153ur. Son p\u00e8re lui disait que c\u2019\u00e9tait ainsi qu\u2019un homme m\u00e8ne son foyer.<\/p>\n<p>Et Brenda d\u2019expliquer: \u00abIls commencent \u00e0 recruter les gar\u00e7ons \u00e0 l\u2019\u00e2ge de Gabriel. Ils leur donnent des t\u00e9l\u00e9phones portables, des chaussures et des v\u00eatements pour les faire ressembler au gang.\u00bb<\/p>\n<p>Mais apr\u00e8s avoir pass\u00e9 plusieurs mois loin de lui, Gabriel est gentil avec sa s\u0153ur et il pleure quand il se souvient de tout ce qu\u2019il a vu.<\/p>\n<p>Maintenant, \u00e0 Tapachula, ils sont cinq \u00e0 vivre ensemble dans une seule pi\u00e8ce avec deux matelas, un hamac et un petit poste de TV.<\/p>\n<p>La COMAR, la Commission mexicaine pour l\u2019aide aux r\u00e9fugi\u00e9s leur a r\u00e9cemment octroy\u00e9 un statut de protection \u2013 un dispositif similaire \u00e0 l\u2019asile. Suite \u00e0 un changement de la loi en 2011, la COMAR tient aujourd\u2019hui compte de la violence sexiste pour examiner les cas de r\u00e9fugi\u00e9s et des femmes telles que Brenda ont plus de chances d\u2019obtenir une protection au Mexique.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019ils attendent leur permis de s\u00e9jour, ils font tout ce qu\u2019il faut pour s\u2019en sortir au quotidien. Pendant un petit moment, Erica et Brenda ont travaill\u00e9 comme serveuses dans des bars, les seuls emplois qu\u2019elles trouvaient \u00e0 Tapachula. Mais elles y ont toutes les deux renonc\u00e9 car elles craignaient les avances des hommes saouls qui leur offraient de l\u2019argent pour du sexe.<\/p>\n<p>Pour le moment, elles payent le loyer et font leurs commissions avec l\u2019aide financi\u00e8re du HCR, l\u2019Agence des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s. On compte actuellement quelque 1600 r\u00e9fugi\u00e9s qui re\u00e7oivent cette aide au Mexique. Le HCR aide \u00e9galement Brenda \u00e0 obtenir plus de soins pour ses enfants. Aujourd\u2019hui, ils se rendent aupr\u00e8s d\u2019une organisation pour les femmes et les enfants g\u00e9r\u00e9e par le gouvernement.<\/p>\n<p>\u00abAutrefois, nous \u00e9tions principalement au service d\u2019enfants qui venaient du Guatemala pour travailler comme vendeurs\u00bb explique Ana Bertha Mendoza, la directrice du centre. \u00abMais ces derniers temps, la demande de la part de r\u00e9fugi\u00e9s a augment\u00e9, en particulier de la part de femmes seules avec des enfants. Nous nourrissons quelque 60 personnes par jour.\u00bb Les femmes et les enfants viennent ici pour manger, obtenir de l\u2019aide psychologique, assister \u00e0 des cours d\u2019alphab\u00e9tisation et prendre un bain.<\/p>\n<p>Brenda se rend dans le petit dispensaire avec Gabriel et Lucia. Uri, l\u2019infirmi\u00e8re p\u00e8se et prend les mesures sur les deux petits. Officiellement elle est la psychologue du centre, mais en fait, elle s\u2019occupe de tout \u00e0 cause du manque de ressources. Alors qu\u2019il a deux ans de plus qu\u2019elle, Gabriel fait la m\u00eame taille que sa s\u0153ur Lucia et il n\u2019a pas du tout la taille d\u2019un gar\u00e7on de son \u00e2ge. L\u2019infirmi\u00e8re leur rappelle qu\u2019ils peuvent venir manger dans le centre deux fois par jour.<\/p>\n<p>Et Uri de demander: \u201cEst ce que les enfants ont d\u2019autres v\u00eatements que ceux-ci?\u201d<\/p>\n<p>Brenda secoue la t\u00eate doucement, le regard vers le bas.<\/p>\n<blockquote><p>\u00a0\u00abPas de probl\u00e8me, nous avons tout \u00e7a.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Brenda et Lucia font le tri dans les v\u00eatements de fillettes. Finalement Brenda parvient \u00e0 sourire au moment o\u00f9 Lucia trouve quelque chose de rose qu\u2019elle aime et que son visage s\u2019\u00e9claire.<\/p>\n<blockquote><p>\u00a0\u00abLes enfants sont soulag\u00e9s d\u2019\u00eatre loin de leur p\u00e8re\u201d explique-t-elle. \u00abIls ne sont plus forc\u00e9s de voir tout \u00e7a. Ils ne doivent plus supporter de m\u2019entendre crier.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><em>* Tous les noms des r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s pour prot\u00e9ger les personnes.<\/em><\/p>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es, frapp\u00e9es et abus\u00e9es par leurs conjoints membres de gangs, des femmes du Honduras trouvent la s\u00e9curit\u00e9 au Mexique, o\u00f9 le changement de la loi reconnait que la violence sexiste suffit pour l\u2019octroi du statut de r\u00e9fugi\u00e9.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,633],"ve_numero":[],"pays":[834],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-36247","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-femmes","pays-honduras","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36247","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=36247"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36247\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=36247"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=36247"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=36247"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=36247"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=36247"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=36247"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=36247"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}