{"id":36736,"date":"2016-12-23T14:17:44","date_gmt":"2016-12-23T13:17:44","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=36736"},"modified":"2021-08-30T16:01:14","modified_gmt":"2021-08-30T14:01:14","slug":"editorial-considerer-enfants-notres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2016\/12\/23\/editorial-considerer-enfants-notres\/","title":{"rendered":"\u00c9ditorial | Consid\u00e9rer ces enfants comme les n\u00f4tres"},"content":{"rendered":"<p>Il y a un peu plus d\u2019un an, une photo a d\u00e9clench\u00e9 un haut-le-c\u0153ur chez un nombre incalculable de personnes. L\u2019image d\u2019un enfant comme endormi. Un enfant qui n\u2019avait rien demand\u00e9 \u00e0 personne. Transbahut\u00e9 et \u00e9chou\u00e9 sur les rives de la M\u00e9diterran\u00e9e. Victime des fronti\u00e8res et de l\u2019indiff\u00e9rence, d\u2019\u00eatre n\u00e9 l\u00e0-bas plut\u00f4t qu\u2019ici.<\/p>\n<p>En 2015, sur pr\u00e8s de 40&rsquo;000 demandes de protection d\u00e9pos\u00e9es en Suisse, 10&rsquo;000 \u00e9manaient de mineurs.&nbsp;Certains sont n\u00e9s ici ou sont venus rejoindre un proche, parfois apr\u00e8s une longue attente dans le pays d\u2019origine, ou dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s. D\u2019autres ont suivi leurs parents dans un long p\u00e9riple, fait de dangers et d\u2019incertitude. Et un quart de ces mineurs sont des enfants \u00ab s\u00e9par\u00e9s \u00bb, arriv\u00e9s en Suisse sans famille.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">\u00abJe ne sais pas comment je suis arriv\u00e9 en Suisse\u00bb (1.) <\/span><\/p>\n<p>Ils sont l\u00e0. Parfois pour quelques mois. Souvent pour la vie. Ils sont l\u00e0, et comme le petit Aylan, ils n\u2019ont pas eu leur mot \u00e0 dire sur les a aires du monde, sur leur situation familiale, sur le lieu dans lequel ils vont vivre, grandir, apprendre, aimer, travailler.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les signaux d\u2019alarme se multiplient. Des milieux m\u00e9dicaux et scolaires, en premi\u00e8re ligne pour recevoir les sympt\u00f4mes des d\u00e9faillances du syst\u00e8me de prise en charge des enfants r\u00e9fugi\u00e9s (2.). Les sept tentatives de suicide d\u2019adolescents, dans le canton de Vaud pourtant cit\u00e9 en exemple jusqu\u2019\u00e0 peu, t\u00e9moignent de l\u2019urgence de prendre des mesures.<\/p>\n<p>\u00abEntendons-nous ces cris?\u00bb, s\u2019insurge une journaliste de 24 heures dans un \u00e9ditorial appelant la soci\u00e9t\u00e9, le monde politique, \u00e0 \u00abconsid\u00e9rer ces jeunes comme les n\u00f4tres\u00bb et \u00e0 adapter les moyens \u00e0 leurs besoins d\u2019enfants. Une r\u00e9f\u00e9rence directe au taux d\u2019encadrement des mineurs non accompagn\u00e9s, ridiculement bas par rapport aux enfants suisses vuln\u00e9rables (3.).<\/p>\n<p>Qui, de l\u2019enfant ou de l\u2019Etat, est responsable de la situation administrative, sociale ou \u00e9conomique de ces jeunes?<\/p>\n<p>2017 marquera les 20 ans de la ratification par la Suisse de la Convention des droits de l\u2019enfant. Une Convention qui prescrit \u00e0 l\u2019Etat de consid\u00e9rer leur int\u00e9r\u00eat comme primordial, qu\u2019ils soient suisses ou \u00e9trangers, avec ou sans leurs parents, avec ou sans statut l\u00e9gal, r\u00e9fugi\u00e9-e-s ou d\u00e9bout\u00e9-e-s de l\u2019asile. Elle induit des devoirs envers ces jeunes. Des obligations que nous ne saurions nier \u00e0 nos propres enfants, sous peine de passer pour des maltraitants.<\/p>\n<p>S\u2019int\u00e9resser \u00e0 la fa\u00e7on dont on traite les enfants r\u00e9fugi\u00e9s, accompagn\u00e9s ou non, c\u2019est prendre conscience d\u2019une d\u00e9rive grave de notre soci\u00e9t\u00e9. L\u2019\u00e9tiquette du \u00abmigrant\u00bb ou du \u00abdemandeur d\u2019asile\u00bb a effac\u00e9 leurs visages, pour mieux faire accepter leur exclusion. R\u00e9humaniser ces enfants, adolescents, adultes en devenir est un premier pas vers le refus de cette exclusion. C\u2019est, plus largement, le refus d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 deux vitesses, terreau du populisme et de tous les radicalismes.<\/p>\n<p>Un engagement qui nous concerne toutes et tous. Aujourd\u2019hui, pour demain.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span class=\"accroche\">SOPHIE MALKA<\/span><\/p>\n<ol>\n<li>Arton, 12 ans, parti d\u2019Albanie et arriv\u00e9 en Suisse \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 6 ans, extrait de l\u2019excellent \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.ssiss.ch\/fr\/system\/files\/u151\/ssi_book_FR_view_02_1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Manuel de prise en charge des enfants s\u00e9par\u00e9s en Suisse<\/a>\u00a0\u00bb publi\u00e9 par le Service social international en 2016.<\/li>\n<li>Soci\u00e9t\u00e9 suisse de psychiatrie chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent, \u00ab<a href=\"http:\/\/asile.ch\/en\/2016\/11\/04\/mineurs-societe-suisse-de-psychiatrie-tire-sonnette-dalarme\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Soigner les traumatismes psychiques, surtout chez les r\u00e9fugi\u00e9s mineurs<\/a>\u00bb, 2 novembre 2016.<\/li>\n<li>St\u00e9phanie Arboit, \u00abEtre bon \u00e9l\u00e8ve ne suffit pas\u00bb, <em>24 hours<\/em>, 11 novembre 2016.<\/li>\n<\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a un peu plus d\u2019un an, une photo a d\u00e9clench\u00e9 un haut-le-c\u0153ur chez un nombre incalculable de personnes. 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