{"id":39745,"date":"2017-05-15T09:45:13","date_gmt":"2017-05-15T07:45:13","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=39745"},"modified":"2021-01-08T09:35:50","modified_gmt":"2021-01-08T08:35:50","slug":"editorial-force-vulnerabilite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2017\/05\/15\/editorial-force-vulnerabilite\/","title":{"rendered":"\u00c9ditorial | Force et vuln\u00e9rabilit\u00e9"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_39746\" aria-describedby=\"caption-attachment-39746\" style=\"width: 211px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-39746\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Une162-211x300.jpg\" alt=\"\" width=\"211\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Une162-211x300.jpg 211w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Une162-105x150.jpg 105w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Une162.jpg 473w\" sizes=\"auto, (max-width: 211px) 100vw, 211px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-39746\" class=\"wp-caption-text\">Couverture <abbr class='c2c-text-hover' title='Revue Vivre Ensemble'>VE<\/abbr> 162<\/figcaption><\/figure>\n<p><span class=\"accroche\">\u00ab Les autorit\u00e9s suisses doivent reconna\u00eetre les violences commises envers les femmes durant leur parcours migratoire comme raison d&rsquo;entr\u00e9e en mati\u00e8re imm\u00e9diate sur leur demande d&rsquo;asile. \u00bb<\/span><\/p>\n<p>Plusieurs organisations f\u00e9ministes et de d\u00e9fense des droits des migrant-e-s ont lanc\u00e9 un appel commun, l\u2019<em>appel d\u2019elles<\/em>, pour la suspension des renvois Dublin des femmes et des enfants vers les pays qui ne peuvent assurer leur prise en charge dans des conditions dignes (p.10). Et de citer l\u2019Italie, premi\u00e8re destination des renvois Dublin effectu\u00e9s par la Suisse. Les t\u00e9moignages recueillis corroborent ce qu\u2019\u00e9crivait d\u00e9j\u00e0 en 2013 Karine Povlakic, juriste au Service d\u2019aide juridique aux exil\u00e9s (SAJE): \u00ab Nous avons pu constater dans nos permanences que la quasi-totalit\u00e9 des femmes seules qui viennent demander l\u2019asile en Suisse ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es en Italie, en plus des viols subis dans leur pays d\u2019origine ou pendant leur fuite.\u00bb[1]<\/p>\n<p>Ce qui se produit dans une Italie satur\u00e9e laisse entrevoir ce qui se d\u00e9roule sur les diff\u00e9rentes routes de l\u2019exil pour les personnes vuln\u00e9rables : harc\u00e8lement, viols, prostitution forc\u00e9e, voire forts risques de traite d\u2019\u00eatres humains comme le relevait dans un rapport alarmant le GRETA, l\u2019institution du Conseil de l\u2019Europe de lutte contre la traite (p.12). Des violences auxquelles assistent impuissantes les organisations humanitaires \u00e0 Calais , en Mac\u00e9doine, en Libye, dans tous ces lieux sans cadre et sans protection \u00e9tatique.[2]<\/p>\n<p>Ces risques expliquent sans doute pourquoi, alors que les femmes repr\u00e9sentent la moiti\u00e9 des personnes d\u00e9plac\u00e9es dans le monde selon le <abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>, elles sont sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les demandes d\u2019asile (30%). Et pr\u00e9f\u00e8rent souvent rejoindre, quand elles en ont la possibilit\u00e9, un mari, un membre de la famille, parti seul sur les routes dangereuses de l\u2019exil.<\/p>\n<p>Mais elles n\u2019ont souvent pas le choix. En plus des guerres, conflits ou pers\u00e9cutions, les femmes fuient parfois une oppression s\u2019exer\u00e7ant sur elles du seul fait qu\u2019elles sont femmes: mariage forc\u00e9, mutilation g\u00e9nitale, crimes d\u2019honneur, violences domestiques, etc.<\/p>\n<p>Une oppression contre laquelle elles se sont oppos\u00e9es, publiquement ou par la fuite, sachant que ni l\u2019Etat, ni leur communaut\u00e9, ni leur famille ne les prot\u00e9geraient (p. 6).<\/p>\n<p>Si leur exil est souvent la seule issue possible, il est surtout un acte de courage. Se soustraire \u00e0 ce que, en conscience, elles estiment comme une violation de leur corps, de leurs droits, dans un syst\u00e8me o\u00f9 cette simple expression n\u2019est pas tol\u00e9r\u00e9e, constitue en soi un acte politique, un acte de libert\u00e9. Au m\u00eame titre que celui de s\u2019exprimer dans un r\u00e9gime totalitaire.<\/p>\n<p>Les femmes ne peuvent \u00eatre r\u00e9duites \u00e0 leur seule vuln\u00e9rabilit\u00e9. Celle-ci n\u2019a d\u2019\u00e9gale que leur force, leur refus de se soumettre. Une dualit\u00e9 dont t\u00e9moigne cette \u00e9dition sur la th\u00e9matique genre \u2013 les m\u00e9canismes touchant les personnes LGBTI sont similaires.<\/p>\n<p>Si l\u2019<em>appel d\u2019elles<\/em> pointe du doigt les risques d\u2019une vie \u00e0 la rue, sans protection, pour les femmes et les enfants, il a surtout le m\u00e9rite de mettre en lumi\u00e8re des pratiques inadmissibles, inhumaines \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tout \u00eatre humain. Pratiques qu\u2019induisent les politiques migratoires suisse et europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Car ce qui est intol\u00e9rable pour les personnes vuln\u00e9rables n\u2019est pas plus acceptable pour les hommes.<\/p>\n<p>SOPHIE MALKA<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Les autorit\u00e9s suisses doivent reconna\u00eetre les violences commises envers les femmes durant leur parcours migratoire comme raison d&rsquo;entr\u00e9e en mati\u00e8re imm\u00e9diate sur leur demande d&rsquo;asile. \u00bb<\/p>","protected":false},"author":5,"featured_media":39746,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[81,83],"tags":[633,447,600],"ve_numero":[871],"pays":[],"ve_type":[1055],"ve_action":[],"class_list":["post-39745","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","category-editorial","tag-femmes","tag-politique-migratoire","tag-traite","ve_numero-ve-162-avril-2017","ve_type-editorial"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39745","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39745"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39745\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/39746"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39745"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39745"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39745"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=39745"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=39745"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=39745"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=39745"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}