{"id":40225,"date":"2017-06-12T11:19:20","date_gmt":"2017-06-12T09:19:20","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=40225"},"modified":"2021-08-26T13:49:44","modified_gmt":"2021-08-26T11:49:44","slug":"hcr-famille-deplacee-a-trois-reprises-sadapte-a-nouvelle-vie-portugal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2017\/06\/12\/hcr-famille-deplacee-a-trois-reprises-sadapte-a-nouvelle-vie-portugal\/","title":{"rendered":"HCR |\u00a0Une famille d\u00e9plac\u00e9e \u00e0 trois reprises s\u2019adapte \u00e0 sa nouvelle vie au Portugal"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Duret et sa famille ont enfin trouv\u00e9 la paix au Portugal, loin de la violence et de la pers\u00e9cution qui ont hant\u00e9 leur ancienne vie.<\/span><\/p>\n<p><em>Article de Zahra Mackaoui et Bruno Gal\u00e1n Ruiz, publi\u00e9 sur le site du <abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr>, le 10 mai 2017. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.unhcr.org\/fr\/news\/stories\/2017\/5\/5915ca391\/famille-deplacee-trois-reprises-sadapte-nouvelle-vie-portugal.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">here<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du HCR.<\/em><\/p>\n<p><span id=\"result_box\" class=\"\" lang=\"fr\"><span title=\"Therefore, asylum seekers will have the right to stay in the country pending their appeal proceedings.\"><div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/span><\/span><\/p>\n<p><strong>Dans une manufacture de c\u00e9ramique de la petite ville de Batalha, Duret d\u00e9pose des assiettes et des bols sur un convoyeur, qui les transportera jusqu\u2019au four. En poste depuis\u00a010\u00a0mois, il commence \u00e0 s\u2019habituer au rythme de la vie active au Portugal, son pays d\u2019adoption.<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLorsque nous sommes arriv\u00e9s ici, nous ne savions m\u00eame pas dire \u201cbonjour\u201d, nous ne savions rien\u00bb, dit\u00a0Duret, \u00e9levant la voix pour se faire entendre dans le bourdonnement des machines. \u00abMais une fois que nous avons appris \u00e0 parler un peu portugais, nous avons constat\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait aucune diff\u00e9rence entre nos coll\u00e8gues et nous. Nous travaillons tous ensemble.\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s sur la cha\u00eene de production se trouvent ses beau-fr\u00e8res, Djamal et Hani. Les trois hommes font partie d\u2019une famille \u00e9largie de r\u00e9fugi\u00e9s palestiniens et irakiens qui ont \u00e9t\u00e9 relocalis\u00e9s au Portugal il y a un an, dans le cadre du programme de relocalisation de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>\u00abNous estimons que nous avons une responsabilit\u00e9 sociale\u00bb, dit\u00a0Roberto\u00a0Madeira, directeur des ressources humaines. \u00abEt nous avons besoin de personnes comp\u00e9tentes pour travailler. Nous sommes le plus gros employeur dans la r\u00e9gion et nous devons atteindre notre quota de travailleurs.\u00bb<\/p>\n<p>Depuis\u00a02015, le Portugal a jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans le programme, relocalisant plus de\u00a01200 r\u00e9fugi\u00e9s dans des villes et villages \u00e0 la grandeur du pays. Le premier ministre\u00a0Ant\u00f3nio Costa a revu \u00e0 la hausse l\u2019engagement du Portugal, annon\u00e7ant que le pays n\u2019accueillerait plus\u00a04000, mais\u00a010&rsquo;000 r\u00e9fugi\u00e9s, dans ce que beaucoup voient comme un moyen de stimuler l\u2019\u00e9conomie du pays.<\/p>\n<p>Le Portugal a \u00e9t\u00e9 durement touch\u00e9 par la crise \u00e9conomique mondiale, et de nombreux jeunes Portugais ont \u00e9t\u00e9 contraints de partir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour trouver un travail. De nombreux r\u00e9fugi\u00e9s n\u2019envisageaient pas de s\u2019\u00e9tablir dans le pays.<\/p>\n<p>Cintia\u00a0Silva, qui est conseill\u00e8re municipale \u00e0 Batalha, estime que le pays a beaucoup \u00e0 offrir aux nouveaux arrivants. \u00abLe succ\u00e8s de notre processus vient du fait que le secteur priv\u00e9 y participe aussi, et m\u00eame le secteur social; tout le monde collabore, dit\u2011elle. Il est plus facile de travailler avec de petites collectivit\u00e9s, surtout si tout le monde partage un objectif commun: l\u2019int\u00e9gration. Les r\u00e9fugi\u00e9s se sentent d\u00e9sir\u00e9s et utiles ici.\u00bb<\/p>\n<p>De toute \u00e9vidence, la vie dans une petite ville a ses avantages pour la famille de Duret, qui regroupe quatre g\u00e9n\u00e9rations. Ses membres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9racin\u00e9s \u00e0 trois reprises au cours de leur vie. Tout a commenc\u00e9 lors des \u00e9v\u00e9nements violents de\u00a01948, lorsque la grand\u2011m\u00e8re, Taqia, aujourd\u2019hui \u00e2g\u00e9e de\u00a077\u00a0ans, a d\u00fb quitter la ville d\u2019Ha\u00effa, o\u00f9 elle est n\u00e9e, pour trouver refuge en Irak. Elle a v\u00e9cu \u00e0 Bagdad pendant plus de\u00a050\u00a0ans, soit jusqu\u2019\u00e0 la chute de Saddam\u00a0Hussein, en\u00a02002.<\/p>\n<p>Voyant la violence et l\u2019instabilit\u00e9 d\u00e9chirer son quartier, la famille a compris qu\u2019elle ne pouvait pas rester. L\u2019enl\u00e8vement contre ran\u00e7on du petit\u2011fils de Taqia a \u00e9t\u00e9 la goutte d\u2019eau qui a fait d\u00e9border le vase. D\u00e8s que l\u2019enfant a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, certains membres de la famille ont fui en direction de la Syrie, tandis que les autres sont partis pour la Libye. Ni l\u2019un ni l\u2019autre de ces pays n\u2019allait leur offrir une stabilit\u00e9 durable.<\/p>\n<p>En\u00a02012, apr\u00e8s que leur domicile a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 par des missiles, les membres de la famille qui se trouvaient en Syrie sont partis rejoindre leurs parents en Libye. Lorsque les extr\u00e9mistes islamiques sont arriv\u00e9s dans la ville libyenne de Syrte, la famille a d\u00fb fuir de nouveau. \u00abC\u2019\u00e9tait affreux, se souvient Duret. Il n\u2019y avait aucune s\u00e9curit\u00e9. Il y avait des ex\u00e9cutions dans la rue, que l\u2019on nous for\u00e7ait \u00e0 regarder, et je ne voulais pas que mes enfants voient cela. Ma femme devait porter le niqab; elle avait peur de quitter la maison, et nous avons \u00e9t\u00e9 cambriol\u00e9s plusieurs fois.\u00bb<\/p>\n<p>En septembre\u00a02015, les huit membres de la famille sont mont\u00e9s \u00e0 bord d\u2019une petite embarcation avec plus de\u00a0500 autres passagers venus d\u2019Afrique et de Syrie. Les passeurs les ont autoris\u00e9s \u00e0 prendre avec eux seulement un petit sac de nourriture et de l\u2019eau. Ils ont pass\u00e9 une journ\u00e9e en mer, terrifi\u00e9s, avant qu\u2019un bateau de sauvetage italien les rep\u00e8re.<\/p>\n<p>Sawan, la fille de Taqia, se souvient encore du soulagement qu\u2019elle a ressenti. \u00abQuand ils sont venus nous sauver et qu\u2019ils nous ont mis sur le grand bateau, je me suis sentie revivre. Je savais que nous \u00e9tions sains et saufs. Nous avions tourn\u00e9 la page.\u00bb<\/p>\n<p>Au cours de l\u2019ann\u00e9e suivante, la famille a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e d\u2019un centre d\u2019accueil \u00e0 l\u2019autre sur l\u2019\u00eele de Lampedusa. Elle s\u2019est ensuite retrouv\u00e9e \u00e0 Rome. Au d\u00e9but, elle avait l\u2019espoir de pouvoir rejoindre des proches en Su\u00e8de, mais elle a finalement d\u00e9cid\u00e9 de participer au programme de relocalisation.<\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s avoir pris un nouveau d\u00e9part dans la petite ville de Batalha, la famille a trouv\u00e9 sa place dans la collectivit\u00e9. Les gar\u00e7ons vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole locale et parlent portugais couramment. Taqia participe \u00e0 des s\u00e9ances d\u2019exercice \u00e0 la mairie, tandis que Sawan et Tahani, sa fille, fr\u00e9quentent assid\u00fbment le march\u00e9. Toutes les semaines, un enseignant de la ville se rend \u00e0 la maison pour donner des cours de langue aux adultes. \u00abTout le monde les connait, dit Cintia\u00a0Silva, la conseill\u00e8re municipale. Ce sont nos amis, nous allons chez eux, ils nous invitent toujours \u00e0 boire le th\u00e9, \u00e0 d\u00eener avec eux, \u00e0 go\u00fbter diff\u00e9rents aliments. Et nous apprenons des choses tous les jours, nous aussi. C\u2019est agr\u00e9able d\u2019avoir des cultures diff\u00e9rentes, l\u2019exp\u00e9rience est enrichissante pour tout le monde.\u00bb<\/p>\n<p>Il y a deux mois, la famille a accueilli son tout dernier membre, Adam, qui est n\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Batalha. Regardant son fils, Duret explique ce que la relocalisation, cette nouvelle chance, signifie pour les quatre g\u00e9n\u00e9rations de sa famille. \u00abEn tant que Palestiniens oblig\u00e9s de fuir en\u00a01948, nous avons \u00e9t\u00e9 r\u00e9fugi\u00e9s pendant plus de\u00a070\u00a0ans. La chose la plus importante pour nous est la stabilit\u00e9, car elle nous a toujours fait d\u00e9faut en Irak, en Syrie ou en Libye.\u00bb<\/p>\n<p><span id=\"result_box\" class=\"\" lang=\"fr\"><span title=\"Therefore, asylum seekers will have the right to stay in the country pending their appeal proceedings.\"><\/div><\/div><\/span><\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Duret et sa famille ont enfin trouv\u00e9 la paix au Portugal, loin de la violence et de la pers\u00e9cution qui ont hant\u00e9 leur ancienne vie.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,206,741],"ve_numero":[],"pays":[366,612,706,340],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-40225","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-integration","tag-relocalisation","pays-libye","pays-palestine","pays-portugal","pays-syrie","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40225","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=40225"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40225\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=40225"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=40225"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=40225"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=40225"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=40225"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=40225"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=40225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}