{"id":42307,"date":"2017-08-01T18:31:40","date_gmt":"2017-08-01T16:31:40","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=42307"},"modified":"2021-08-26T13:49:31","modified_gmt":"2021-08-26T11:49:31","slug":"amnesty-grenier-a-ble-pays-transforme-champ-de-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2017\/08\/01\/amnesty-grenier-a-ble-pays-transforme-champ-de-mort\/","title":{"rendered":"Amnesty |\u00a0Le grenier \u00e0 bl\u00e9 du pays transform\u00e9 en champ de la mort"},"content":{"rendered":"<p class=\"documentDescription description\"><span class=\"accroche\">La nouvelle ligne de front dans le conflit au Soudan du Sud a contraint des centaines de milliers de personnes \u00e0 fuir la fertile r\u00e9gion d\u2019\u00c9quatoria au cours de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, et g\u00e9n\u00e8re des atrocit\u00e9s, la famine et la peur.<\/span><\/p>\n<p><em>Communiqu\u00e9 de presse de Amnesty International, du 4 juillet 2017. Cliquez <a href=\"https:\/\/www.amnesty.ch\/fr\/pays\/afrique\/sud-soudan\/docs\/2017\/le-grenier-a-ble-du-pays-transforme-en-champ-de-la-mort\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour lire le communiqu\u00e9 de presse sur le site d&rsquo;Amnesty.<\/em><br \/>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.amnesty.ch\/fr\/pays\/afrique\/sud-soudan\/docs\/2017\/le-grenier-a-ble-du-pays-transforme-en-champ-de-la-mort\/170704_sudsoudan_rapport_anglais-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-42308 size-medium\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/AmnestyInternational_SoudanDuSud-211x300.png\" alt=\"\" width=\"211\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/AmnestyInternational_SoudanDuSud-211x300.png 211w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/AmnestyInternational_SoudanDuSud-105x150.png 105w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/AmnestyInternational_SoudanDuSud.png 786w\" sizes=\"auto, (max-width: 211px) 100vw, 211px\" \/><\/a>Les chercheurs de l\u2019organisation se sont rendus dans la r\u00e9gion en juin, et<a href=\"https:\/\/www.amnesty.ch\/fr\/pays\/afrique\/sud-soudan\/docs\/2017\/le-grenier-a-ble-du-pays-transforme-en-champ-de-la-mort\/170704_sudsoudan_rapport_anglais-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" data-val=\"92d016598fd94d12b22b603eca55cac1\" data-linktype=\"upload\"> ont recens\u00e9 des crimes de droit international et d\u2019autres violations graves des droits humains<\/a> \u2013 y compris des crimes de guerre \u2013 commis dans cette r\u00e9gion du sud du pays principalement par les forces du gouvernement, mais aussi de l\u2019opposition, contre la population civile.<\/p>\n<p>Les atrocit\u00e9s se sont traduites par le d\u00e9placement massif de pr\u00e8s d\u2019un million de personnes, notamment des r\u00e9fugi\u00e9s qui ont fui vers l\u2019Ouganda voisin. \u00abL\u2019intensification des combats en \u00c9quatoria est synonyme de violences accrues contre la population civile. Des hommes, des femmes et des enfants sont abattus, tu\u00e9s \u00e0 coups de machettes et br\u00fbl\u00e9s vifs chez eux. Des femmes et des jeunes filles sont victimes de viols collectifs et enlev\u00e9es\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Donatella Rovera, conseill\u00e8re sp\u00e9ciale sur les crises au sein d&rsquo;Amnesty International, qui vient juste de rentrer de la r\u00e9gion.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abDes maisons, des \u00e9coles, des centres m\u00e9dicaux et des locaux d&rsquo;organisations humanitaires sont pill\u00e9s, saccag\u00e9s et enti\u00e8rement br\u00fbl\u00e9s. La nourriture est devenue une arme de guerre. Ces atrocit\u00e9s se poursuivent; des centaines de milliers de personnes qui, il y a encore un an, \u00e9taient relativement \u00e9pargn\u00e9es par le conflit, sont aujourd&rsquo;hui contraintes de partir.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>La r\u00e9gion d&rsquo;\u00c9quatoria, au Soudan du Sud, avait globalement \u00e9chapp\u00e9 aux violences politiques et intercommunautaires qui ravagent le pays depuis 2013, lorsque des combats ont \u00e9clat\u00e9 entre les membres de l&rsquo;Arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration du Soudan (APLS), fid\u00e8les au pr\u00e9sident Salva Kiir, et les forces fid\u00e8les au vice-pr\u00e9sident de l&rsquo;\u00e9poque, Riek Machar.<\/p>\n<p>Tout cela a chang\u00e9 mi-2016 lorsque, pour diff\u00e9rentes raisons, les forces du gouvernement et de l&rsquo;opposition ont d\u00e9ferl\u00e9 sur Yei, une ville strat\u00e9gique d&rsquo;environ 300&rsquo;000 habitants situ\u00e9e \u00e0 150 kilom\u00e8tres au sud-ouest de la capitale Djouba, sur une grande route du commerce vers l&rsquo;Ouganda et la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).<\/p>\n<p>Les forces du gouvernement, soutenues par des milices alli\u00e9es, dont les milices Mathian Anyoor, qui restent notoirement impunies et sont compos\u00e9es principalement de jeunes combattants Dinkas, ont commis toute une s\u00e9rie de violations en toute impunit\u00e9. Les groupes arm\u00e9s d\u2019opposition ont aussi perp\u00e9tr\u00e9 de graves exactions, mais de moindre ampleur.<\/p>\n<p><strong>Massacres et homicides d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Selon de nombreux t\u00e9moins dans les villages autour de Yei, les forces du gouvernement et les milices alli\u00e9es ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment tu\u00e9 des civils sans retenue. Ceux qui ont r\u00e9chapp\u00e9 aux massacres ont d\u00e9crit des modes op\u00e9ratoires similaires.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;une attaque dans la soir\u00e9e du 16 mai 2017, les soldats gouvernementaux ont arr\u00eat\u00e9 de mani\u00e8re arbitraire 11 hommes dans le village de Kudupi, dans le comt\u00e9 de Kajo Keji, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re ougandaise. Ils ont contraint huit d&rsquo;entre eux \u00e0 entrer dans une hutte, ont ferm\u00e9 la porte, y ont mis le feu et ont tir\u00e9 plusieurs coups de feu dans la hutte en flammes. Six villageois sont morts, deux br\u00fbl\u00e9s vifs et quatre tu\u00e9s par balles alors qu&rsquo;ils tentaient de fuir, ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Amnesty International quatre survivants.<\/p>\n<p>Joyce, m\u00e8re de six enfants, originaire du village de Payawa, au sud de Yei, a racont\u00e9 que son \u00e9poux et cinq hommes du secteur ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s lors d&rsquo;une attaque analogue le 18 mai 2017. Elle a d\u00e9clar\u00e9 que les soldats avaient r\u00e9guli\u00e8rement agress\u00e9 les villageois avant le massacre: \u00abC&rsquo;\u00e9tait la cinqui\u00e8me fois que le village \u00e9tait attaqu\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e. Lors des quatre premi\u00e8res attaques, ils avaient pill\u00e9 des biens, sans faire de victimes. Ils venaient, arr\u00eataient des villageois, les torturaient et les d\u00e9pouillaient. Ils emmenaient des personnes dans des coins secrets pour les torturer. Ils prenaient des jeunes filles et les violaient, avant de les rel\u00e2cher.<\/p>\n<p>Il semble que, bien souvent, les forces gouvernementales lancent des attaques contre les villages \u00e0 titre de repr\u00e9sailles pour les activit\u00e9s des forces de l&rsquo;opposition dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Par ailleurs, des combattants de l&rsquo;opposition arm\u00e9e ont tu\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment des civils consid\u00e9r\u00e9s comme des partisans du gouvernement, souvent au simple motif que ce sont des Dinkas ou des r\u00e9fugi\u00e9s de la r\u00e9gion des monts Nouba, au Soudan, accus\u00e9s d&rsquo;\u00eatre des sympathisants du gouvernement.<\/p>\n<p><strong>Viols et violences sexuels<\/strong><\/p>\n<p>Amnesty International a constat\u00e9 que l&rsquo;intensification des combats en 2016 dans la r\u00e9gion d&rsquo;\u00c9quatoria s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019une multiplication des enl\u00e8vements et des viols de femmes et de jeunes filles.<\/p>\n<p>\u00abLe seul moyen pour les femmes et les filles d&rsquo;\u00eatre en s\u00e9curit\u00e9, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre mortes \u2013 tant que nous sommes en vie, pas moyen d&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;abri; c\u2019est la terrible situation que nous vivons\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Mary, 23 ans, m\u00e8re de cinq enfants. En avril 2017, trois soldats ont fait irruption chez elle au milieu de la nuit et deux d&rsquo;entre eux l&rsquo;ont viol\u00e9e. Elle s&rsquo;est ensuite enfuie avec ses enfants vers une autre maison abandonn\u00e9e. Une nuit, un assaillant non identifi\u00e9 a mis le feu \u00e0 cette maison alors que la famille dormait, les contraignant \u00e0 fuir de nouveau.<\/p>\n<p>Les femmes sont particuli\u00e8rement expos\u00e9es aux agressions sexuelles lorsqu&rsquo;elles s&rsquo;aventurent hors de la ville en qu\u00eate de nourriture dans les campagnes alentour \u2013 elles n\u2019ont pas d\u2019autre choix en raison des r\u00e9serves de nourriture qui s&rsquo;amenuisent et des pillages incessants.<\/p>\n<p><strong>La nourriture comme arme de guerre<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;acc\u00e8s des civils aux denr\u00e9es alimentaires est fortement restreint. Les forces du gouvernement et de l&rsquo;opposition bloquent l&rsquo;approvisionnement en denr\u00e9es alimentaires vers certains secteurs, pillent syst\u00e9matiquement les march\u00e9s et les maisons, et prennent pour cibles les civils qui transportent des quantit\u00e9s de nourriture m\u00eame infimes de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du front. Chaque camp accuse les civils de nourrir ou d&rsquo;\u00eatre nourris par l&rsquo;ennemi.<\/p>\n<p>Dans la ville de Yei, vid\u00e9e de la majorit\u00e9 de ses habitants l&rsquo;an dernier, les civils qui restent sont quasiment en \u00e9tat de si\u00e8ge. Ils sont confront\u00e9s \u00e0 une grave p\u00e9nurie alimentaire, car ils ne peuvent plus s&rsquo;approvisionner dans les zones rurales alentour.<\/p>\n<p>Le 22 juin, l&rsquo;ONU a mis en garde contre <a href=\"http:\/\/reliefweb.int\/report\/south-sudan\/south-sudan-humanitarian-response-eases-famine-food-insecurity-reaches\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" data-linktype=\"external\" data-val=\"http:\/\/reliefweb.int\/report\/south-sudan\/south-sudan-humanitarian-response-eases-famine-food-insecurity-reaches\">l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire qui atteint des niveaux sans pr\u00e9c\u00e9dent dans certaines zones du Soudan du Sud<\/a>.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abCette guerre a cela de tragique que le grenier \u00e0 bl\u00e9 du Soudan du Sud \u2013 une r\u00e9gion qui il y a encore un an pouvait nourrir des millions de personnes \u2013 est devenu un champ de bataille que pr\u00e8s d&rsquo;un million de personnes ont fui pour se mettre en s\u00e9curit\u00e9\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Joanne Mariner, conseill\u00e8re sp\u00e9ciale sur les crises \u00e0 Amnesty International.<\/p>\n<p>\u00abToutes les parties au conflit doivent contr\u00f4ler leurs troupes et cesser de s&rsquo;en prendre aux civils, prot\u00e9g\u00e9s par les lois de la guerre. Dans tous les camps, ceux qui se livrent \u00e0 des atrocit\u00e9s doivent compara\u00eetre en justice. Quant aux soldats de la paix de l&rsquo;ONU, ils doivent s\u2019acquitter de leur mandat qui consiste \u00e0 prot\u00e9ger les civils contre ces attaques.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><\/div><\/div><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La nouvelle ligne de front dans le conflit au Soudan du Sud a contraint des centaines de milliers de personnes \u00e0 fuir la fertile r\u00e9gion d\u2019\u00c9quatoria au cours de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, et g\u00e9n\u00e8re des atrocit\u00e9s, la famine et la peur.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,881],"ve_numero":[],"pays":[563],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-42307","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-viol","pays-soudan-du-sud","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42307","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=42307"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42307\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=42307"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=42307"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=42307"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=42307"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=42307"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=42307"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=42307"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}