{"id":56004,"date":"2019-12-04T11:30:33","date_gmt":"2019-12-04T10:30:33","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=56004"},"modified":"2021-08-29T22:32:20","modified_gmt":"2021-08-29T20:32:20","slug":"recit-a-bruxelles-a-la-rencontre-de-jeunes-erythreens-ayant-fui-une-suisse-inhospitaliere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2019\/12\/04\/recit-a-bruxelles-a-la-rencontre-de-jeunes-erythreens-ayant-fui-une-suisse-inhospitaliere\/","title":{"rendered":"R\u00e9cit | \u00c0 Bruxelles, \u00e0 la rencontre de jeunes Erythr\u00e9ens ayant fui une Suisse inhospitali\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Marie-Laure Bonard s\u2019est engag\u00e9e, il y a trois ans, au sein de 3Ch\u00eaneAccueil, un collectif citoyen qui s\u2019est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve pour apporter un peu d\u2019humanit\u00e9 aux demandeurs d\u2019asile \u00ab enterr\u00e9s \u00bb dans un abri de protection civile, et du SORA, soutien oecum\u00e9nique aux requ\u00e9rants d\u2019asile. De l\u00e0 est n\u00e9e une relation privil\u00e9gi\u00e9e avec un jeune \u00c9rythr\u00e9en, arriv\u00e9 en Suisse seul, encore mineur, qu\u2019elle a pris sous son aile. Ce faisant, elle a alors d\u00e9couvert la r\u00e9alit\u00e9 administrative brutale de l\u2019asile, \u00e0 laquelle elle r\u00e9siste par son humanit\u00e9. Elle raconte ses retrouvailles \u00e0 Bruxelles avec Efrem, un ami de son prot\u00e9g\u00e9. Il y erre, comme des dizaines d\u2019autres \u00c9rythr\u00e9ens, rejet\u00e9s par la Suisse. (r\u00e9d.)<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-56005 aligncenter\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/awet_recit.jpg\" alt=\"\" width=\"766\" height=\"431\" \/><\/p>\n<p>\u00ab Tu manques \u00bb, m\u2019\u00e9crit Efrem depuis la Belgique, o\u00f9 il est parti avec son ami Dawit suite au rejet de leurs demandes d\u2019asile par la Suisse. Je saisis l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019accompagner Veronica Almedom, codirectrice de l\u2019Information Forum for Eritrea (IFE), qui a pr\u00e9vu de se rendre \u00e0 Bruxelles dans le cadre d\u2019un reportage de la RTS al\u00e9manique\u00b9.Nous voulons voir, de nos propres yeux, la situation des \u00c9rythr\u00e9ens d\u00e9bout\u00e9s qui ont fil\u00e9 l\u00e0-bas, dans l\u2019espoir de gagner l\u2019Angleterre. Efrem et Dawit, rencontr\u00e9s au hasard du b\u00e9n\u00e9volat \u00e0 Gen\u00e8ve, me manquent.<\/p>\n<h3>Bruxelles, gare du Nord, lundi 17 juin 2019, le matin<\/h3>\n<p>Veronica arrive. Nous avons \u00e0 peine le temps de nous dire bonjour que deux jeunes \u00c9rythr\u00e9ens nous abordent. Ils sentent la rue, ils \u00e9taient en Suisse, avant. Ils y \u00e9taient arriv\u00e9s mineurs, seuls, \u00e0 ce titre reconnus comme requ\u00e9rants d\u2019asile mineurs non accompagn\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Les requ\u00e9rant\u00b7es d\u2019asile mineur\u00b7es non accompagn\u00e9\u00b7es sont consid\u00e9r\u00e9\u00b7es comme non accompagn\u00e9\u00b7es lorsqu\u2019ils ou elles sont s\u00e9par\u00e9\u00b7es de leurs deux parents et ne se trouvent pas sous la garde l\u00e9gale d\u2019un autre adulte.'>RMNA<\/abbr>). Avant d\u2019\u00eatre d\u00e9bout\u00e9s, comme tant d\u2019autres. Nous comprenons que nous ne pourrons pas recueillir la parole de tous ceux que nous croiserons durant cette journ\u00e9e. Qu\u2019ils seront trop nombreux.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, les deux journalistes de la RTS qui suivent Veronica sont l\u00e0. Nous faisons connaissance, elles souhaitent filmer les lieux o\u00f9 se retrouvent les migrants et leur parler. Toutes les trois s\u2019\u00e9clipsent rapidement pour une interview. Nous convenons de nous retrouver plus tard au m\u00eame endroit.<\/p>\n<p>Efrem et Dawit devraient \u00eatre dans la gare. Ils m\u2019ont envoy\u00e9 un message plus t\u00f4t, depuis le train qu\u2019ils ont pris depuis le sud de la Belgique. C\u2019est de l\u00e0-bas, \u00e0 deux heures de transport de la capitale, qu\u2019ils essaient de gagner l\u2019Angleterre. Ils campent \u00e0 proximit\u00e9 des aires d\u2019autoroute, tentant nuit apr\u00e8s nuit, depuis trois mois, de monter dans un camion qui les m\u00e8nera vers le pays de leurs r\u00eaves. Ils disent que certains ont r\u00e9ussi, que de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Manche on peut trouver du travail, obtenir un permis. C\u2019est toujours arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019ami du cousin du cousin de l\u2019ami.<\/p>\n<p>Leurs espoirs sont de l\u2019ordre du mythe et de la croyance, mais je ne les ai pas dissuad\u00e9s de quitter mon pays qui les a si brutalement rejet\u00e9s. Ils savent la route et ses \u00e9cueils, m\u00eame s\u2019ils ne comprennent pas tr\u00e8s bien pourquoi il leur faut la poursuivre encore et encore, eux qui imaginaient \u00eatre arriv\u00e9s.Et puis,parfois,ils reculent d\u2019une case, enfin, d\u2019un pays, comme Efrem, renvoy\u00e9 d\u2019Allemagne en Suisse selon les accords de Dublin, un an plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais bien inqui\u00e8te la veille de leur d\u00e9part pour la Belgique, quand ils sont venus me dire au revoir. Ce matin-l\u00e0 aussi, \u00e0 Bruxelles. Impossible de les joindre. Pas de connexion. Pendant trois quarts d\u2019heure, je tourne dans la gare. Le tunnel sinistre \u00e9tait encore trois semaines auparavant le dortoir venteux de plus de 200 personnes en errance. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9. Sur la grande coursive, personne ne s\u2019arr\u00eate, les mis\u00e8res se fr\u00f4lent. Exil\u00e9s d\u2019Afrique et d\u2019Afghanistan, vieux clochards, toxicos sans \u00e2ge.<\/p>\n<p>En d\u00e9ambulant dans ce lieu clos et ses abords imm\u00e9diats, je suis frapp\u00e9e du nombre de fois o\u00f9 je croise les m\u00eames personnes. Il en ira ainsi toute la journ\u00e9e. Une seule pour moi, mais combien pour celles et ceux qui ne peuvent se poser nulle part ? Soudain, je les vois, assis sur un long banc inconfortable. Efrem et Dawit, pench\u00e9s sur leurs t\u00e9l\u00e9phones cass\u00e9s. Je me dis: \u00ab Ils sont comme nimb\u00e9s d\u2019un halo gris \u00bb. Ils se l\u00e8vent comme un seul homme et m\u2019\u00e9treignent. Je les sais g\u00ean\u00e9s de ne pas \u00eatre aussi propres qu\u2019avant, alors je les serre encore plus fort.<\/p>\n<p>Il fait chaud mais ils portent pulls et vestes. Ils ont sans doute dormi dehors. C\u2019est Dawit qui parle pour les deux. Efrem ne dit presque rien. Il pr\u00e9tend que c\u2019est parce qu\u2019il est timide, il sourit en coin. Ils se raidissent, deux policiers enjoignent \u00e0 tous les hommes noirs de circuler. Dawit me demande de faire semblant de ne pas les conna\u00eetre. S\u00fbrement pas. Nous avons le droit d\u2019\u00eatre l\u00e0 ensemble et je le signifierai \u00e0 la police si n\u00e9cessaire.Les policiers s\u2019\u00e9loignent,comme si ma simple pr\u00e9sence donnait soudain des droits.<\/p>\n<p>Nous allons boire sur une terrasse. Je donne des nouvelles de Gen\u00e8ve. Des amis \u00e9rythr\u00e9ens qui les saluent, de ceux qui ont la chance d\u2019avoir un permis et des autres&#8230; Depuis leur d\u00e9part, plusieurs ont re\u00e7u un \u00ab papier-blanc \u00bb\u00b2. Efrem et Dawit sont horrifi\u00e9s par leur nombre et totalement choqu\u00e9s quand je leur raconte que la Suisse est en train de r\u00e9examiner les permis F de 3 200 \u00c9rythr\u00e9ens. \u00ab C\u2019est pire qu\u2019\u00eatre d\u00e9bout\u00e9 directement \u00bb.<\/p>\n<p>Nous nous d\u00e9pla\u00e7ons sur la place devant la gare au rythme de l\u2019ombre. Ils me disent leur vie en Belgique, l\u2019attente sur les parkings, la peur de la police. J\u2019imagine bien qu\u2019ils \u00e9dulcorent leurs r\u00e9cits, par pudeur, mais aussi pour que je ne m\u2019inqui\u00e8te pas trop pour eux. Ils ont aussi rencontr\u00e9 des \u00ab personnes comme moi \u00bb. Des membres d\u2019associations actives dans le domaine de l\u2019asile. \u00c0 Bruxelles, gr\u00e2ce \u00e0 la Plateforme citoyenne de soutien aux r\u00e9fugi\u00e9s\u00b3, ils ont \u00e9t\u00e9 nourris, ont trouv\u00e9 un lieu o\u00f9 s\u2019arr\u00eater, recharger leurs portables, se soigner, trouver des habits. Dans le sud, des mains se sont tendues pour les abriter des intemp\u00e9ries, leur fournir du mat\u00e9riel de camping. \u00ab Monsieur Pierre \u00bb a accueilli Efrem chez lui, une photo en atteste ! \u00ab Madame Isabelle \u00bb les aide aussi. Me voil\u00e0 en contact avec ces personnes b\u00e9n\u00e9voles qui, comme moi, ont accueilli ces jeunes et d\u2019autres au gr\u00e9 de leurs errances. Nous \u00e9changeons sur la situation des \u00c9rythr\u00e9ens et de l\u2019asile par- del\u00e0 les fronti\u00e8res.<\/p>\n<h3>Bruxelles, parc Maximilien, lundi 17 juin, apr\u00e8s-midi<\/h3>\n<p>Veronica et les deux journalistes nous ont rejoints. Nous allons vers le parc Maximilien. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un terrain non construit au milieu des immeubles de bureaux. Ce lieu a connu des campements de migrants, des \u00e9vacuations. Maintenant cl\u00f4tur\u00e9 et ferm\u00e9 la nuit, il est r\u00e9investi la journ\u00e9e, notamment depuis l\u2019\u00e9vacuation de la gare du Nord. Cette apr\u00e8s-midi-l\u00e0, il doit y avoir au moins 200 personnes, diss\u00e9min\u00e9es sur l\u2019herbe s\u00e8che, dont 90 % d\u2019hommes, presque tous d\u2019Afrique. Beaucoup d\u2019\u00c9rythr\u00e9ens. Quelques courageux tapent dans un ballon sur un terrain de sport miteux.<\/p>\n<p>Nous sommes quatre femmes, cela attire l\u2019attention. Tout de suite, les journalistes doivent ranger leurs cam\u00e9ras, l\u2019ambiance est lourde, sinon hostile. Je pousse mon portable tout au fond de mon sac. De jeunes hommes dissimulent leurs traits dans leurs capuches ou avec leurs mains. La pr\u00e9sence d\u2019Efrem et Dawit \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s apaise les esprits et les corps. On vient vers nous avec curiosit\u00e9. Des conversations se nouent. En Fran\u00e7ais, Tigrinya, Anglais et&#8230; Suisse allemand.<\/p>\n<p>Les \u00c9rythr\u00e9ens \u00e9taient tous en Suisse. Certains depuis quatre ou cinq ans. Certains arriv\u00e9s mineurs, parlant Fran\u00e7ais ou Allemand avec l\u2019accent du canton auquel ils avaient \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s au hasard. Disparus des statistiques helv\u00e9tiques, en transit comme disent les Belges, dans les limbes. Pourtant ils sont bien vivants et ont des visages. Qu\u2019aucun n\u2019acceptera de montrer \u00e0 la cam\u00e9ra. M\u00eame flout\u00e9.<\/p>\n<p>Un bruissement s\u2019\u00e9l\u00e8ve. En une fraction de seconde se forme comme une meute. Les hommes courent de plus en plus vite sur la petite distance qui les s\u00e9pare de l\u2019entr\u00e9e du parc. Que se passe-t-il ? Le feu ? La police ? Une rixe ? Non, c\u2019est juste une vieille voiture dont le conducteur peine \u00e0 sortir tant ils sont nombreux \u00e0 entourer le v\u00e9hicule. Il am\u00e8ne juste des invendus de boulangerie. En 2019, dans la capitale de l\u2019Europe, je viens de voir des hommes se battre pour du pain nu.<\/p>\n<p>Plus tard, avec Veronica, Efrem et Dawit donnent deux interviews. Enfin, surtout Dawit, car Efrem ne parle plus du tout. \u00c0 la SFR puis \u00e0 une ONG. Il raconte leur histoire, encore et encore, r\u00e9pond aux questions jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement, jusqu\u2019\u00e0 ce que les larmes perlent. \u00abIl est temps d\u2019arr\u00eater\u00bb, dit Veronica. Et puis, ils doivent retourner sur leur parking. Deux amies g\u00e9n\u00e9reuses m\u2019ont donn\u00e9 des Euros pour eux. Je les glisse dans la poche de Dawit, en pr\u00e9cisant que ce n\u2019est pas mon argent, autrement ils ne l\u2019accepteraient pas.<\/p>\n<p>Je les regarde s\u2019\u00e9loigner vers le quai. Je pense \u00e0 leurs m\u00e8res, aux confins de l\u2019\u00c9rythr\u00e9e, qui ne les ont pas revus depuis cinq ans. Elles ont des fils magnifiques. Les conna\u00eetre est un privil\u00e8ge.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab Madame Marie\u00bb<\/p>\n<h5>1 Sur <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/RTSinfo\/videos\/3548090178538234\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a> ou sur asile.ch: <a href=\"https:\/\/asile.ch\/en\/2019\/09\/02\/rts-reportage-a-bruxelles-aupres-de-jeunes-erythreens-ayant-quitte-la-suisse\/\">RTS | Reportage \u00e0 Bruxelles aupr\u00e8s de jeunes \u00c9rythr\u00e9ens ayant quitt\u00e9 la Suisse<\/a>, 2 septembre 2019<\/h5>\n<h5>2 Le \u00ab papier blanc \u00bb est l\u2019attestation de d\u00e9lai de d\u00e9part remis aux personnes d\u00e9bout\u00e9es, \u00e0 faire tamponner \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance rapproch\u00e9e (tous les 3-7 jours) pour avoir le droit \u00e0 recevoir l\u2019aide d\u2019urgence et un lit pour la nuit.<\/h5>\n<h5>3 Lien vers le site de la <a href=\"http:\/\/www.perlesdaccueil.be\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Plateforme citoyenne Perles d&rsquo;accueil<\/a><\/h5>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marie-Laure Bonard s\u2019est engag\u00e9e, il y a trois ans, au sein de 3Ch\u00eaneAccueil, un collectif citoyen qui s\u2019est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve pour apporter un peu d\u2019humanit\u00e9 aux demandeurs d\u2019asile \u00ab enterr\u00e9s \u00bb dans un abri de protection civile, et du SORA, soutien oecum\u00e9nique aux requ\u00e9rants d\u2019asile. 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