{"id":57466,"date":"2020-03-02T11:24:58","date_gmt":"2020-03-02T10:24:58","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=57466"},"modified":"2021-07-15T15:10:29","modified_gmt":"2021-07-15T13:10:29","slug":"le-temps-pour-chaque-integration-reussie-il-y-a-deux-gagnants-un-refugie-et-une-societe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2020\/03\/02\/le-temps-pour-chaque-integration-reussie-il-y-a-deux-gagnants-un-refugie-et-une-societe\/","title":{"rendered":"Le Temps | Pour chaque int\u00e9gration r\u00e9ussie il y a deux gagnants: un r\u00e9fugi\u00e9 et une soci\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Dans un <a href=\"https:\/\/www.letemps.ch\/societe\/integration-reussie-y-deux-gagnants-un-refugie-une-societe\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article publi\u00e9 par <em>Le Temps<\/em><\/a>, Navid Samadi revient sur son exp\u00e9rience de la migration, et en particulier sur son int\u00e9gration en Suisse. Il parle du travail formidable des groupes d&rsquo;accueil des communes vaudoises, mais aussi des lenteurs, de la rigidit\u00e9 et des proc\u00e9dures confuses de la bureaucratie du canton de Vaud et de l&rsquo;Unil. Exceptionnellement, <em>Le Temps<\/em> nous autorise a relayer ce t\u00e9moignage sur notre site.<\/span><\/p>\n<p><em>Article publi\u00e9 le 25 f\u00e9vrier 2020 sur le site du Temps. \u00c0 consulter directement <a href=\"https:\/\/www.letemps.ch\/societe\/integration-reussie-y-deux-gagnants-un-refugie-une-societe\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a><\/em>.<\/p>\n<p><span class=\"accroche\"><div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/span><\/p>\n<h1><span class=\"accroche\">Pour chaque int\u00e9gration r\u00e9ussie il y a deux gagnants: un r\u00e9fugi\u00e9 et une soci\u00e9t\u00e9<\/span><\/h1>\n<p><strong>[OPINION] Quand un migrant arrive en Suisse, son int\u00e9gration est d\u00e9terminante. Venu d\u2019Afghanistan, j\u2019ai beaucoup re\u00e7u ici. J\u2019aimerais un jour pouvoir faire une contribution significative \u00e0 ce pays, s\u2019il m\u2019en laisse la possibilit\u00e9.<\/strong><\/p>\n[caption id=\"attachment_57468\" align=\"aligncenter\" width=\"477\"]<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-57468\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/LeTemps-02.03.20.png\" alt=\"\" width=\"477\" height=\"257\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/LeTemps-02.03.20.png 888w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/LeTemps-02.03.20-300x162.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/LeTemps-02.03.20-150x81.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 477px) 100vw, 477px\" \/> Source: <a href=\"https:\/\/www.letemps.ch\/societe\/integration-reussie-y-deux-gagnants-un-refugie-une-societe\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le Temps &#8211; Pour chaque int\u00e9gration r\u00e9ussie il y a deux gagnants: un r\u00e9fugi\u00e9 et une soci\u00e9t\u00e9<\/a> &#8211; Navid Samadi \u00e0 Lausanne, 20 f\u00e9vrier 2020. \u2014 \u00a9 Anne Wyrsch pour Le Temps[\/caption]\n<p>Quitter son lieu de naissance et d\u2019enfance, s\u2019en aller de la demeure de ses amis et de sa famille, partir de l\u2019endroit qu\u2019on conna\u00eet et qui nous conna\u00eet si bien, fuir sa maison dans des circonstances qui rendent un retour prochain invraisemblable: telle est mon histoire et celle de millions de r\u00e9fugi\u00e9s. Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, plus de 6 millions de personnes ont trouv\u00e9 un abri et sont en vie et en libert\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019accueil des Europ\u00e9ens. Beaucoup a \u00e9t\u00e9 dit et \u00e9crit sur le parcours des migrants jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e dans le pays d\u2019accueil. Aujourd\u2019hui, j\u2019aimerais parler d\u2019un autre aspect de l\u2019asile \u00e0 la lumi\u00e8re de mon exp\u00e9rience propre, \u00e0 savoir la vie apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e, l\u2019int\u00e9gration.<\/p>\n<p>Ayant quitt\u00e9 l\u2019Afghanistan \u00e0 la suite d\u2019un kidnapping et six mois de captivit\u00e9 et des menaces contre ma vie et ma famille, je suis arriv\u00e9 en Suisse en 2016. A mon arriv\u00e9e, j\u2019ai b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un engagement civil de la part des Suisses qui a d\u00e9pass\u00e9 mes attentes et qui m\u2019a marqu\u00e9 durablement par son humanisme. Des groupes d\u2019accueil des migrants poussaient comme des champignons dans les communes vaudoises. Les b\u00e9n\u00e9voles d\u2019un de ces groupes \u00e0 Epalinges ont constitu\u00e9 mon premier point de contact avec la Suisse. Ils m\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 faire mes premiers pas dans un monde qui m\u2019\u00e9tait alors inconnu. Bref, ils ont fait un travail formidable.<\/p>\n<p><strong>Une administration qui freine<\/strong><\/p>\n<p>Mais le travail de la soci\u00e9t\u00e9 civile, aussi bien soit-il, a besoin d\u2019\u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par l\u2019administration, qui est, par sa nature bureaucratique, beaucoup moins flexible. Elle est moins apte \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la personne. De ce fait, les besoins de la bureaucratie priment souvent les aspirations des personnes concern\u00e9es. Les r\u00eaves, les objectifs, les comp\u00e9tences et l\u2019exp\u00e9rience professionnelle des r\u00e9fugi\u00e9s sont tr\u00e8s rarement reconnus. Il arrive m\u00eame qu\u2019on en fasse abstraction par une myopie bureaucratique qui favorise la solution la moins co\u00fbteuse et la plus rapide plut\u00f4t que des solutions un peu plus co\u00fbteuses en temps et en argent mais plus rentables \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>En outre, les diff\u00e9rentes entit\u00e9s administratives manquent de coh\u00e9rence et de coordination, ce qui rend la r\u00e9alisation d\u2019un projet d\u2019int\u00e9gration encore plus difficile. Mon exp\u00e9rience propre l\u2019illustre bien. Il m\u2019a fallu trois ans de tentatives malheureuses avant de pouvoir int\u00e9grer l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, alors que c\u2019\u00e9tait mon projet d\u00e8s le d\u00e9part. L\u2019Unil refusait de reconna\u00eetre ma maturit\u00e9 gymnasiale bien qu\u2019obtenue dans une des meilleures \u00e9coles d\u2019Afghanistan. Les gymnases vaudois ne pouvaient pas m\u2019admettre parce que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 une maturit\u00e9 et m\u2019envoyaient vers l\u2019universit\u00e9. Cercle vicieux. Pris entre plusieurs informations contradictoires, je ne me suis jamais senti aussi impuissant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de mon avenir et aussi ali\u00e9n\u00e9 de moi-m\u00eame. C\u2019est seulement au bout de trois ans et plusieurs refus que j\u2019ai pu entrer \u00e0 l\u2019Unil en passant un examen pr\u00e9alable, pr\u00e9par\u00e9 dans une \u00e9cole priv\u00e9e exceptionnellement et g\u00e9n\u00e9reusement financ\u00e9e par l\u2019Etat de Vaud. Je viens de finir le premier semestre \u00e0 HEC Lausanne avec une moyenne g\u00e9n\u00e9rale de 5,8 (sur 6).<\/p>\n<p><strong>L\u2019information circule mal<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Unil met en place un certain nombre de dispositifs pour les r\u00e9fugi\u00e9s qui sont loin d\u2019\u00eatre suffisants. En plus, l\u2019information circule mal, et on ne sait pas \u00e0 qui s\u2019adresser pour des renseignements. Je connais plusieurs personnes qui ont d\u00fb renoncer \u00e0 un projet d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures notamment \u00e0 cause de la difficult\u00e9 d\u2019y acc\u00e9der, alors qu\u2019ils avaient le bon profil. D\u2019autres finissent par quitter le canton de Vaud pour \u00e9tudier \u00e0 Gen\u00e8ve o\u00f9 il y a un programme qui vise sp\u00e9cifiquement les r\u00e9fugi\u00e9s, ou dans d\u2019autres cantons romands. Ainsi le canton de Vaud perd les individus de haut potentiel parmi les r\u00e9fugi\u00e9s. L\u2019initiative de l\u2019Unil la plus susceptible de faciliter l\u2019acc\u00e8s des r\u00e9fugi\u00e9s est la reconnaissance de l\u2019attestation sur l\u2019honneur, pour les documents scolaires manquants. Malheureusement, le lien y relatif sur le site de l\u2019Unil renvoie \u00e0 la page d\u2019accueil du site des immatriculations. Ainsi les informations restent dans les t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n<p>Pour le pays d\u2019accueil, l\u2019int\u00e9gration est certes co\u00fbteuse, mais il s\u2019agit d\u2019un investissement dans des ressources humaines avec un rendement sur plusieurs d\u00e9cennies. Les requ\u00e9rants d\u2019asile d\u2019aujourd\u2019hui sont de potentiels futurs contribuables et citoyens. Les habiliter \u00e0 atteindre le maximum de leur potentiel revient \u00e0 avoir une soci\u00e9t\u00e9 plus forte et plus dynamique. De ce point de vue, la r\u00e9ussite des migrants contribue au bien-\u00eatre de la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Je voudrais terminer en remerciant la Suisse et les Suisses. J\u2019ai beaucoup re\u00e7u dans ce pays. J\u2019aimerais un jour pouvoir faire une contribution significative \u00e0 ce pays. L\u2019importance de cette contribution d\u00e9pendra du degr\u00e9 de r\u00e9ussite de mon int\u00e9gration.<\/p>\n<p><strong>Navid Samadi, 22 ans, \u00e9tudie \u00e0 HEC Lausanne. Je suis copr\u00e9sident de l\u2019association Unil sans fronti\u00e8res.<\/strong><\/p>\n<p><\/div><\/div><\/p>\n<p>La <a href=\"https:\/\/asile.ch\/2020\/02\/20\/ve-176-lemancipation-par-leducation\/\">derni\u00e8re \u00e9dition de la revue <em>Vivre Ensemble<\/em> <\/a>consacre un dossier \u00e0 la formation des r\u00e9fugi\u00e9-e-s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un article publi\u00e9 par Le Temps, Navid Samadi revient sur son exp\u00e9rience de la migration, et en particulier sur son int\u00e9gration en Suisse. 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