{"id":60406,"date":"2020-09-28T10:40:23","date_gmt":"2020-09-28T08:40:23","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=60406"},"modified":"2021-11-14T23:47:48","modified_gmt":"2021-11-14T22:47:48","slug":"amnesty-libye-comment-mettre-fin-a-violence-a-legard-des-refugie-e-s","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2020\/09\/28\/amnesty-libye-comment-mettre-fin-a-violence-a-legard-des-refugie-e-s\/","title":{"rendered":"Amnesty | Libye : comment mettre fin aux violences \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des r\u00e9fugi\u00e9.e.s ?"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\"><a href=\"https:\/\/www.amnesty.ch\/fr\/pays\/moyen-orient-afrique-du-nord\/libye\/docs\/2020\/refugies-et-migrants-pris-au-piege-dans-un-terrifiant-cycle-de-violences\/libya-report-between-life-and-death.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Dans un rapport en anglais publi\u00e9 en septembre 2020<\/a> Amnesty international revient sur la situation libyenne o\u00f9 \u00ab\u00a0des dizaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s sont pris au pi\u00e8ge dans un effrayant cycle de violences\u00a0\u00bb. L&rsquo;organisation appelle \u00e9galement l&rsquo;Union europ\u00e9enne, ses \u00c9tats membres et la Suisse a cess\u00e9 de collaborer avec la Libye via Frontex. <\/span><\/p>\n<p><em>Nous publions ci-dessous le <a href=\"https:\/\/www.amnesty.ch\/fr\/pays\/moyen-orient-afrique-du-nord\/libye\/docs\/2020\/refugies-et-migrants-pris-au-piege-dans-un-terrifiant-cycle-de-violences\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">communiqu\u00e9 de presse<\/a> d&rsquo;Amnesty du 24 septembre 2020<\/em>.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<h2>R\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et migrant\u00b7e\u00b7s pris au pi\u00e8ge dans un terrifiant cycle de violences<\/h2>\n<p>Communiqu\u00e9 de presse publi\u00e9 le 24 septembre 2020, Londres &#8211; Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p><span class=\"accroche\">En Libye, des dizaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s sont pris au pi\u00e8ge dans un effrayant cycle de violences. Tant que les autorit\u00e9s libyennes ne rem\u00e9dient pas aux violences persistantes commises contre les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et les migrant\u00b7e\u00b7s, l\u2019UE, ses \u00c9tats membres et la Suisse, qui collabore \u00e9galement avec la Libye via Frontex, doivent cesser leur coop\u00e9ration avec celles-ci. Toute personne secourue ou intercept\u00e9e en mer M\u00e9diterran\u00e9e ne doit pas \u00eatre renvoy\u00e9e en Libye, mais autoris\u00e9e \u00e0 d\u00e9barquer dans un lieu s\u00fbr.<\/span><\/p>\n[caption id=\"attachment_60408\" align=\"alignright\" width=\"208\"]<a href=\"https:\/\/www.amnesty.ch\/fr\/pays\/moyen-orient-afrique-du-nord\/libye\/docs\/2020\/refugies-et-migrants-pris-au-piege-dans-un-terrifiant-cycle-de-violences\/libya-report-between-life-and-death.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-60408\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sans-titre-3.png\" alt=\"\" width=\"208\" height=\"277\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sans-titre-3.png 345w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sans-titre-3-225x300.png 225w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sans-titre-3-113x150.png 113w\" sizes=\"auto, (max-width: 208px) 100vw, 208px\" \/><\/a> AHMUD TURKIA\/AFP via Getty Images[\/caption]\n<p>Apr\u00e8s avoir endur\u00e9 d\u2019inconcevables souffrances en Libye, des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et des migrant\u00b7e\u00b7s prennent la mer au p\u00e9ril de leur vie pour trouver la s\u00e9curit\u00e9 en Europe, o\u00f9 ils sont alors intercept\u00e9s, renvoy\u00e9s en Libye et expos\u00e9s aux violences qu\u2019ils voulaient fuir. Le nouveau rapport d\u2019Amnesty International intitul\u00e9 \u2018Between life and death\u2019: Refugees and migrants trapped in Libya\u2019s cycle of abuse sort alors que la Commission europ\u00e9enne vient d\u2019annoncer son nouveau \u00abpacte sur la migration\u00bb, qui se fonde notamment sur une coop\u00e9ration encore renforc\u00e9e avec des pays ext\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) afin de contr\u00f4ler les flux migratoires.<br \/>Le rapport pr\u00e9sente les r\u00e9cits terrifiants de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s qui ont \u00e9t\u00e9 victimes ou t\u00e9moins d\u2019un vaste ensemble de violences en Libye, notamment d\u2019homicides ill\u00e9gaux; de disparitions forc\u00e9es; d\u2019actes de torture et d\u2019autres formes de mauvais traitements; de viols et d\u2019autres violences sexuelles; de d\u00e9tentions arbitraires; de travail forc\u00e9 et d\u2019exploitation aux mains d\u2019agents gouvernementaux et non gouvernementaux, et ce, dans un climat d\u2019impunit\u00e9 presque totale. Le rapport contient \u00e9galement des informations d\u00e9taill\u00e9es sur des \u00e9v\u00e9nements qui se sont produits r\u00e9cemment, y compris sur le transfert de personnes d\u00e9barqu\u00e9es en Libye dans des lieux de d\u00e9tention non officiels \u2013 tels que la tristement c\u00e9l\u00e8bre Manufacture de tabac, \u00e0 Tripoli \u2013 et sur l\u2019expulsion de plusieurs milliers de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s depuis l\u2019est de la Libye.<\/p>\n<p>\u00abLa Libye, qui est un pays d\u00e9chir\u00e9 par des ann\u00e9es de guerre, est devenue encore plus dangereuse pour les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes \u00e0 la recherche d\u2019une vie meilleure. Au lieu de recevoir une protection, elles sont soumises \u00e0 de terribles atteintes aux droits humains, et actuellement on leur reproche aussi de fa\u00e7on injuste de propager la pand\u00e9mie de COVID-19, sur la base de consid\u00e9rations racistes et x\u00e9nophobes. Compte tenu du fait que les autorit\u00e9s libyennes ne rem\u00e9dient toujours pas aux violences persistantes commises contre les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et les migrant\u00b7e\u00b7s, y compris par des agents gouvernementaux et par des milices affili\u00e9es au gouvernement, l\u2019UE et ses \u00c9tats membres doivent totalement revoir leur coop\u00e9ration avec les autorit\u00e9s libyennes. Et toute personne secourue ou intercept\u00e9e en mer M\u00e9diterran\u00e9e ne doit pas \u00eatre renvoy\u00e9e en Libye, mais autoris\u00e9e \u00e0 d\u00e9barquer dans un lieu s\u00fbr.\u00bb<\/p>\n<p>Depuis 2016, sous la houlette de l\u2019Italie, les pays membres de l\u2019UE collaborent avec les autorit\u00e9s libyennes \u2013 en leur fournissant des vedettes rapides, une formation et une aide pour la coordination des op\u00e9rations en mer \u2013 afin que les personnes qui tentent de fuir le pays par voie maritime soient intercept\u00e9es en mer et ramen\u00e9es en Libye. On estime qu\u2019au cours de cette p\u00e9riode, quelque 60 000 femmes, hommes et enfants ont \u00e9t\u00e9 captur\u00e9s en mer et d\u00e9barqu\u00e9s en Libye par les gardes-c\u00f4tes libyens (GCL) recevant une aide de l\u2019UE, dont 8 435 entre le 1er janvier et le 14 septembre 2020. Mus par la volont\u00e9 de stopper \u00e0 tout prix les arriv\u00e9es, les \u00c9tats europ\u00e9ens ont offert leur aide \u00e0 la Libye \u2013 contournant ainsi la l\u00e9gislation internationale qui interdit les renvois forc\u00e9s.<br \/>\u00abla Suisse est particuli\u00e8rement z\u00e9l\u00e9e dans sa coop\u00e9ration avec des autorit\u00e9s qui traitent les migrants et les r\u00e9fugi\u00e9s avec le plus flagrant m\u00e9pris de leurs droits!\u00bb Pablo Cruchon, responsable asile et migration \u00e0 Amnesty International Suisse.<\/p>\n<p><strong>La Suisse collabore avec la Libye via Frontex<\/strong><br \/>La Suisse participe activement au financement de l\u2019agence FRONTEX qui collabore, forme et donne du mat\u00e9riel aux garde-c\u00f4tes en Libye. Elle a financ\u00e9 Frontex \u00e0 hauteur de 14 millions par ann\u00e9e jusqu\u2019en 2019. Depuis, la somme a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9valu\u00e9e, et les contributions suisses augmenteront de fa\u00e7on \u00e9chelonn\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 atteindre 75 millions en 2024. De plus, la Suisse d\u00e9tache environ 40 experts chaque ann\u00e9e. \u00c0 terme, elle d\u00e9tachera jusqu\u2019\u00e0 seize experts pour des engagements de deux ans et 59 experts pour une dur\u00e9e maximale de quatre mois. L&rsquo;Administration f\u00e9d\u00e9rale des douanes, le Secr\u00e9tariat d&rsquo;\u00c9tat aux migrations et les cantons devront fournir ces effectifs. \u00abLa participation \u00e0 Frontex se faisant sur une base volontaire, la Suisse est particuli\u00e8rement z\u00e9l\u00e9e dans sa coop\u00e9ration avec des autorit\u00e9s qui traitent les migrants et les r\u00e9fugi\u00e9s avec le plus flagrant m\u00e9pris de leurs droits!\u00bb, d\u00e9nonce Pablo Cruchon, responsable asile et migration \u00e0 Amnesty International Suisse.<\/p>\n<p><strong>Renvoy\u00e9s en Libye et livr\u00e9s \u00e0 la violence<\/strong><br \/>Apr\u00e8s avoir d\u00e9barqu\u00e9 en Libye en 2020, des milliers de ces personnes se sont retrouv\u00e9es enferm\u00e9es dans des centres de d\u00e9tention de la Direction de la lutte contre la migration ill\u00e9gale (DCIM), plac\u00e9e sous l\u2019autorit\u00e9 du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur du gouvernement d&rsquo;union nationale (GUN) soutenu par l&rsquo;ONU, qui contr\u00f4le l\u2019ouest de la Libye. Plusieurs milliers de personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes ont aussi \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 une disparition forc\u00e9e en 2020 apr\u00e8s leur transfert dans des lieux de d\u00e9tention non officiels \u2013 y compris dans un centre appel\u00e9 la Manufacture de tabac, en raison de son ancienne affectation, qui est plac\u00e9 sous le contr\u00f4le d\u2019une milice affili\u00e9e au GUN et dirig\u00e9e par Emad al Trabulsi \u00e0 Tripoli \u2013 , et l\u2019on \u00e9prouve de graves craintes pour leur vie et leur s\u00e9curit\u00e9.<br \/>\u00c0 terre, les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes sont \u00e9galement constamment expos\u00e9es au risque d\u2019\u00eatre non seulement arr\u00eat\u00e9es et envoy\u00e9es dans des centres de d\u00e9tention, mais aussi d\u2019\u00eatre enlev\u00e9es par des milices, des groupes arm\u00e9s ou des trafiquants. Ces personnes sont parfois tortur\u00e9es ou viol\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 ce que leur famille paye une ran\u00e7on pour leur lib\u00e9ration. D\u2019autres meurent en d\u00e9tention des suites d\u2019actes de torture ou d\u2019autres violences, ou \u00e0 cause de la privation de nourriture ou de soins m\u00e9dicaux. Plusieurs dizaines de personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes ont dit \u00e0 Amnesty International avoir assist\u00e9 \u00e0 la mort de proches pendant leur d\u00e9tention dans des centres officiels de la DCIM ou dans des lieux o\u00f9 elles \u00e9taient retenues en captivit\u00e9 par des trafiquants.<\/p>\n<p><strong>Homicides de Mazda<\/strong><br \/>Le 27 mai 2020, des hommes arm\u00e9s ont ouvert le feu sur environ 200 personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes d\u00e9tenues par des trafiquants pr\u00e8s de la ville de Mazda, tuant au moins 30 d\u2019entre elles et en blessant 11. Les autorit\u00e9s libyennes ont promis d\u2019enqu\u00eater sur les homicides commis \u00e0 Mazda et sur les autres crimes commis contre des personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes, mais ces promesses n\u2019ont pas conduit \u00e0 la reddition de comptes. Deux hommes qui font l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arr\u00eat d\u00e9livr\u00e9 par le parquet libyen et qui figurent sur la liste des sanctions de l&rsquo;ONU en raison de leur r\u00f4le pr\u00e9sum\u00e9 dans des pratiques de traite des \u00eatres humains, ont toujours des liens officiels avec le GUN. Ahmad al Dabbashi, \u00e9galement connu sous le nom d\u2019\u00abal Amou\u00bb, a \u00e9t\u00e9 vu en train de se battre aux c\u00f4t\u00e9s des forces du GUN en avril 2020, et Abdelrahman Milad, \u00e9galement connu sous le nom d\u2019\u00abal Bija\u00bb, travaille en tant que commandant des GCL \u00e0 la raffinerie de p\u00e9trole d\u2019al Zawiya.<\/p>\n<p><strong>Pris entre deux feux<\/strong><br \/>Des milices et des groupes arm\u00e9s ont commis des violations du droit international humanitaire contre des personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes, notamment avec des privations ill\u00e9gales de libert\u00e9, des actes de torture et des attaques men\u00e9es sans discrimination apparemment. Amnesty International a v\u00e9rifi\u00e9 des vid\u00e9os montrant des milices et des groupes arm\u00e9s qui paradent et qui s\u2019en prennent \u00e0 des personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes. Des milices et des groupes arm\u00e9s ont aussi forc\u00e9 des personnes migrantes \u00e0 participer \u00e0 des op\u00e9rations militaires, mettant ainsi en danger leur vie et leur s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Aucune \u00e9chappatoire hormis la mer et ses dangers<\/strong><br \/>Compte tenu des violences et des terribles conditions de vie, les actuels programmes de r\u00e9installation et d\u2019\u00e9vacuation sont insuffisants et ne permettent pas de procurer aux personnes qui en ont besoin une possibilit\u00e9 sure et l\u00e9gale de quitter le pays: \u00e0 la date du 11 septembre 2020, seuls 5 709 r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s vuln\u00e9rables avaient pu b\u00e9n\u00e9ficier de ces programmes depuis 2017. Cela refl\u00e8te le faible nombre de promesses de r\u00e9installation faites par les pays qui accueillent des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, notamment des pays membres de l\u2019UE. Les restrictions concernant les voyages impos\u00e9es en raison de la pand\u00e9mie de COVID-19 ont encore aggrav\u00e9 la situation: seules 297 personnes r\u00e9fugi\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es de Libye en 2020, avant la fermeture des fronti\u00e8res en mars 2020.<br \/>Les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes n\u2019ont donc gu\u00e8re d\u2019autre possibilit\u00e9 viable, pour quitter la Libye, que de tenter la travers\u00e9e de la M\u00e9diterran\u00e9e sur des embarcations inadapt\u00e9es. Ces travers\u00e9es continuent d\u2019\u00eatre extr\u00eamement dangereuses, y compris \u00e0 cause du risque d\u2019interception par les GCL et par des bandes criminelles. Des personnes ont racont\u00e9 \u00e0 Amnesty International que mi-ao\u00fbt, des hommes arm\u00e9s navigant \u00e0 bord d\u2019un bateau appel\u00e9 Captain al-Salam 181 les ont d\u00e9valis\u00e9es et ont ensuite tir\u00e9 sur leur bateau; le moteur du bateau a pris feu et l\u2019embarcation a chavir\u00e9. Une quarantaine de personnes, selon les estimations, ont perdu la vie apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es en mer en \u00e9tat de d\u00e9tresse.<\/p>\n<p><strong>Exploitation, violence et conditions de vie indignes<\/strong><br \/>Les recherches men\u00e9es par Amnesty International montrent que les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes sont souvent exploit\u00e9es par des employeurs et soumis au travail forc\u00e9 par des milices et des groupes arm\u00e9s. Nombre de ces personnes vivent dans des conditions tr\u00e8s difficiles, sans acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable et sans possibilit\u00e9 de se laver, ce qui accro\u00eet les risques de contamination au COVID-19. Ces personnes sont \u00e9galement constamment la cible de voleurs. Les femmes et les filles sont expos\u00e9es \u00e0 un risque accru de violences sexuelles. Elles \u00e9vitent d\u2019aller porter plainte \u00e0 la police ou aupr\u00e8s des services des procureurs, car elles craignent d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9es ou de subir des repr\u00e9sailles de la part des agresseurs pr\u00e9sum\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Racisme et x\u00e9nophobie<\/strong><br \/>Les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes sont en butte au racisme et \u00e0 la x\u00e9nophobie. Les repr\u00e9sentants du gouvernement, les membres des groupes arm\u00e9s et des milices, ainsi que les m\u00e9dias ont souvent un discours raciste quand ils font r\u00e9f\u00e9rence aux personnes noires. La pand\u00e9mie de COVID-19 favorise davantage encore le racisme, des fonctionnaires et des personnes priv\u00e9es reprochant aux personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes de propager le virus et r\u00e9clamant leur expulsion du pays. Les recherches men\u00e9es par Amnesty International r\u00e9v\u00e8lent que les autorit\u00e9s de facto dans l\u2019est de la Libye ont expuls\u00e9 plus de 5 000 personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes en 2020 sans respecter la proc\u00e9dure l\u00e9gale et sans que ces personnes aient pu contester leur expulsion. L\u2019une des raisons invoqu\u00e9es pour justifier leur expulsion est qu\u2019elles sont accus\u00e9es d\u2019\u00eatre \u00abporteuses de maladies contagieuses\u00bb.<br \/>Amnesty International a rassembl\u00e9 des informations sur un cas de discrimination flagrante o\u00f9 un groupe arm\u00e9 a interdit \u00e0 un bus d\u2019entrer dans la ville de Koufra, dans le sud-est du pays, \u00e0 moins que les ressortissants tchadiens qui \u00e9taient \u00e0 bord n\u2019en descendent. Les hommes arm\u00e9s leur ont ordonn\u00e9 de faire un test pour le COVID-19, et ils les ont laiss\u00e9s dans le d\u00e9sert, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la ville. Les autres passagers, qui \u00e9taient tous libyens, ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 poursuivre leur chemin, sans avoir besoin de faire un test pour le COVID-19 ou de se soumettre \u00e0 d\u2019autres v\u00e9rifications.<\/p>\n<p><strong>Compl\u00e9ment d\u2019information<\/strong><br \/>La situation tr\u00e8s difficile des personnes r\u00e9fugi\u00e9es et migrantes s\u2019inscrit dans un contexte de conflit arm\u00e9, d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et d\u2019\u00e9tat de non-droit persistants. Le combat pour la gouvernance et le contr\u00f4le du territoire fait rage entre le GUN, qui contr\u00f4le la majeure partie de l\u2019ouest du pays, et l&rsquo;autoproclam\u00e9e Arm\u00e9e nationale libyenne, qui contr\u00f4le la majeure partie de l\u2019est du pays.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n\n<div\n    class=\"c-block--box  is-box--\">\n    <div class=\"c-block--box-inner\">\n        \n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et migrant\u00b7e\u00b7s pris au pi\u00e8ge dans un terrifiant cycle de violences<\/h2>\n\n\n\n<p>Communiqu\u00e9 de presse publi\u00e9 le 24 septembre 2020, Londres &#8211; Gen\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:15% auto\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"345\" height=\"460\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sans-titre-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-60408 size-full\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sans-titre-3.png 345w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sans-titre-3-225x300.png 225w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sans-titre-3-113x150.png 113w\" sizes=\"auto, (max-width: 345px) 100vw, 345px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p class=\"has-medium-font-size\"> En Libye, des dizaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s sont pris au pi\u00e8ge dans un effrayant cycle de violences. Tant que les autorit\u00e9s libyennes ne rem\u00e9dient pas aux violences persistantes commises contre les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et les migrant\u00b7e\u00b7s, l\u2019UE, ses \u00c9tats membres et la Suisse, qui collabore \u00e9galement avec la Libye via Frontex, doivent cesser leur coop\u00e9ration avec celles-ci. Toute personne secourue ou intercept\u00e9e en mer M\u00e9diterran\u00e9e ne doit pas \u00eatre renvoy\u00e9e en Libye, mais autoris\u00e9e \u00e0 d\u00e9barquer dans un lieu s\u00fbr. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">\u00a9AHMUD TURKIA\/AFP via Getty Images<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>En Libye, des dizaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s sont pris au pi\u00e8ge dans un effrayant cycle de violences. Tant que les autorit\u00e9s libyennes ne rem\u00e9dient pas aux violences persistantes commises contre les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et les migrant\u00b7e\u00b7s, l\u2019UE, ses \u00c9tats membres et la Suisse, qui collabore \u00e9galement avec la Libye via Frontex, doivent cesser leur coop\u00e9ration avec celles-ci. Toute personne secourue ou intercept\u00e9e en mer M\u00e9diterran\u00e9e ne doit pas \u00eatre renvoy\u00e9e en Libye, mais autoris\u00e9e \u00e0 d\u00e9barquer dans un lieu s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir endur\u00e9 d\u2019inconcevables souffrances en Libye, des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et des migrant\u00b7e\u00b7s prennent la mer au p\u00e9ril de leur vie pour trouver la s\u00e9curit\u00e9 en Europe, o\u00f9 ils sont alors intercept\u00e9s, renvoy\u00e9s en Libye et expos\u00e9s aux violences qu\u2019ils voulaient fuir. Le nouveau rapport d\u2019Amnesty International intitul\u00e9 \u2018Between life and death\u2019: Refugees and migrants trapped in Libya\u2019s cycle of abuse sort alors que la Commission europ\u00e9enne vient d\u2019annoncer son nouveau \u00abpacte sur la migration\u00bb, qui se fonde notamment sur une coop\u00e9ration encore renforc\u00e9e avec des pays ext\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) afin de contr\u00f4ler les flux migratoires.<br>Le rapport pr\u00e9sente les r\u00e9cits terrifiants de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s qui ont \u00e9t\u00e9 victimes ou t\u00e9moins d\u2019un vaste ensemble de violences en Libye, notamment d\u2019homicides ill\u00e9gaux; de disparitions forc\u00e9es; d\u2019actes de torture et d\u2019autres formes de mauvais traitements; de viols et d\u2019autres violences sexuelles; de d\u00e9tentions arbitraires; de travail forc\u00e9 et d\u2019exploitation aux mains d\u2019agents gouvernementaux et non gouvernementaux, et ce, dans un climat d\u2019impunit\u00e9 presque totale. Le rapport contient \u00e9galement des informations d\u00e9taill\u00e9es sur des \u00e9v\u00e9nements qui se sont produits r\u00e9cemment, y compris sur le transfert de personnes d\u00e9barqu\u00e9es en Libye dans des lieux de d\u00e9tention non officiels \u2013 tels que la tristement c\u00e9l\u00e8bre Manufacture de tabac, \u00e0 Tripoli \u2013 et sur l\u2019expulsion de plusieurs milliers de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s depuis l\u2019est de la Libye.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abLa Libye, qui est un pays d\u00e9chir\u00e9 par des ann\u00e9es de guerre, est devenue encore plus dangereuse pour les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes \u00e0 la recherche d\u2019une vie meilleure. Au lieu de recevoir une protection, elles sont soumises \u00e0 de terribles atteintes aux droits humains, et actuellement on leur reproche aussi de fa\u00e7on injuste de propager la pand\u00e9mie de COVID-19, sur la base de consid\u00e9rations racistes et x\u00e9nophobes. Compte tenu du fait que les autorit\u00e9s libyennes ne rem\u00e9dient toujours pas aux violences persistantes commises contre les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et les migrant\u00b7e\u00b7s, y compris par des agents gouvernementaux et par des milices affili\u00e9es au gouvernement, l\u2019UE et ses \u00c9tats membres doivent totalement revoir leur coop\u00e9ration avec les autorit\u00e9s libyennes. Et toute personne secourue ou intercept\u00e9e en mer M\u00e9diterran\u00e9e ne doit pas \u00eatre renvoy\u00e9e en Libye, mais autoris\u00e9e \u00e0 d\u00e9barquer dans un lieu s\u00fbr.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2016, sous la houlette de l\u2019Italie, les pays membres de l\u2019UE collaborent avec les autorit\u00e9s libyennes \u2013 en leur fournissant des vedettes rapides, une formation et une aide pour la coordination des op\u00e9rations en mer \u2013 afin que les personnes qui tentent de fuir le pays par voie maritime soient intercept\u00e9es en mer et ramen\u00e9es en Libye. On estime qu\u2019au cours de cette p\u00e9riode, quelque 60 000 femmes, hommes et enfants ont \u00e9t\u00e9 captur\u00e9s en mer et d\u00e9barqu\u00e9s en Libye par les gardes-c\u00f4tes libyens (GCL) recevant une aide de l\u2019UE, dont 8 435 entre le 1er janvier et le 14 septembre 2020. Mus par la volont\u00e9 de stopper \u00e0 tout prix les arriv\u00e9es, les \u00c9tats europ\u00e9ens ont offert leur aide \u00e0 la Libye \u2013 contournant ainsi la l\u00e9gislation internationale qui interdit les renvois forc\u00e9s.<br>\u00abla Suisse est particuli\u00e8rement z\u00e9l\u00e9e dans sa coop\u00e9ration avec des autorit\u00e9s qui traitent les migrants et les r\u00e9fugi\u00e9s avec le plus flagrant m\u00e9pris de leurs droits!\u00bb Pablo Cruchon, responsable asile et migration \u00e0 Amnesty International Suisse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Suisse collabore avec la Libye via Frontex<\/strong><br>La Suisse participe activement au financement de l\u2019agence FRONTEX qui collabore, forme et donne du mat\u00e9riel aux garde-c\u00f4tes en Libye. Elle a financ\u00e9 Frontex \u00e0 hauteur de 14 millions par ann\u00e9e jusqu\u2019en 2019. Depuis, la somme a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9valu\u00e9e, et les contributions suisses augmenteront de fa\u00e7on \u00e9chelonn\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 atteindre 75 millions en 2024. De plus, la Suisse d\u00e9tache environ 40 experts chaque ann\u00e9e. \u00c0 terme, elle d\u00e9tachera jusqu\u2019\u00e0 seize experts pour des engagements de deux ans et 59 experts pour une dur\u00e9e maximale de quatre mois. L&rsquo;Administration f\u00e9d\u00e9rale des douanes, le Secr\u00e9tariat d&rsquo;\u00c9tat aux migrations et les cantons devront fournir ces effectifs. \u00abLa participation \u00e0 Frontex se faisant sur une base volontaire, la Suisse est particuli\u00e8rement z\u00e9l\u00e9e dans sa coop\u00e9ration avec des autorit\u00e9s qui traitent les migrants et les r\u00e9fugi\u00e9s avec le plus flagrant m\u00e9pris de leurs droits!\u00bb, d\u00e9nonce Pablo Cruchon, responsable asile et migration \u00e0 Amnesty International Suisse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Renvoy\u00e9s en Libye et livr\u00e9s \u00e0 la violence<\/strong><br>Apr\u00e8s avoir d\u00e9barqu\u00e9 en Libye en 2020, des milliers de ces personnes se sont retrouv\u00e9es enferm\u00e9es dans des centres de d\u00e9tention de la Direction de la lutte contre la migration ill\u00e9gale (DCIM), plac\u00e9e sous l\u2019autorit\u00e9 du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur du gouvernement d&rsquo;union nationale (GUN) soutenu par l&rsquo;ONU, qui contr\u00f4le l\u2019ouest de la Libye. Plusieurs milliers de personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes ont aussi \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 une disparition forc\u00e9e en 2020 apr\u00e8s leur transfert dans des lieux de d\u00e9tention non officiels \u2013 y compris dans un centre appel\u00e9 la Manufacture de tabac, en raison de son ancienne affectation, qui est plac\u00e9 sous le contr\u00f4le d\u2019une milice affili\u00e9e au GUN et dirig\u00e9e par Emad al Trabulsi \u00e0 Tripoli \u2013 , et l\u2019on \u00e9prouve de graves craintes pour leur vie et leur s\u00e9curit\u00e9.<br>\u00c0 terre, les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes sont \u00e9galement constamment expos\u00e9es au risque d\u2019\u00eatre non seulement arr\u00eat\u00e9es et envoy\u00e9es dans des centres de d\u00e9tention, mais aussi d\u2019\u00eatre enlev\u00e9es par des milices, des groupes arm\u00e9s ou des trafiquants. Ces personnes sont parfois tortur\u00e9es ou viol\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 ce que leur famille paye une ran\u00e7on pour leur lib\u00e9ration. D\u2019autres meurent en d\u00e9tention des suites d\u2019actes de torture ou d\u2019autres violences, ou \u00e0 cause de la privation de nourriture ou de soins m\u00e9dicaux. Plusieurs dizaines de personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes ont dit \u00e0 Amnesty International avoir assist\u00e9 \u00e0 la mort de proches pendant leur d\u00e9tention dans des centres officiels de la DCIM ou dans des lieux o\u00f9 elles \u00e9taient retenues en captivit\u00e9 par des trafiquants.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Homicides de Mazda<\/strong><br>Le 27 mai 2020, des hommes arm\u00e9s ont ouvert le feu sur environ 200 personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes d\u00e9tenues par des trafiquants pr\u00e8s de la ville de Mazda, tuant au moins 30 d\u2019entre elles et en blessant 11. Les autorit\u00e9s libyennes ont promis d\u2019enqu\u00eater sur les homicides commis \u00e0 Mazda et sur les autres crimes commis contre des personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes, mais ces promesses n\u2019ont pas conduit \u00e0 la reddition de comptes. Deux hommes qui font l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arr\u00eat d\u00e9livr\u00e9 par le parquet libyen et qui figurent sur la liste des sanctions de l&rsquo;ONU en raison de leur r\u00f4le pr\u00e9sum\u00e9 dans des pratiques de traite des \u00eatres humains, ont toujours des liens officiels avec le GUN. Ahmad al Dabbashi, \u00e9galement connu sous le nom d\u2019\u00abal Amou\u00bb, a \u00e9t\u00e9 vu en train de se battre aux c\u00f4t\u00e9s des forces du GUN en avril 2020, et Abdelrahman Milad, \u00e9galement connu sous le nom d\u2019\u00abal Bija\u00bb, travaille en tant que commandant des GCL \u00e0 la raffinerie de p\u00e9trole d\u2019al Zawiya.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pris entre deux feux<\/strong><br>Des milices et des groupes arm\u00e9s ont commis des violations du droit international humanitaire contre des personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes, notamment avec des privations ill\u00e9gales de libert\u00e9, des actes de torture et des attaques men\u00e9es sans discrimination apparemment. Amnesty International a v\u00e9rifi\u00e9 des vid\u00e9os montrant des milices et des groupes arm\u00e9s qui paradent et qui s\u2019en prennent \u00e0 des personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes. Des milices et des groupes arm\u00e9s ont aussi forc\u00e9 des personnes migrantes \u00e0 participer \u00e0 des op\u00e9rations militaires, mettant ainsi en danger leur vie et leur s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aucune \u00e9chappatoire hormis la mer et ses dangers<\/strong><br>Compte tenu des violences et des terribles conditions de vie, les actuels programmes de r\u00e9installation et d\u2019\u00e9vacuation sont insuffisants et ne permettent pas de procurer aux personnes qui en ont besoin une possibilit\u00e9 sure et l\u00e9gale de quitter le pays: \u00e0 la date du 11 septembre 2020, seuls 5 709 r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s vuln\u00e9rables avaient pu b\u00e9n\u00e9ficier de ces programmes depuis 2017. Cela refl\u00e8te le faible nombre de promesses de r\u00e9installation faites par les pays qui accueillent des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, notamment des pays membres de l\u2019UE. Les restrictions concernant les voyages impos\u00e9es en raison de la pand\u00e9mie de COVID-19 ont encore aggrav\u00e9 la situation: seules 297 personnes r\u00e9fugi\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es de Libye en 2020, avant la fermeture des fronti\u00e8res en mars 2020.<br>Les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes n\u2019ont donc gu\u00e8re d\u2019autre possibilit\u00e9 viable, pour quitter la Libye, que de tenter la travers\u00e9e de la M\u00e9diterran\u00e9e sur des embarcations inadapt\u00e9es. Ces travers\u00e9es continuent d\u2019\u00eatre extr\u00eamement dangereuses, y compris \u00e0 cause du risque d\u2019interception par les GCL et par des bandes criminelles. Des personnes ont racont\u00e9 \u00e0 Amnesty International que mi-ao\u00fbt, des hommes arm\u00e9s navigant \u00e0 bord d\u2019un bateau appel\u00e9 Captain al-Salam 181 les ont d\u00e9valis\u00e9es et ont ensuite tir\u00e9 sur leur bateau; le moteur du bateau a pris feu et l\u2019embarcation a chavir\u00e9. Une quarantaine de personnes, selon les estimations, ont perdu la vie apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es en mer en \u00e9tat de d\u00e9tresse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Exploitation, violence et conditions de vie indignes<\/strong><br>Les recherches men\u00e9es par Amnesty International montrent que les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes sont souvent exploit\u00e9es par des employeurs et soumis au travail forc\u00e9 par des milices et des groupes arm\u00e9s. Nombre de ces personnes vivent dans des conditions tr\u00e8s difficiles, sans acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable et sans possibilit\u00e9 de se laver, ce qui accro\u00eet les risques de contamination au COVID-19. Ces personnes sont \u00e9galement constamment la cible de voleurs. Les femmes et les filles sont expos\u00e9es \u00e0 un risque accru de violences sexuelles. Elles \u00e9vitent d\u2019aller porter plainte \u00e0 la police ou aupr\u00e8s des services des procureurs, car elles craignent d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9es ou de subir des repr\u00e9sailles de la part des agresseurs pr\u00e9sum\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Racisme et x\u00e9nophobie<\/strong><br>Les personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes sont en butte au racisme et \u00e0 la x\u00e9nophobie. Les repr\u00e9sentants du gouvernement, les membres des groupes arm\u00e9s et des milices, ainsi que les m\u00e9dias ont souvent un discours raciste quand ils font r\u00e9f\u00e9rence aux personnes noires. La pand\u00e9mie de COVID-19 favorise davantage encore le racisme, des fonctionnaires et des personnes priv\u00e9es reprochant aux personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes de propager le virus et r\u00e9clamant leur expulsion du pays. Les recherches men\u00e9es par Amnesty International r\u00e9v\u00e8lent que les autorit\u00e9s de facto dans l\u2019est de la Libye ont expuls\u00e9 plus de 5 000 personnes r\u00e9fugi\u00e9es ou migrantes en 2020 sans respecter la proc\u00e9dure l\u00e9gale et sans que ces personnes aient pu contester leur expulsion. L\u2019une des raisons invoqu\u00e9es pour justifier leur expulsion est qu\u2019elles sont accus\u00e9es d\u2019\u00eatre \u00abporteuses de maladies contagieuses\u00bb.<br>Amnesty International a rassembl\u00e9 des informations sur un cas de discrimination flagrante o\u00f9 un groupe arm\u00e9 a interdit \u00e0 un bus d\u2019entrer dans la ville de Koufra, dans le sud-est du pays, \u00e0 moins que les ressortissants tchadiens qui \u00e9taient \u00e0 bord n\u2019en descendent. Les hommes arm\u00e9s leur ont ordonn\u00e9 de faire un test pour le COVID-19, et ils les ont laiss\u00e9s dans le d\u00e9sert, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la ville. Les autres passagers, qui \u00e9taient tous libyens, ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 poursuivre leur chemin, sans avoir besoin de faire un test pour le COVID-19 ou de se soumettre \u00e0 d\u2019autres v\u00e9rifications.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Compl\u00e9ment d\u2019information<\/strong><br>La situation tr\u00e8s difficile des personnes r\u00e9fugi\u00e9es et migrantes s\u2019inscrit dans un contexte de conflit arm\u00e9, d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et d\u2019\u00e9tat de non-droit persistants. Le combat pour la gouvernance et le contr\u00f4le du territoire fait rage entre le GUN, qui contr\u00f4le la majeure partie de l\u2019ouest du pays, et l&rsquo;autoproclam\u00e9e Arm\u00e9e nationale libyenne, qui contr\u00f4le la majeure partie de l\u2019est du pays.<\/p>\n\n\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un rapport en anglais publi\u00e9 en septembre 2020 Amnesty international revient sur la situation libyenne o\u00f9 \u00ab\u00a0des dizaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s et de migrant\u00b7e\u00b7s sont pris au pi\u00e8ge dans un effrayant cycle de violences\u00a0\u00bb. L&rsquo;organisation appelle \u00e9galement l&rsquo;Union europ\u00e9enne, ses \u00c9tats membres et la Suisse a cess\u00e9 de collaborer avec la Libye via &hellip; <a href=\"https:\/\/asile.ch\/en\/2020\/09\/28\/amnesty-libye-comment-mettre-fin-a-violence-a-legard-des-refugie-e-s\/\">Continued<\/a><\/p>","protected":false},"author":5,"featured_media":80563,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,369],"tags":[1159,250,392],"ve_numero":[],"pays":[366],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-60406","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-communique","tag-documentation","tag-frontex","tag-mediterranee","pays-libye","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60406","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=60406"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60406\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/80563"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=60406"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=60406"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=60406"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=60406"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=60406"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=60406"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=60406"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}