{"id":61120,"date":"2020-10-27T10:59:20","date_gmt":"2020-10-27T09:59:20","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=61120"},"modified":"2021-02-26T11:01:51","modified_gmt":"2021-02-26T10:01:51","slug":"swissinfo-prise-en-soin-defaillante-des-refugies-traumatises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2020\/10\/27\/swissinfo-prise-en-soin-defaillante-des-refugies-traumatises\/","title":{"rendered":"Swissinfo | Prise en soin d\u00e9faillante des r\u00e9fugi\u00e9s traumatis\u00e9s ?"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Un Syrien traumatis\u00e9 par la guerre affirme qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 correctement trait\u00e9 dans son pays d\u2019accueil, la Suisse. Son cas soul\u00e8ve la question de savoir si le programme d\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s de guerre vuln\u00e9rables contient des failles syst\u00e9miques. Selon les organisations non gouvernementales, son histoire n\u2019est pas un cas isol\u00e9; elle r\u00e9v\u00e8le les faiblesses du syst\u00e8me d\u2019asile suisse en mati\u00e8re de gestion des groupes vuln\u00e9rables.<strong><br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p><em>L&rsquo;article de May Amahdi <a href=\"https:\/\/www.swissinfo.ch\/fre\/politique\/les-demandeurs-d-asile-traumatis%C3%A9s-ne-trouvent-pas-la-paix-en-suisse\/46101988\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab\u00a0Les r\u00e9fugi\u00e9s de guerre traumatis\u00e9s, une charge trop lourde pour les entreprises \u00e0 but lucratif?\u00a0\u00bb<\/a> a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le 19 octobre 2020 sur le site de Swissinfo.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<h2>Les r\u00e9fugi\u00e9s de guerre traumatis\u00e9s, une charge trop lourde pour les entreprises \u00e0 but lucratif ?<\/h2>\n<p><strong>Un Syrien traumatis\u00e9 par la guerre affirme qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 correctement trait\u00e9 dans son pays d\u2019accueil, la Suisse. Son cas soul\u00e8ve la question de savoir si le programme d\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s de guerre vuln\u00e9rables contient des failles syst\u00e9miques.<\/strong><\/p>\n<p><em>Ce contenu a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par Swissinfo le 19 octobre 2020<\/em><\/p>\n<p>En 2013, le gouvernement suisse a d\u00e9cid\u00e9 de participer au programme de r\u00e9installation des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s vuln\u00e9rables en provenance de Syrie, un pays d\u00e9chir\u00e9 par la guerre.<\/p>\n<p>C\u2019est dans le cadre de ce programme que Khater Obeida est venu en Suisse en 2015. Il a \u00e9t\u00e9 h\u00e9berg\u00e9 dans un centre d\u2019asile \u00e0 Biberist, dans le canton de Soleure. Cette d\u00e9pendance ext\u00e9rieure d\u2019une ancienne prison est aujourd\u2019hui g\u00e9r\u00e9e comme un centre d\u2019asile par l\u2019organisation priv\u00e9e ORS.<\/p>\n<p>Ce Syrien de 35 ans souffrait de troubles de stress post-traumatique (TSPT). Sa situation psychologique s\u2019\u00e9tait aggrav\u00e9e \u00e0 la suite de son s\u00e9jour au centre et il avait finalement \u00e9t\u00e9 stigmatis\u00e9 comme \u00abfou violent\u00bb, a-t-il indiqu\u00e9 dans une interview accord\u00e9e \u00e0 swissinfo.ch.<\/p>\n<p>Selon les organisations non gouvernementales, son histoire n\u2019est pas un cas isol\u00e9; elle r\u00e9v\u00e8le les faiblesses du syst\u00e8me d\u2019asile suisse en mati\u00e8re de gestion des groupes vuln\u00e9rables.<\/p>\n<h3>Pression du groupe plut\u00f4t que tranquillit\u00e9<\/h3>\n<p>\u00abLe lieu lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 une cause de la d\u00e9t\u00e9rioration de mon \u00e9tat mental, estime Khater Obeida. Cet endroit m\u2019a rappel\u00e9 mon s\u00e9jour en prison. Mais je voulais passer mes journ\u00e9es seul, sans avoir \u00e0 parler \u00e0 d\u2019autres personnes.\u00bb<\/p>\n<p>Ce souhait n\u2019a cependant pas \u00e9t\u00e9 pris en consid\u00e9ration. Les employ\u00e9s du centre d\u2019asile lui ont plut\u00f4t demand\u00e9 de traduire pour d\u2019autres r\u00e9fugi\u00e9s. \u00abCela a conduit \u00e0 des conflits. Mon cas particulier et mon besoin d\u2019isolement n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pris en compte\u00bb, d\u00e9clare Khater Obeida.<\/p>\n<h3>Critiques infond\u00e9es<\/h3>\n<p>ORS, l\u2019organisation priv\u00e9e qui g\u00e8re le centre d\u2019asile, rejette ces all\u00e9gations. \u00ab\u00c0 aucun moment, il n\u2019\u00e9tait possible de s\u2019apercevoir que le b\u00e2timent avait autrefois \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 comme d\u00e9pendance d\u2019une prison\u00bb, indique-t-elle dans une prise de position.<\/p>\n<p>Cette \u00abmaison spacieuse\u00bb avait \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement r\u00e9nov\u00e9e avant d\u2019\u00eatre utilis\u00e9e pour h\u00e9berger des r\u00e9fugi\u00e9s. En plus d\u2019une grande cuisine avec une salle \u00e0 manger lumineuse, elle est entour\u00e9e d\u2019une grande terrasse et d\u2019animaux.<\/p>\n<p>De plus, contrairement \u00e0 d\u2019autres centres d\u2019h\u00e9bergement, il y a des toilettes s\u00e9par\u00e9es pour chaque chambre, pr\u00e9cise encore ORS.<\/p>\n<h3>Parole contre parole<\/h3>\n<p>Khater Obeida raconte encore qu\u2019un jour, ses m\u00e9dicaments \u00e9tant \u00e9puis\u00e9s, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 conduit chez le m\u00e9decin malgr\u00e9 ses appels \u00e0 l\u2019aide et qu\u2019il a alors r\u00e9clam\u00e9 une ambulance par crainte d\u2019une crise de panique. Mais au lieu de l\u2019aider, les employ\u00e9s du centre ont appel\u00e9 la police. Il a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019avoir tent\u00e9 d\u2019attaquer l\u2019employ\u00e9 responsable, ce que Khater Obeida nie cat\u00e9goriquement.<\/p>\n<p>Sur ce point, ORS r\u00e9pond que les soins m\u00e9dicaux de Khater Obeida ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00e0 tout moment garantis\u00bb. Cependant, Khater Obeida \u00e9tait r\u00e9guli\u00e8rement rattrap\u00e9 par ses exp\u00e9riences traumatisantes et, dans certains cas, il a d\u00fb subir un traitement d\u2019urgence. \u00c0 cette fin, le personnel d\u2019accompagnement du centre l\u2019a conduit \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u00e0 plusieurs reprises. Malgr\u00e9 cela, son \u00e9tat de sant\u00e9 s\u2019est de plus en plus d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 durant son s\u00e9jour au centre, pr\u00e9cise encore ORS.<\/p>\n<h3>Psychoth\u00e9rapie utile<\/h3>\n<p>Khater Obeida a laiss\u00e9 SWI swissinfo.ch consulter son dossier m\u00e9dical. Celui-ci indique que son \u00e9tat s\u2019est am\u00e9lior\u00e9 \u00e0 chaque fois qu\u2019il a suivi une psychoth\u00e9rapie. Son transfert \u00e0 la Clinique ambulatoire de la Croix-Rouge suisse pour les victimes de la torture et de la guerre \u00e0 Berne et le changement de traducteur ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 cette am\u00e9lioration.<\/p>\n<p>Mais son \u00e9tat empirait \u00e0 nouveau chaque fois qu\u2019il retournait au centre. \u00abJ\u2019\u00e9tais stigmatis\u00e9. On ne savait pas comment traiter des cas sp\u00e9ciaux comme le mien\u00bb, explique Khater Obeida.<\/p>\n<p>ORS r\u00e9torque de son c\u00f4t\u00e9 que les r\u00e9fugi\u00e9s sont en tout temps \u00abtrait\u00e9s avec respect et d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal, en tenant compte notamment de leurs probl\u00e8mes physiques et\/ou psychologiques\u00bb.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 son \u00abtravail intensif avec le personnel d\u2019encadrement\u00bb, ORS d\u00e9clare par ailleurs s\u2019engager avec un \u00abdegr\u00e9 sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne\u00bb aupr\u00e8s de personnes dans le besoin comme Khater Obeida, \u00abafin de leur apporter le meilleur soutien possible sur la voie de la gu\u00e9rison de leurs exp\u00e9riences traumatisantes\u00bb.<\/p>\n<h3>\u00abProbl\u00e8me structurel\u00bb<\/h3>\n<p>Matthias Rysler, responsable du point de contact du r\u00e9seau de solidarit\u00e9 \u00e0 Berne, d\u00e9clare qu\u2019il existe en Suisse un probl\u00e8me syst\u00e9mique dans la prise en charge des r\u00e9fugi\u00e9s, en particulier des personnes traumatis\u00e9es et vuln\u00e9rables qui ne savent pas comment s\u2019aider elles-m\u00eames et qui ont besoin d\u2019un soutien particulier.<\/p>\n<p>Il attribue ce probl\u00e8me au \u00abmanque de d\u00e9pistage syst\u00e9matique des demandeurs d\u2019asile, afin d\u2019identifier les victimes de torture, les personnes traumatis\u00e9es et les personnes ayant des besoins particuliers\u00bb. Selon Matthias Rysler, un traumatisme ou une souffrance psychologique ou physique ne peuvent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9s que lors d\u2019une visite chez le m\u00e9decin.<\/p>\n<p>Pour Naomi Weber, directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Observatoire suisse du droit d\u2019asile et des \u00e9trangers, l\u2019histoire de Khater Obeida n\u2019est pas non plus un cas isol\u00e9. En Suisse, il n\u2019existe pas de chiffres nationaux sur les demandeurs d\u2019asile traumatis\u00e9s.<\/p>\n<p>Cependant, en prenant en compte la situation mondiale, des \u00e9tudes scientifiques montrent qu\u2019environ la moiti\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s souffrent de maladies mentales. Parmi les principaux diagnostics identifi\u00e9s figurent la d\u00e9pression et les troubles de stress post-traumatique.<\/p>\n<p>\u00abEn ce qui concerne la situation dans les centres d\u2019asile f\u00e9d\u00e9raux et dans les proc\u00e9dures d\u2019asile, nous constatons qu\u2019il existe un probl\u00e8me structurel dans l\u2019identification des demandeurs d\u2019asile traumatis\u00e9s\u00bb, souligne Naomi Weber. D\u2019une part, les traumatismes ne sont pas suffisamment reconnus et, d\u2019autre part, on leur accorde trop peu d\u2019attention.<\/p>\n<h3>Une question d\u2019\u00e9conomies<\/h3>\n<p>Matthias Rysler critique \u00e9galement le fait qu\u2019il n\u2019existe pas de proc\u00e9dures et de r\u00e8gles \u00e9tablies pour traiter les r\u00e9fugi\u00e9s traumatis\u00e9s. Il estime \u00e9galement que les structures d\u2019h\u00e9bergement existantes ne r\u00e9pondent en aucune fa\u00e7on \u00e0 leurs besoins. \u00abPour les personnes souffrant de stress post-traumatique ou de maladies similaires, le s\u00e9jour dans un logement collectif est g\u00e9n\u00e9ralement particuli\u00e8rement stressant et les rend malades\u00bb, rel\u00e8ve-t-il.<\/p>\n<p>Aux yeux de Matthias Rysler, il est clair qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me syst\u00e9mique, provoqu\u00e9 par la pression pour \u00e9conomiser et des finances serr\u00e9es. C\u2019est pourquoi des organisations priv\u00e9es telles qu\u2019ORS ont r\u00e9guli\u00e8rement re\u00e7u des mandats du secteur public.<\/p>\n<p>Des \u00e9conomies seraient alors r\u00e9alis\u00e9es dans le secteur du personnel. Seuls quelques rares employ\u00e9s d\u2019ORS et d\u2019autres organisations priv\u00e9es auraient les connaissances sp\u00e9cialis\u00e9es n\u00e9cessaires pour fournir le service. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les employ\u00e9s seraient souvent des personnes issues de domaines professionnels compl\u00e8tement diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Pour Naomi Weber, la situation est fondamentalement probl\u00e9matique lorsque le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif devient actif dans le domaine de l\u2019aide humanitaire. \u00abIl faut naturellement se demander combien une entreprise priv\u00e9e peut d\u00e9penser pour des soins de qualit\u00e9 aux demandeurs d\u2019asile\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Dans le cas de Khater Obeida, Naomi Weber critique notamment le lieu d\u2019h\u00e9bergement. \u00abNous ne comprenons pas pourquoi des demandeurs d\u2019asile particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables sont h\u00e9berg\u00e9s dans une ancienne prison\u00bb. Cela pourrait d\u00e9clencher certaines \u00e9motions et, dans le pire des cas, conduire \u00e0 une retraumatisation, estime-t-elle.<\/p>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un Syrien traumatis\u00e9 par la guerre affirme qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 correctement trait\u00e9 dans son pays d\u2019accueil, la Suisse. Son cas soul\u00e8ve la question de savoir si le programme d\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s de guerre vuln\u00e9rables contient des failles syst\u00e9miques. Selon les organisations non gouvernementales, son histoire n\u2019est pas un cas isol\u00e9; elle r\u00e9v\u00e8le les faiblesses &hellip; <a href=\"https:\/\/asile.ch\/en\/2020\/10\/27\/swissinfo-prise-en-soin-defaillante-des-refugies-traumatises\/\">Continued<\/a><\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":61122,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,342,155],"tags":[380,889,972,653],"ve_numero":[],"pays":[82],"ve_type":[1061],"ve_action":[],"class_list":["post-61120","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-articles-de-presse","category-documentation","tag-accueil","tag-hebergement","tag-refugie","tag-traumatisme","pays-suisse","ve_type-article-de-presse"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61120","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61120"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61120\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/61122"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61120"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61120"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61120"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=61120"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=61120"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=61120"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=61120"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}