{"id":61870,"date":"2020-12-03T17:17:45","date_gmt":"2020-12-03T16:17:45","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=61870"},"modified":"2021-08-26T13:45:05","modified_gmt":"2021-08-26T11:45:05","slug":"geoconfluences-relayer-les-circulations-migratoires-le-cas-des-refugies-syriens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2020\/12\/03\/geoconfluences-relayer-les-circulations-migratoires-le-cas-des-refugies-syriens\/","title":{"rendered":"G\u00e9oconfluences | Cartographier les circulations migratoires: les r\u00e9fugi\u00e9s syriens"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">La guerre d\u00e9clench\u00e9e en mars 2011 en Syrie a donn\u00e9 lieu \u00e0 d\u2019importants flux migratoires dirig\u00e9s principalement vers les pays voisins. L\u2019Union europ\u00e9enne en a accueilli une petite part, mais la cartographie associ\u00e9e \u00e0 ce qu\u2019on a appel\u00e9 improprement la \u00ab crise des migrants \u00bb a largement contribu\u00e9 \u00e0 exag\u00e9rer fortement ces flux. Cet article propose des pistes pour sortir de l\u2019impasse cartographique, \u00e0 partir d\u2019une repr\u00e9sentation fine de trajectoires individuelles de personnes exil\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><em>L&rsquo;article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/informations-scientifiques\/dossiers-thematiques\/mobilites-flux-et-transports\/articles-scientifiques\/cartographie-migrations-exil-syrie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Comment cartographier les circulations migratoires? Quelques pistes de r\u00e9flexions \u00e0 partir du cas des exil\u00e9s syriens<\/a>\u00a0\u00bb r\u00e9dig\u00e9 par David Lagarde, docteur en g\u00e9ographie, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le 16 novembre 2020 sur le site G\u00e9oconfluences, ressource de g\u00e9ographie pour les enseignant\u00b7e\u00b7s<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Comment cartographier les circulations migratoires?<br \/>\nQuelques pistes de r\u00e9flexions \u00e0 partir du cas des exil\u00e9s syriens<\/h2>\n<p><strong>David Lagarde<\/strong><\/p>\n<p><strong><br \/>\n<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>La guerre d\u00e9clench\u00e9e en mars 2011 en Syrie a donn\u00e9 lieu \u00e0 d\u2019importants flux migratoires dirig\u00e9s principalement vers les pays voisins. L\u2019Union europ\u00e9enne en a accueilli une petite part, mais la cartographie associ\u00e9e \u00e0 ce qu\u2019on a appel\u00e9 improprement la \u00ab crise des migrants \u00bb a largement contribu\u00e9 \u00e0 exag\u00e9rer fortement ces flux. Cet article propose des pistes pour sortir de l\u2019impasse cartographique, \u00e0 partir d\u2019une repr\u00e9sentation fine de trajectoires individuelles de personnes exil\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sommaire<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li><strong><a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/informations-scientifiques\/dossiers-thematiques\/mobilites-flux-et-transports\/articles-scientifiques\/cartographie-migrations-exil-syrie#section-0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> Des cartes anxiog\u00e8nes pour illustrer l\u2019ampleur de la&nbsp;crise<\/a><\/strong><\/li>\n<li><strong><a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/informations-scientifiques\/dossiers-thematiques\/mobilites-flux-et-transports\/articles-scientifiques\/cartographie-migrations-exil-syrie#section-1\"> Privil\u00e9gier des \u00e9chelles d\u2019analyse plus fines<\/a><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En mars 2011, apr\u00e8s plus de quarante ans de r\u00e8gne sans partage sur la Syrie, le clan al-Assad fait face \u00e0 un mouvement insurrectionnel qui s\u2019\u00e9tend rapidement \u00e0 des pans entiers du territoire syrien. D\u00e8s les premi\u00e8res manifestations, les forces du r\u00e9gime tentent de mater le soul\u00e8vement par la violence. \u00c0 partir du mois d\u2019avril, quelques milliers de personnes fuyant la r\u00e9pression commencent \u00e0 traverser les <a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/glossaire\/frontieres\">fronti\u00e8res<\/a> pour trouver refuge dans les pays limitrophes. Au cours des ann\u00e9es suivantes, \u00e0 mesure que le conflit s\u2019enlise et gagne en intensit\u00e9, les d\u00e9parts augmentent de mani\u00e8re exponentielle et l\u2019exil s\u2019inscrit dans la dur\u00e9e. En juin 2014, l\u2019ampleur de l\u2019exode est telle que plus de 3 millions de Syriennes et de Syriens sont enregistr\u00e9s aupr\u00e8s du Haut-Commissariat aux r\u00e9fugi\u00e9s des Nations-Unis (<abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>) dans les principaux espaces d\u2019accueil du Moyen-Orient (document 1).<\/p>\n<h4>Document 1. En 2014, les pays du Moyen-Orient face \u00e0 une augmentation importante du nombre de r\u00e9fugi\u00e9s<\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image001.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-61875\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image001-1024x971.png\" alt=\"\" width=\"708\" height=\"671\"><\/a><\/p>\n<p>Face \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 et aux incertitudes qui p\u00e8sent \u00e0 l\u2019\u00e9poque sur une majorit\u00e9 d\u2019exil\u00e9s install\u00e9s dans la r\u00e9gion (Jaber, 2016&nbsp;; Boissi\u00e8re et Tabet, 2018), un nombre croissant de <a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/glossaire\/refugie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9fugi\u00e9s <\/a>prennent la d\u00e9cision de reconstruire leur vie en Europe. Pour la plupart, la Su\u00e8de et l\u2019Allemagne font figure de destinations privil\u00e9gi\u00e9es. N\u00e9anmoins, la fermeture des <a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/glossaire\/frontieres\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">fronti\u00e8res <\/a>de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) force une \u00e9crasante majorit\u00e9 de candidats \u00e0 l\u2019exil \u00e0 emprunter des itin\u00e9raires clandestins, qui leur permettent de rallier (difficilement) l\u2019Ouest du continent en venant se greffer aux fili\u00e8res irr\u00e9guli\u00e8res pr\u00e9existantes \u00e0 la crise syrienne. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2015, l\u2019ouverture temporaires des fronti\u00e8res de l\u2019UE engendre une soudaine augmentation des <a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/glossaire\/flux\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">flux <\/a>vers le territoire de l\u2019espace Schengen (Dujmovic et Sint\u00e8s, 2017)&nbsp;; une situation que les observateurs europ\u00e9ens s\u2019empressent de qualifier \u00e0 tort de \u00ab&nbsp;crise migratoire&nbsp;\u00bb, de \u00ab&nbsp;crise des migrants&nbsp;\u00bb, ou encore de \u00ab&nbsp;crise des r\u00e9fugi\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Comme nous le verrons dans la premi\u00e8re partie de cet article, la cartographie a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le traitement de cet \u00e9pisode migratoire, en venant renforcer un argumentaire politique et m\u00e9diatique propice \u00e0 alimenter les angoisses d\u2019invasion au sein de l\u2019opinion publique europ\u00e9enne. Au regard de ce constat, cette contribution entend proposer une cartographie \u00ab&nbsp;alternative&nbsp;\u00bb de cette pr\u00e9tendue crise des r\u00e9fugi\u00e9s. Je propose pour cela de centrer mon propos sur le cas sp\u00e9cifique de l\u2019exode syrien \u2013 qui a largement contribu\u00e9 \u00e0 alimenter les flux vers l\u2019Europe \u2013 et de d\u00e9placer la focale sur le Moyen-Orient, v\u00e9ritable \u00e9picentre de ce d\u00e9placement de population. La seconde partie permettra de mettre en exergue les cons\u00e9quences de la fermeture des fronti\u00e8res sur les dimensions spatiales, sociales et temporelles des itin\u00e9raires emprunt\u00e9s par les exil\u00e9s&nbsp; en provenance de Syrie&nbsp; et d\u00e9sireux de trouver refuge \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Je mobiliserai pour cela le mat\u00e9riau narratif collect\u00e9 entre 2013 et 2016 aupr\u00e8s de r\u00e9fugi\u00e9s install\u00e9s en Jordanie et en Allemagne. Ces lignes s\u2019inscrivent en ce sens dans le prolongement de travaux r\u00e9cents, proposant une lecture cartographique plus humaine, mais surtout plus conforme aux r\u00e9alit\u00e9s politiques, \u00e9conomiques, sociales et spatiales qui sous-tendent les ph\u00e9nom\u00e8nes migratoires contemporains (Mekdjian <em>et al.<\/em>, 2014&nbsp;; Bacon, 2016&nbsp;; Bacon <em>et al.<\/em>, 2016&nbsp;; Collectif Migreurop, 2017&nbsp;; Casas-Cortes et Cobarrubias, 2018, Dujmovic, 2019).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-61876\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Image002.png\" alt=\"\" width=\"892\" height=\"405\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Image002.png 892w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Image002-300x136.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Image002-150x68.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 892px) 100vw, 892px\" \/><\/p>\n<h2><strong> 1. Des cartes anxiog\u00e8nes pour illustrer l\u2019ampleur de la&nbsp;crise<\/strong><\/h2>\n<p>En d\u00e9pit des nombreuses cartes v\u00e9hiculant l\u2019id\u00e9e d\u2019un afflux massif de r\u00e9fugi\u00e9s vers l\u2019Europe, seule une minorit\u00e9 d\u2019exil\u00e9s syriens ont trouv\u00e9 refuge dans l\u2019un des 28 pays de l\u2019UE durant la crise de 2015-2016.<\/p>\n<h4><strong>1.1.&nbsp;Une n\u00e9cessaire mise en perspective de la \u00ab&nbsp;crise des r\u00e9fugi\u00e9s&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h4>\n<p><strong>Selon Eurostat, l\u2019agence de statistiques de la Commission europ\u00e9enne, environ 1,2 million de demandes d\u2019asile ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es durant toute l\u2019ann\u00e9e 2015 en Europe&nbsp;; un chiffre deux fois plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019au cours de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. <\/strong>Parmi ces requ\u00e9rants, les&nbsp; ressortissants syriens constituaient de loin la nationalit\u00e9 la plus repr\u00e9sent\u00e9e, avec 360&nbsp;000 dossiers d\u00e9pos\u00e9s. Cette augmentation soudaine des flux vers l\u2019Europe a fait suite \u00e0 la d\u00e9cision du gouvernement allemand de suspendre temporairement le <a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/glossaire\/reglement-de-dublin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e8glement de Dublin<\/a> <a name=\"ftn1ref\"><\/a><a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/informations-scientifiques\/dossiers-thematiques\/mobilites-flux-et-transports\/articles-scientifiques\/cartographie-migrations-exil-syrie#ftn1\">[1]<\/a>, qui pr\u00e9voit le renvoi des demandeurs d\u2019asile vers leur pays d\u2019entr\u00e9e dans l\u2019UE. Par la suite, si le nombre de demandes d\u00e9pos\u00e9es est rest\u00e9 relativement stable en 2016, la signature du \u00ab&nbsp;<a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/glossaire\/pacte-migratoire-ue-turquie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pacte migratoire UE-Turquie<\/a>&nbsp;\u00bb a eu un effet direct sur le nombre de nouvelles entr\u00e9es. Pour l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e 2017, le nombre total de requ\u00e9rants est retomb\u00e9 \u00e0 environ 700&nbsp;000 personnes, pour retrouver peu ou prou son niveau d\u2019avant 2015.<\/p>\n<p>Si ces statistiques t\u00e9moignent d\u2019une augmentation des flux soudaine et soutenue au cours de la p\u00e9riode 2015-2016, cette hausse est n\u00e9anmoins rest\u00e9e assez br\u00e8ve dans le temps et relativement limit\u00e9e en nombre d&rsquo;individus concern\u00e9s. En effet<strong>, en comparaison des tendances observ\u00e9es \u00e0 l\u2019Est de la M\u00e9diterran\u00e9e, qualifier cet \u00e9v\u00e8nement de&nbsp;crise migratoire semble largement excessif.<\/strong> Le document&nbsp;2 propose une esquisse de l\u2019exil syrien \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Comme le montre ce planisph\u00e8re, le poids de l\u2019accueil de cette population repose tr\u00e8s largement sur les pays limitrophes de la Syrie (Lagarde, 2019b). En effet, alors que les ressortissants syriens constituaient 0,13&nbsp;% de la population des 28 pays de l\u2019UE en 2016, ce rapport s\u2019\u00e9levait \u00e0 plus de 16&nbsp;% au Liban \u2013 un chiffre qui ne prend m\u00eame pas en compte les individus non-enregistr\u00e9s aupr\u00e8s du HCR dans ce pays (Kabanji &amp; Drapeau, 2017). Ainsi, s\u2019il existe une crise migratoire en Europe, celle-ci adopte surtout les traits d\u2019<strong>une crise de l\u2019accueil de demandeurs d\u2019asile.<\/strong><\/p>\n<h4>Document 2. L\u2019accueil des exil\u00e9s syriens&nbsp;: principalement dans le voisinage proche<\/h4>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-61877\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image003.jpg\" alt=\"\" width=\"1100\" height=\"664\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image003.jpg 1100w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image003-300x181.jpg 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image003-150x91.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/strong><\/p>\n<h4><strong>1.2. Des limites de l\u2019esth\u00e9tique<\/strong><\/h4>\n<p>Comme on l\u2019observe souvent en situation de crise, le support cartographique a largement \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 par les agences d\u2019expertises, les partis politiques et les m\u00e9dias europ\u00e9ens, afin de t\u00e9moigner du volume des flux en direction de l\u2019Europe. Notons ici que <strong>les cartes et les graphiques qui ont envahi l\u2019espace m\u00e9diatique durant la \u00ab&nbsp;crise des r\u00e9fugi\u00e9s&nbsp;\u00bb ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s \u00e0 partir de donn\u00e9es au caract\u00e8re souvent hasardeux, tant il s\u2019av\u00e8re p\u00e9rilleux de r\u00e9ussir \u00e0 comptabiliser avec pr\u00e9cision des effectifs d\u2019individus en mouvement<\/strong> (Bakewell, 1999&nbsp;; Crisp, 1999). N\u00e9anmoins, en s\u2019appuyant sur une suppos\u00e9e factualit\u00e9 statistique et l\u2019hypoth\u00e9tique&nbsp;neutralit\u00e9 de la discipline cartographique, ces images b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une terrible efficacit\u00e9 \u00e9motionnelle et dramatisante au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Afin d\u2019expliciter cette position, je m\u2019appuierai sur l\u2019exemple de cartes produites dans le contexte de la pr\u00e9tendue crise migratoire&nbsp;de 2015-2016, en portant toujours une attention particuli\u00e8re au cas des r\u00e9fugi\u00e9s syriens. <strong>Ces illustrations permettront de mettre en lumi\u00e8re quelques-unes des limites inh\u00e9rentes \u00e0 la plupart des productions cartographiques propos\u00e9es&nbsp;&nbsp; pour repr\u00e9senter des mouvements migratoires.<\/strong><\/p>\n<p>Arr\u00eatons-nous d\u2019abord sur la carte intitul\u00e9e <em>The Tide of Refugees<\/em> (document&nbsp;3)<em>.<\/em> Produite par Alberto Lucas L\u00f3pez, cette tr\u00e8s esth\u00e9tique repr\u00e9sentation de l\u2019exode syrien a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e par plusieurs prix de <em>data-journalism<\/em>. \u00c0 la lecture des quelques lignes qui accompagnent cette carte, <strong>l&rsquo;altruisme et l&rsquo;humanit\u00e9 de son auteur ne font aucun doute.<\/strong> En plus d\u2019\u00e9voquer les drames humains provoqu\u00e9s par un tel d\u00e9placement de population, celles-ci soulignent explicitement que seuls 10&nbsp;% des r\u00e9fugi\u00e9s ont poursuivi leur route jusqu\u2019en Europe. Mais paradoxalement, en privil\u00e9giant l\u2019aspect esth\u00e9tique au d\u00e9triment du respect des r\u00e8gles de s\u00e9miologie cartographique (Bahoken <em>et al.<\/em>, 2020), <strong>le message d\u00e9livr\u00e9 au lecteur va \u00e0 l\u2019encontre de cette r\u00e9alit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<h4>Document 3. Le message biais\u00e9 d\u2019une \u00ab&nbsp;mar\u00e9e&nbsp;\u00bb de r\u00e9fugi\u00e9s<\/h4>\n<h3><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image-4.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-61872\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image-4.png\" alt=\"\" width=\"253\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image-4.png 405w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image-4-185x300.png 185w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image-4-93x150.png 93w\" sizes=\"auto, (max-width: 253px) 100vw, 253px\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/maree-de-refugies-detail.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-61881 alignright\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/maree-de-refugies-detail.png\" alt=\"\" width=\"484\" height=\"321\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/maree-de-refugies-detail.png 1107w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/maree-de-refugies-detail-300x199.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/maree-de-refugies-detail-150x99.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 484px) 100vw, 484px\" \/><\/a><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><span class=\"discreet\">Source&nbsp;: Alberto Lucas Lopez, \u201c<span class=\"link-external\"><a href=\"https:\/\/www.scmp.com\/infographics\/article\/1863735\/infographic-tide-refugees-syria-and-where-theyre-heading-europe\">The tide of refugees from Syria, and where they&rsquo;re heading to in Europe<\/a><\/span>\u201d,&nbsp;<em>South China Morning Post<\/em>, 3 octobre 2015. Carte enti\u00e8re \u00e0 gauche, d\u00e9tail \u00e0 droite.<\/span><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des cartes publi\u00e9es durant la \u00ab&nbsp;crise des r\u00e9fugi\u00e9s&nbsp;\u00bb, celle-ci a le m\u00e9rite de repr\u00e9senter les d\u00e9placements massifs vers les pays limitrophes de la Syrie. N\u00e9anmoins, l\u2019auteur indique que \u00ab&nbsp;pour des raisons de lisibilit\u00e9&nbsp;\u00bb (<em>sic<\/em>), l\u2019\u00e9chelle des flux vers l\u2019Europe \u00ab&nbsp;a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par 24&nbsp;\u00bb en comparaison de ceux vers le Moyen-Orient. Cette indication \u00e0 beau appara\u00eetre en toutes lettres, la taille de la police utilis\u00e9e est telle que cette information demeure quasiment illisible. Sur le plan cognitif, l\u2019attention est de toute fa\u00e7on d\u2019abord capt\u00e9e par l\u2019\u00e9paisseur des traits symbolisant les d\u00e9placements vers l\u2019Europe. <strong>Ainsi, \u00e0 la lecture de cette carte, la France \u2013 qui d\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es utilis\u00e9es aurait accueilli 30&nbsp;000 r\u00e9fugi\u00e9s syriens sur son sol en 2015, soit 0,045&nbsp;% de sa population totale<\/strong> <a name=\"ftn2ref\"><\/a><a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/informations-scientifiques\/dossiers-thematiques\/mobilites-flux-et-transports\/articles-scientifiques\/cartographie-migrations-exil-syrie#ftn2\">[2]<\/a> \u2013 <strong>semble faire preuve de plus de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 que la Jordanie, un pays o\u00f9 r\u00e9sident pourtant plus de 630&nbsp;000 exil\u00e9s en provenance de Syrie \u2013 soit 6,33&nbsp;% des habitants du royaume\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le graphique qui accompagne cette carte renforce cette ambigu\u00eft\u00e9, puisqu\u2019il ne fait appara\u00eetre que les chiffres des demandes d\u2019asile d\u00e9pos\u00e9es par des ressortissants syriens au sein de l\u2019UE. Enfin, la pr\u00e9dominance de la couleur bleue, associ\u00e9e au titre de la carte faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une mar\u00e9e (<em>tide<\/em>) de r\u00e9fugi\u00e9s (<em>of refugees<\/em>) v\u00e9hicule implicitement l\u2019id\u00e9e qu\u2019un tsunami en provenance de Syrie s\u2019appr\u00eaterait \u00e0 submerger l\u2019ensemble du continent europ\u00e9en.<\/p>\n<h4><strong>1.3. Une cartographie euro-centr\u00e9e et anxiog\u00e8ne<\/strong><\/h4>\n<p>La seconde carte (document 4) a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e par Frontex, l\u2019agence de surveillance des <a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/glossaire\/frontieres\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">fronti\u00e8res <\/a>ext\u00e9rieures de l\u2019UE. Ce document pr\u00e9tend faire \u00e9tat de l\u2019origine des personnes entr\u00e9es de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re en Europe, entre juillet et septembre 2015&nbsp;; soit au tout d\u00e9but de la \u00ab&nbsp;crise migratoire&nbsp;\u00bb. <strong>Cette image se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la fois embl\u00e9matique et caricaturale d\u2019une majorit\u00e9 de cartes publi\u00e9es au cours de cette p\u00e9riode<\/strong> (Houtum et Lacy, 2020). Soulignons tout d\u2019abord l\u2019\u00e9paisseur et l\u2019orientation des fl\u00e8ches symbolisant ces mouvements de populations. En l\u2019\u00e9tat, leur taille disproportionn\u00e9e laisse penser que des millions d\u2019individus seraient entr\u00e9s irr\u00e9guli\u00e8rement en Europe en l\u2019espace de trois mois seulement. Cette ambig\u00fcit\u00e9 est largement renforc\u00e9e par l\u2019absence d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de l\u00e9gende, qui ne permet pas au lecteur de connaitre le nombre r\u00e9el d\u2019individus concern\u00e9s par ces d\u00e9placements.<\/p>\n<h4>Document 4. La carte de Frontex : tordre les faits pour convaincre l\u2019opinion d\u2019une menace et obtenir davantage de fonds<\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image005.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-61878 \" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image005.png\" alt=\"\" width=\"471\" height=\"426\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image005.png 598w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image005-300x271.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image005-150x136.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le choix des couleurs n\u2019est lui non plus ni neutre, ni objectif. Le territoire de l\u2019espace Schengen, repr\u00e9sent\u00e9 en bleu \u2013 tel un havre de paix et de s\u00e9curit\u00e9 \u2013 d\u00e9note largement avec la couleur rouge \u2013 associ\u00e9e au danger dans l\u2019imaginaire collectif europ\u00e9en \u2013 qui symbolisent les flux en provenance d\u2019Afrique et du Moyen-Orient. <strong>\u00c0 travers ce type de carte profond\u00e9ment anxiog\u00e8ne, Frontex v\u00e9hicule un discours pr\u00e9sentant l\u2019Europe comme une citadelle assi\u00e9g\u00e9e et menac\u00e9e de toute part par des hordes de migrants.<\/strong><\/p>\n<p>Ces fl\u00e8ches grossi\u00e8res et unidirectionnelles, aboutissent par ailleurs \u00ab&nbsp;\u00e0 la vision d\u2019un espace migratoire \u201clisse\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire o\u00f9 le trait de dessin continu de quelques routes migratoires occulte toutes les \u201casp\u00e9rit\u00e9s\u201d \u2013 spatiales et temporelles d\u2019ordre politique, policier, p\u00e9cuniaire\u2026 \u2013 qui jalonnent les itin\u00e9raires emprunt\u00e9s par les migrants&nbsp;\u00bb (Choplin et Pliez, 2011). Autrement dit, les images produites par Frontex laissent penser, \u00e0 tort, qu\u2019il est particuli\u00e8rement facile pour les populations <a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/glossaire\/migrant\">migrantes <\/a>d\u2019atteindre l\u2019Europe depuis les rives m\u00e9ridionales et orientales du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en. Comme l\u2019affirment Brachet, Choplin et Pliez,&nbsp;<strong>ces repr\u00e9sentations des migrations \u00ab&nbsp;servent d\u2019arguments aux strat\u00e8ges de la g\u00e9opolitique r\u00e9gionale tentant de dessiner une \u201cg\u00e9ographie globale des risque et des menaces\u201d&nbsp;\u00bb<\/strong> (Brachet <em>et al.<\/em>, 2011&nbsp;: 3).<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, si certains concepteurs de cartes \u2013 soucieux de faciliter la compr\u00e9hension de l\u2019information et guid\u00e9s par leur sens de l\u2019esth\u00e9tique \u2013 ne semblent pas toujours avoir conscience de la port\u00e9e du message qu\u2019ils v\u00e9hiculent, d\u2019autres acteurs se servent <strong>de la cartographie comme d\u2019un outil de propagande<\/strong> (Harley, 1995&nbsp;; Lambert, 2017&nbsp;; Monmonier, 1991), <strong>visant \u00e0 l\u00e9gitimer aupr\u00e8s de l\u2019opinion publique les raisons de leur existence et l&rsquo;abondance des fonds qui leur sont allou\u00e9s afin d\u2019assurer leur mission de surveillance.<\/strong> Notons sur ce point qu\u2019entre 2005 et 2015, le budget de Frontex est pass\u00e9 de 6,2 \u00e0 100 millions d\u2019euros. Pour 2020, il est \u00e9valu\u00e9 \u00e0 420 millions d\u2019euros&nbsp;!<\/p>\n<h3><a name=\"section-1\"><\/a>2. Privil\u00e9gier des \u00e9chelles d\u2019analyse plus fines<\/h3>\n<p>Les limites inh\u00e9rentes aux cartes produites durant la \u00ab&nbsp;crise migratoire&nbsp;\u00bb invitent \u00e0 changer d\u2019\u00e9chelle d\u2019observation, pour passer de l\u2019analyse d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne de masse, \u00e0 celle de dynamiques migratoires plus discr\u00e8tes, permettant de mettre en lumi\u00e8re la \u00ab&nbsp;rugosit\u00e9&nbsp;\u00bb des espaces parcourus par les migrants. En m\u2019int\u00e9ressant ici aux itin\u00e9raires de r\u00e9fugi\u00e9s originaires d\u2019une petite bourgade de Syrie, je souhaite offrir une autre perspective cartographique sur les mouvements migratoires, tout en sortant du regard eurocentr\u00e9 qui pr\u00e9domine habituellement.<\/p>\n<h4><strong>2.1. Des routes migratoires multiples et \u00e9volutives<\/strong><\/h4>\n<p>Dans le cadre d\u2019une recherche doctorale consacr\u00e9e aux routes de l\u2019exil syrien (Lagarde, 2018), j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 concevoir des documents cartographiques susceptibles de d\u00e9livrer une image diff\u00e9rente des mouvements migratoires&nbsp;; plus proche des r\u00e9alit\u00e9s empiriques qui structurent ces ph\u00e9nom\u00e8nes de mobilit\u00e9. \u00c0 travers cette d\u00e9marche, <strong>mon objectif \u00e9tait d\u2019insister sur la multidirectionnalit\u00e9 des flux, <\/strong>pour montrer que si les routes migratoires sont nombreuses, elles ne m\u00e8nent pas toutes en Europe. Comme nous le verrons par la suite, il s\u2019agissait aussi de montrer que <strong>ces chemins sont extr\u00eamement labiles <\/strong>et qu\u2019ils ne sont<strong> pas tous emprunt\u00e9s simultan\u00e9ment par les migrants.<\/strong><\/p>\n<p>Afin de mener \u00e0 bien cette entreprise cartographique, j\u2019ai pris le parti de d\u00e9placer le regard vers des espaces rarement consid\u00e9r\u00e9s par les observateurs europ\u00e9ens, bien qu\u2019ils soient soumis \u00e0 des d\u00e9placements de population nettement plus massifs et soudains que ceux observ\u00e9s en Europe durant la \u00ab&nbsp;crise des r\u00e9fugi\u00e9s&nbsp;\u00bb. Cela m\u2019a finalement conduit \u00e0 m\u2019int\u00e9resser aux mobilit\u00e9s de la population de Deir Mqaren, un petit village de quelques milliers d\u2019habitants situ\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest de Damas. Partant de l\u00e0, j\u2019ai resserr\u00e9 encore un peu plus la focale, pour analyser plus sp\u00e9cifiquement leurs d\u00e9placements transfrontaliers vers la Jordanie.<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re s\u00e9rie de cartes de flux (document 5) offre un aper\u00e7u des multiples itin\u00e9raires emprunt\u00e9s par les exil\u00e9s de cette bourgade, depuis 2011, afin de rallier le territoire jordanien. Ces figures, bas\u00e9es sur un \u00e9chantillon de 125 personnes, ont \u00e9t\u00e9 construites gr\u00e2ce aux informations collect\u00e9es aupr\u00e8s de 23 enqu\u00eat\u00e9s, interrog\u00e9s \u00e0 partir des questions suivantes&nbsp;: <em>Qui dans votre entourage a quitt\u00e9 Deir Mqaren pour s\u2019installer en Jordanie&nbsp;?&nbsp;; Quand est-ce que cette personne a quitt\u00e9 le village&nbsp;?&nbsp;; Par quel lieu est-elle entr\u00e9e&nbsp;?&nbsp;; O\u00f9 s\u2019est-elle install\u00e9e en arrivant&nbsp;?<\/em> Les r\u00e9ponses ainsi obtenues permettent de distinguer <strong>quatre types de routes diff\u00e9rentes. La voie a\u00e9rienne<\/strong>, qui permet d\u2019atteindre l\u2019a\u00e9roport d\u2019Amman depuis Damas ou Beyrouth. Ensuite, <strong>l\u2019axe routier \u00ab&nbsp;historique&nbsp;<\/strong>\u00bb, connectant la Syrie au nord de la Jordanie, permet d\u2019entrer sur le territoire du royaume Hach\u00e9mite par le poste fronti\u00e8re officiel de Nassib-Jaber. Viennent enfin&nbsp;<strong>deux itin\u00e9raires \u00ab&nbsp;clandestins&nbsp;\u00bb,<\/strong> qui ont \u00e9t\u00e9 ouverts depuis le d\u00e9but du conflit. Le premier a permis \u00e0 des centaines de milliers d\u2019individus recherch\u00e9s par le r\u00e9gime ou ne disposant pas de passeport d\u2019entrer sur le territoire jordanien via une s\u00e9rie de points de passages informels situ\u00e9s \u00e0 l\u2019ouest de la fronti\u00e8re (Roussel, 2015), avant de poursuivre vers le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Zaatari (Georges, 2014). Le second traverse quant \u00e0 lui le d\u00e9sert de Syrie, pour rejoindre le campement de d\u00e9plac\u00e9s de Hadalaat, puis le camp d\u2019Azraq en Jordanie.<\/p>\n<h4>Document 5. Les flux entre Deir Mqaren et la Jordanie, 2011-2014, une dynamique globale<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-61880\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image0096.png\" alt=\"\" width=\"1085\" height=\"1474\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image0096.png 1085w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image0096-221x300.png 221w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/image0096-110x150.png 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 1085px) 100vw, 1085px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>[ Cet article \u00e9tant long, nous avons choisi de ne pas le reproduire dans son entier. Nous vous invitons \u00e0 lire la suite de l&rsquo;article <a href=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/informations-scientifiques\/dossiers-thematiques\/mobilites-flux-et-transports\/articles-scientifiques\/cartographie-migrations-exil-syrie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">sur le site G\u00e9oconfluences<\/a>]<\/strong><\/p>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La guerre d\u00e9clench\u00e9e en mars 2011 en Syrie a donn\u00e9 lieu \u00e0 d\u2019importants flux migratoires dirig\u00e9s principalement vers les pays voisins. L\u2019Union europ\u00e9enne en a accueilli une petite part, mais la cartographie associ\u00e9e \u00e0 ce qu\u2019on a appel\u00e9 improprement la \u00ab crise des migrants \u00bb a largement contribu\u00e9 \u00e0 exag\u00e9rer fortement ces flux. Cet article &hellip; <a href=\"https:\/\/asile.ch\/en\/2020\/12\/03\/geoconfluences-relayer-les-circulations-migratoires-le-cas-des-refugies-syriens\/\">Continued<\/a><\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":61872,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,155,162],"tags":[724,1159,326,233],"ve_numero":[],"pays":[340],"ve_type":[1091],"ve_action":[1048],"class_list":["post-61870","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-documentation","category-publications","tag-cartographie","tag-documentation","tag-routes-migratoires","tag-statistiques","pays-syrie","ve_type-cartographie","ve_action-statistiques"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61870","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61870"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61870\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/61872"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61870"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61870"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61870"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=61870"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=61870"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=61870"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=61870"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}