{"id":61936,"date":"2020-12-10T08:53:00","date_gmt":"2020-12-10T07:53:00","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=61936"},"modified":"2021-08-29T22:31:56","modified_gmt":"2021-08-29T20:31:56","slug":"livre-silences-dexils-quand-la-parole-se-delie-et-relie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2020\/12\/10\/livre-silences-dexils-quand-la-parole-se-delie-et-relie\/","title":{"rendered":"Book | \u00abSilences of Exile\u00bb: When words unravel and connect"},"content":{"rendered":"<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<h2>Livres \u00e0 (s\u2019)offrir<\/h2>\n<p>En cette fin d\u2019ann\u00e9e 2020 o\u00f9 les contacts sociaux sont fortement r\u00e9duits, la lecture reste un important rep\u00e8re.\u00a0Entre le 25 novembre et le 20 d\u00e9cembre, nous proposons sur notre site asile.ch une s\u00e9lection de \u00a0publications \u00e0 lire et \u00e0 offrir. Nous continuons cette s\u00e9rie avec la pr\u00e9sentation du livre\u00a0<strong><em>Silences d&rsquo;exils\u00a0<\/em><\/strong>\u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;un projet artistique sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de la d\u00e9possession de la langue. Une belle oeuvre ponctu\u00e9e d&rsquo;explications concernant la d\u00e9marche de l&rsquo;auteure Marina Skalova et de la photographe Nad\u00e8ge Abadie, de r\u00e9cits personnels ainsi que de textes collectifs. <\/div><\/div>\n<p><span style=\"color: #800000;\">\u00abPour certains, la feuille est un mur blanc o\u00f9 s\u2019exprimer, un espace possible. Pour les autres, elle est violence, renvoi \u00e0 la limite qui s\u00e9pare.\u00bb<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_61940\" aria-describedby=\"caption-attachment-61940\" style=\"width: 189px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/livre.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-61940\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/livre.jpg\" alt=\"\" width=\"189\" height=\"267\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-61940\" class=\"wp-caption-text\"><strong><em>Silences d&rsquo;exils<\/em> de Marina Skalova et Nad\u00e8ge Abadie, Editions d\u2019en bas, Juin 2020. A retrouver dans vos librairies pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es.\u00a0<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour des hommes et des femmes exil\u00e9.e.s en Suisse, la langue, et plus encore l\u2019\u00e9criture, peut \u00eatre barri\u00e8re, source d\u2019in\u00e9galit\u00e9s, d\u2019angoisses et de frustrations.\u00a0Elle peut aussi \u00eatre outil d\u2019invisibilisation et d\u2019abus de pouvoir de la part des autorit\u00e9s. Entre 2016 et 2019, l\u2019auteure Marina Skalova et la photographe Nad\u00e8ge Abadie animent des ateliers d\u2019\u00e9criture et de photographie avec des personnes r\u00e9fugi\u00e9.e.s \u00e0 Gen\u00e8ve, Bienne et Fontainemelon (Neuch\u00e2tel). De ces ateliers sont n\u00e9s une exposition et un livre paru en juin dernier aux \u00c9ditions d\u2019en bas sous le titre Silences d&rsquo;exils. Fil conducteur du projet : le ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9possession de la langue.<\/p>\n<p>Les deux artistes ont propos\u00e9 aux participant.e.s de trouver d\u2019autres saveurs \u00e0 la langue fran\u00e7aise, tout \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de celles redout\u00e9es des formulaires de l\u2019administration. Et ceci, en sugg\u00e9rant \u00e0 chacun.e que l\u2019on peut se l\u2019approprier, ind\u00e9pendamment de son niveau de connaissances et sans mettre de c\u00f4t\u00e9 sa langue maternelle. Un sacr\u00e9 d\u00e9fi.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">\u00abLe projet a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u \u00e0 partir d\u2019un paradoxe. \u00c9crire avec ceux qui ne peuvent pas \u00e9crire, parler du silence de ceux qui ne peuvent pas parler. Le matin, je me l\u00e8ve en pensant que c\u2019est absurde.\u00bb<\/span><\/p>\n<p>Comment donner go\u00fbt \u00e0 l\u2019\u00e9criture alors que les esprits sont pr\u00e9occup\u00e9s par une d\u00e9cision Dublin, la recherche d\u2019un travail ou l\u2019attente d\u2019un cours de fran\u00e7ais\u00a0? Comment trouver un langage commun alors qu\u2019autour de la table les divergences linguistiques cr\u00e9ent des incompr\u00e9hensions multiples\u00a0? Le livre raconte, sans fard, ce processus et les doutes qui l\u2019habitent. Avec transparence et r\u00e9flexivit\u00e9, les conceptrices du projet d\u00e9crivent les t\u00e2tonnements, la recherche du ton appropri\u00e9 et l\u2019\u00e9quilibre, toujours fragile, qui parvient \u00e0 s\u2019\u00e9tablir. Le r\u00e9sultat n\u2019est pas lisse. Mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cet envers du d\u00e9cor qui lui donne toute son originalit\u00e9. Et par ricochets, Marina Skalova se d\u00e9voile aussi dans l\u2019ouvrage \u00e0 travers sa propre exp\u00e9rience de migration.<\/p>\n<figure id=\"attachment_61968\" aria-describedby=\"caption-attachment-61968\" style=\"width: 338px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-61968\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE5.jpg\" alt=\"\" width=\"338\" height=\"423\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE5.jpg 1098w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE5-240x300.jpg 240w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE5-120x150.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 338px) 100vw, 338px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-61968\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Photo: Nad\u00e8ge Abadie<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"color: #800000;\">\u00abChaque phrase est comme un voile que l\u2019on effleure tout juste, dont on commence \u00e0 deviner la texture, sans savoir la facture du tissu, douce ou rugueuse, sans savoir surtout les couches qui en dessous s\u2019amoncellent. Il y a le doux et le grave, la neige et le soleil, l\u2019\u00e9cole et l\u2019\u00e9glise, les talibans et la question kurde. Entre ces extr\u00eames, il n\u2019y a rien. La langue qui manque rend les perceptions enfantines.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">D\u00e8s lors, comment restituer\u00a0? Tous les jours, on croit \u00eatre poli en articulant les lettres, en ralentissant le rythme des phrases.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">Pourquoi parle-t-on \u00e0 l\u2019\u00e9tranger comme \u00e0 un enfant\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800000;\">Se figure-t-on qu\u2019il n\u2019a pas encore acquis les r\u00e8gles de la cit\u00e9\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800000;\">Comment entendre la lucidit\u00e9, ce que le d\u00e9calage et l\u2019ailleurs lui r\u00e9v\u00e8lent \u2013 ce que l\u2019int\u00e9gr\u00e9, l\u2019accultur\u00e9 ne voit pas\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800000;\">L\u2019\u00e9tranger doit-il r\u00e9apprendre \u00e0 vivre\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800000;\">A d\u00e9couvrir les saveurs, les odeurs, les textures et les bruits\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800000;\">Ses cauchemars ne lui en r\u00e9v\u00e8lent-ils pas de tout autres\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800000;\">Infantilise-t-on l\u2019\u00e9tranger pour ne pas voir ses cauchemars qui hantent notre cit\u00e9\u00a0? Pour ne pas l\u2019entendre crier sans bruit\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800000;\">Aphone, il est inoffensif.\u00bb<\/span><\/p>\n<p>Le livre est parsem\u00e9 de r\u00e9cits personnels et de textes collectifs issus de diff\u00e9rents jeux de langage. On commence par \u00ab\u00a0je m\u2019en souviens\u00a0\u00bb, puis chacun.e compl\u00e8te. La parole dans un premier temps, puis l\u2019inscription sur le papier. Autour de la table, le r\u00e9cit de l\u2019un.e lib\u00e8re celui de l\u2019autre et convoque ses propres souvenirs. Et quand on ne peut dire en fran\u00e7ais, c\u2019est un.e compatriote qui prend le relais en traduisant ses mots. La langue fran\u00e7aise descend peu \u00e0 peu de son pi\u00e9destal et la peur de \u00ab\u00a0faire faux\u00a0\u00bb s\u2019att\u00e9nue.<\/p>\n<blockquote>\n<figure id=\"attachment_61941\" aria-describedby=\"caption-attachment-61941\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-61941\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE2.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE2.jpg 1418w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE2-240x300.jpg 240w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE2-120x150.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-61941\" class=\"wp-caption-text\">Photo : Nad\u00e8ge Abadie.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Je suis arriv\u00e9 le 25 janvier.<\/strong><br \/>\n<strong>Je suis arriv\u00e9 le 5 ao\u00fbt.<\/strong><br \/>\n<strong>Je suis arriv\u00e9 et j\u2019ai vu la montagne.<\/strong><br \/>\n<strong>Je suis arriv\u00e9 et j\u2019ai vu la fronti\u00e8re de l\u2019Italie et de la Suisse.<\/strong><br \/>\n<strong>J\u2019ai vu les policiers et j\u2019ai couru dans la rue avec mon ami.<\/strong><br \/>\n<strong>Alors ils ne m\u2019ont pas regard\u00e9 et j\u2019ai pris le train pour Gen\u00e8ve.<\/strong><br \/>\n<strong>Je suis arriv\u00e9 et j\u2019ai vu les moutons.<\/strong><br \/>\n<strong>Je suis arriv\u00e9 et j\u2019ai vu Bahnof Basel.<\/strong><br \/>\n<strong>Je suis arriv\u00e9 et j\u2019ai vu la mort dans la mer.<\/strong><\/p>\n<p>***<\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"color: #800000;\">Maintenant c\u2019est difficile pour dormir, dit Omar.<\/span><\/p>\n<blockquote><p><strong>\u00e7a va pas<\/strong><br \/>\n<strong>la t\u00eate<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00e7a va pas dans la t\u00eate<\/strong><br \/>\n<strong>dans la t\u00eate<\/strong><br \/>\n<strong>dans la t\u00eate<\/strong><br \/>\n<strong>\u00e7a va pas<\/strong><\/p>\n<p><strong>moi la nuit<\/strong><br \/>\n<strong>\u00e7a va pas<\/strong><br \/>\n<strong>j\u2019habite \u00e0 la Suisse<\/strong><br \/>\n<strong>\u00e7a va pas<\/strong><\/p>\n<p><strong>moi la nuit<\/strong><br \/>\n<strong>je peux pas dormir<\/strong><br \/>\n<strong>moi je me souviens pas<\/strong><br \/>\n<strong>ce que j\u2019ai dormi<\/strong><\/p>\n<p><strong>la nuit je vois pas<\/strong><br \/>\n<strong>les dessin\u00e9s les photos<\/strong><\/p>\n<p><strong>je me souviens pas<\/strong><br \/>\n<strong>moi je peux pas<\/strong><\/p>\n<p><strong>***<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure du lever de soleil partout dans le monde<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure de l\u2019appel \u00e0 la pri\u00e8re \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure du caf\u00e9, le matin et le soir, en Erythr\u00e9e<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure o\u00f9 j\u2019allais \u00e0 l\u2019\u00e9cole pour apprendre l\u2019anglais \u00e0 Zakhau<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure du d\u00e9but de la circulation des transports publics \u00e0 Neuch\u00e2tel<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure de l\u2019ouverture du march\u00e9 frontalier Muana-Kabinda<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure de faire blabla \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation \u00e0 10h avec les amis \u00e0 Kindia<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure d\u2019aller embarquer au taxi-brousse pour Orofelo<\/strong><br \/>\n<strong>l\u2019heure du service militaire tr\u00e8s long en Erythr\u00e9e<\/strong><br \/>\n<strong>[\u2026]<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>En marge des ateliers, d\u2019autres liens se tissent et se d\u00e9tissent, forc\u00e9ment. Alors que Marina Skalova apprend qu\u2019un des participants avec qui elle a gard\u00e9 contact a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9, elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">\u00abL\u2019acidit\u00e9 me remonte \u00e0 la gorge. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 notre travail s\u2019affiche dans l\u2019espace public et s\u2019\u00e9tale dans des articles de presse. De l\u2019autre, ceux par lesquels ce travail vit, pr\u00e9caires comme on ne peut pas dire. Leurs trajectoires si fluctuantes qu\u2019elles nous filent entre les doigts, slaloment et s\u2019\u00e9vanouissent entre les pyl\u00f4nes sur lesquels tr\u00f4nent leurs visages surmont\u00e9s de slogans.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">Une autre exposition d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019exil se tient en parall\u00e8le \u00e0 la n\u00f4tre. Photos peintures sculptures installations vid\u00e9os donnent \u00e0 voir sentir entendre. Les images tanguent. Naus\u00e9e. Bourdonnement dans le cr\u00e2ne. Indigestion de discours sur le drame.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">Les instances qui expulsent ont presque toutes un budget r\u00e9serv\u00e9 aux projets culturels.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #3366ff;\"><span style=\"color: #800000;\">Mes contradictions sont de la bile que je d\u00e9gorge.\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_61942\" aria-describedby=\"caption-attachment-61942\" style=\"width: 525px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE10.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-61942\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE10.jpg\" alt=\"\" width=\"525\" height=\"656\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE10.jpg 1890w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE10-240x300.jpg 240w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE10-120x150.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 525px) 100vw, 525px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-61942\" class=\"wp-caption-text\">Photo : Nad\u00e8ge Abadie.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En parall\u00e8le aux textes, les photos de Nad\u00e8ge Abadie s\u2019affichent myst\u00e9rieuses. Des portraits silencieux, dont la part d\u2019ombre est importante et d\u2019autres clich\u00e9s qui s\u2019\u00e9caillent, comme la langue. Des petits bouts de lieux d\u2019h\u00e9bergement, \u00e0 l\u2019allure d\u00e9fra\u00eechie, sugg\u00e8rent le traitement diff\u00e9renci\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 aux requ\u00e9rant.e.s d\u2019asile en Suisse.<\/p>\n<figure id=\"attachment_61944\" aria-describedby=\"caption-attachment-61944\" style=\"width: 526px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE9.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-61944\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE9.jpg\" alt=\"\" width=\"526\" height=\"658\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE9.jpg 1890w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE9-240x300.jpg 240w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/SDE9-120x150.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 526px) 100vw, 526px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-61944\" class=\"wp-caption-text\">Photo : Nad\u00e8ge Abadie.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Notre syst\u00e8me d\u2019asile fait taire. Marina Skalova et Nad\u00e8ge Abadie s\u2019inscrivent \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de ce paradigme en offrant un espace de parole, d\u2019\u00e9criture et d\u2019expression artistique. En donnant une voix aux exil\u00e9.e.s, elles les invitent \u00e0 inscrire leur pr\u00e9sence. Inscrire des mots pour se faire sa place. Faire de la langue un outil qui relie. Une belle d\u00e9monstration des vertus de l\u2019\u00e9criture. Un objet litt\u00e9raire \u00e0 multiples voix \u00e0 s\u2019offrir et \u00e0 offrir.<\/p>\n<h3><strong>Louise Wehrli<\/strong><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vous pouvez \u00e9galement retrouver le projet artistique (comprenant notamment des \u00e9l\u00e9ments sonores) sur le site <a href=\"https:\/\/silencesdexils.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">silencesdexils.net<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abPour certains, la feuille est un mur blanc o\u00f9 s\u2019exprimer, un espace possible. 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