{"id":9794,"date":"2013-08-03T16:30:18","date_gmt":"2013-08-03T16:30:18","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=9794"},"modified":"2021-08-26T14:10:21","modified_gmt":"2021-08-26T12:10:21","slug":"mineurs-non-accompagnes-de-choucha-un-avenir-incertain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2013\/08\/03\/mineurs-non-accompagnes-de-choucha-un-avenir-incertain\/","title":{"rendered":"Mineurs non accompagn\u00e9s de Choucha: Un avenir incertain"},"content":{"rendered":"<h3>Il y a plus de deux ans, alors que la r\u00e9volution libyenne d\u00e9butait, le camp de Choucha avait \u00e9t\u00e9 ouvert pour accueillir des civils fuyant les combats. Aujourd\u2019hui ce camp ferme. Les migrants encore pr\u00e9sents dans le camp se retrouvent sur le territoire tunisien sans vraiment savoir quoi faire et o\u00f9 aller. Avec ou sans statut de r\u00e9fugi\u00e9 leur situation est incertaine. Elle l\u2019est encore plus pour les mineurs non accompagn\u00e9s.<\/h3>\n<p><em><strong>Article de Sana Sbouai publi\u00e9 le 29 juin 2013 sur le <a href=\"http:\/\/nawaat.org\/portail\/2013\/06\/29\/mineurs-non-accompagnes-de-choucha-un-avenir-incertain\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">site<\/a> nawaat.org.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Se retrouver dans un pays \u00e9tranger apr\u00e8s avoir d\u00fb fuir une situation de guerre n\u2019est pas chose facile. C\u2019est encore moins \u00e9vident \u00e0 g\u00e9rer quand on est un enfant mineur sans membre de sa famille avec soi.<\/p>\n<p>Cette situation concerne une quarantaine de jeunes du camp de Choucha. Certains se sont vus attribuer le statut de r\u00e9fugi\u00e9, d\u2019autres ont encore leur dossier en attente, d\u2019autres se sont sans doute vus refuser ce statut. Impossible de conna\u00eetre les chiffres exacts et le statut de chacun, au <abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr> on souhaite traiter le probl\u00e8me de mani\u00e8re globale et ne pas faire de distinction, car en Tunisie un mineur est prot\u00e9g\u00e9 par le Code de la protection de l\u2019enfance, explique Houda Chalchoul, juriste assistante du HCR :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Je ne veux pas faire de distinction, pour moi l\u2019essentiel est de trouver une solution, peu importe le statut. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Sami Yahyaoui, sous-directeur \u00e0 la protection de l\u2019enfance du minist\u00e8re des Affaires de la Femme et de la Familiale (MAFF) explique que :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Tant qu\u2019il y a des enfants mineurs sur le territoire, notre cadre juridique nous oblige \u00e0 les prendre en charge. Le code de protection de l\u2019enfance ne sp\u00e9cifie pas la nationalit\u00e9 que l\u2019enfant doit poss\u00e9der pour l\u2019aider. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<h3>Une quinzaine de mineurs n\u2019ont pas trouv\u00e9 la solution qui leur convient<\/h3>\n<p>Diff\u00e9rentes solutions ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es aux jeunes dans un esprit de discussion : \u00ab Il s\u2019agit de mineurs entre 16 et 18 ans, qui doivent aussi prendre leur d\u00e9cision et r\u00e9fl\u00e9chir et qui doivent \u00eatre libres de prendre les d\u00e9cisions qui leur conviennent \u00bb explique Houda Chalchoul du HCR.<\/p>\n<p>Un tour d\u2019horizon de la l\u00e9gislation existante de protection les mineurs en Tunisie a \u00e9t\u00e9 fait, puis un voyage pour comprendre le syst\u00e8me existant en France a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9, rapporte Md Chalchoul. Des repr\u00e9sentants de diff\u00e9rents minist\u00e8res y ont particip\u00e9 et une liste de recommandations a \u00e9t\u00e9 prise.<\/p>\n<p>Au minist\u00e8re des Affaires de la Femme et de la Famille, Sami Yahyaoui t\u00e9moigne du fait que les autorit\u00e9s tunisiennes sont pr\u00eates \u00e0 offrir toutes les options \u00e0 ces jeunes :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Nous sommes dans l\u2019aide n\u00e9goci\u00e9e pour l\u2019instant, temps que les jeunes ne sont pas en danger. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Concr\u00e8tement diff\u00e9rentes propositions ont \u00e9t\u00e9 faites aux jeunes migrants : une prise en charge dans un foyer g\u00e9r\u00e9 par le minist\u00e8re des affaires sociales, un logement en habitat priv\u00e9, l\u2019inscription \u00e0 des cours ou \u00e0 une formation professionnelle ou encore un emploi, selon l\u2019envie de chacun.<\/p>\n<p>Le UNHCR explique chercher des solutions durables pour les enfants en partenariat avec les diff\u00e9rents minist\u00e8res concern\u00e9s et les associations.<\/p>\n<p>Au minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur on explique qu\u2019il y a 34 jeunes mineurs non accompagn\u00e9s. Quatre ont accept\u00e9 l\u2019option de logement en foyer, dix vont \u00eatre pris en charge par la Croissant Rouge \u00e0 Megrine, cinq vont \u00eatre log\u00e9s dans des appartements. Il resterait donc quinze mineurs qui n\u2019ont pas trouv\u00e9 de solution qui leur convienne.<\/p>\n<h3>Une int\u00e9gration difficile<\/h3>\n<p>M.*, qui a 17 ans, fait partie du groupe des mineurs sans soutien familial. Il a pass\u00e9 sa vie \u00e0 fuir les conflits. Il appr\u00e9cie l\u2019aide re\u00e7ue en Tunisie mais ne s\u2019y sent pas compl\u00e8tement \u00e0 l\u2019aise. Il insiste sur le fait que lui, comme d\u2019autres jeunes ne veulent pas refuser ce qui leur est offert, mais qu\u2019ils ne trouvent pas que les options soient les mieux adapt\u00e9es \u00e0 leur envie. Comme beaucoup il ne parle ni tunisien ni fran\u00e7ais et se sent un peu perdu. \u00ab C\u2019est difficile de rester ici, c\u2019est difficile de parler d\u2019int\u00e9gration. \u00bb Lui et les autres auraient voulu \u00eatre r\u00e9install\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et ne comprend pas pourquoi la m\u00eame solution n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 offerte \u00e0 tous les mineurs.<\/p>\n<p>Pour Houda Chalchoul c\u2019est la pression des adultes et des communaut\u00e9s qui poussent les jeunes \u00e0 demander autre chose que ce qui leur est offert et il n\u2019y aurait aucun probl\u00e8me d\u2019int\u00e9gration en Tunisie. Un point de vue contredit par les t\u00e9moignages des jeunes et par celui du charg\u00e9 de dossier au MAFF.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Les diff\u00e9rences posent probl\u00e8mes que ce soit les habitudes, le mode de vie\u2026 Et puis il y a le fait d\u2019\u00eatre dans une institution qui doit prot\u00e9ger les jeunes mais dans laquelle ils sont mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Cela leur p\u00e8se. Si bien que certains jeunes ont demand\u00e9 \u00e0 retourner \u00e0 Choucha \u00bb rapporte Sami Yahyaoui. Il ne voit pas de l\u2019ingratitude dans ces demandes qu\u2019il comprend tr\u00e8s bien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab La communication est un \u00e9l\u00e9ment important pour l\u2019\u00eatre humain. Il pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre avec ses amis, les gens qu\u2019il connait, qui parlent la m\u00eame langue, qui partagent sa solitude et sa mis\u00e8re, que d\u2019\u00eatre seul dans un cinq \u00e9toiles. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<h3>Risque d\u2019expulsion pour les jeunes sans statut de r\u00e9fugi\u00e9<\/h3>\n<p>En plus du probl\u00e8me des conditions de vie, se pose celui du cadre juridique. Le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux organisait jeudi un d\u00e9bat o\u00f9 il \u00e9tait question de l\u2019avenir des migrants. Dans un communiqu\u00e9 le FTDES expliquait que<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab La Tunisie a r\u00e9agi \u00e0 la situation humanitaire, mais n\u2019a pr\u00e9vu aucun statut juridique garantissant des droits \u00e0 cette population. A ce jour, nous ne comptons aucune garantie de solution de carte de s\u00e9jour (\u2026) pour les habitants du camp qui devront le quitter. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce vide juridique inqui\u00e8te M.\u00a0 : \u00ab Il n\u2019y a pas de l\u00e9gislation pour les r\u00e9fugi\u00e9s ici, on ne s\u2019est pas ce qui va se passer pour nous \u00e0 l\u2019avenir. \u00bb La situation est encore plus dramatique pour ceux qui se verront peut-\u00eatre refuser le statut de r\u00e9fugi\u00e9. Au UNHCR on ne veut pas faire la distinction. Pourtant elle m\u00e9rite d\u2019\u00eatre faite.<\/p>\n<p>Une fois que les mineurs, qui se sont vus refus\u00e9 le statut de r\u00e9fugie, atteindront leur majorit\u00e9 ils risquent de se trouver de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re sur le territoire tunisien et \u00eatre invit\u00e9s \u00e0 le quitter par les autorit\u00e9s, \u00e0 moins que celles-ci ne leur d\u00e9livrent une carte de s\u00e9jour. Si ce n\u2019est pas le cas ils pourront \u00eatre expuls\u00e9s du territoire par les autorit\u00e9s, comme cela va sans doute se produire pour les adultes.<\/p>\n<p>Le HCR, seule autorit\u00e9 mandat\u00e9e \u00e0 attribuer le statut de r\u00e9fugi\u00e9 en Tunisie, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019aucune l\u00e9gislation nationale \u00e0 ce sujet n\u2019existe, explique que \u00ab c\u2019est une situation nouvelle \u00bb et qu\u2019ils sont \u00ab en train de voir \u00bb Pas de prise de position claire sur ce probl\u00e8me pour le moment.<\/p>\n<p>Les jeunes semblent avoir raison de s\u2019inqui\u00e9ter.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: right;\">Sana Sbouai<\/h4>\n<p>* Dans un souci de protection du mineur le t\u00e9moignage est anonyme.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: right;\"><\/h4>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><strong>Selon un <a href=\"http:\/\/nawaat.org\/portail\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/INT_EXT_Demographics-of-shoushaPOCs-Registered-with-UNHCR-28-June-2013.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">relev\u00e9 du UNHCR<\/a> il y aurait, au 26 juin 2013, 29 mineurs non accompagn\u00e9s dans le camp de Choucha.<\/strong><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a plus de deux ans, alors que la r\u00e9volution libyenne d\u00e9butait, le camp de Choucha avait \u00e9t\u00e9 ouvert pour accueillir des civils fuyant les combats. Aujourd\u2019hui ce camp ferme. Les migrants encore pr\u00e9sents dans le camp se retrouvent sur le territoire tunisien sans vraiment savoir quoi faire et o\u00f9 aller. Avec ou sans statut de r\u00e9fugi\u00e9 leur situation est incertaine. Elle l\u2019est encore plus pour les mineurs non accompagn\u00e9s.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155],"tags":[613,1159,625,938],"ve_numero":[],"pays":[403],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-9794","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","tag-camp-de-refugies","tag-documentation","tag-mineur","tag-mna","pays-tunisie","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9794","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9794"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9794\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9794"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9794"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9794"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=9794"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=9794"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=9794"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=9794"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}