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Our gaze

Editorial | «Kosovo Albanians: Out!»

With the deportation of tens of thousands of Kosovars, all those who contributed to demonizing this community, from federal authorities to Zurich xenophobes, are rejoicing. It took them nearly ten years of waiting, but this time will be the right one. For months, the Federal Office for Refugees (ODR) and the Federal Department of Justice and Police (DFJP) have not stopped hammering their will to use force, and even though Bernard Kouchner, at the head of UNMIK, forced Madame Metzler to abandon for the moment the expulsion of minorities and to postpone forced repatriations somewhat, the summer undoubtedly holds some fine police operations in store for us. Never has an expulsion operation been of this magnitude. Never has it been based on such a determined policy of rejection.

On ne peut comprendre cet acharnement sans rappeler qu’avant même l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, le Conseil fédéral avait adopté, dans un message du 15 mai 1991, la nouvelle politique des trois cercles. Dont le principal effet concret revenait à exclure les Yougoslaves de tout recrutement de main d’oeuvre étrangère. A partir de l’été 1991, la guerre allait entraîner l’arrivée de nombreux «ex-Yougoslaves», dont beaucoup de Kosovars, dont les frères et les cousins formaient déjà le deuxième contingent de main d’oeuvre étrangère en Suisse.

Minimisant la politique d’oppression et d’apartheid menée en Kosove par la Serbie, la Suisse essayera par tous les moyens dès 1992, d’expulser les Kosovars au motif qu’il n’y avait pas de guerre ouverte chez eux. Le refus déterminé du régime serbe de récupérer ceux qu’il avait fait fuir, empêcha pourtant la réalisation de la majeure partie des renvois. Misant sur la dissuasion, les autorités fédérales se refusèrent cependant à donner le moindre statut légal à ces réfugiés, qu’elle s’acharna à isoler de leurs proches installés en Suisse par une politique d’attribution insensée qui laissa livrés à eux même des milliers de jeunes adultes interdits de travail, les laissant à la merci des propositions de trafiquants de tous poils. On sait ce qui s’en suivit.

Ayant largement contribué à la montée de la xénophobie à l’égard des Kosovars, les autorités fédérales attendront jusqu’au 7 avril 1999, plus d’un an après le début de la guerre en Kosove même, et plus de dix jours après le début des bombardements de l’OTAN, pour décider l’admission collective provisoire des Kosovars. Un immense élan de solidarité commença alors à se faire jour au sein de la population. Mais là où la propagande officielle affirme aujourd’hui que la Suisse a «accueilli» 50’000 réfugiés, il faudrait peut être rappeler que l’immense majorité a d’abord dû s’imposer, contre le gré de nos autorités qui n’ont cessé de limiter l’octroi de visas et de renforcer les contrôles aux frontières. Indésirables dès la première heure, ils ne pouvaient certes pas espérer beaucoup de mansuétude après la fin de la guerre. La politique des renvois forcés, qui tourne à l’obsession chez nos autorités, n’en est qu’un triste exemple.

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