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Editorial | De quoi avons-nous peur?

En ligne depuis le 16 janvier 2002 et publié dans - modifié le 21 juin 2017

Une nouvelle révision de la loi sur l’asile est en route, dont l’un des axes consiste à pousser encore plus les réfugiés déboutés à «disparaître» dans la clandestinité. Car notre société a besoin de ces esclaves modernes que sont les sans-papiers. Mais depuis quatre mois, le courage de ceux qui sont sortis de l’ombre, a mis à nu l’hypocrisie de cette politique.

Emmenés par un Pascal Couchepin toujours aussi méprisant, la droite et les milieux patronaux, qui profitent depuis tant d’années de cette main-d’œuvre bon marché, s’opposent à toute régularisation. Pour défendre le statu quo l’argument est toujours le même: cela créerait un appel d’air, une situation incontrôlable. «Si nous régularisons 300’000 clandestins, il en viendra 300’000 autres» [position de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) rapportée par Le Temps du 10.8.2001].

La bêtise, ici, atteint son comble. Même en s’arrêtant au seul argument économique (il y en a d’autres), il faut répéter qu’il ne tient pas la route. Car si nous régularisons les sans-papiers, cela ne créera aucun vide. Ils sont déjà ici, ils occupent leurs places de travail, et ils continueront à le faire, de sorte qu’il n’y aura personne à remplacer. Par leurs propos, les partisans du statu quo ne cherchent qu’à jouer sur la peur de l’invasion. Une tactique qui a si bien réussi aux démolisseurs du droit d’asile, toujours prompts à évoquer le risque d’un afflux incontrôlable pour justifier de nouvelles restrictions.

Dans le domaine de l’immigration pourtant, tout est sous contrôle depuis longtemps, et les besoins de l’économie régulent à la perfection le nombre des sans-papiers, bien plus que les contrôles aux frontières qui poussent les migrants dans les bras des filières mafieuses. S’il y a 300’000 sans-papiers (et pas 3 millions), c’est parce qu’il y a 300’000 postes de travail (et pas 3 millions) qui ne trouvent pas preneur sur un marché strictement contingenté qui interdit, pour des motifs racistes, l’engagement de travailleurs en dehors de l’Europe occidentale. Ceux qui, dans le tiers-monde, rêvent de mieux vivre, savent bien que l’immigration n’a de sens que s’il y a du travail. L’immigration clandestine reste donc canalisée par cet impératif, c’est à dire par nos besoins.

Agiter l’épouvantail de l’immigration incontrôlée est peut-être habile pour manipuler une opinion publique mal informée, mais cela ne change rien à la réalité. Les obsédés du verrouillage des frontières et de la forteresse Europe font fausse route. De la même façon que la suppression des visas n’a pas entraîné de mouvements massifs de population entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, l’ouverture des frontières et la libre circulation, que prône le mouvement des sans-papiers, ne verra pas arriver chez nous «toute la misère du monde». Simplement, ceux qui font ici le travail dont nous ne voulons plus retrouveront, avec le droit de vivre au grand jour, un peu de dignité. Et nous avec.

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