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Editorial | Mme Metzler et le minimum vital

En ligne depuis le 16 avril 2003 et publié dans - modifié le 23 juin 2017

Conférence de presse de Mme Metzler, flanquée de la candidate du parti socialiste au Conseil fédéral Ruth Lüthi et du Conseiller d’Etat Jörg Schild, à mi février 2003: une brillante idée est lancée. Il s’agirait, lorsqu’une demande d’asile est manifestement infondée et que les autorités n’entrent pas en matière, d’exclure le demandeur d’asile concerné du système d’assistance pour le contraindre à quitter immédiatement la Suisse…

Evidemment, une telle proposition est ignoble, puisqu’elle implique une politique entièrement axée sur la contrainte, destinée à exercer une pression maximale sur le candidat réfugié. Elle est effrayante, lorsqu’on sait quel genre de requêtes sont considérées comme «manifestement infondées» par l’Office fédéral des réfugiés, et quand on lit dans la loi l’étendue de la marge de manœuvre qui lui est laissée pour ne pas entrer en matière sur une demande d’asile. Rappelons au passage qu’en 2001, 20,5% des cas traités ont été liquidés par ce biais, et en 2002, 25,6%. On ne parle donc pas que quelques dizaines de dossiers isolés…

Dans certains cantons, certains Chefs d’office zélés ont déjà tenté par le passé ce genre de contrainte. En particulier, les ressortissants de pays africains anglophones se sont retrouvés expulsés de leurs centres d’hébergement, toute aide sociale coupée, avec l’espoir qu’ils quitteraient plus vite la Suisse. Las! L’expérience a fait long feu, les personnes visées sont restées malgré tout en Suisse, au prix toutefois d’une précarité totale durant plusieurs mois.

Mais le plus écœurant est certainement l’énormité du jeu auquel se sont prêtés les responsables fédéraux et cantonaux, de même que la presse. Tout ce monde a subitement oublié que les demandeurs d’asile bénéficient d’une aide sociale drastiquement inférieure aux normes applicables aux citoyens suisses, soit pour mémoire moins de la moitié que ce que préconise la Conférence suisse des institutions d’aide sociale pour l’entretien de base. Voilà donc qu’une Conseillère fédérale prétend qu’il serait possible d’aller encore plus bas que ces montants couvrant tout juste le minimum vital. Voilà que les médias relaient complaisamment cette énormité sans broncher. Est-on prêt dans ce pays à faire n’importe quoi avec les requérants d’asile, simplement pour éviter que l’Union démocratique du centre (UDC) ne gagne encore des voix?

Il est de bon ton aujourd’hui de proposer les mesures les plus dures pour les demandeurs d’asile criminels. Pourtant, on prévoit de plonger des milliers de personnes dans la précarité la plus absolue, favorisant des passages à l’acte que l’on ne manquera pas de qualifier de délits par la suite. Assez de gesticulations, de menaces, de contraintes! Ce dont les réfugiés ont urgemment besoin, c’est d’une politique qui leur offre véritablement accueil et protection. Ce dont la population suisse a besoin, c’est de responsables politiques qui ne soient pas à la remorque de l’UDC et d’une presse qui soit capable d’indépendance.

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