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Humeur | Accueil des requérants d’asile: Des tracasseries quotidiennes

En ligne depuis le 29 septembre 2003 et publié dans - modifié le 10 juin 2017

La situation et les conditions de vie des personnes qui ont demandé asile et protection en Suisse se détériorent de plus en plus. Notre Centre de conseil à Soleure pour les personnes victimes de discrimination est littéralement submergé par les demandes d’aide provenant de requérants d’asile. Ces personnes se plaignent surtout d’être victimes de discriminations exercées par des fonctionnaires, faisant partie du personnel des administrations cantonales ou communales. Il s’agit parfois aussi de responsables de foyers d’hébergement, de personnes engagées par des organismes privés ou d’assistants sociaux: tous mandatés pour s’occuper des requérants d’asile.

Ce sont ces «professionnels de l’asile» qui placent les requérants dans des logements insalubres et délabrés, qui leur interdisent d’héberger des amis pour la nuit ou même d’avoir des visites le week-end. Ce sont eux qui les soumettent à des contrôles fréquents (même le contenu des frigos et des placards est parfois examiné…), qui les menacent d’expulsion en cas de désobéissance. Ce sont eux encore qui décident de réduire, voire de supprimer l’aide sociale en cas de «comportement récalcitrant» ou de «non-respect du règlement». Ils ont les compétences pour le faire, et ne font que suivre les directives cantonales, utilisant la marge de manœuvre dont ils disposent pour les exécuter. Et les directives cantonales trouvent leur fondement dans la loi sur l’asile.

Les autorités fédérales portent une lourde part de responsabilité dans ce qui se passe «au dernier échelon». En élaborant une loi inique, qui foule aux pieds les droits fondamentaux des personnes ayant demandé protection à la Suisse, elles donnent un signal clair: il est licite, légal et donc légitime de discriminer les requérants d’asile.

Discriminations en cascade

L’impulsion donnée par les autorités fédérales concernées se prolonge en cascade par des discriminations commises sur l’initiative des autorités cantonales, puis communales. Et les tracasseries humiliantes que subissent les requérants, telle que l’interdiction signifiée à une jeune femme de laver ses t-shirts dans le lavabo, car «la saleté boucherait les conduites», s’ils ne reposent formellement sur aucune base réglementaire, montrent néanmoins que le mot d’ordre a passé…

Il serait bon de se rappeler jusqu’où un tel processus de «mise hors droit» et de stigmatisation d’une catégorie de personnes peut mener. L’écrivain Peter Bichsel l’a clairement dit dans son discours prononcé lors de l’inauguration de notre Centre: «…Non pas à titre de comparaison, mais d’avertissement. Rien de ce qui ne s’est passé dans l’Allemagne nationale socialiste ne l’a été, qui ne fût inscrit dans une loi. Les lois précédèrent les méfaits: la légalité dans sa forme la plus atroce.» (1).

Réfléchissons-y…

IGA-SOS Racisme, Soleure

(1) Traduction libre

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