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En ligne depuis le 17 décembre 2007 et publié dans - modifié le 28 juin 2017

Une Union démocratique du centre (UDC) à 30%, après une campagne ouvertement xénophobe, c’est évidemment consternant. Certains parlementaires radicaux ou démocrates chrétiens, qui se sont ralliés aux propositions de Christoph Blocher lors de la révision des lois sur l’asile et les étrangers, affirmaient qu’il fallait en passer par là pour en finir avec cette thématique. Beau succès.

Ceux qui, au centre droit, ont servi de marchepied à Christoph Blocher comprendront-ils un jour que ce n’est pas en multipliant les concessions à l’UDC, et en lui servant indirectement de caution vis-à-vis des électeurs, que ce parti arrêtera sa surenchère anti-étrangers? Aurons-nous bientôt des expulsions à l’électrochoc et des déserteurs privés du droit d’asile malgré les risques de persécution, parce qu’une partie des élus du centre et de la droite jouent les forces d’appoint pour donner une majorité à ces projets?

Le problème hélas est considérable. Car c’est tout le débat public qui est aujourd’hui faussé, comme nous l’avons souvent relevé. Le récent livre* d’Innocent Naki l’a bien montré, de nombreux médias, et jusqu’à de grandes émissions comme «Infrarouge» font aujourd’hui, consciemment ou non, le jeu de l’UDC.

La dernière proposition de Christophe Blocher, retirer le droit à l’asile aux déserteurs, offre un autre exemple de cette dérive. Presque toute la presse a repris sans sourciller l’argument du chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) selon lequel la jurisprudence avait dérapé en octroyant un droit d’asile automatique aux déserteurs. Une belle façon de faire croire que l’asile est accordé n’importe comment et qu’un nouveau tour de vis s’impose. Bien évidemment, la jurisprudence limite l’octroi de l’asile à ceux qui sont menacés de torture ou de traitements inhumains. Mais pour Blocher, c’est apparemment encore trop, et sa présentation trompeuse du cas des déserteurs érythréens, répercutée par les médias, ouvre déjà la porte à une campagne contre les abus… des juges de l’asile!

Violation de la séparation des pouvoirs, mise en cause du droit à l’asile et du droit international, atteinte à de nombreux autres principes fondamentaux: c’est en fin de compte l’avenir de notre société qui est en jeu. Dans ce contexte, notre nom «Vivre ensemble», sonne toujours plus comme un appel à la résistance. Merci d’être avec nous.

Yves Brutsch

* Innocent Naki, Sois parfait ou retourne chez-toi, chronique d’une exploitation populiste des faits divers en Suisse, éd. Swiss Métis.