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Recif, où chacune a sa place

En ligne depuis le 12 octobre 2010 et publié dans - modifié le 8 juillet 2017

Femmes de coeur et d’épices, titre du beau livre plein de saveurs et d’émotions, qui paraît ces jours-ci aux éditions G d’encre, est l’aboutissement d’un travail de plusieurs mois mené au sein de RECIF. Vingt-quatre femmes, de vingt-quatre nationalités différentes, nous livrent à tour de rôle une recette de leur pays et l’histoire de leur migration. L’ouvrage donne à connaître ces personnes venues d’ailleurs. Son élaboration, participative, a constitué pour ces femmes migrantes une aventure marquante qui leur a ouvert de nouvelles portes.

La Chaux-de-Fonds, 32 rue du Doubs, une ancienne usine, des locaux vastes et accueillants… Ici se trouve l’un des centres de l’association RECIF (lire ci-dessous). Chaque mois, un «repas découverte» s’organise. Les participantes sont aux fourneaux. Faire connaître les saveurs, les odeurs de son pays, c’est avant tout parler de ses racines. Echanger autour de la nourriture permet souvent de se détendre, d’oser s’exprimer plus librement.

Le point de départ…

L’idée a surgi comme cela, lors d’une dégustation: «Pourquoi ne pas faire un livre de toutes ces recettes?». Mais l’envie n’était pas de se limiter à la seule cuisine. Il fallait lier ces couleurs culinaires à des histoires de vie. Faire un ouvrage pour vraiment donner la parole aux migrantes.

Durant des mois, plus d’une vingtaine de femmes, habitant le haut et le bas du canton, se sont retrouvées, apportant leurs forces, leur enthousiasme, leur savoir et surtout leurs émotions.

Eléments forts de la démarche

Il a d’abord fallu créer un espace d’expression, en laissant parler ou écrire ces femmes dans leur français, en prenant le temps de les entendre sans chercher à les corriger. L’essentiel est le contenu du message. Puis, dans un climat de confiance, tous ces témoignages ont été «réécrits» par la coordinatrice du projet, Capucine Maillard. Elle raconte dans l’introduction du livre: «Au fil des mois, je suis devenue leur scribe, leur porte-parole, leur confidente (…) J’ai mis des mots sur leur vécu. (…). On a passé des heures, des rires et des larmes à s’assurer que chaque mot était juste. Chaque rencontre a poussé les récits un peu plus loin, un peu plus près du cœur de chacune.» En écho, le témoignage d’Entisar:

«A travers le récit, on a pu mieux se connaître, on se sent plus forte et on apprend à penser aux autres».

Développer les responsabilités

Dès que le projet du livre fut connu à l’extérieur de RECIF, des intérêts se sont manifestés. On a organisé des rencontres, des discussions, même des visites culturelles. Ce fut pour plusieurs femmes l’occasion d’avoir des contacts avec des autochtones, de mieux connaître l’endroit où elles vivent. Aussi de mieux comprendre comment un livre prend forme.

Pour les plus motivées, un cours de gestion de projet s’est mis en place. Ainsi ont-elles pu participer à l’ensemble des démarches, notamment auprès de l’éditeur, de l’imprimeur, à se familiariser un tant soit peu avec le monde du travail en Suisse. Pour quelques-unes, le processus fut une source d’encouragement pour avancer dans leur propre projet professionnel.

Entisar raconte aujourd’hui, les yeux brillants: «Un livre, on voit comment ça fonctionne, maintenant je sais quelle est la valeur de chaque livre». Elle ajoute:

«Comme femmes rendues responsables, on se découvre pleines de capacités et cela, malgré les difficultés de la langue».

Travailler dans l’interculturalité

Toute la conception du livre est de favoriser des liens entre «l’ici et là-bas». De montrer aussi la diversité des migrations et de relativiser la notion d’étranger et d’autochtone.

La présence d’Isabelle, suissesse, partie au Brésil, puis revenue avec son mari brésilien, a permis de créer une sorte de passerelle. Elle a pu parler de ses propres difficultés: «Il y a vingt ans, j’ai décidé de partir au Brésil. Dans ma tête, partir c’était l’occasion d’aller de l’avant. Quel ne fut pas mon désarroi! J’avais pourtant quelques notions de portu- gais, mais je ne comprenais rien, les gens ne me comprenaient pas. Et ce n’était pas seule- ment à cause de la langue. Je n’avais plus de repères. Tout autour de moi, il y avait plein de trucs qui me mettaient ailleurs, c’était une vraie désorganisation». Elle ajoute: «Le fait que je sois mariée à un Brésilien, que je sois partagée entre deux cultures, que j’aie aussi vécu des problèmes d’adaptation à mon arrivée au Brésil, et que tout cela, je l’aie choisi en quelque sorte, étonne, amène interrogations et discussions. C’est positif et enrichissant ».

Un livre à découvrir, à utiliser, à faire connaître…

Textes et témoignages: Danielle Othenin-Girard

Disponible en librairie dès le 24 septembre (CHF 29.-) ou directement auprès de l’éditeur G d’encre: www.editions-gdencre.ch.

RECIF, Une aventure qui commence en 1994 à Neuchâtel

Le but: créer un espace de Rencontres et d’Echanges, un Centre pour encourager l’Intégration des Femmes immigrées (RECIF). Aujourd’hui, deux centres fonctionnent et ouvrent leurs portes tous les jours de la semaine à Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Plus de quatre cents femmes, et environ 200 enfants, s’y côtoient tout au long de l’année. Les offres sont multiples: permanence, service d’accueil, garderie d’enfants, cours de français adaptés aux besoins des apprenantes, cours d’alphabétisation, formation d’aide-ménagère, informations dans le domaine «prévention santé», moment de partage autour de la cuisine, cours de gymnastique, informatique ou encore couture.

De nouvelles initiatives en route

Mise en place d’un module de formation «Vivre le travail au féminin» à l’intention de personnes ayant déjà de bonnes connaissances de français et désireuses de progresser dans un projet professionnel. Le thème «comment concilier famille et travail» est au centre des préoccupations. Une première expérience s’est déroulée avec succès à La Chaux-de-Fonds. Le cours sera redonné à Neuchâtel en janvier 2011, pour une durée de six mois (inscription possible dès cet automne).

Neuchâtel, rue de la Coquemène 1, 032/730 33 50
La Chaux-de-Fonds, rue du Doubs 32, 032/968 62 42
Toutes informations utiles sur le site www.recifNe.ch

 

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