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En ligne depuis le 30 avril 2011 et publié dans - modifié le 9 juillet 2017

Opinion*: La navigation dans les mers agitées de l’asile en Suisse demande discernement et lucidité. L’ouverture d’un refuge est une expérience humaine prenante et exigeante. Elle ne peut être menée qu’avec des repères éthiques, prenant compte des circonstances, anticipant les différentes issues possibles.

* Ce texte reflète la position des Eglises et de son auteur et n’engage pas la rédaction de Vivre Ensemble.

Suite à l’acceptation des lois sur l’asile et les étrangers en septembre 2006, les autorités cantonales des Eglises réformée et catholique ont dû à nouveau préciser leurs critères pour l’accès à un refuge. Face à l’occupation d’une église en octobre 2010, notre priorité a été d’offrir un temps de répit pour des personnes précises déboutées, en risque de renvoi : celles pour qui une voie légale de reconsidération de leurs situations était encore envisageable.

Cette option a donné lieu à des rencontres avec les migrants, accompagnés par des membres de la Coordination Asile – Migration Vaud (CAMIV). Avant un changement de lieu, une appréciation sur la poursuite ou non de l’accueil en refuge était faite. Elle était délicate à réaliser en raison de la difficulté à connaître la situation réelle des personnes. Les autorités des Eglises voulaient en outre être aussi en dialogue avec les services de l’Etat et les responsables politiques.

Au début de l’année, lors du déménagement convenu dans une paroisse, les Eglises ont eu connaissance d’éléments nouveaux pour les deux personnes alors en refuge. Ils révélaient qu’il n’y avait plus de voies juridiques possibles, pour chacune d’elle, donc plus de refuge possible. Après une séance mouvementée avec la CAMIV, des échanges avec le SAJE, les Eglises sont revenues sur cette décision pour l’une d’elle, malgré son parcours très délicat. Elles ont proposé un déplacement du refuge à Morges, dans la paroisse réformée disponible pour prendre le relais.

L’accueil d’un refuge en paroisse n’est pas évident. Les instances paroissiales doivent être respectées. La distinction entre un accueil humanitaire et un prêt de locaux pour une lutte politique – «droit de rester pour toutes et tous» – est très présente. Les conditions d’accueil et les utilisateurs habituels doivent être pris en compte. Dès la mi-octobre, nous avons cherché des paroisses partenaires et avons anticipé au mieux. Nous avons averti très tôt, à la mi-novembre, la CAMIV que le refuge pourrait aller en dehors de Lausanne, en fonction des disponibilités et des ouvertures. Nous n’avons pas l’impression que cette alternative ait été suffisamment anticipée par la coordination.

Les Eglises demeurent actives auprès des requérants d’asile dans leurs lieux d’appui et par les médiateurs. Des engagements et des initiatives collectives pour changer la politique d’asile sont nécessaires, mais pour les Eglises, ce ne peut pas se concrétiser par le moyen très spécifique du refuge qui est d’abord là pour défendre une personne et non une cause. Pourquoi ne pas s’associer davantage avec une diversité d’associations et d’acteurs socio-politiques pour faire évoluer les mentalités sur l’application de l’article 14 Lasi, sur les conditions de renvoi et sur une aide au retour plus correctes et dignes?

Michel Racloz,
membre du Conseil de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud

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