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Aide d’urgence | Campagne unitaire pour dénoncer un système inhumain

En ligne depuis le 19 juin 2011 et publié dans - modifié le 9 juillet 2017

Les personnes en détresse ont droit aux moyens «indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine». Voilà ce que garantit la Constitution fédérale à son 
article 12. Un principe corrompu par la Suisse avec l’instauration du régime d’aide d’urgence en 2004. D’abord appliqué aux personnes frappées d’une décision de non-entrée en 
matière (NEM) sur leur demande d’asile, il a été étendu aux personnes déboutées en 2008.

Qu’est-ce que l’aide d’urgence? Concrètement, les personnes qui avaient un travail le perdent (interdiction de travail). Celles qui avaient un logement sont priées de ramasser leurs affaires pour s’entasser dans les centres collectifs prévus à cet effet (l’aide n’est accordée qu’à ceux qui pointent, parfois quotidiennement). Celles qui se trouvaient à l’assistance depuis leur arrivée en Suisse voient l’aide sociale minimale fixée par la Confédération supprimée, et ne reçoivent plus que 4,30 à 12 francs par jour, parfois sous forme de bons, pour subvenir à tous leurs besoins. On peut dire que leur situation sociale est consciencieusement dégradée au point de les réduire à la définition de «personnes en détresse». Les cantons ont une grande marge de manœuvre dans la mise en œuvre de l’aide d’urgence. Ils pourraient y renoncer. Mais les frais seraient à leur charge, puisqu’ils reçoivent un forfait unique de l’ODM par recalé. Sur toute la Suisse, moins de 5000 personnes vivent à l’aide d’urgence.

Quel but vise l’aide d’urgence? Elle a été conçue pour inciter les personnes à quitter au plus vite le territoire suisse (lire Vivre Ensemble n°129). Or, l’ODM constate que la moitié des personnes à l’aide d’urgence y vit depuis plus d’un an (rapport du 26 mai 2010) 1. Plus de 10 % y végète depuis plus de 5 ans! Ceux qui restent sont surtout les familles et les personnes vulnérables, prisonnières de ce régime. Un échec total. Pourtant l’ODM propose dans le même rapport de nouvelles mesures destinées à durcir la pratique des cantons…

La campagne: Amnesty International, Solidarités sans frontières, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés, l’Observatoire suisse du droit d’asile et des étrangers mènent jusqu’à fin avril une campagne visant à la suppression de l’aide d’urgence.

Une pétition sera adressée à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga avec les revendications suivantes:

  • les personnes vulnérables, telles que les personnes traumatisées, les malades, les femmes enceintes, les enfants mineurs non accompagnés, les familles avec enfants et les femmes seules ne doivent pas être exclues de l’aide sociale;
  • les droits des enfants, comme le droit à l’éducation ou le droit à une alimentation saine doivent être absolument garantis;
  • tout ce qui concerne la santé des personnes placées à l’aide d’urgence doit être considéré par un personnel médical spécialisé;
  • les droits fondamentaux doivent être respectés en toutes circonstances;
  • des alternatives à ce système avéré inefficace et onéreux doivent être trouvées.

La pétition peut être signée en ligne. Des témoignages, des films et autres informations sont disponibles sur le site www.campagne-urgence.ch.

Sophie Malka

1 La problématique des requérants d’asile déboutés qui perçoivent l’aide d’urgence
 sur une longue période, Berne, 26 mai 2010. 
> http://www.bfm.admin.ch/content/bfm/fr/home/dokumentation/berichte.html

 

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