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Le Courrier | Les Syriens frappent à la porte

En ligne depuis le 12 avril 2013

Les Syriens de Suisse désespèrent de pouvoir faire venir leurs proches restés au pays. L’OSAR demande à Berne d’agir. Témoignage d’une membre de la diaspora.

Article de Bertrand Fischer paru dans Le Courrier le 12 avril 2013. Cliquez ici pour lire l’article dans le site du Courrier.

«Presque tous les jours, nous recevons des appels désespérés de Syriens domiciliés en Suisse qui cherchent à mettre leurs proches en sécurité.» Alors que le conflit en Syrie s’enlise et devient toujours plus violent – 6000 victimes dénombrées en mars, le mois le plus sanglant depuis deux ans –, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) a lancé hier un cri d’alarme. Dans un communiqué, elle demande à Berne d’ouvrir la porte aux Syriens «vulnérables» qui ont de la famille en Suisse.
«Notre service de conseils juridiques est débordé», raconte Stefan Frey, porte-parole de l’OSAR. Les appels proviennent de familles «souvent établies depuis des années en Suisse, bien intégrées et parfois même aisées». Des gens qui ne demandent qu’une chose: mettre en sécurité leurs proches dont la vie est menacée par les combats qui font rage à Alep ou ailleurs.
Suissesse d’origine syrienne, Wajd Zimmermann-Sibaï a émigré en terre vaudoise en 1984. Depuis le début de l’insurrection, elle prête main-forte à des candidats à l’exil. Ainsi cet homme de Douma, une ville proche de Damas qui fut le théâtre de combats meurtriers en janvier 2012. «Il avait déjà reçu une balle dans la tête lorsqu’il est allé demander l’asile à l’ambassade de Suisse en Jordanie. On lui a dit qu’il n’avait rien à faire là!»
Dans ce cas, il a fallu attendre une année pour que la procédure aboutisse. «Si je ne l’avais pas aidé, cet homme ne serait pas en Suisse aujourd’hui, poursuit Wajd Zimmermann. Et toutes les ambassades suisses se comportent de la même façon, elles mettent des barrières ou font traîner les choses. On dirait qu’elles veulent se protéger derrière des barbelés!»

Visa humanitaire: ça cloche
Depuis plus d’un an, l’ambassade de Suisse à Damas est provisoirement fermée pour des raisons de sécurité. Ce qui force les candidats à l’asile à se rendre à Amman (Jordanie), Beyrouth ­(Liban) ou en Turquie voisine.
Là, un nouvel obstacle les attend. La possibilité d’enclencher une procédure d’asile à l’ambassade étant supprimée – il s’agit de l’une des mesures urgentes entrées en vigueur le 28 septembre 2012 et sur lesquelles le peuple suisse votera le 9 juin –, il ne leur reste plus qu’à demander un visa humanitaire. Or, cette solution de remplacement proposée par les politiciens «semble ne pas fonctionner», observe l’OSAR.
Pourquoi ça cloche? Stefan Frey fait un premier constat: «Arrivée en Jordanie, qui est un pays sûr, une famille qui a fui Alep ne pourra plus prouver qu’elle est en danger. C’est une situation contradictoire et vicieuse. Les gens restent coincés là-bas.»
Autre problème: alors que chaque dossier relevant de l’asile était à l’époque examiné par des spécialistes de l’Office des migrations (ODM), les demandes de visa humanitaire sont aujourd’hui traitées par des employés de l’ambassade souvent mal préparés, «qui jugent le cas selon leurs compétences». Craignant des décisions arbitraires, l’OSAR demande au Conseil fédéral de délivrer «de manière facilitée» des visas humanitaires pour les Syriens.

Accepter plus de réfugiés
Alors que chaque pays d’accueil se renvoie la balle, «la Suisse doit émettre un signal», plaide l’organisation. Stefan Frey relève que les pays voisins de la Syrie ont besoin d’aide. Cela passe par une augmentation «substantielle» des moyens octroyés sur place au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Jusqu’à maintenant, «il ne s’est presque rien passé», regrette Beat Meiner, secrétaire général de l’OSAR. Après un premier contingent de 36 personnes en septembre 2012, la Suisse a ouvert la porte début mars à 37 réfugiés issus de sept familles, dont 10 femmes et 14 enfants. C’est bien peu, relève Beat Meiner, «alors qu’ils sont plus de 4 millions à croupir dans les camps». I