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De la musique pour se rencontrer

En ligne depuis le 23 avril 2013 et publié dans - modifié le 19 juillet 2017

«Nous sommes venues vous offrir un cadeau musical». Ces paroles, Monique Buunk Droz, professeur de violon, les adresse à de jeunes demandeurs d’asile hébergés dans l’abri de protection civile (PC) de Châtelaine (GE). La plupart sont dans la procédure Dublin. Leur demande d’asile doit être examinée par un autre Etat européen. Monique présente, ensuite, son amie violoncelliste Tatiana Valleise avec laquelle elle forme l’ensemble «Viocello». Le concert commence. Certains sont captivés. D’autres écoutent de plus loin, s’arrêtent 5 à 10 minutes, puis reprennent leurs activités. Une première partie, composée de courtes pièces classiques est suivie de mélodies de différents pays du monde. Un mois plus tard, le duo donne un deuxième concert à la PC Annevelle (Petit-Lancy).

musique

Comment avez-vous eu l’idée de venir jouer dans les abris  PC?
Monique: Chaque semaine, je venais à l’école située au-dessus de l’abri de Châtelaine pour des répétitions. Je croisais ces jeunes gens qui traînaient, tournaient en rond jusque tard le soir. Je savais qu’ils venaient de loin et je me doutais que leur situation était difficile. Je me demandais: «Comment les accueillir?» Et j’ai pensé que la musique, langage universel, pourrait m’aider à les rencontrer. J’ai parlé de ce projet à Tatiana. Tout de suite, elle a été partante.

Avez-vous obtenu facilement l’autorisation de jouer dans les abris?
Monique: Cela n’a pas été simple. Je ne savais pas à qui m’adresser. J’ai fait de nombreux téléphones. Je n’étais jamais au bon endroit. J’ai insisté car je sentais que je devais réaliser ce projet pour être en paix avec moi-même. Finalement, je suis tombée sur la personne responsable des abris. Elle a compris notre démarche.

Qu’avez-vous ressenti lors du premier concert?
Tatiana: A vrai dire, j’ai accepté l’offre de Monique mais je n’avais aucune idée du lieu où nous nous produirions. En descendant la très longue rampe qui mène à l’entrée de l’abri de Châtelaine, je me demandais: «Mais où allons-nous?» Je suis moi-même une réfugiée bulgare.  Brusquement, des souvenirs de mon enfance pendant la guerre ont refait surface. J’ai pensé: «Mon Dieu, il y a encore des gens comme cela!». Au moment de jouer, j’étais très désorientée.

Pourtant vous avez accepté de renouveler l’expérience?
Tatiana : C’est qu’entre temps, nous avons mieux compris qui étaient ces jeunes gens. La plupart attendent leur renvoi vers un autre pays. Leurs projets d’avenir se trouvent dans une impasse. Ils sont interdits de travail. C’est pourquoi, lors du deuxième concert, nous avons davantage cherché le dialogue en présentant nos instruments, en posant quelques questions…Et la rencontre a eu lieu ! Un jeune homme a filmé et enregistré tout le concert avec son téléphone portable. A un certain moment,  il s’est mis à danser. Nous étions très touchées. J’ai pensé: «Maintenant, je sais que notre musique apporte quelque chose!»

Propos recueillis par Nicole Andreetta