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Le Courrier | Une mineure reste seule après le renvoi forcé de ses parents

En ligne depuis le 26 avril 2013

Les autorités vaudoises ont expulsé de force une famille en Bosnie en laissant en Suisse leur enfant mineure, absente au moment de l’intervention.

Article de Sophie Dupont publié par Le Courrier le 25 avril 2013. Cliquez ici pour voir l’article.

Jeudi 11 avril, à 3 heures du matin, la police débarque en force au Foyer d’accueil des migrants de Bex. La famille D., d’origine rom et de nationalité bosniaque, dont plusieurs membres sont soupçonnés d’avoir commis des délits, doit être renvoyée à Sarajevo par vol spécial, après rejet définitif de leur demande d’asile. La mère et cinq enfants sont emmenés de force par les autorités. Le père, détenu au centre administratif de Frambois, les rejoindra à l’aéroport de Genève.

Seulement voilà, cette nuit-là, leur fille Lisa1, 16 ans, était absente. Lors de l’arrestation, sa mère, Mme D., aurait indiqué que sa fille se trouvait chez son oncle et supplié les agents d’aller la chercher. «Elle a hurlé le nom de sa fille, en pleurs, elle a dit qu’elle ne partirait pas sans elle, rapporte Graziella de Coulon, coordinatrice du collectif Droit de rester, contactée par Mme D. à son arrivée en Bosnie. Elle leur a donné l’adresse et le numéro de téléphone de l’oncle.» Une version des faits contestée par les autorités qui sont intervenues. «La mère a refusé de nous dire où était sa fille», affirme Frédéric Rouyard, porte-parole du Département de l’économie et du sport. Un représentant de la Commission nationale de prévention de la torture était également présent sur place. L’institution n’était pas atteignable hier en fin d’après-midi.

Un cas unique?

Avant le départ de l’avion, Mme D. téléphone à sa fille pour l’avertir du renvoi. Paniquée, la jeune fille appelle Graziella de Coulon et lui fait part de sa volonté de rejoindre tout de suite ses parents. A 8 heures, le service de la population, joint par la coordinatrice de Droit de rester, affirme qu’il est trop tard. L’avion a décollé peu après 9 h. «Le service de la population n’a pas tout mis en œuvre pour que Lisa puisse partir avec ses parents», déplore Graziella de Coulon.

Les autorités peuvent-elles expulser de force une famille en laissant leur enfant mineure en Suisse? «C’est la responsabilité des parents, du moment qu’ils n’ont pas voulu dire où se trouvait leur fille. Et la famille a plusieurs affaires pénales en cours. Cela justifiait de maintenir le vol», estime Philippe Leuba, chef du Département de l’économie et du sport. «C’est contraire à la Convention relative aux droits de l’enfant, réagit Denise Graf, spécialiste de l’asile à Amnesty International, qui n’a jamais été confrontée à un tel cas. Les enfants ne peuvent pas être séparés de force de leurs parents.»

Pas de date de retour

La famille D. vivait en Suisse depuis 2008. Après le rejet définitif de sa demande d’asile, les autorités ont proposé une aide au retour, refusée par la famille. Une décision de renvoi forcé est alors entrée en vigueur. Une autre fille du couple, majeure, a disparu peu avant l’expulsion. Depuis que ses parents ont été expulsés sans elle, Lisa, qui était scolarisée à Aigle, vit à Lausanne chez son oncle, M. S., qui est au bénéfice d’un permis provisoire. Elle n’est pas retournée sur les bancs de l’école.

Lundi dernier, l’adolescente a reçu du Service de la population une prolongation de son droit à l’aide d’urgence de 15 jours, ajoutant à l’incertitude de la date de son départ. Les autorités ont l’intention de faire d’une pierre deux coups, en renvoyant Lisa en même temps que sa grand-mère, actuellement en attente de ses papiers d’identité. Aucune date de retour n’a encore été fixée.

 

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