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OSAR | Sri Lanka: Une suspension provisoire des renvois ne suffit pas

En ligne depuis le 8 septembre 2013

Communiqué de presse de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) du 5 septembre 2013.

La décision de l’Office fédéral des migrations (ODM) de suspendre provisoirement les renvois prévus de demandeurs d’asile sri lankais ne satisfait pas les organisations de protection des droits humains et d’aide aux réfugiés. Les organisations qui mènent actuellement la campagne Sri Lanka, Ne pas se laisser éblouir exigent un arrêt complet des renvois, jusqu’à ce que la situation au Sri Lanka se soit fondamentalement améliorée. Elles exigent également l’arrêt immédiat des négociations en vue d’un accord de réadmission entre la Suisse et le Sri Lanka. Ces exigences sont formulées dans le cadre d’une pétition.

Après que plusieurs cas de requérants d’asile torturés et arrêtés après leur renvoi depuis la Suisse aient été rendus publics, l’ODM a déclaré officiellement mercredi 4 septembre 2013 à midi que le renvoi de requérants d’asile vers le Sri Lanka était suspendu, jusqu’à ce qu’une enquête ait été menée sur ces cas.

Amnesty International, la Société pour les peuples menacés et l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés, qui mènent la campagne Sri Lanka, Ne pas se laisser éblouir, saluent cette décision. Mais selon elles il s’agit seulement d’un premier pas. Aussi longtemps que les persécutions, la torture et les sévices seront monnaie courante au Sri Lanka, c’est seulement avec un arrêt complet des renvois qu’on évitera que des personnes soient torturées ou arrêtées après leur retour.

Un accord de réadmission serait catastrophique

Les trois organisations sont irritées par les propos de la Conseillère fédérale Sommaruga, selon lesquels les négociations en vue d’un accord de réadmission entre la Suisse et le Sri Lanka se poursuivent. Les accords de réadmission sont conclus afin de faciliter les renvois et en particulier les renvois forcés. Un accord de réadmission simplifie aussi l’échange de données entre les deux pays. Définir un tel accord avec un Etat autoritaire qui viole de façon notoire les droits humains est complètement contraire au principe de non refoulement des réfugiés vers des pays pratiquant la torture. Avec un tel accord, il serait encore plus facile à l’avenir pour le Sri Lanka d’arrêter des personnes encombrantes dès leur arrivée. Les trois organisations exigent donc un arrêt immédiat des négociations en vue d’un accord de réadmission.

Plus d’informations auprès de :

  • Nadia Boehlen, porte-parole, Amnesty International, 079 430 14 68
  • Angela Mattli , directrice de campagne, Société pour les peuples menacés, 079 378 54 30
  • Dorothea Bergler, responsable de campagne, Organisation suisse d’aide aux réfugiés, 031 370 75 75

Pour lire notre “chronique monde” du Sri Lanka, publiée dans le numéro 143 de Vivre Ensemble, cliquez ici.