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En ligne depuis le 25 septembre 2013 et publié dans - modifié le 22 juillet 2017

Imaginez si dans une petite ville, au moment de la construction d’un immeuble locatif, les autorités écrivaient aux habitants du quartier pour les assurer que tous les futurs locataires se verront interdire l’accès à la piscine et au terrain de foot, sauf autorisation expresse de la mairie, et qu’un dispositif a été élaboré pour «tenir compte des besoins de sécurité de la population». Comment regarderions-nous ces nouveaux voisins? Comment les intégrerions-nous dans notre vie sociale?

Et si, lors de l’ouverture d’un centre, les autorités commençaient par expliquer, chiffres à l’appui, qu’une majorité de demandeurs d’asile sont en besoin de protection (lire Vivre Ensemble, n°143). Qu’elles affirmaient leur volonté de les accueillir. Que comme tout nouveau résident, ces locataires seront assujettis aux mêmes droits et devoirs que tout un chacun. Qu’elles invitaient tous les habitants à manifester leur sens de l’hospitalité. Ou mieux, si les autorités organisaient une grande fête pour accueillir ces nouveaux voisins, que se passerait-il?

Les récents sondages concernant le vote du 9 juin révèlent que plus du tiers des Suisses ont voté «oui» dans un souci d’améliorer et d’accélérer les procédures d’asile. Leur «oui» n’a donc pas été motivé par un sentiment anti-réfugié ou xénophobe. Il exprime une confiance à l’égard du discours du Conseil fédéral et du Parlement, qui n’ont eu de cesse durant la campagne de mettre l’accent sur ces «avancées», l’étiquette socialiste de la Ministre de tutelle étant un gage de «tradition humanitaire». Cette confiance dans le mot d’ordre des autorités est une constante de la politique suisse. La portée du discours des élu-e-s confère dès lors à leurs auteurs une responsabilité. Une responsabilité éthique. Notamment celle de ne pas renforcer les préjugés et la stigmatisation en caressant dans le sens du poil les pensées les plus basses.

L’affaire de Bremgarten -et sa condamnation par la presse internationale – aura-t- elle réveillé les consciences? Pas facile de s’entendre dire que notre pays a des pratiques ségrégationnistes! Le terme «zones d’exclusion», on ne peut plus explicite, est pourtant entré dans le langage courant. (1) Sauf que jusqu’ici, il semblait uniquement associé aux politiques répressives menées contre des actes délictueux, le trafic de drogue, etc . Ou, plus récemment, aux futurs centres pour «récalcitrants», qui, faute d’être des centres fermés, seront assortis de «périmètres de sécurité».

A Bremgarten, ce qui a choqué, c’est que cette interdiction visait une population en raison de son statut. Dont des femmes et des enfants, ce qui fait un peu tâche dans le paysage «humanitaire». On comprend donc le malaise de Simonetta Sommaruga, montée au créneau pour rappeler que les «droits fondamentaux ne sont pas négociables» – ici le droit à la liberté de mouvement. Au moment où on célèbre le cinquantenaire du discours de Martin Luther King, la mise au point est bienvenue.

Mais on reste pantois à lire, quelques jours après, le communiqué de l’ODM annonçant l’ouverture d’un deuxième centre fédéral:

«Dans la convention conclue entre la Confédération et la commune d’Alpnach, les installations scolaires et sportives sont définies comme zones que les requérants d’asile ne peuvent fréquenter durant la semaine qu’avec le consentement des autorités communales. Le plan de sécurité qui a été élaboré tient compte des besoins de sécurité de la population.»

On est encore loin des guirlandes et de la fanfare…

Sophie Malka


Note:

(1) A Vallorbe, certains lieux “sensibles” – la gare, la piscine et le camping – sont quasi interdits aux demandeurs d’asile du Centre d’enregistrement. Certaines communes alémaniques ont déjà manifesté de telles pratiques (chemin séparé pour les réfugiés qui ne peuvent traverser le village…)

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