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IRIN | La Bulgarie en première ligne de l’accueil des migrants dans l’UE

En ligne depuis le 7 novembre 2013

Le soleil se couche sur le village frontalier de Golyam Dervent, en Bulgarie. Trois habitants se sont retrouvés pour boire une bière devant un petit magasin. Les façades des maisons en stuc blanc et aux toits de tuiles en terre cuite – dont beaucoup ont été abandonnées – sont éclairées par le soleil d’automne.

Article paru sur le site de l’IRIN ((Nouvelles et analyses humanitaires. Un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies), le 7 novembre 2013. Cliquez ici pour lire l’article sur le site de l’IRIN.

Ce village d’apparence tranquille est l’un des endroits où passent un nombre important de migrants clandestins ayant franchi la frontière avec la Turquie. Les passeurs qui opèrent depuis ce pays amènent les migrants jusqu’à la frontière. Ceux-ci doivent alors traverser une forêt dense et gravir une petite montagne pour atteindre la Bulgarie, et l’Union européenne (UE).

Depuis la semaine dernière, les autorités bulgares préparent l’installation d’une clôture de 30 km sur une partie de sa frontière longue de 280 km, non loin de Golyam Dervent. Cinq millions de leva (3,4 millions de dollars) seront nécessaires pour ériger cette clôture qui permettra d’enrayer l’arrivée des migrants.

Ce nouvel obstacle constitue une réponse au nombre croissant de migrants et de demandeurs d’asile – en majorité des Syriens – qui arrivent en Bulgarie. Mais des groupes de la société civile, comme le Comité Helsinki de Bulgarie, ont critiqué l’installation de la clôture : « Il est profondément inhumain d’essayer d’empêcher les demandeurs d’asile d’entrer dans le pays », ont-ils écrit dans un récent rapport.

Autrefois, la Bulgarie ne recevait que quelques migrants et demandeurs d’asile chaque jour, mais leur nombre a fortement augmenté au cours de ces derniers mois pour atteindre entre 80 et 100 personnes. On estime que le pays aura reçu plus de 11 000 personnes en 2013. Une des principales raisons de cette augmentation serait la construction d’une clôture le long de la frontière entre la Grèce voisine et la Turquie en 2012.

Plus de 8 700 personnes ont franchi la frontière bulgare jusqu’à présent cette année et la majorité d’entre elles sont passés par des villages comme Golyam Dervent, où il y a peu de surveillance.

Grozio Georgiev, 67 ans, ancien bûcheron et garde-frontière de Golyam Dervent, dit qu’il voit des migrants presque tous les jours. Cette semaine, 11 d’entre eux sont passés devant sa maison en une seule journée, dont cinq ou six jeunes enfants. Plusieurs étaient malades, avaient soif et portaient des vêtements mouillés, a-t-il dit.

« Nous leur proposons de l’eau et des biscuits, mais en général, ils n’acceptent que l’eau », a-t-il indiqué.

Il y a deux semaines, près de 100 personnes sont arrivées dans le village en l’espace d’une journée. « Nous ne nous attendions pas à voir autant de personnes franchir la frontière », a-t-il dit.

Certains d’entre elles veulent être arrêtées, d’autres souhaitent poursuivre leur trajet. « Pas la police, taxi, Sofi, Sofi », disent-elles parfois dans l’espoir de rejoindre la capitale. « Alors, j’appelle la police frontalière et je dis, ‘Nous avons besoin d’un taxi pour Sofia’ », a indiqué M. Georgiev, gloussant de sa plaisanterie.

Ressentiment

L’afflux de migrants attise le ressentiment de bon nombre de Bulgares. Donka Georgieva, 28 ans, vit dans une maison en briques de deux étages en très mauvais état. Cette mère de trois enfants dit que l’État lui verse seulement 100 leva (70 dollars) par mois. « Les migrants reçoivent beaucoup d’argent », dit-elle, « et nous n’en avons pas ».

Sa voisine, Yana Petrova, 59 ans, est à la retraite. Elle survit avec 47 levas (33 dollars) par mois ; ses fils payent ses factures de consommation. « C’est impossible » de vivre avec cette somme, dit-elle.

D’après certaines rumeurs, chaque demandeur d’asile recevrait 1 084 leva (758 dollars), mais le vice-ministre de l’Intérieur bulgare, Vasil Marinov, a expliqué qu’une grande partie de cette somme sert à couvrir les frais administratifs et les frais de logement. En réalité, les demandeurs d’asile enregistrés ne perçoivent que 65 leva (45 dollars) par mois en attendant la détermination de leur statut, ce qui suffit à peine à couvrir leurs dépenses alimentaires et leurs autres dépenses de base.