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IRIN | Un déserteur syrien: “Pour trouver protection, on doit recourir à des voies illégales”

En ligne depuis le 8 novembre 2013 - modifié le 26 janvier 2014

Samer Fanari, 27 ans, a déserté l’armée syrienne il y a un an et demi. Il a traversé la frontière turque sans rien si ce n’est ses balises militaires. Son plan était de se rendre en Suède, où vit sa mère et d’y demander l’asile. Mais il n’a pu aller plus loin que la Grèce. Il a expliqué à IRIN son expérience.

Article paru sur le site de IRIN, le 25 septembre 2013. Cliquez ici pour lire l’article original (en anglais).

“A Istanbul, il y a un endroit qui s’appelle Aksaray, où tu peux trouver des milliers de personnes qui amènent les gens en Europe. J’ai payé 400 EUR pour qu’on m’amène à la frontière avec la Grèce, mais maintenant ça coûte 3’000 EUR car beaucoup de personnes veulent s’y rendre.

“Il y a deux manières de traverser: la première c’est en marchant, la deuxième par la mer. J’ai choisi la première car c’est moins cher et plus sûr. Mais c’était tellement dur”.

“Ils nous ont mis à 20 dans une petite voiture pendant 3 heures. Puis ils nous ont laissés dans une  forêt et nous avons marché pendant 2-3 heures. Après nous sommes arrivés près d’une grande rivière et la police turque nous a vus, ils ont pris nos empreintes digitales et nous ont détenus pendant 5 jours. Ils nous ont ramenés en Syrie. Une heure après, je repartais pour la Turquie, et cette fois-ci j’ai passé la frontière avec la Grèce”.

“C’est tellement mauvais en Grèce; ils ne te donnent aucun papier. Il n’y a pas de travail, pas d’espoir. Rien. Je voulais aller d’Athènes en Suède par avion”.

“Il y a un endroit à Athènes qui s’appelle Omonia, où il est possible d’acheter des passeports et des pièces d’identité, tout ce que tu veux. Puis tu vas à l’aéroport. Mais il faut le faire tellement de fois, car ils choppent toujours les faux passeports. J’ai essayé peut-être 10 fois et ils m’ont pris 10 fois. Chaque fois il ne font que te confisquer le passeport et ils te disent ‘go'”.

“J’ai dépensé tout l’argent et je suis retourné en Turquie et je vit toujours ici. Je veux encore essayé, mais cette fois-ci via l’aéroport d’Istanbul. J’ai beaucoup d’amis qui ont fait cela, mais c’est très cher – il faut payer quelque chose comme 9’000 EUR seulement pour les faux documents. Beaucoup de personnes ne peuvent pas se permettre cela”.

“Il y a des gens qui vont en Italie via l’Égypte en bateau. C’est trop dangereux – 3 jours sur la mer – des gens meurent. Ils paient les passeurs 400 – 500 USD”.

“Les migrants vont aussi de la Turquie en Bulgarie. Personne ne veut rester en Bulgarie, mais c’est le passage le moins cher. Depuis là, ils essaient d’aller en Suède ou en Allemagne, car ils peuvent avoir des papiers rapidement dans ces pays”.

“C’est impossible d’aller dans une ambassade et de demander un visa si tu es un Syrien. C’était possible, mais pas maintenant, ils n’aident pas dans les ambassades. Ils savent qu’il faut qu’on utilise des parcours illégaux”.

“Je vais partir pour la Suède dans un mois, quand j’aurai assez d’argent. Je vais avoir des papiers et puis je peux aller où je veux”.

(traduit de l’anglais par Cristina Del Biaggio)

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