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Témoignage d’un réfugié tibétain

En ligne depuis le 12 décembre 2013 et publié dans - modifié le 22 juillet 2017

Le récit de Norbu Dhondup est caractéristique du vécu de milliers de jeunes réfugiés tibétains qui fuient la répression politique au Tibet, mais également de la discrimination institutionnelle et du manque de perspectives pour cette population.


Photo: Luca Galuzzi

Norbu Dhondup, un jeune réfugié tibétain originaire de la région de Dhingri (Tingri pour les Chinois), près du Mont Everest, a été témoin de la violence avec laquelle les forces de sécurité chinoises interviennent contre ceux qui décrient la répression. En 2009, lors d’une session de «ré-éducation patriotique», quatre moines du monastère dans lequel Norbu travaille refusent d’abjurer leur foi pour le dalaï-lama. Les forces de l’ordre arrêtent les moines dissidents, portés disparus depuis, et font évacuer le monastère. Norbu se réfugie dans son village natal. Mais, ne supportant plus d’assister impuissant à la répression chinoise, il exprime lui-même publiquement son adoration pour le dalaï-lama lors d’une assemblée dans le village, un acte risqué en raison de la présence d’espions chinois perceptible même dans les villages éloignés. Par crainte que les propos de Norbu puissent mettre en danger l’ensemble de sa famille, son père le pousse à s’exiler. Norbu fuit vers le Népal, traversant l’Himalaya à pied.

Au Népal, où se trouvent de nombreux exilés tibétains, Norbu se retrouve dans une situation précaire, sans papiers et sans perspective d’emploi: le gouvernement népalais, mis sous pression par la Chine, intensifie la surveillance et la discrimination des réfugiés tibétains se trouvant sur son sol, tout en refusant de leur accorder des permis de séjour. Avec l’aide de membres de sa famille, Norbu réunit l’argent nécessaire pour effectuer le trajet en Europe.

Cela fait deux ans maintenant que Norbu habite à Bienne. L’ODM n’a toujours pas statué sur sa demande d’asile. Les statistiques de l’ODM font comprendre qu’il n’est pas un cas isolé: plus de 1483 tibétains attendent actuellement (31 juillet 2013) une décision de l’ODM. Doit-on voir ici une stratégie pour réduire l’attractivité de la Suisse? En tout cas, comme le relève Norbu, cette lenteur administrative ne conduit pas à l’«accélération de la procédure» promulguée par l’ODM, mais ne fait que prolonger l’expérience douloureuse de l’attente et de l’insécurité des personnes concernées.

Sophie Hodel

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