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Détention

Tessin: Une votation à haute tension

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La surveillance sous contrôle

En ligne depuis le 16 décembre 2013 et publié dans - modifié le 22 juillet 2017

Le 22 septembre 2013, les Tessinois ont été appelés à se prononcer sur une modification de la Loi sur l’exécution des peines et des mesures pour les adultes, approuvée le 15 avril 2013 par le Grand Conseil tessinois et attaquée par référendum. Une modification qui donne le feu vert à la privatisation de la surveillance des personnes incarcérées ou soumises à la détention administrative.

Le nouvel article 8b de ladite loi permettra au canton de transférer à des agences privées «certaines tâches partielles» liées à la surveillance de personnes en détention administrative et de requérants d’asile «récalcitrants».  Dans un message du 5 mars 2013 expliquant les enjeux des modifications de la loi (1), le Conseil d’Etat tessinois manifestait également sa volonté «vu les récents développements législatifs, d’étendre la possibilité de transférer à des privés la surveillance, à titre exceptionnels, des soi-disant requérants d’asile ‘récalcitrants’».

Il est à noter que ce message a été approuvé par le Conseil d’Etat avant même que le résultat du référendum du 9 juin sur les mesures urgentes, qui contenait un paragraphe sur les requérants d’asile «récalcitrants», ne soit connu.

Au mois de mai, nous avons interpellé l’administration cantonale sur un point qui n’était pas explicite dans le message, à savoir s’ils savaient déjà, avant même que l’administration fédérale ne statue sur ce point, quelle forme pouvaient prendre les lieux dans lesquels seraient mis les requérants d’asile «récalcitrants». Réponse des autorités:

«Cette norme garantit une certaine flexibilité, car elle permet de mettre les personnes susmentionnées soit dans des cellules situées dans une zone appropriée à l’intérieur de la structure carcérale, soit dans des établissements ad hoc situés en dehors du périmètre des structures carcérales cantonales».

Mais, ajoutent-elles, «avant d’établir les procédures, il faut attendre d’une part le vote populaire du 9 juin, et de l’autre la version définitive de l’Ordonnance fédérale sur l’asile, qui décidera du statut juridique des requérants d’asile «récalcitrants», et en particulier sur la liberté de mouvement dont ceux-ci pourront bénéficier». Nous savons, en revanche, que ces lieux, selon les vœux du Conseil d’Etat tessinois, pourront être surveillés par des agents privés, si les citoyens tessinois rejettent le référendum lancé contre cette mesure.

Prisoners' Round, Van Gogh

Prisoners’ Round, Van Gogh

Et que pense la police de cette délégation de pouvoir?  Nous  avons interpellé Max Hofmann, secrétaire général de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP). Revenant sur la vague de privatisations des tâches de la police, il rappelle que celle-ci a commencé en 1998, avec l’autorisation donnée à des entreprises privées de transporter des détenus. La garde de personnes en détention administrative est un «petit pas supplémentaire», dit Hofmann, qui s’interroge:

«Le prochain pas consistera-t-il à permettre la garde de personnes en détention pénale? Il ne faut pas oublier, nous rappelle Max Hofmann,  que  «plus on touche aux droits fondamentaux des personnes, moins la privatisation est adéquate».

La prochaine votation portant sur un des droits les plus importants des personnes, soit la liberté de mouvement, il est important que les tâches liées à la limitation de cette liberté restent sous contrôle étatique, poursuit-il.

Même si, dans la loi, des précautions sont prévues  (la privatisation aura lieu «seulement dans des cas exceptionnels»),  Max Hofmann se pose la question, fort légitime, de savoir où les autorités décideront de poser les limites de l’exception.

Cristina Del Biaggio
Avec la collaboration d’Alberto Campi


Note:

(1)  www.ti.ch/CAN/SegGC/comunicazioni/GC/odg-mes/pdf/m6644-agg.pdf

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