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JRS | Syrie: les réfugiés iraquiens aux marges d’un autre conflit

En ligne depuis le 1 février 2014 - modifié le 15 juin 2014

Après dû fuir l’Iraq, Tarik* à son arrivée en Syrie pensait avoir enfin trouvé la sécurité pour lui-même et pour sa famille. Deux ans plus tard la guerre éclatait.

Article paru sur le site du Service Jésuite des Réfugiés (JRS), le 12 décembre 2013. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du JRS.

En dépit de l’insécurité qui règne en Syrie, Tarik pense qu’il est trop dangereux de rentrer en Iraq, un pays où cette année, plus de 5’000 personnes ont perdu la vie à cause du conflit entre les groupes religieux.

Aujourd’hui, Tarik vit à Jaramana, un quartier à forte densité de population où se côtoient des Iraquiens et des Syriens, des Chrétiens, des Musulmans et des Druzes. Jaramana est connu pour sa diversité, son style de vie abordable et la vivacité de son tissu social. Ceci dit, le quartier a récemment connu une forte augmentation de la violence à cause de la prise de contrôle des territoires voisins par les combattants. En plus des tirs de mortiers, de roquettes et de balles, une voiture piégée a fait au moins six morts à Jaramana en octobre dernier.

Le témoignage de Tarik.

Mon histoire ne diffère guère de celle des autres familles iraquiennes. Nous sommes tous victimes de la guerre. J’ai 51 ans et j’étais ingénieur en mécanique dans l’industrie lourde. Je suis marié et j’ai une fille et deux fils. Mon plus jeune fils a des problèmes de santé mentale causés par les nombreux meurtres dont il a été quotidiennement témoin en Iraq.

Au départ, nous avons été déplacés pour des raisons religieuses. Notre famille et d’obédience sunnite mais ma belle-mère est shiite. En fin de compte nous avons été persécutés de tous les côtés, à cause de la diversité religieuse de notre famille. Nous avons quitté l’Iraq pensant trouver refuge en Syrie – comme de nombreux autres de mes compatriotes.

Nous nous sommes d’abord installés à Harasta, un faubourg de Damas, c’était en 2009. Nous nous sommes présentés à l’agence du HCR pour nous faire enregistrer, ce qui nous a permis de recevoir une aide.

Lorsque le conflit à atteint Harasta, nous avons à nouveau été déplacés. Nous avons dû à nouveau fuir la violence. Avec l’aide du HCR, nous avons quitté Harasta pour un des hébergements collectifs situés à Damas city, nous étions alors en 2012. Les conditions de vie y étaient tellement dures que nous sommes partis pour Jaramana.

Mais la vie n’y est pas beaucoup plus facile car la rente que nous verse le HCR ne suffit pas à payer le loyer et les produits de base. C’est encore plus dur en hiver. Nous n’avons ni vêtement d’hiver ni couvertures chaudes. Et le chauffage au gaz est hors de prix.

Nos difficultés financières s’éternisent. Ma santé m’interdit désormais de travailler. Mes douleurs les plus vives sont causées par l’arthrite dans mes genoux, ce qui nous coûte 10.000 livres syriennes (75 dollars) mensuels pour les médicaments. Aujourd’hui l’aide alimentaire est suffisante, mais nous devons acheter à prix d’or le lait car le panier alimentaire n’en contient pas.

Les Iraquiens en Syrie.

Des centaines de milliers d’Iraquiens vivant en Syrie avec très peu de perspectives d’avenir pourront aisément se reconnaître dans l’histoire de Tarik. Après la fermeture des ambassades des Etats-Unis et de l’Europe, les options de réinstallation pour les Iraquiens vivant en Syrie ont été mises en sommeil. Bien que les frontières des pays voisins demeurent ouvertes, il est dangereux de voyager en direction du sud vers la Jordanie ou en direction du nord vers la Turquie car il faut passer à travers des zones de combats intenses.

Les Iraquiens entrent difficilement au Liban, et pour un grand nombre d’entre eux le retour au pays est impossible à cause des conflits entre les groupes religieux. Bloqués de tous côtés par les conflits et croulant sous le poids des problèmes financiers, Tarik et bien d’autres n’ont pas d’autre choix que de rester en Syrie.

La région étant complètement dominée par le conflit syrien et les organisations humanitaires luttant pour répondre aux besoins de base de quelque huit millions de Syriens, les Iraquiens constituent une «population réfugiée oubliée», de plus en plus réduite à se maintenir en vie aux marges d’un autre conflit.

* Les noms ont été changés pour raison de sécurité

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