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Le Courrier | Combattre les idées reçues sur l’asile

En ligne depuis le 23 mai 2014 - modifié le 3 juin 2014

Une association romande recense depuis six mois les erreurs et les préjugés sur l’asile véhiculés dans les médias. Tour d’horizon.

Article de Mohamed Musadak, publié dans le Courrier le 23 mai 2014. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Des migrants menottés, des barbelés, des réfugiés «illégaux», ou encore des «vagues» d’immigration. Des images et des mots qu’on associe trop souvent à l’asile et qui en donnent une image négative et déformée. C’est en tout cas l’avis de Sophie Malka, responsable de la revue d’information sur le droit d’asile Vivre Ensemble. Depuis six mois, son association a mis en place une veille médiatique pour traquer les erreurs des journalistes. L’objectif? «Lutter contre les idées reçues répandues dans l’imaginaire collectif en attirant l’attention des médias sur leur traitement des questions d’asile.»

Une action bien perçue

Dans les faits, Le Comptoir des médias – nom choisi pour cette veille médiatique – contacte directement les journalistes qui auraient fait un amalgame malheureux ou une erreur factuelle pour leur suggérer de modifier l’information en question. «Nous voulons travailler avec les médias, et non contre eux», tient à préciser Sophie Malka. Avant de poursuivre que «les préjugés sur les demandeurs d’asile sont bien ancrés et que, à force d’être répétés, même les journalistes finissent par les intégrer».

Comme l’amalgame entre criminalité et immigration. Dernier exemple marquant, la RTS titrait un de ses articles «Plus de 6000 infractions des requérants en un an, souvent mineures». En réalité, ces «infractions» étaient surtout des entorses au règlement des centres de requérants d’asile, comme des arrivées tardives ou fumer dans les chambres. A la suite de l’intervention de Vivre Ensemble, la RTS a décidé de modifier le titre. Contacté par Le Courrier, Nicolas Roulin, responsable de la rédaction de l’info en continu à la RTS, concède volontiers que «ce titre était faux et imprécis. Il fallait le changer.» S’il salue l’initiative de l’association, il rappelle toutefois que «le sujet de l’asile doit être traité de manière équilibrée. Si des faits mettent en lien des requérants d’asile et la criminalité, on doit pouvoir le dire.»

Globalement, l’action du Comptoir des médias est pour l’instant bien perçue. Toutes ses interventions ont débouché sur une modification des articles en question. «Mais il faut faire attention aux différences de perception, subjective, des images et des statistiques concernant l’asile», tempère Nicolas Roulin. Et de citer l’exemple d’une intervention du Comptoir qui demandait la modification d’une photographie publiée dans un média en ligne pour illustrer un article sur la restructuration de la politique d’asile suisse. On y voyait deux requérants d’asile noirs, fouillés à l’entrée d’un centre. L’association voit dans cette image un «renforcement des stéréotypes négatifs et une criminalisation des demandeurs d’asile». Le journaliste, lui, y observe plutôt «un éclairage sur leurs conditions de vie difficiles».

Manque de moyens

Consciente du caractère délicat de la mission que son association s’est assignée, Sophie Malka estime que «l’important est de discuter avec les journalistes et de remettre en cause certaines certitudes». Avec seulement deux personnes à temps partiel, Le Comptoir des médias est confronté à un manque de moyens. Le public est invité à signaler toute publication susceptible de véhiculer des préjugés négatifs sur l’asile.