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UNHCR | Trois tragédies maritimes en cinq jours en Méditerranée

En ligne depuis le 26 août 2014 - modifié le 8 novembre 2015

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 26 août 2014 au Palais des Nations à Genève.

Billet publié sur le site du HCR, le 26 aout 2014. Cliquez ici pour lire le billet sur le site du HCR.

Ces derniers jours ont été les plus meurtriers de 2014 en Méditerranée pour les personnes qui effectuent des traversées irrégulières vers l’Europe, avec au moins trois embarcations ayant chaviré ou coulé et la perte de plus de 300 vies humaines. Dans l’ensemble, nous estimons désormais que 1889 personnes ont déjà péri cette année dans la tentative de traversée, dont 1600 depuis début juin.

La première de ces tragédies, et la plus importante, a eu lieu vendredi quand un bateau transportant au moins 270 personnes aurait chaviré près de Garibouli à l’est de Tripoli. Dix-neuf personnes, dont une femme, ont survécu. Depuis, les garde-côtes libyens ont récupéré les corps sans vie de 100 autres personnes, dont cinq enfants de moins de cinq ans et sept femmes. Les autres passagers sont morts noyés. Selon les témoignages des survivants, le bateau était plein et davantage de passagers avaient encore été poussés à bord avant le départ. Selon les dires de certains survivants, l’embarcation s’est soudainement retournée et les passagers sur le pont inférieur ont été pris au piège. Pour mener à bien l’opération de recherche et de récupération, les garde-côtes libyens ont demandé des sacs mortuaires, des équipements, de l’aide médicale et de la main-d’œuvre.

Le deuxième incident s’est produit en soirée le samedi 23 août. Un canot pneumatique endommagé a été récupéré par la marine italienne à une distance de 20 miles des eaux territoriales libyennes. Quelque 73 personnes ont été sauvées et 18 corps sans vie ont été récupérés. Dix personnes seraient toujours portées disparues. Les passagers étaient principalement originaires du Mali, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Soudan. Le canot pneumatique était déjà partiellement dégonflé lorsqu’il a été repéré par un avion italien de recherche et de sauvetage. Des radeaux de survie ont été largués aux personnes qui étaient tombées à l’eau.

Lors d’un troisième incident, dimanche soir 24 août, un bateau de pêche transportant environ 400 personnes a chaviré au nord des côtes libyennes lors de mauvaises conditions météorologiques. La marine italienne et des garde-côtes, dans une opération conjointe avec un navire marchand à proximité, ont porté secours à 364 personnes. Par ailleurs, 24 corps ont déjà été retrouvés et davantage encore parmi les passagers auraient trouvé la mort. Le nombre exact de disparus n’est pas encore confirmé. Les survivants et les corps des défunts seront débarqués en Sicile aujourd’hui.

Le principal pays de départ pour l’Europe est la Libye, où la dégradation de la sécurité a fait augmenter les opérations de traite d’êtres humains par des passeurs. Elle a également incité des réfugiés et des migrants, qui vivent en Libye, à décider de risquer la traversée plutôt que de rester en zone de conflit. Le bureau du HCR à Tripoli reçoit des appels quotidiens de réfugiés, de demandeurs d’asile et d’autres personnes vulnérables disant craindre pour leur vie et demandant désespérément de la nourriture, de l’eau, des médicaments et une réinstallation. Ceux qui ont choisi de partir pour l’Italie décident d’entreprendre des trajets plus longs et plus risqués depuis de nouveaux ports de départ comme par exemple Benghazi.

Beaucoup parmi les personnes risquant leur vie dans leur tentative de traversée pour trouver la sécurité en Europe sont des réfugiés fuyant la guerre, les conflits, la violence et la persécution. Cette situation dramatique aux frontières maritimes de l’Europe requiert une action européenne urgente et concertée. Celle-ci doit inclure un renforcement des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée, en veillant à ce que les sauvetages s’effectuent dans la sécurité et à ce que les personnes secourues encourent le moins de risques possibles. Le HCR se félicite de l’opération de sauvetage Mare Nostrum (notre mer) menée par la marine et les garde-côtes italiens qui a permis de sauver des milliers de vies humaines. Alors que davantage de réfugiés et de migrants, pour la plupart des Erythréens, des Syriens et des Somaliens, risquent leur vie en mer pour rejoindre l’Europe, une action urgente est nécessaire, y compris dans la recherche d’alternatives légales à ces traversées dangereuses.

Il est essentiel que les survivants de ces tragédies, qui ont souvent perdu famille et amis, puissent immédiatement accéder à un soutien psychologique, une fois qu’ils sont débarqués. Le HCR a également appelé à mettre en place des procédures pour permettre l’identification des corps retrouvés en mer ainsi que pour fournir des informations rapides et claires afin que les familles ne soient pas soumises à des souffrances supplémentaires inutiles.

STATISTIQUES DU HCR SUR LES TRAGEDIES EN MEDITERRANEE

Personnes décédées ou disparues estimation :

En 2011, environ 1500 ; en 2012, environ 500 ; en 2013, plus de 600 ; à ce jour en 2014, plus de 1880.

Nombres d’arrivants estimation :

En 2011, environ 69’000 ; en 2012, environ 22’500; en 2013, environ 60’000 ; à ce jour en 2014, 124’380.

Répartition des arrivées par la mer pour 2014 :

Italie = 108’172, au 24 août.

Grèce = 14’800 personnes ont été appréhendées (pas nécessairement secourues) aux frontières maritimes entre la Grèce et la Turquie, en 2014, de janvier à fin juillet.

Espagne = environ 1100 personnes, incluant les arrivées par la mer vers le continent, les îles Baléares, ainsi que Ceuta et Melilla en 2014, de janvier à fin juin.

Malte = 308, au 22 juillet 2014.

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