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Le Courrier | Bientôt cent places de plus au puzzle pénitentiaire

En ligne depuis le 27 août 2014 - modifié le 30 août 2014

La première pierre de la Brenaz+100 a été posée. De quoi faire de Genève un «hub d’expulsion», critiquent les défenseurs de l’asile.

Article de Rachad Armanios, publié dans Le Courrier, le 27 aout 2014. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Hier à Puplinge, Serge Dal Busco et Pierre Maudet ont posé la première pierre de Brenaz+100, dont le chantier devrait aboutir d’ici à un an. Les deux conseillers d’Etat se félicitent que Genève rattrape son retard en infrastructures pénitentiaires. Mais du côté des défenseurs de l’asile, on dénonce l’édification d’un «hub d’expulsion».

Cette extension de l’actuelle Brenaz offrira, sur ce site accolé à Champ-Dollon, 100 places de détention supplémentaires aux 68 déjà disponibles. Elles serviront d’abord à soulager Champ-Dollon, en accueillant des détenus en exécution de peine qui n’ont, théoriquement, rien à faire dans cette prison préventive – hier, celle-ci comptait 860 détenus, soit plus de 200% de sa capacité! Mais en 2018, c’est la future prison des Dardelles (450 places, aussi dans ce périmètre) qui sera dévolue aux exécutions de peine. Les 168 places de la Brenaz, établissement concordataire, seront alors destinées à la détention administrative de personnes en provenance de toute la Suisse romande et en attente d’expulsion (déboutées de la procédure d’asile ou séjournant sans statut légal).

«Des besoins avérés»

Le grand argentier Serge Dal Busco insiste: la Brenaz+100 n’est qu’une pièce du puzzle de la planification pénitentiaire prévue par le Conseil d’Etat fin 2012. Des investissements qui permettent, selon lui, de «répondre à des besoins avérés».
En cinq ans, Genève doublera sa capacité, relève Pierre Maudet. Le canton devrait alors totaliser plus de 1200 places. «En comblant la sous-dotation carcérale, le gouvernement rend l’action de l’Etat crédible et digne», s’est ensuite félicité le chef de la Sécurité.

Photo de la manifestation qui s'est tenue à Genève, le 26 août 2014. Photo: Sylvain Thévoz

Photo de la manifestation qui s’est tenue à Genève, le 26 août 2014.
Photo: Sylvain Thévoz

Digne? Ce n’est pas l’avis des 50 manifestants réunis hier soir à la place Neuve, face à la statue d’Henri Dunant, à l’appel de la Coordination contre l’exclusion et la xénophobie. Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Alors que le Conseil d’Etat célébrait hier les 150 ans de la première Convention de Genève, voilà qu’il se félicite, le même jour, de bafouer la tradition humaniste de la ville, s’insurge le président du collectif Aldo Brina: «En triplant les places de détention administrative, Genève deviendra un hub d’expulsion, enfermant des gens n’ayant commis aucun délit, y compris des familles.»

«Genève fait du zèle»

Deux cellules familiales sont en effet prévues. «Enfermer des mineurs, c’est risquer de créer des traumatismes énormes. Comment peut-on songer à embastiller un enfant avec ses parents qui s’effondrent devant lui ou en pleine crise de nerfs? L’intérêt supérieur de l’enfant impose de trouver des alternatives!»

Aldo Brina reprend: «C’est la Confédération qui a demandé de doubler la capacité de détention administrative, mais Genève fait du zèle. Et plus le canton expulsera de gens, moins il devra accueillir de requérants d’asile en procédure. Genève, avec l’arrivée de Pierre Maudet aux affaires, a fait le choix d’expulser plutôt que d’accueillir.»

Avec son aéroport, il est logique que le canton centralise la détention administrative et les expulsions, explique l’intéressé. Il ajoute: «Nous privilégions aussi l’intégration des étrangers et l’accueil des requérants. Avec la Brenaz, ce sont les deux faces d’une même politique.» Par ailleurs, «Genève ne détient aujourd’hui pas de familles, mais la Confédération exige que l’on puisse faire face à toutes les situations.»

 

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