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Voix d’Exils | Je n’ai pas choisi d’être un réfugié

En ligne depuis le 30 octobre 2014

Le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest. C’est un phénomène naturel qui se répète chaque jour. Mais dans mon pays – le Tibet – le soleil s’est couché et ne s’est plus relevé depuis le 10 mars 1959, quand nous avons perdu notre indépendance. J’espère que le soleil se lèvera sur mon pays de neige une nouvelle fois.

Article de Gonch publié sur le site Voix d’Exils, le 10 juillet 2014. Cliquez ici pour lire l’article sur le site de Voix d’Exils.

Gonch. Photo: rédaction neuchâteloise de Voix d’Exils.

Gonch. Photo: rédaction neuchâteloise de Voix d’Exils.

Les Alpes couvertes par les neiges lesquels surplombent les plateaux où les animaux pâturent en harmonie avec la nature, les lacs bleus où les canards nagent gentiment, les neiges de l’hiver. Surtout, la bonté des habitants qui saluent «bonjour, bonsoir» tout le monde. Ça me donne de la confiance, de la paix et de la tranquillité dans mon cœur. Une ressemblance avec mon pays et je me sens rassuré. Ça me donne aussi une inspiration et un espoir de voir le Tibet libre.

Ça fait plus de deux ans que j’habite dans une petite ville qui s’appelle Le Locle qui se trouve dans le canton de Neuchâtel. Au début, ma vie quotidienne était toujours une répétition: manger, dormir et signer une fois par mois au bureau d’accueil de la Chaux-de-Fonds (le BACF) à l’Office social de l’asile en deuxième accueil. Nous parlons notre langue maternelle à la maison. Il n’y a aucune possibilité de m’intégrer puisque je ne sais pas le français. Nous restons seuls.

Quand je sors dehors ma tête est toujours préoccupée, avec un sentiment nerveux à cause de ma méconnaissance de la langue que les gens d’ici parlent. Je me sens comme un étranger. Même si nous avons appris la base de la langue française, comme les salutations et quelques conjugaisons comme être et avoir dans le centre d’accueil pour requérants d’asile de Fontainemelon (NE), ma tête les trouve très dures.

Pour quelqu’un qui est toujours permis N, il n’est pas facile de trouver un cours pour apprendre le français. Cependant, mon assistante sociale Mme Elisabeth Abdalla du BACF m’a trouvé un cours à l’École Mosaïque de la Chaux-de-Fonds. J’ai été très heureux d’entendre cette nouvelle. L’École Mosaïque a ouvert mes yeux et semé la confiance en moi. Je ne devrais pas oublier de remercier les professeurs et sa directrice Mme Rosemarie Fivaz. Son initiative nous a apporté énormément de bénéfices.

Actuellement, je peux ouvrir ma bouche avec un peu plus de confiance qu’avant. Donc, je ne dois pas m’inquiéter autant qu’auparavant lorsque je marche dans la rue ou que je dois aller au magasin ou au guichet pour acheter un billet.

Néanmoins, parler reste toujours un défi pour moi. Je suis un réfugié, je voudrais bien m’intégrer, trouver un boulot et devenir un contribuable. Je pense que ce rêve est dans la tête de tout réfugié. Mais ça reste toujours un rêve lorsqu’on ne connaît pas bien la langue comme moi.

Je suis conscient que les problèmes des réfugiés s’ajoutent aux coûts sociaux et économiques qu’ils engendrent. Toutefois, si les conflits restent dans le monde, la question des réfugiés se posera aussi à jamais. Le réfugié n’est pas la cause des problèmes, mais le syndrome de plus grands maux. Personne ne veut être réfugié. Séparé loin de sa famille et de ses amis. Ce n’est pas notre choix si nous sommes réfugiés.

Comme le Dalaï-Lama l’a toujours dit, le XXe siècle était un siècle de violence et nous devons créer le XXIe siècle, un siècle plus heureux. Pour réussir, le Dalaï-Lama a lancé un appel aux jeunes du monde entier à l’occasion de son 78ème anniversaire: «Pour ceux d’entre nous qui sont nés au XXe siècle, nous ne pouvons rien faire! Mais les jeunes d’aujourd’hui peuvent créer un siècle plus heureux. Cette génération peut créer des meilleures conditions de vie et construire un monde où chacun vivra en harmonie, dans un esprit de coexistence.»

À l’avenir, j’espère que le monde deviendra plus heureux et puis qu’il y aura moins de problèmes, comme par exemple ceux des réfugiés. De tout mon cœur, je remercie toutes les personnes suisses et leur gouvernement de nous aider dans nos difficultés.

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