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Fini de rire | 1%, c’est le rendement de la chasse européenne aux passeurs de migrants

En ligne depuis le 26 janvier 2015

On a pu observer, après les sauvetages de fin 2014 au large de l’Italie, que la règle numéro un du passeur est de ne pas se laisser piéger au milieu de ses passagers. C’est pourtant bien là que la campagne Mos Maiorum de l’UE comptait les épingler.

Billet de Martine et Jean-Claude Vernier publié sur le blog Fini de rire, le 25 janvier 2015. Cliquez ici pour lire le billet sur le blog hébergé sur le site de Médiapart.

Nous l’avions annoncé avec d’autres en son temps: du 13 au 26 octobre 2014, la maréchaussée de l’Union européenne lançait une grande chasse aux migrants afin, nous disait-on, de dévoiler les chemins et les opérateurs des migrations vers l’Europe. Le résultat de l’opération est maintenant connu: après avoir essoré plus de 19’000 migrants interpellés, 257 présumés passeurs restent au fond la passoire. Nous faisons écho à l’analyse du bilan de la campagne sur le blog Passeurs d’hospitalité.

Mos Maiorum est cette opération coordonnée de chasse aux sans-papiers menée par les polices de différents pays européens du 13 au 26 octobre 2014 (voir ici, ici, ici, ici et ).

Elle a fait l’objet d’un rapport (en anglais), que vous pouvez télécharger ici. Un résumé (aussi en anglais) peut être lu ici.

La première partie consiste en chiffres, tableaux et graphiques. La seconde, rédigée par Frontex, l’agence européenne pour la surveillance des frontières extérieures, développe une analyse des informations recueillies selon une lecture qui ressemble à une physique des flux et des trajectoires.

Il convient donc de garder à l’esprit tout au long de la lecture que derrière les chiffres c’est de personnes qu’il s’agit, et derrière les flux et trajectoires de projets et d’espérances.

Pour vous mettre en conditions, imaginez que vous avez décidé de vous installer en Allemagne. Vous subissez un contrôle d’identité, on vous dit que c’est en Hongrie vous devez aller, on vous y expulse au besoin, vous y êtes enfermé-e pour une durée indéterminée (comme le sont une grande partie des demandeurs d’asile), suite à quoi soit on vous expulse, soit vous êtes à la rue, sans rien, et vous devez vous débrouiller sans parler hongrois. Imaginez que quelque chose comme ça arrive vraiment dans votre vie. Vous aviez des projets, vous pensiez avoir une certaine maitrise de votre vie et de votre avenir, vous devenez une chose qu’on enferme, qu’on expulse, qu’on jette à la rue. Rencontrer Mos Maiorum, c’est ça.

Côté chiffres, Mos Maiorum est la quatrième opération de ce type:

  • Hermes, 2010: 1900 personnes arrêtés
  • Aphrodite, 2012: 5298 personnes arrêtées
  • Perkunas, 2013: 10’459 personnes arrêtées
  • Mos Maiorum, 2014: 19’234 personnes arrêtées

Parmi ces 19’234 personnes, 11’046 demandent l’asile au moment ou après leur arrestation. Mos Maiorum arrête majoritairement des personnes qui recherchent une protection en Europe. Un quart des personnes arrêtées sont des Syrien-ne-s.

Si on regarde les principaux pays d’origine, on a d’une part des pays en guerre et des dictatures (Syrie: 5088 personnes, Afghanistan: 1466 personnes, Érythrée: 1116 personnes, Somalie: 641 personne), soit des pays des Balkans occidentaux amenés à rejoindre l’Union européenne (Kosovo: 1196 personnes, Albanie: 587 personnes). Mos Maiorum arrête principalement des réfugié-e-s et de futur-e-s citoyen-ne-s de l’Union européenne.

Dans sa conclusion, Frontex regrette que les médias aient présenté Mos Maiorum comme une opération visant à arrêter les sans papiers, alors qu’il s’agissait officiellement d’arrêter des passeurs. 257 présumés passeurs ont été arrêtés, parmi 19’234 personnes, c’est-à-dire que 1,3% des personnes arrêtées correspondent à l’objectif affiché.

 

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