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Le Courrier | Main et gant de fer

En ligne depuis le 15 mai 2015

Il y a trois semaines, face aux huit cents morts lors du naufrage d’un bateau de migrants en Méditerranée, l’Union européenne avait réagi. En accouchant d’un plan passablement indigne, consistant, d’une part, à augmenter un peu les fonds dévolus aux opérations de sauvetage et, d’autre part, à verrouiller toujours plus les frontières de la forteresse Europe.

Editorial de Philippe Bach, paru dans Le Courrier, le 15 mai 2015. Cliquez ici pour lire l’éditorial sur le site du Courrier.

Mercredi, le tir a été légèrement rectifié. Bruxelles a admis que l’accueil des migrants des pays du Moyen-Orient fuyant la guerre et les exactions ne pouvait être du seul ressort des pays voisins. Les membres de l’Union européenne proposent donc aujourd’hui un système de quotas passablement sinistre.

L’inquiétude devant les mesures envisagées par Bruxelles est double. Cet entrebâillement du vantail de la forteresse Europe est minuscule, puisqu’on parle de vingt mille personnes qui pourraient être accueillies. C’est bien sûr mieux que rien et tant mieux pour celles qui trouveront ainsi un asile digne et sûr.

Mais on est loin du compte. Ce quota ne représente même pas 10% des malheureux dont on sait qu’ils sont prêts à risquer le tout pour le tout. Et pourtant, c’est déjà trop pour certains pays. On ne s’étonne pas trop de voir la Hongrie, gouvernée à l’extrême droite, mettre les pieds au mur. Mais on voit aussi des puissances comme la Grande-Bretagne renâcler. Bonne princesse, l’Union européenne l’a dispensée de faire sa part. Déjà qu’elle menace de claquer la porte de l’édifice européen passablement vermoulu…

Surtout, dans la foulée, Bruxelles durcit le ton. Et celui-ci se fait guerrier. L’opération «EU Navfor Med» prend des allures d’expédition militaire contre les passeurs. On nous assure juste qu’il n’est pas question de mitrailler les radeaux de fortune. Nous voilà donc rassurés. Mais les agences de presse ont visiblement dû reposer plusieurs fois la question!

Lorsque, dans trente ans, des historiens se pencheront sur cette période et tenteront de comprendre comment et pourquoi la communauté internationale ne s’était pas fait une priorité absolue de repêcher ces malheureux et de leur proposer un destin provisoire digne de ce nom, ils seront bien en peine pour qualifier cette incapacité à discerner les vrais enjeux, ceux de la survie, de la dignité et de l’humanité, plutôt que de la froide logique technocratique.

 

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